‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 77 sur 122 · UX INCIDENT · texte numérisé non relu

UX INCIDENT

ner le démenti à ce correspondant dans le Cosmos lui-même ? Je serai, certes, dcsolé de remplir même une seule colonne de cette revue d'une discussion dénuce de tout intérêt, scientifique ou autre. Mais comment pourrais-je, sans protester, souffrir qu'on vienne, mettant à profit la grande autorité dont jouit le Cosnios^ dénoncer au monde savant de tous les pays mon pauvre A^titnmlistc caHùdkn comme coupable d'injustice, presque de calomnie ? C'est contre M* Acloque que Je suis accusé d'avoir eu tort à ce degré, contre M. Acloque que j'apprécie au point d'acheter tous ses ouvrages, à mesure quails sont annoncés, et de tenir une sorte de registre de tous ses articles de revue d^nt j'ai connaissance. Par ^exemple mon contradicteur a été assez prudent pour ne pas citer une scute ligne de ce que j'ai écrit ! Cela, à vrai dire, pourrait simplifier beaucoup ma tâche : puisqu'on m*accuse sans rien prouver, je n'aiirais qu'à nier absolument, et tout serait dit.

**Toutefois,comme vos lecteurs auront sûrement oublié, quand ils prendront connaissance de cette lettre, ce qui faisait le sujet du débat, je vais résumer très brièvement le. . . grave objet de cette lutte transatlantique.

**Le Cosmos àw 16 juillet dernier contenait un intéressant article de M. Acloque où il était question de la pêche de Tanguille. "Au Canada [y lisait-on),dans les environs de Québec, **on pêche Tanguille le soir,sur des barques à Tavant desquelles **on dispose un fanal . ..Rien n'est féerique comme le specta- **cle, par une nuit noire, de tous ces flambeaux rangés en ^*longues files scintillantes.*' Moi qui suis Qiiébecquois, moi qui ai vécu à Québec tout près de vingt-cinq ans, je trouvai très piquant d'apprendre par voie de Paris qu'il y a près de ma ville natale, où je fais encore quatre ou cinq séjours par année, un ^'spectacle féerique" que je n'y ai jamais vu, dont je n'ai jamais entendu parler, qui d'ailleurs n'y existe pas. Et j'écrivis là-dessus une sorte de boutade humoristique pour railler un peu mes amis de Québec, qui ne savaient seulement pas qu'il se passe chez eux de si belles 'choses. Du reste, je convenais bien que la pêche aux flambeaux se pratique mi peu partout dans nos fleuves et rivières, sans y voir, par exemple, rien de féerique.

"Et veut-on savoir comment j'ai traité M. Acloque en tout cela ? Je l'ai nommé deux fois dans mon petit article, en

le désignant, la première fois, comme " Tun des savants jus- *'temcnt célèbres de France*' ; etja seconde fois^ comme "un ^'savant très sérieux*'. Cela ne me semble j>as si injuste ! Et pUJSj j'ai eu bien soin de dégager sa responsabilité : "nous "nous demandons (aî-je écrit) où M. Acloque, qui est un sa- "vant très sérieux, a pu recueillir des renseignements aussi **fantai-^istes...Sans doute de quefque voyageur, retour d* A- "méric;ue," etc. J'avais fini mon article jjar cette phrase : '*Et "voilà un nouvel exemple du grossissement que subissent les- "moindres choses, vues d'un continent à Tautre, au licti du "rapetissement auquel on se serait plutôt attendu". Voiîà pourtant less forfaits que j'ai commis.et dont l'horreur n'a pas laissé de repos à M. Beau lieu, qu'il n'ait pris la pîume pour exprimer la "sympathie" qu'il éprouve à Tégard de M, Adoque (dont il n*a peut être appris le nom que dans le ^i^uitmiisti' aiHadùn] et "réparer envers lui T injustice qu'on lui a "faite". Voilà ce qui a provoqué à mon adressc,dela part de M. Beaulieu, d'étonnantes réflexions comme celles-ci : "On n'a pas assez le respect dû aux savants, de nos jours ; . . . on les sus[ïecte sans raison, on les injurie soutient et Ton n'a que cette jjlirase à ojîposcr à leur dé\oucinent: A ùi\iu nz nf:r qui viiéfidi' huJi ! ^L Acioque n'ailit que la vérit:*/'

