A PROPOS DE LA PÊCHE DE L'ANGUILLE
'*Lc numéro d'août du Naturalisle cafiddicn^ de Chicoutîmi, m'arrive, et j'y vois, comme article de rédaction, un écrit intitulé : Un spcciack fccriguc à Quebec, L'auteur de clI article semble surpris de ce que rapporte M. A, Acloque dans le Cosmos^ numéro du ï6 juillet, à propos de la pé^ chc à ranguiUe dans les environs de Québec, je n'ai pas V:i vantage de recevoir le Cosmos^ et n'ai conscquemment pu lire en entier l'article de votre savant collaborateur. Mais Ja critique que Ton a faite, dans le Naluraiisîc canadùn.
UN INCIDENT ifij
nde Textrait de cet article de M. Acloque, me semble tin peu ■sévère et un peu injuste. Sans doute, pour nous^ CaiiadienSj habitués à ces scènes d'une pèche au flambeau, nous n'y voyons peut-être pas grand'chosc de féerique, quoique, je l'avoue, j'aie passé bien des heures à rêver, sur mon balcon, au scintillement des étoiles, lâ-haut, et des flambeaux des pecheurï=, là bas, sur le lac des Deux- Montagnes.
**Ce qui a semblé choquer le critique de M. A. Acloque, c'est que celui ci dise que cette pèche se fait dans les environs de Québec. Je comprends que pour M. Acloquc, séparé qu'il est de nous de plus de 1800 lieues, 40 ou 60 kilomè* tres( i}Ho!ent peu, et que, par le mot I'nvinnis^iX ait entendu désî* gner la contrée avoîsinant Québec. Alors, il a certainement raison. Dans le bassin de Gaspé, la pêche aux flambeaux se fait, comme dit notre critique (2),sur une assex grande échelle ; aussi dans l^s environs (3) de Montréal, sur le ïac des Deux-Montagnes, sur le lac Saint-Pierre, etc, etc.
*'Cette pcche, très agréable, est bien simple. A la lueur de la torche, placée à l'arrière (4) deTcmbarcation, les angtiilles qui descendent le courant s'arrêtent. Le pêcheur, armé de son dard^ n'a qu'à bien viser, et le poisson est retenu captif. Ce dard, fixé au bout d'une perche légère mesurant de 10 à 12 pieds, consiste en une broche d'acier, bien aigué, fixée au manche entre deux pièces faisant ressort ; ces dernières servent à retenir le poisson une fois embroché. Le petit dessin ci contre vous fera mieux comprendre l'opération (5).
(i) — On remarquera le procédé de VI.Beaulieu qui, joliment brouiUé avec "la mensuration géographique, double presque la distance de Québec à Paris, tandis qu'il diminue de près des trois quarts les distances ^canadiennes qu'il mentionne. {Le Naturaliste canadien.)
(2) — Nous n'avons pas même écrit le nom de Gaspé. C'est de Chicoutimi que nous avons parlé. {N. C)
(3) — Quand il s'agit de Québec,ses environs s'étendent jusqu'au* 'bassin de Oaspé." Mais, pour Montréal, le mot revient un peu à son sens véritable, qui estjd'après Littré, "les lieux circon voisins. " (A''. C)
(4)— M. Acloque avait dit qu'on dispose le flambeau **à l'avant" des bar- «jues. Voilà donc M. Beaulieu qui, lui aussi, rectifie une assertion du savant iJrançais...à qui nous sommes bien tenté d'offrir, à notre tour, l'expression de fKK "sympathies." (AC C.)
(5) — Nous regrettons de ne pouvoir, faute de graveurs "dans les environs" ^e Chicoutimi, reproduire le dessin dont il est ici question. (AC C)
l64 LE NATURALISTE CANADIEN
*'Et maintenaat,voici la raison pour laquelle je viens confirmer les faits avancus par M. A. A cloque : On n*a pas assez le rcs[)cct dft aux savants de nos jours ; au lieu de :>e confier en leur bonne foi et en leurs dcsirs d'agrandir le champ si vaste des connaissances, on les suspecte sans raison, on les injurie souvent et Ton n'a que cette phrase à opposer à leur de\'ouenient : ^'1 tnau mcntîr qtti vkîîi de hw ! M. A cloque n'a dit que la vérité. Pour nous peut être at-il semblé cxag;crer ; il n'a certainement pa-^ exagL^ré pour les Européens, Je m'explique. Pauvres mortels, habitués que nous sommes ï\ ne jn.L^cr que par nos impressions du moment, nous voyoîis d'un œil bien diff^jrent les choses qui frapi^ent nos regards pour la premivre fois et celles que nous a\ ons constamment sous les yeux. On s*cxclame à celles la ; celles-ci nous laissent indifférents, L'Européen qui, poiu* la premiere fois, s'arrête à considérer le cours rapide de rimnieiise fleuve Saint Laurent, ne peut s'empêcher de manifester son admiration : c'est une merveille I Et cette merveille du Canada, cro3'ez-vous qu'elle frappe l'esprit du paysan canadien ? non, mai.s le paysan canadien s*ébahira devant votre tour Eiffel, laquelle est chose ancienne chez vous . . ■ .
**C'est le tort des choses et des hommes, de vieillir l *'J'ai cru pnuvoir vous intéresse r en vou- douîianc ces quelques détails, et réparer envers M. Ac loque l'injustice qu'on lui a faite. Je sympathise d'autant plus av'cc votre distingué colUiborateur que je sens en lui le penchant qui me domine: T étude de l'harmonieuse nature,
Mîmirhï^. GKR>fAix Beau lieu.'*
Nous avons pensé qu'il ne fallait pas laisser le Xatnfûiisic cana^ficH sous le coup d'une accusation si injustement portée contre lui. Et nous avons adressé au Cosmos la réplique suivante, cju'il a dû publier datisTim de ses derniers numéros.
"UNE QUERELLE [ï'ALLK\L\XD
*'Jc n'ai lu qu'aujourd'hui, 19 octobre, le Cos^fîûs du 24 septembre, où j'ai trouvé, avec la plus grande des surprises, une attaque dirigée contre le A^atif rails fç canadie?!^ par un jeune Montréalais, AL Beaulieu, Me peiincttra-bon de don-