LES ÉTOILES FILANTES DE NOVEMBRE.— M
Denning continue, dans IVie Observatory, ses intéressants articles sur la grande averse d^étoiles filantes (Léonides) attendue pour la fin de ce siècle et donne ses prévisions au sujet des apparitions des six ou sept années à venir.
" Voici son pronostic pour l'année actuelle :
*' En 1864, pendant la nuit du 13 novembre (deux ans avant le maximum de 1866), une abondante pluie d'étoiles fut aperçue du pont d'un navire, au large de Malte ; et, en Amérique, le même fait fut observé au même moment. Nous sommes donc en droit de penser qu'eu 1897, nous serons de nouveau témoms d'une chute considérable «le météores ; s'ils sont fournis par un retour du groupe de 1864, nous les verrons vers la fin de la nuit du 14 novembre. Cependant, comme la terre coupera l'orbite météorique plus tôt qu'en 1864, la pluie de 1897 n'égalera pas sa devancière, à moins pourtant que la masse principale de i'^Hsaim des météores ne se soit allongée au cours de ces trente-trois années, ce ^ui n'est pas impossible.
" La partie la plus dciise du système qui a produit,en Europe, la remarquable pluie de 186G (maximum le 13 novembre, à 13 h. 10 m.), et en Amérique, celle non moins importante du 13 novembre 1867 (22 h. 1/2), ne sera probablement pas visible en Angleterre, parce que la Terre, le 14 à midi, se
158 LE NATTTHALISTE OANiDIEN
trouvera placée au centre de reHâaîm. Eo Amérique, peutêtre verra- t-on quel i^ue chose le 14 avant le lever du soleiL La [une sera pleine dans la matinée du 9 et, par conséquent, le 14, çlle sera très apparente, s'^tant levée à 7 h. 55 UL à Greenwich et étant restée visible dans la constellation des Gémeaux pendant toute la nuit précédente. Les chose") ne se présentent donc pas favorahiement. Il faudra pourtant observtiF attentivement au inatiu du 14, du 15 et du 16, parcô que si le temps devenait clair, les météores paraîtraient sans doute nombreux et qu'il pourrait s'en présenter quelque^i-uns de particulièrement remarquables/'
Comme on voit, l'espoir n'est pas très grand : ** En Amérique, peut-être verra- t-on quelque chose le 14 avant le lever da soleiL" Heureusement la dernière phrase de Tarticlô que nous avons reproduit ramène un peu lea choses ; et Ton fera bien de ne pas perdre le ciel de vue le matin du 14, du 15 et du 16 novembre. Le soleil ne se levant ces joiira^àqu'à ï hrs environ, i[ n'y aura paa k être bien matinal.
Après toutj si nous ne voyons rien cette année^ noua nous reprendrons à la même date en 1898, et surtout en 18 99^ année oh le phénomène aura la plus grande intentiité>
Journaux et revues
—Le Pionnier j de Sherbrooke, vient de commencer sa 32e année. Nos félicitationa et bons souhaits à ce bon journal, un motlèle parmi notre presse.
—Le Trijlmnen célèbre son dixième anniversaire. Cest un vaillant journal, qui fait brillamment la lutte sur tou^ les terrains, et pour qui nous faisons les ineilleurd vœux.
— Le Couvent, petite revue publiée à Rawdon, P. Q., par M, l'abbé F.-A. Bail lai rgé, e^t entré, en septembre, dans sa 13e annét*. Il est 3«r(jrenant de voir la manse de renseiguemu lits {^ui peuv*^nt trouver place dans un format si restreint. Et puiti, à toutinsbiïit, on y rencontre quelt|ue utile réflexion, ({uelque sugp principe : il y en a de cachéa dans tous les ooins^
PUBUCATIONS REÇUES ' 159
— Les amis de l'ancien Bon Combat en retrouvent quelque cboie dans le Oouvent.