"C'e^^t qiie, en uffct, mon contradi tf, jr s*est ir. lS en ï\w\<^ de fair^^ croire à la réalit/ du J/tr/nt// //r; ptt' qu'iïfîre 'daii^ "les environs de Québec" la pèche w\r. fimbea* x. 11 hTî a suffi pour cela d'inuigûicr que I\L A loque a vol! i dc-sîgner, par le mot unirons^ **ïa cc>atrt>e avoisinaTit 4j::él ec*' Et CLlte "contrée a voisinant OuLbec"^ c*est, d'ijjKs M Beau] t LU : le lac Saint l^icrre, le lac des Dcnx-Mriitagncs, le bassirj tic Gaspé, qui sont pourtaiU sjtusj-: respectivement ;V des d^^ tances de Québec d'à j^cn près /o lieues, yo lieues^ lOO lie, es (distances qu'il rcmpKxe tone bonn^-mcnt dans sa lettre uu 6 t^jwr'^r^ par celles de "40 on 60 kilonirtres'^ c'est-àdire \\\V: dizaine ou une quinzaitie de Heiii^s.) C'est à peu prè*^ comn e si, considérant Paris même d'aussi loin que les aritipodes/c n plaçait Bruxelles, Mtl.t, Lyon, dans les "environs" de Paris.

"Encore une foisje regrette vivcn.cnt d'avo:r été obligé d'entretenir le Cosiuas (dont la bonne foi a été évidemment surprise) d'une affaire de si minime imj;ortance. C'est tr.émc parce que je la jugeais de la sortCjque je me suis abstenu de

UN TNCTDENT 1 67*

communiquer à la direction de cette revue le petit article que j'avais écrit plutôt pour amuser mes lecteurs, que pouF rectifier l'assertion crront^c de M, Acloque, laquelle n'était pas assurément de nature :\ faire dévier le genre humain tic la grande route où il poursuit ses destinées.

L^AOBÊ Victor- A. Huard Directeur du Naim-alisU* canadkîi'* Chicûutimi^ J\ Q^

Comme on !^a vu, par la correspondance reproduite du Cû^mos^ M. BeauUeu avoue que le spectacle de la pêche de TanguîHe aux flambeaux n'est pas, pour lin^ce qu^sl y a au mon* de de plus féerique ! Et pui*ï, pour justifier à tout prix Tasserti on de M. Acloque, il est obligé de soutenir que le savant français a voulu donner au mot environs un autre sens que celui déterminé par Tusagc !—Mais laissons là cette futile discussion.

Ce que nous voulons surtout s;;^nalcr ici^ c'est l'incorrrction du proccdé de M. lî^aulieu. Il était colhborateur attitré du AittHmlish* cûnatitin ; il était de la maison^ par consequent. Et sM avait à nous corr L^cr, c'est ici qu^ïî le devait faire, au lieu d'aller dénoncer au cUià de l'Atlantique le journal dont.il faisait partie.

En outre, il s'est proposé Je "rc{)arer i-nvcrs AI. Acloque l'injustice qu'on lui a faite. "Or, pour accomplir cette rcparaticn, il va se servir du Cosmos, dont une di/ainc de lecteurs peut être ont eu connaissance du fait qu'on nous repro' che, et laisse de côté la presque testai ité ilcs gens qui or.t vu l'ariicle inciimiiié: c'cst-à-dirc k^s U.'ctcr.rs du Xafîn-ûlis.'c (\:nadicn^iiX. ceux de la / VvvA', de Oujbcc, qui a rcpr.).hi:t tiotre écrit. — Une pareille façon d'agir n'estimas facl: à coinprendre, ni à juitifier.

