‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 73 sur 122 · EXPOSITION R]^GIONALE DE CHICOUTIMI I · texte numérisé non relu

EXPOSITION R]^GIONALE DE CHICOUTIMI I

*deux foîrcs.Cela devient vraiment de rHerpétolagie obligatoire 1 Mais, dans quel temps vivons-nous donc, pour qu'un naturaliste en quête de sujets d'étude ne rencontre sur son chemin que des reptiles 1 Toutefois, trêve de philosophie pour le moment.

Cette tortue, capturée dernièrement au lac Kinogami, est venue, après TExposîtion, en la possession de^M, Armand Tessier, directeur du ProUctvur dn Sagnâm}\ lequel a eu la gracieuseté de nous en faire cadeau.

Il nous a été facile de rapporter cette tortue à l'espèce Emys pulciicila, Schw,, Emyde gentille. Elle a sept pouces de long, ce qui est à peu près la longueur normale de cette sorte de tortue d'eau douce.

Nos visiteurs, qui depuis longtemps sont bien préparés à toute surprise en entrant chez nous, admirent cette " gentille " béte qui se promène tout le jour sur le parquet Vers les 5 heures du soir, elle va se placer dans un coin, la tête tout près du mur ; elle . . .rentre en elle-même, en ce sens que la tête, les pattes,la queue disparaissent sous la carapace, et se livre au sommeil, dormant comme une bûche . . . sans 'Tonfler du tout. — Au bout de deux jours de ce régime suivi par la tortue, la ménagère fut * prise de compassion pour la pauvre bête à qui nous ne donnions rien à manger, et mit à sa disposition quelques herbes délicates. L'Emyde, qui ne se nourrit que d'insectes, de vers, etc., se détourna avec dédain de la vulgaire pâture végétale. Disons tout de suite, pour empêcher de sensibles lectrices de nous accuser de trop faire jeûner notre hôte, que ces animaux peuvent se passer de nourriture durant assez longtemps, même en de- Tiors de Thiver pendant lequel ils sont en léthargie.

Nous allons incessamment reléguer notre chélonien dans 'un endroit propîce,o{i il se mettra en état d*hivernement.Lorsque, au printemps prochain, Tanimal retrouvera son activité vitale^nous reprendrons le cours de nos observations herpéto-

logiques; et cela nous fournira probablement roccasion de reparler quelquefois du genre de vie des tortues.

Le Progrès du Saguenay^ rendant compte de TExpositîon et parlant de cette tortue^ énonce sa croyance qu'elle est la première que Ton ait trouvée dans notre région du Saguenay, et signale le fait au Naturûiisie. Nous pouvons dire à notre confrère que le musée du séfninaire de Chicotitimi possède, depuis Tannée 1880, la carapace d'une toitue" capturée àTadoussac. D'autre part, on nous signale, de plusd'un côté, la capture de tortues au Lac St-Jean.

Cela n'empêche pas que Ton peut regarder comme rare la capture de ces animaux en cette partie du pays. — Tout cela, du reste, ne fait guère Taffaîre du jVafuralisfc canadien^. où Tabbé Provancher écrivait ce qui suit, en octobre 1874 z' "Dans notre Province, ils (les chéloniens) sont très rares en bas de Québec, et ne se trouvent point dans la région du Saguenay." Il faut reconnaître — en face du spécimen qui sonameille là-bas, dans un coin ùxx cabinet oh nous écrivons — que notre docte Fondateur faisait cette fois-là une affirmation quelque peu risquée.

— ^Et à part ïEmys pulchcUa ? , , * •

A part la tortue et les beaux chevaux du Saguenay, il y avait encore, à TExposition de Chicoutitimi, des choses industrielles et des choses agricoles. Il y avait force représentants des troupeaux du pays, et ies RR- PP. Trappistes de Mistassini ont cueilli, de ce côté, une ample moisson de récompenses.