— La Cloche dit Di manche ( r e v u e h ebi \ o t nad ai r e d e huit pages in*4o, illustrée ; 50 cts par an ; G. Vekeman, 33, rue St-Nicula8, Montréal- ) C'est une rovue tout léceinment fondée, et qui mérite d être iwîcut'illio avec faveur pur nos boanes familles, dirigée qu'elle ent par ce couni^enx *' Juan des Erables \ qui a depuis longtemps com[uiH une belle place dans Doire joumalimne catnolique. A cette nouvelle publication, nous souhaitons de grand cœur beaucoup de succès.
— (Procof the California Ac.of Se.) A OentM of Maritime Dolichopodidœ New to Amsricay by W. Morton Wheeler.
— (tJ.S. Deptof Agriculture). Proceedings of the 9th Annual Meeting of the Association of Economic Entomologists.
— Hi>ffmann*8 Catholic Directory, November Number (Per year, 4 numberd, 50 cts ; M. H. Wiltzius & Co., Milwaukee, Wia, U. S.)
— L.-Q. Robillard,i6« Sociétés de Bienfai8ance,^oniréfi], 1897. Petite brochure de 34 pages, oil Ton trouve une étude très intéressante sur les " sociétés purement mutuelles " et les " sociétés à taux fixes," suivie d'un plaidoyer fort concluant en faveur de l'Union franco-canadienne. Celle-ci est une association de bienfaisance qui, malgré sou peu d'ancienneté, est très solide au point de vue financier, et, sous le rapport national et religieux, ofifre les meilleures garanties.
— Ernest Gagnon, Le Palais législatif de Québec, Québec, 1897. Il faut remercier M. Gagnon d'avoir " ressuscité " ce beau travail sur le I alais législatif de Québec. C'est bien une résurrection, puisque, une fois enfoui dans des documents parlementaires, l'on est mort ou à peu près. On aimera donc à placer dans sa bibliothèque cette jolie brochure illustrée, de 140 pciges, où se trouve l'histoire complète du. Palais, et sa description tracée par une main d'artiste. Ën- 8uit6,il y a une fantaisie littéraire et historique sur les " Statues " de Frontenew; et d'Elgin, que nous avons lue dans la Kermesse, en 1892, et que l'on a du plaisir à revoir. — Prix de la brochure, 25 cts, chez l'auteur (164, Grande-Allée, Québec.)
160 LB NATUEALISTS CANADtBM
Vient de paraître
Labrador et AntkostI, jiar Tabbé Huani.
Yoliime de XV -505 pages m So, fonimt et caractères dm NaturalUu^ Imnre^ion de luxo. Illustré do 45 portraits cL autres gravurefl, et d^ime catte du j;e<lfe 8aint Laurent liressée eiprEïsaiiniiinl pour cot ouvrage.
[rfaurnal de voyage— Hifitorii^ue et litat proëeirt de tous les poste» de Im Cîita Nord, depuis itoLBiamifijùsqu^au Blano-Sablon, etde TAntitosti — Moeara et usages des Sf ontagnaïs^rôcheurB caiia<lïf!US çt acadien» — Com^tiques et ohiËQB da Labrador— Dt toi la ooii^pleta Hur la chasae nu loup marin, «t la grajid© ptï'che au saujnon, au hareng, à la ruoruc — La venté aur rAnticoeti ; ronaeignement* inrdits \ rentrepriae Metiicr.] Prix ; ^L50. Par la poflte : #1.00 pour le Canada ; ^1.70 pour les Etats-Unis et l'Union postale.