Nous devons, encore ce mois-ci, rcnvo}'er la Bibliographie au numéro suivant.

i68 \E naturaliste; caxadien

L'ABBÉ PBOVANCHEa

tCf^'.rîriié de la page 136)

L'abbé Provar.cixr avait annoncé dès 1S5S son inten-

■ tion de publier uvv F.^^fV du Canada, En avril 1859,1e gouver* nernent du Canaf.id prit ];i première décision d'aider à la pu* blication de cet ouvrage ; et^ comme on vient de le voir, ce fut le S mars 1863 que le comité de la Bibliothèque s* occupa pour la dernière fois, et de la façon heureuse que Ton se rap-

^ pelle, du secours à donner à cette entreprise. A quelle date ] précise l'ouvrage fut il donc livré au public ?

C'est Tannée 1862 que Ton voit indiquée au frontispice

' des deux volumes. La préface est elle-même datée de "Port-

' neuf, novembre, î862." D'autre part, l'annonce de Tenregis-

' tremenl de Touvrage "au bureau du Régis^rateur provin-

♦ ciar' imprimé au verso de la page du titre, est du mois de

■Janvier 1S63. En effet, ce fut dans les derniers jours de ce

mois que Touvra^t; fut livré au pubtic. J'en vois la preuve

dans le fait que U correspondance de M. Provancher ne con-

Jîentjdaté du mois de janvier 1863, aucun accusé de réception

des volumes qu'il offrit en ''hommage d'auteur'* à des amis

ou A des gens qui lui avaient rendu service lors de Ta prépa-

^-jratioriou de la publication de son livre, La première lettre

■ de remercie menu qui se trouve dans cette correspon* » dcnce, est de M. Ed. Glackme^-er M 1, de Québec, dont, Tan- 1 née précédente, nntrc auteur avait utilisé îcs services, â propos, .ncn-!jl -t-ilj delà subvention qu'il s'a^^s-aît d^obtcnir du gouvernement. Cette lettre, datét: du 4 février, contient deux renseignements non dépourvus d' intérêt. Le premier, c'est que, ce jour- 1 A, il f.u s ait à OLiébec lai froi^t de 32'' Fahr, au-

^ dessous tic z^\o ; et je livrt ce fait h la p.jbliclté dans l'intérêt de Iau)étéorologie, qui est bien la scicmx 'a plus indï-

et s'incuj :iit Uii-ni me Ij.mucotip ïl.* musî-ju*. Il it.nît /l i(k<f, el ^rniltiiU lohgicm^ïs il fut nrdsident du Stplell ChiU, ik <^Hïeïi.'É:, tl uioutut, àTiK^ld-

gnoa, rartislc et TefudU bien Connu)*

l'abbé PROVANCIlEk i6g

^ente de toute5,et qui est aussi de toutes I;l plu^ éloignée de connaître parfaitement les bis qyi la régissent. Le second détait qu'il importe de noter, c'est que lc5 journaux canadiens avaient déjà annoncé la publication de la /'7<^/v t'ûnûditnnt\ mais de façon trop froide, au dire du bon notaire Glackmçyer. "Si cet ouvrage avait été publié en Europe^ écrit-il à Tabbé Provancher, nos journaux n'auraient pas eu assez de termes flatteurs pour en parler, tandis qu'à peine ont-ib dit quelque chose de votre ouvragée qui ine paraît, à moi, ne rien laisser à désirer*'. Voila des paroles qui ne sauraient déplaire à un écrivain. Qui sait même si elles ne furent pas la cause prochaine d*une tentation qui se présenta, et à laquelle notre auteur fit bon accueil, ainsi que m'oblige à l'avouer l'implacable devoir de l'historien ? Du moins,c'est ce qu'il faut inférer d'une lettre du 14 février, dans laquelle ce même correspondant écrit qu'il consent à publier sdUF sa propre s gnature un article qu'il a reçu de IVL Provancher sur ses ouvrages de botanique - . . Qu*on ne jette pas ici ïes hauts cris ! Ce n'est pas l'abbé Provai:cher qui est l'inventeur du procédé, et après lui le secret ne s'en est pas perdu- Où est- il Tauteur {à ec qu'on dit) qui du moins ne déblaye pas un peu le chemin par laquelle la Gloire doit arriver chez lui, — lorsque même il ne l'envoie pas chercher en voiture pour qu'elle vienne plus vite \ Ce sont la trucs du métier, et Ton n'y a recours, évidemment, qu':ivcc la noble intention d'empêcher les contemporains de commettre des injustices dont abuserait la postérité pour les traiter plus sévèrement qu'il ne faudrait . . *