Il y avait enfin des pommes de toute beauté, récoltées^ à Chicoutimi par M, W. Tremblay, président de la Société d'Agricilture, et par M. J.-D, Guay, maire de la viïle. M, William Tremblay, ému de ce que nous avons, il y a deux mois, représenté le climat du Sagucnay comme impropre i la culture de ces fruits, nous avait même prédit avec confiance que nous changerions d'avis lors de TExposition^Nous reconnaissons, sans aucune mauvaise grâce, qu^on a récoK

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té de fort belles pommes â Chicoutimî, Mais il faudra encore l'expérience heureuse de plusieurs années successive;! pour que nous adoptions à cet égard de nouvelles et solides convictions. ..Ajoutons, à ce sujet, que notre ami M. J.-C. Chapais, assistant-commissaire de rindustrie laitière, expose, dans \^ Journal d' Agrkulîurc du 22 septembre, une théû< rie qui expliquerait les insuccès des tentatives que Ton a faîtes jusqu'ici, au Saguenay, de la culture des fruits,et donne les raisons qui lui font croire à des succès possibles pour l'avenir. Aussitôt que nous le pourrons, nous reviendrons sur cet intéressant sujet.

Excursion en Egrypte

(Continué de la page 133)

*' Les rochers sont remplis de cavités, les unes pareilles à celles que la mer creuse, Içs autres artificielles. Beaucoup de ces entrées sont actuellement baignées par la mer, et même, en partie, couvertes par elle ; et, comme il est difficile de croire qu'il en ait été ainsi depuis T origine, on est admis à penser que ta mer empiète ici sur la terre ; ce qui est facile à admettre, lorsqu'on voit combien les rochers sont facilement destructibles et avec quelle force lîi mer les bat..p

'* La plupart des géologues qui ont visité T Egypte con* sidèrent le calcaire d'Alexandrie comme étant d'une formation antérieure à la période actuelle ; mais M. Russegger, qui a exploré ces contrées en T836, le regarde comme de formation contemporaine, et il pense même qu'une formation semblable, maïs plus cachée par les sables^ se produit actuellement sur toutes les côtes du Delta... Toute la côte de la Basse-Egypte, depuis la tour des Arabes jusqu'à la bouche de Dybch, près de Tisthme de Suez, forme, dit-il, une suite de récifs rocheux, recouverts çà et !à de dunes. Ces récifs, qui résistent comme une digue puissante aux vagues de la

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tuer, sont composes d ",] .- roche dont la formation se trontînue encore sousn-^a ;?^ \-, d'un gr^s marin récent, n!"sultailt d'agglutination Li^: ::rq'. ;]c:i bri^dcs et de coquilles microscopiques. Parnii les -^IùUt.j> organiques dont ce grès se compose, on trouve aussi trc"^ fréquemment des coquilles d'eau douce et terrestre que le Nil entraîne dans la mer, et que la mer rejette sur la côte pcle-mâlc avec des coquilles marines, M. Flâner a bien voulu, continue M* Busseger, examiner les coquilles microscopiques contenues dans le sable marin rapporté par moi d'Alexandrie, et y a trouvé les genres et les espèces qui suivent : PoiystomcHa crispa, d'Orb. ; Rosalinù, Bcccarii^ d'Orb. ; FroncahiUua iiéncuiafa^ d*Orb. ; FrUocUiina, Quinqucbcuilna^ Ptncroptis^ Rotaiina^ Scrpula^ Corn^- Una Ehraîbergii\ Munst, ; Rota/m subrùtî4nda f De plus, des baguettes et dcsassules microscopiques d'oursins ; des coquilles indéterminées en forme de disques et de vis, des polypiers, des opercules d'hélix, des pattes de crabes et autres débris d'animaux, La couleur de ce grès marin est d'un blanc grisâtre ; sa consistance n'est pas très grande ; cependant il -est çà et là assez solide pour être employé comme pierre de ^construction, et les anciens y ont creusé d'innombrables catacombes. De nombreuses coquilles perforantes y ont creusa leurs demeures, et sa rapide destruction par les eaux de la jnc" ' u donne Taspcct d'un corps rongé et celluleux.