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Naturalist© Canadien
VOL, XXIV (VOti. IV DE LA DEUXIEME SEEIE) No 11
<'^ijî Chicontimii Novembre 1897
DireoteurPrQpriétaire : Tabbé VrA. HUAED
La propagande du ''Naturaliste
Le nombre des nonyeaux abonnés qui «ont venns an Katv/rcUiste durant les deux derniers mois, dépasse le non^bre total des abonnements nouveaux reçus pendant les deux années ptéeédentes. Voilà une constatation qui ndu» fait grand plaisir» et podr eause.
n ]r a des journaux qui parfois disent à leurs teoteiirs : ** Yoyons \ Que ehacun de vous nous amène un nouvel abonné, et tout ira bien ! "^ AsHurément, l'affaire serait excellente, ai une publieatiori voyait doubler tout d'un coup la liste " de sas abonnés.
Pour nous, nous ne sommes pas près de faire la même demande à nos lecteurs. Oe serait trop beau de voir le nombre de nos abonnés s'accroître si rapidement et dans de telles proportions— Si un quart seulement de nos amis nous procuraient chacun un abonné de plus, la position du Naturaliste deviendrait flat&faisante, ^t nous serions en mesure de donner beaucoup plus d'importance et de valeur à notre chère œuvre. Du moins, cela permettrait enfin aux recettes d'égaler les dépensée, ee qui n'a paa lieu pour le présent
Oui, il nous paraît que si l'on faisait un peu voir le Naturaliste dans son entourage, en en communiquant la série d'une demi-année ou d'une année à la fois, cela suffirait pour Doui^ amener un certain nombre de gentj qui ne s'imaorineiit pas, à priori, qu'ils peuvent trouver de l'intérêt à suivre une publication de ce genre.
ïli LB H-iTURALIffrB OAÎÎADIKÎÎ
Eh bien, Toîlà le ^nr© de propagande que noaa deman* dons au quart seulement de oos atx>nnéâ.
Uaïuteuaut^ quela août c^nx qui vont faire partîa de cm quarts Koua te diroiiâ fraûchemeut : û'63t...à toua nce ftboDQ^a que noua demandouâ d'ea êtce, • , ,
Naua alloua épuiser cette question de quart^ — ^11 n'y a qu'un quart de nos abonnés qui payent régulièrement leur ■ouseripiîon i II y eu a un quart quî ne nous ont pas eaoore donné un aou, depuis quatre aus que nous publion» le ifatu^ Toliale t St lea deux autres quarta noua doivent une, deux ou trois années d'abonnement f — Â chacun noua laiaaon» le BOÎQ d* faire lea ré&exiooa qu'un pareil état de chosea eat propre à suggérer.
N'eat-oe paa qu'il eat facile, dans de telles conditions, de laire une revue 4ui puîi^e rivaliaer avec les beUea revues acientiflquea dei Etats-Unia pour la variété de la acédaotion, pour le luxe de la typographie et des illustrations 1
Ce qui est vrai, o'eal que chaque moia, pour payer nos frais de publication, noua avons à prélever quelques piai^ très aur nos tràa modeatea éraoluments de prêtre de col* lege.
Voilà, en ce pays et à cette époque, Isa joies et les avan* lagea qu'il y a à s'a^eoir dans le fauteuil de rédaotion d'une revue scientifique r i » .
Le Nord de la vallée du lac St-Jean (1)
[Go&Homé 4e la p«go 119}
Rentrons maintenant dans ee dédale mystérieux qui s'en fbnce vers le nord en laissant l'extrémité ouest de Sotogama^
(1) A corriger dam le dernier article publié : Livraison du moia de septembre, p, 13^, li(/ne Se : au lieu de : l'original, liâtg : Torigiiio,
LI iTOED DE LÀ VALLÉE DU LAC iAlNT^UN l6S
et aoÎTOns le coufs de Péribotica, qui a rapparencej ici, d*ua petit fleuve eo longueur et en profondf^ur. A gaucH^î, un tributaire venant du nord -ouest coule libi^ment dans une plaî» ne Tûllonneuse et va se perdre dans le» coupes de tnontagLios dentelant rhoricon dans le lointain.
