LE NORD DE LA VALLÉE DU LAC ST-JEAN 4I
leur ensemble, et que les autres soient tout le contraire, c'est que la nature, d'après eux, capricieuse ou bonne enfant, Ta voulu ou ne l'a pas voulu. Maîtresse de sa volonté, tout comme nous le sommes, elle ferait autant d'écarts que rious, dans un temps dit, qu'elle n*en serait pas moins parfaite dans ses oeuvres, en fin de compte, que celles-ci le proclament visiblement partout, sans le secours de ces efforts supposés, de ces conunotions bien intentionnées, ni de cataclysmes quelconques ; comme les hommes sont tous faits plus ou moins se ressemblant, ainsi les rivières le. sont mêiïiement plus ou moins.
Vous ne serez pas surpris, si nous nous objectons à cette manière de voir.D*abord, nous constatons que, de toutes les rivières que nous connaissons, il n'y a que le Saguenay et les tro7içons de Péribonca et de la Manouan — qui coupent en deux les Laurentides, en inondant la fissure — qui puissent se flatter à' ^,woir leurs fonds exempts de rochers. S'ils possèdent un lit qu'aucun écueil solide ne défigure, qu'aucune uchte n'entrave pour des centaines de milles, dont aucune chaîne de montagnes ne barre complètement le cours, — comme on en voit tant de ces rivières, de même volume, qui sont semées partout d*obstructions,égouttant des pays montagneux comme le Saguenay ,soit dans cet hémisphère, soit dans l'autre, — c'est que la nature, malgré les règles établies par le Créateur, n'a pu résister aux chocs imprévus et renversants, qui bouleversèrent sans merci ses œuvres cent f«is séculaires, qu'elles fussent capricieusement élaborées, ou qu'elles le fussent patiemment et régulièrement.
Si ces rivières ne se fussent pas formées comme nous l'avons suffisamment démontré, si ces rivières eussent eu la même origine et eussent subi le même procédé que celles qui les avoisînent,pensez-vous que sur un espace de près de 300 milles, à travers un pays de montagnes de 1 500 à 3000 pieds au-dessus du niveau de la mer, elles pouvaient s'ouvrir un passage, sans laisser par endroit des indices certains que ce sont les
4i LE NATURALISTE CANADIEN
eaux et les courants seuls qui ont miné cette pierre compacte et dure ? sanslaisscrsur ce passage, qui mesure en moyenne I030 pieds de profondeur dans le cœur des Laurcntides, Tapparence d*une chute, le soupçon d'un rapide ? Pensez^-vous que ces rivières pouvaient exister sans laisser la preuve certaine qu'elles ne se sont pas ouvertes d*un seul coup, pour assécher les sommets baignés de !acs et d'étangs, ou pour changer, sans avis, le cours de la rivière voisine qui égouttaît sans répit, depuis des temps indéfinis, de vastes solitudes?
Nous n'en doutons pas le moins do monde,
Aussi, concluons-nous en affirmant que le travail opéré 5ur ce long parcours que nous venons de franchir, est le fait d'un choc épouvantable, d'une secousse intérieure extraordinaire et d'une force incommensurable, qui s'est jouée de Ten* veloppe de la terre, tout comme un tendre poussin se joue de la coque qui Tenserre.
Ce n'était pas plus malin que cela, peut-être bien moins comparativement.
Voilà tout !c mystère I
P.-H, DUMAIS
A propos de..^rien
Le Sij^Ha/^ de Montréal, n'a pas trouvé de son goût le passage de la dernière livraison du A-fitHruiisU oti je disais qne^ dans la presse canadienne, les journaux les plus respectables montrent beaucouf> de sympathie poTjr le A-ii/i/ra/ùl^, tandis que les autres T ignorent absolument.
Eh bien^ on va voir que ce propos a inspiré au Sù^/mi une amplification fort ré us.^ie. " Confrères, Usons le iVaiurailsle V^ s'écrîe-t4l en guis t; de tltro. Puis, son imaijination s'élance comme suit, la bride sur le cou :
Car ceux qui ne le con nnis sent p:i5 sont diîs Juifs» des lïbfiîs pen^^eurs, etc*, etc. A a contrîvire, ceux qui v\\ font leurii dcHcc^ méritent un bon ccrtificail.
Vous croj^ez que je bndiiit-
Uélronqitrz-vous : c'est L-crii en tau tes lettres au J^aturaiiiU f^aHatft^n^ roi. 25i No 2^ p* 21, et afinqu^M ify dt pas d'équîvoqne, je cite :
Le confrère reprotinît ensuite tout Tavant-dernier aliéna de Tarticle ** Les Xoces d'argent du AhUtfralisle " publid dans le dernier nu*