** L'o] inion qui regarde ce grès comme étant, en totalité, de formation contemporaine, et qui suppose qu'il continue de nos jours à se produire sur toute ïa côte du Delta» rencontrera probablement plus d'un contradicteur ; mais M- Kcwbold y a peut-être apporté le seul correctif dont elle ait besoin dans un mémoire qu'il a communiqué à la Société géologique de Londres le 29 juin iS42.Cet habile observateur, l'un des officiers les ijIus instruits des troupes indiennes de la compagnie anglaise des Inclcs orientales, établit une distinction entre les calcaires analogues à ceux du désert de Libye sur lesquels est bâtie l'ancienne Alexandrie, et les

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calcaires modernes qui concourent avec les sables à la composition du soî de la ville moderne. M, d'Orbigny, en examÏTiiint au microscope les vases sablonneuses qui s'accumulent dans le port d'Alexandrie, les a trouvées composées en grande partie de petits foraminiflTcs ; observation quî vient à Tappui de l'idée de M, Newbold.

" lî est certain, en tout cas, que sî cette côte est constamment rongée par la mer, Taction des flots et celle des vents tend aussi à Taccroïtre en accumulant des sables dans les endroits abrités/'

Mes échantillons contiennent bien^ comme l'indiquent ces notes, une grande quantité de fragments de coquilles brisées, mais que je ne suis pas assez habile pour déterminer.

Nous n'eûmes pas le temps de visiter le college des Frères des Ecoles chrétiennes fondé en 1873. Depuis cette épo- ^jue il n'a pas cessé "Je prospérer, sauf à T époque de la guerre, où il a été évacué, puis pillé par les Arabes. Aujourd'hui (î888) dix Frères et quelques laïques y instruisent cent six élèves de toutes nations et de toutes religions, A côté est le noviciat des Frères ; les novices ne dépassent pas le nombre de trente-six. Ils se recrutent parmi les Européens et parmi les Orientaux, provenant pour la plupart de T Arménie, de la Syrie et de T Egypte.

A quelques minutes du collège des Frères, se trouve au milieu de Tun des plus agréables jardins de Ramieh la maison de Notre-Dame de Sion; nous passons devant sans pouvoir nous y arrêter. Le pensionnat compte vingt-huit religieuses, dont quatorze françaises. Quant aux élèves,elles sont quatre-vingt-dix, dont quarante pensionnaires de toutes nationalités et reliiîions. Ces religieuses ouvrirent en 1884 un externat gratuit qui compte aujourd'hui soixante enfants de nationalités et de cultes divers.

A côté de cette école gratuite, elles ont un dispensaire. Les malades y reçoivent gratuitement chaque jour des mé-

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dicaments, les explications nécessaires, ainsi qu*une parole de consolation et d*espérance.

A sept heures, nous rentrions à Alexandrie et nous rendions chez les Frères des Écoles chrétiennes, qui sont au nombre de quarante-six dont trcnte-trois sont français. Leur collège renferme 359 pensionnaires. Dans Tecole gratuite toute composée d'externes, on compte 404 élèves. Tout à côté de cette école, en est une autre également gratuite et dite arabe, dirigée par un frère franciscain et quelques maîtres laïques, Eîle contient cent cinquante élèves.

Il était trop tard pour que nous pussions voir tous ces établissements; aussi nous fîmes seulement une visite au bon supérieur des Frères^qui nous donna bien des renseignements sur ses œuvres et voulut absolument nous accompagner chex le président de !a conférence de Saint- Vincent de Paul, qui lui aussi nous fit le meilleur accueil,

A propos des conférences de Saint-Vincent de FauJ d'Égypte^voici ce qu'en dit le bulletin de TŒuvre du mois de septembre 1896 ;

*' Notre société prend définitivement racine en Egypte * elle vient encore, avec l'appui du supérieur des RR. PP. de la compagnie de Jésus, de pousser un nouveau rejeton à Minieh, dans la Haute-Egypte, où nous n'en comptions encore aucun. Au Caire, le zèle est toujours très grand.

" Le Bulletin en a récemment fourni la preuve en racontant le courageux dévouement de nos confrères pendant une épidémie cholérique ; ce zèle se manifeste d'une façon non moins méritoire dans leurs efforts pour aider au rapprochement des chrétiens de tous les rites, conformément au désir du Souverain Pontife Léon XIII, et faire connaître nos œuvres par la publication d'un (bulletin) en langue arabe,

'* La conférence d'Alexandrie continue de montrer, elle aussi, une heureuse activité ; elle visite un certain nombre de familles appartenant à diverses nationalités, et les soins cha-

rï tables quelle leur donne ne restent pas sans fruit, témoin la récente conversion d'un franc -maçon.