 droite, on eap de 100 pieds d'élération forme le pre* mier gradin de cet amphithéâtre remarquable, de plus de 2000 pieds de hauteur» faisant un angle prononcé dans le vaste bas» sin, comme un fort avancé, et dont la silhouette imposante se dessine fièrement au-dessus de Thorixon de tous les points de la grande vallée, se blanchissant de neige invariablement un mois a/ant la plaine, et comme une pancarte intelligente, elle annonce Thiver qui vient
Deux milles encore, et nous laissons en arrière ee der* nier coin du pays plat pour pénétrer tout de bon dans le cœur des Laurentides, par cette fissure étrange que nous avons re*» jointe à Sotogama, après Tavoir perdue de vue aux Terres- Rompues.
Elle reprend ici son aspect sauvage et ses vastes proportions qu'elle présente à l'entrée du Bras de Chicoutimi,au seuil même du bassin saguenayen, à l'entrée de la baie des Ha I Haï
A douae milles de Sotogama, l'espace s'élargit considérable* ment entre les deux lèvres de l'abîme. Jadis un lac,de quatre milles de long sur un de large, s'encaissait dans les montagnes bien au-dessus du niveau de la rivière actuelle.Mais lorsqu'arriva le graTid coup, qui se permit de perforer son lit, il se vida subitement dans le gouffre, le remplissant de terreau, de graviers et de cailloux, si bien que, le torrent une fois dompté, il en resta assez àe ceux-ci pour gêner et non obstruer la naviga* tion sur cette partie proprement désignée sous le nosi de Qrand-Rétréci.
Eiàsuite,vient le Grand Calme, les belles montagnesjes ri» ches plates-bandes qui s'alignent à leurs pieds, les lies d'alluvium ombragées de gentils bosquets où dominent le parasol des ormeaux et les rameaux toujours verlb des sapins. Les baies rougee, bleues et blanches, des fruits à graines, surohiMr-
104 LK HATtmALISTK CAHADIËI^
gent les arbrisseaux qui enguirlandenl leurs rives tapissées d'herbes tendres et d'où s'élève, en douce mélodie^ le chant des oiseaux volli^reant gaiement du pied des buissons au fionimet des grands arbres.
Que e'est beau, cette belle nature pleine de charma qui reipplit l'espace, s'épanouisâant harnoaieusemeat de la surfa^ •e Jixapide,assoupie à nos pieds, jusqu'au fin fond azuré du. fir» marnent ; qui soupire tendrement sur l'eau, dans les bois, audessus des montd, sous cette voûte immense, sans bornes, sous . ce beau soleil diaud I
Lie souffle de Dieu créant l'univers est encore ambiant» vivifiant dans cet atmosphère qui noua pénètre, nous enver loppe de toutes parts. Aussi l'âme s'y trouve-t-elle à l'aise, raturée, en paix, comme si quelque chose de cette nature, qui est ici incomparable, l'embrassait, l'enivrait, comme jadis au temps d'Adam, comme aussi sur la montsfpie où il faisait §i bon de vivre.
On a toujours souvenance dç ces moments de Jouissance, espacés de trop loin en loin, mais tout de même qui nous servent d'oa8is,de refuges sacrés pour ainsi dire,qiiand les bruits du monde, étourdissants et toujours discordants, nous laissent parfois un moment de répit C'est après réflexion que nous éprouvons ce vide immense, qui nous navre parfois, en face de ce quasi-charivari où tourbillonne et s'oublie la multitude des humains qui domine la scène. Ignorant, comme de. rai^ . 8Qxi,ne soupçonnant même pas que la nature*quiaintroduit chacun de nous ici-bas avec cet art inini qu'elle prodigue , par* tout où «lie se complaît — le souffle divin aidaut,-^ai biea d'autres charmes et d'autres enchantements en réserve^ aux* quels on ne ptut comparer ces jouissances factices qui nouç, engluent si adroitement, et que nous prenons si naïvement au sérieux, comme des grands enfanta, une foia entraînés dans le fameux tourbillon.
