A PROPOS DE.„ RIEN
méro* où je faisais remarquer que, dans la classe des journaux pour qui le A^Éi/i^ra/û/Hif n'existe pas, " il y a les journalistes qui courent surtout après l'argent, les indifTé rents en matières de principes, li^ juifs et tes libres penseurs, *' Pub le Sijfnai^t livre au% réflexions que voici ;
ïl est \Âen vrai que k N'aturaiisif est une œuvre utile, acm& nuu') plaisons à \t feconnattxc
Il est bit:ti VTEi que cette revui^ niïus vient de Chicqutîmi 1 " C'ist du Nord, aojourdltiù, que nous vient U lumière/*
Mais ces raisons ne sont |ïas suffisantes pour tourner latéte à son réducteurT
Nf. Tabbé Iluifd ver^e dans le défaut de plufïieurs membre^ du cleigé s il se préjuge trop vite.
Parce que, sur les questions Ubves, une certaine partie de U presse se permet d^avotr des idées sans le consulter, parce que ses confrèrei ne sont pas tous portés à brûler de Tencens !iur Psuiel Ae lliûitoire naturelle, le confrère en conclut au mL'pri^p non pas de la science qu'il cultive dansss loisirs, mais de la re* lïgion que le prêtre professe.
Non, la religion et Pabbé Huaid, tout respectable que nous le tenions, sont denx choises bien distinctes.
. La religion chrétienne est toute de paix ; elle dierche les voies qui concilient et non celles- qui détruisent ; elle présume le bien tandis que le rédacteur du Na- /W^o/û/f présume le mal.
La presse canadienne, M. l'abbé, n*est pas ce que vous dites, elle n'est ni juive ni libre penseuse ; elle appartient à la grande Église universelle et non à la petite coterie dont vous êtes malheureusement, avec tant d'autres de vos confrères, les pauvres instruments.
Je m'arrête, on pourrait croire que je suis en train de " forcer la renommée " en faveur du Naturaliste,
Que de bruit pour rien I
D'abord le Signai n'avait pas à prendre les armes, puisau'il n'était pas question de lui en cette aifau-e. Car il n'a pas içiore le Naturaliste^ lui ; au contraire, il s'est passé la fantaisie de lui décocher à roccasion quelques jolis traits, qui n'étaient certes pas mortels. Même, de ce chef, je me trouvais à le ranger jusqu'à un certain point dans la classe des journaux respectables, malgré les fortes restrictions qu^il y aurait à faire sur son honorabilité : témoin les déclarations fort risquées qu'il s'est permises de temps en temps sur les questions d'éducation et autres. (Voir les citations du Mouvement catholique àM ^i mars, pages 378 et 379, passages (^uej 'avais aussi remarqués dans le temps, et oui ne sont pas, je crois, les seuls sujets à caution dans la littérature au Signai.) (i)
Alors, le Signai prétend que j'ai tort de dire que " les journalistes qui courent surtout après l'argent, les indifférents en matières de principes, les juifs et les Ubres penseurs " n'ont seulement jamais nomtné le Naturaliste ? Point du tout, le Signai ne nie pas qu'il en soit ainsi. S'il l'admet comme moi, qu'a-t-à donc à me faire des reproches ? Car il n'y a là qu'une question de fait ; et les plus beaux raisonnements ne peuvent rien contre un fait certain. Par exemple, si le coufrère niait mon affirmation, j'avoue que je ne pourrais donner ici des noms. Car si j'allais désigner nommément les journalistes que je qualifiais de la sorte, les actions de vingt-cinq ou trente mille piastres
(i) Le retard apporté à la publication de la présente livraison me met à même d'appeler aussi en témoignage la *'Véiité " du 9 avril, pages 2 et 3.
pleuvraient sur ce pauvre l^att^alùie et comprbmettraîent probablement la modeste aisance dont il joùit.~Dti reste, pourvu aue je n'en meure point, je ne rtie refui^e pas à donner mes preuves; lenez, mes« sieurs au Signai^ quand vous ferez, durant la beUe saison^ votre voyage du Saguenay,, accordez— je vous y invite cordialement — accordez att iV<z/tfira//5/f rhonneur dé votre visite. Et alors, entre quatre yeux» on vous en donnera, des noms. Et "du Nord vous sera venue la lirmièare*" . • . ^ .,.,,.
Négligeant donc la question de fait, qui était pourtant la seule à considérer, le ^i^TMi/ji^e apropos de me Jbrêter les intentions qu'il veut, et s'attache ensuite à les réprouver. C'est cela I On se façonne un ennemi à sa giiisè, puis on le combat avec vigueur. Le procéaé est bien connu des gamins, qui, durant nos beaux hivers caimdiens, déploient souvent ta mt]!lXe\ir^/urla francese contre les bonshommes de neige qu*ils avaient élevés à grahds frais.— Et, aprbs tout cela, on affirme ** que le rédacteur du iJaturaliste présume le mal !"
C'est ainsi qu'il parait aue, du fait qu^en certains quartiers on n'adore pas le Naturaliste^ je " conclus au mépris de la religion que je professe." Cela est faux, pourtant, puisque je n'ai exprimé aucune conclusion de ce genre. Je laisse aux logicien^ du Signal le soin de prouver que si, par exemple, des journalistes préoccupés avant tout de s'enrichir négligent de s'occuper du Naturaliste^ cela peut être dû au mépris qu'ils font de la religion.
" La presse canadienne, M. Tabbé, n'est pas ce que vous dites, elle n'est ni juive ni libre penseuse." Voyons ! Quand ai- je commis le crime d'une pareille affirmation au sujet de ** la presse canadienne *'? Les trois ou quatre journaux auxquels j'ai fait allusion sont-ils toute ** la presse canadienne ?" — Ces messieurs ont vraiment la vue un peu troublée ; un voyage vers " le Nord d'où vient la lumière " est donc tout indiqué pour Tes guérir.
*' La presse canadienne appartient à la grande Eglise universelle." Et moi, j'appartiens, je suppose, à la religion de Bouddha, de Confucius ou seulement du Loyson que l'on sait ? Mais non, j'appartiens **àla petite coterie dont je suis malheureusement, avec tant d'autres de mes confrères, les pauvres instruments " (j/Vt.) T'avoue ne pas comprendre. Car je ne me suis jamais aperçu que je fusse T instrument d'une coterie quelconque. Le Signal^ qui ne me connaît que par le Naturaliste^ sait bien, lui, à quelle coterie j'appartiens, et le dira peut-être. Quel malheur, s'il allait affirmer que je suis ** castor!" — Seulement, je l'avertis qu'il est trop enclin à laisser son imagination aller à l'aventure, et je le prie de ne plus me prêter gratuitement toutes les intentions qu'il lui plaira de m'attribuer.
En tout cas, il suffit d'avoir mentionhé les fortes exagérations que le Signal s'est permises à mon sujet, pour, décider lequel, de lui ou de moi, a le plus ** présumé le mal."
On trouvera probablement que j'ai consacré trop d'espace à cette discussion, qui n'a que des rapports très indirects avec l'histoire naturelle. Et l'on aura sans doute raison. — Moi qui m'étais proposé de par-^ 1er un peu, en cette livraison, du ** San José Scale " qui menace d'envahir le Canada, et à qui dernièrement la Chambre des Communes, le Sénat et même le Gouverneur général ont d'avance déclaré la guerre I L'abbé Huard.