**Enfin la jeune conférence de J en tah, agrégée en r894,a marché lentement mais sûrement^ en s'appuyant sur le règlement àTobservation duquel elle se montre très fidèle,'*

Enfin le soir, de neuf heures et demie à onze heures, en compagnie de quelques-uns de nos compagnons de voyage^ nous avons passé une bien agréable soirée sur la terrasse d'un café placée au-dessus de la mer, et après une chaude journée^ durant laquelle un vent brûlant avait constamment soufflé, nous éprouvâmes une délicieuse impression de fraîcheur.

Le lendemain nous fûmes matînals, désirant visiter quelques parties de la ville que nous avions forcément négligées la veille. Nous nous rendîmes à Téglise Sainte Catherine^ qui est de style grec. C'est Téglise paroissiale et cathédrale d'Alexandrie ; et comme elle est petite, nous préjugeons que le nombre de catholiques n'est pas considérable. Elle est desservie par les Franciscains. J*ai remarqué, au fond du chœur, un vaste tableau représentant sainte Catherine fièrement appuyée sur l'effroyable roue, armée d'épées et de poignards qui devaient la déchirer ; la roue se brise au premier contact de Tillustre martyre,

L'Église d'Egypte fut fondée par saint Marc, disciple de saint Pierre. Alexandrie était alors, après Rome, la ville la plus célèbre de T univers, Alexandre le Grand l'avait fondée, disons mieux, restaurée, agrandie, et lui avait laissé son nom. Elle avait des académies savantes, on y parlait la lan* gue d'Homère, et son commerce s* étendait à toutes les nations civilisées. Le christianisme s'y propagea rapidement, et son patriarcat, fondé en queiqus sorte par saint Pierre ^ balançait plus tard les gloires et Tinfluence de ceux de Jérusalem, d*Antioche et de Constantinople. Saint Marc y fut martyrisé dans Tlle de Pharos. Une des gloires de T Église

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d'Alexandrie fut saint Pierre, martyr, cvéquc de cette ville au iVe siècle. Il avait ordonne diacre le célèbre Arius qu'il frappa plus tard^ d'excommunication. L*Ég\^pte peut ctrj appelée la terre des saints î c'est par mîlHers qu*on le^ compte dans les solitudes de Siété et de Nîtr^'e, de l'autri! côté du lac Maréotis, près des sables de la Lybie. Et dans la Thébaide, quels noms illustres quj ceu?c des saint Pauî, ermite, de saint Antoine ! quelles touchantes légendes on raconte sur la vie de ces grands saints ! Quel saint et quel génie que saint Athanasc, patriarche d* Alexandrie ! Que diraî-jc de saîntJPanthène, Tapôtrc des Indes ? Il fut le maître de Clément d*Alexandrie.JEt saint Cyrille, l'illustre défenseur de la maternité de Marie au concile d'Ephèsc ? Et notre grande sainte Catherine, Thonneur et la gloire de la science sacrée, à vingt ans ? Elle fut martyrisée à Alexandrie,

Comme les temps sont bien changés ! Cette Egypte qui a peuplé ie cîel est aujourd'hui^ et depuis des siècles, la terre d'infidélité ; la vieille civilisation de l'Europe qui tend à Tenvahir ne paraîtjpas beaucoup l'améliorer.. Le christianisme, qui a fait sa gloire, a toutes les peines du monde à y entrer. Le croissant en est le mattre, et nous savons que les musulmans ne se convertissent pas 1 Le fanatisme est la religion des races orientales. Toutefois ne désespérons pas de la miséricorde de Dieu, *

E. Gasnault.

, (A suivre,)

Les Bulbes coime fleors d'hiver et de printemps

Pour assurer le succès de cette culture, il faut, comme le disait le Naturaliste canadien^ **que les racines poussent d'àbordjles feuilles et la tige florale ensuite/* Pour celajes pots, après avoir été bien arrosés, doivent être déposés dans une

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