Tantôt, quand j'ai dit le Qrand Calme, je n'attendais pas vous assurer que les vents n'irritent pas la surface paisi-
LÉ itoBD i>i LA Vallée dû lac SAiihvjSAii 166
ble, polie de cette étrange rivière, lorsqu'ils font mine de descendre ou de monter dans ce vaste entonnoir, oà ils s'engouffrent malgré eux de l'aquilon ou du midi. Au contraire, ils y soulèvent bien des vagues qui rééditent sans peine les moutons blancs du Saguenay, mais de l'espèce minuscule : le peu de profondeur de la rivière ne permettant pas d'exagération sous ce rapport
Cette splendide avenue, sans fin apparente, de 6 à 800 verges de large, bordée de murailles de 12 à 1600 pieds de haut d'un côté et de l'autre, nous rappelle si bien la rivière Saguenay, que, de ce moment, rien ne parait impossible, que tout va nous venir à souhait à chaque pas en avant, d'une perspective à une autre.
" Ce gouffre subitement taillé en plein granit, blessure *' effroyable portée d'un seul coup au sein d'énormes entasse- " ments de montagnes et qui conserve toute son horreur pri- ** mitive, qui est restée béante depuis des milliers d'années." Jetez un coup d'œil sur ces cent milles de Péribonca, depuis Sotogama inclusivement, jusqu'au delà de cette partie de la rivière Manouan qui nous intéresse : c'est le Saguenay taillé à la manière de Buies, avec cette différence que cette partie supérieure de la fissure a changé de physionomie, qu'elle s'est polie» reformée avec le temps et les éléments.
Au lieu de voir ces murailles altières plonger leurs parois perpendiculaires à une grande profondeur, comme dans le Saguenay, ici elles sont bordées à leurs pieds de larges plates-bandes semées de bois touff'us qui ombragent leurs rampes jusqu'au bord de l'eau. L'abtme ayant été rempli par d^énormes quantités de matières de toutes sortes qui s'y préeipitèrent de ces deux immenses lèvres frémissantes, après cette épouvantable secousse, sans compter les avalanches de sable et d'alluvium qui lui arrivèrent de partout, ce cahot se nivela petit à petit et forma le lit uniforme et peu profond de cette belle rivière.
nus tard, quand les chutes, sur la partie inférieure de l'éribonca, au bas de Sotogama, que nous avons entrevue à vol d'oiseaUi qui formaient autant d'écluses, de barrages na«
im
LK NATURALISTE OAKADIEN
turels, haussant le niveau de larivière^se furent uséea de plus en plus %vec le fc^mpâ, quelques-unes niênt^ disparues complètenient, les niveaux s'abaissèrent pt;u à peu en amont C'«8i alors que ces larges plates -ban des sortirent de l'eau, attachées pour ainsi direaux flancsdea murailles qui s'exhaussaient d'aulaat, ellea aussi, contournant les promontoirts et les baies où e' étaient parallèlement, dans les coupes, dans les gorges, dm terrasses s'élevant jusqu'aux loniniets, oi tous se confondent enaernble dans une perspective aérienne. Ou bien elles se re* lient entre elles,d'un cap à l'autre, par des bas-foods coUTcrls de ïoin sauvage qui a avancent modestement, sans berges apparentes, jusqu'à l'eau profonde, où de charmants îlots, cobm^ des bosquets, des jardins ilottHnts, y mirent enchatoyanlo ref ets les mille nuances de leur Ter dure. Pays aimé des amphibies, des fauves et des oiseauK, qui vivent en paix dans ee ^aste domaine que Ja nature s'est plue d'enrichir à profuaion de u>ut ce qui leur «onTient et de tout ce qui leur suffit.
Quel beau pajsa^e que celui que nous traver* sons dans le moment I Quelle variété et en mêoie temps quel^ le harmonie dans l'ensemble du coup d'ceil ! Qaelle perfection dans les détails quand on étudie la nature do chacun, surtout quand on pense aux bouleversements, aux eâTondremenifi, au Cataclysme I Quel changement opéré par cette nature patiente, réparant tranquillement son œuvre, rétablissant l'accord parfait, l'harmonie ok le cahot existait, enfin, retoa* chant tous les désordres, pour en faire un chef-d'œuvre.
Quand, lassée de tant de belles choses, la vue éblouie et charmée en même temps du merveilleux ensemble de ce décor incomparable, le corps immobile et petit devant tant de grandeur, rame 8*élève spontanément à une grande hauteur dans un élan d'admiration et de reconnaissance, elle se réconcilie enfin avec toutes les imperfections possibles qui fleurissent un peu partout ici-bas.
{A suivre)
P.-H. Dmujs.
U»B HXUBB MARINS 16'
UNE HERBE MAEINE
On nous coasultait demi ère ment sur une plante qui erott à l'eau salée, dans te bafi du âeuve Saint-Laurent, et qui est encore plaa abondante pcut-ôtre aur les rivages dea pro- Tinces maritimes.
La Flore canadienne de Provancher, p. 625, donne ta description botanique de cetne herbe, qui a bien Tair d'une f^minie et se nomme Zoatera marina, L., Eel Qrass, de la famille des Naïadées. La tige, y est-il dit, est noueuse, rampante, radicante aux nœuds, à branches nageantes. Ses feuilles alternes, linéaires, entières, ont jusqu'à plusieurs -pieds «le longueur^ bien qu'elles soient très étroites ; elles sont d'un vert très foncé. — C'est probablement quelque espèce du même genre qui, après qu'elle est desséchée, est utilisée pour l'emballage en Europe, comme nous l'avons souvent constaté en ouvrant des colis de marchandises arrivant de France.
D'après l'abbé Provancher, " dans les pays du Nord on 86 sert de cette plante pour couvrir les maisons, pour confectionner des matelas, des paillassons, etc. On dit même qu'employées en matelas elles agissent hygiéuiquement t peuvent fortifier des individus débiles. "
M. J.-A. Quîgnard, de la Ferme expérimentale d'Ottawa, a bien voulu nous signaler un passage du 5e Rapport annu:îl de M. F. -T. Shutt, chimiste du même établissement, où l'on donne l'analyse d'un échantillon de la **Zostère marine". Nous citons ici cette analyse et les remarques qu'y ajoutait M. Shult (1).
" L'échantillon reçu a été séché à une douce chaleur. L'analyse a donné les chiffres suivants :
Pour cent.
Total de la cendre, ou matière minérale 21.90
Acide phosphorique (1.80 pour 100 de la cendre) . . 0.41
Potasse (13.29 pour 100 de la cendre; 2.90
Azote, dans la matière organique 1.24
(1) Rapporté sur les Fermes expérimentcUes pour 1891, p. 167.
168 U NATURALiarE OANABIEK
**Si Vbu peut 36 procurer cette substance à pea de frais — de preference naturellement à Tétat sec—, je crois qu'on la trouverait utile comme ameniiement. Elle renferme des quantitéa notables des troig princippux conatituanta de la nourriture del plantes ; potasse, acide phospborique et asote. Avant d'être ftpplic|née au sol, elle devrait avoir fermenté, A Tétat sec et dur, elle pourrait rester non décomposée dans le sol pendant tris longtemps. Si elle convie ut pour ii tiare, ce mode d'utilî^ aation serait le plus avantageux ; mais» dans tous les oas, il faudrait d'abord la mêler avec quelque matière qui la ferait décomposer. Far cette méthode de miae en compost, les éléments nutritifs pour les plantes sont dégagés de leurs précéden* tes combinaisons et deviennent facilement assimilables/*