Kn fait d'appréciations de la Fioi'C cm idLnnc par la presse du Ras-Canada, je n'ai pu retrouver cjuc les deux suivantes, qui sont du Cimrvkr du Canada^ de Québec, et de VOrdri\ qui se publiait à Montréal- Le premier, en son numéro du 6 février 1863, après avoir accusé réception de l'ouvrage et en avoir donné le titre et quelque description, ajouta les considérations que voici : *' Il nous est impossible

de porter un jugement sur le mérite Intrinsèque de ce livre ; mais en le parcourant et en jetant un coup d'œil sur le vocabulaire, la liste des auteurs cités, la table alphabétique des matières, etc, nous sommes restés sous Timpression que c'est là une œuvre consciencieuse, fruit de longs labeurs^ d'observations continuelles et de patientes recherches. Nous laissons d'ailleurs aux hommes du métier le soin de Tapprécier comme il convient." UOrdu\ du 1 1 février, reproduisit une partie du lon^ titre de l'ouvrage, et dit ensuite : "Ce travail important, qui mérite d'être placé à côté de Y Histoire du Canada à laquelle il se rattache, d'ailleurs, par plus d'un point, a coûté à son auteur de long^ues années d'étude, de travail, de recherches et d'observations ; et ce n'est qu'après bien des hésitations que M, Frovancher s'est résolu à courir les risques d'une publication aussi considérable pour offrir à ses compatriotes le fruit de son expérience et de ses laborieusca études. -^ La flore cùHùdknne a sa place marquée dan^ nos bibliothèques publiques et privées, et nous considérons comme uu devoir pour nous de la recommander atout le monde."

J'ai sous le^î yeux les lettres de remerciements qu'adressèrent a Taifteur plusieurs personnages, à qui il avait fait hnminai^c d'un exemplaire de son ouvrage. Voici des extraits de quelques-unes.

Sir James M, LeMoine,rauteurdc TOrnitholog^icdu Canada et de bien d'autres ouvrages^écrivaEt \ l'abbé Frovancher, le 5 février 1863:, ./'Je n'ai pas encore eu e temps d'examiner ce travail : niait^ ce que j'en vois me porte à croire qu'il doit représenter une somme de labeur énor^ne, et le coût d*une telle entreprise doit être fort élevé : le tout pour la gloire. Car non seulement ceux qui se mêlent de publier des livres en Canada y sont pour leur travail, mais encore pour leui ar^jnt". (i)

(l) M. LvMtffjie âmionce i M, Provancherj cti cette même lettre^ qu'un Ir^LvaiI sur It's l'Ltlitrrkîi itu Can;ula ^"vlunl U^iiljsorber trois mois de sos loisirs***

L^ABBÉ PROVANCHER I/I

Le 8 février, c'est Tabbé Ferland, le célèbre historien, qui ccrit à notre auteur : ** Je vous offre mes sincères remerciements pour les deux beaux volumes que vous m'avez fait remettre. Ils me paraissent très propres à guider l'amateur dans la recherche des plantes du pays, et à inspirer ailx élè* ves de nos collèges le goût d'une science utile et en même temps fort agréable. — Votre ouvrage me donne presque l*envie de me remettre â parcourir les bois et à suivre les grèves pour renouveler connaissance, au moyen de votre clef analytique, avec les plantes canadiennes que j'ai perdues de vue depuis plusîctirs années'', (i )

Un fervent botaniste, le juge D. Roy, qui administrait la justice dans le district de Saguenay, écrit à son tour^ de la Malbaie (Charlevoix), le 19 février, l'intéressante lettre que voici : **De retour de Chicoutîmi, avant-hier, j'ai trouvé sur ma table vos deux volumes de la Plore canadienne. J'ai de suite oublié toutes les tracasseries d'un voyage à travers les Laurentides, je ne me su^s plus senti fatigué. Je me suis mis à découper si bien les feuilles de ces deux volumes que j'ai pu parcourir toutes les pa-^cs la nuit même de mon arrivée. Vous ne sauriez croire le plaiï^ir que cela m'a procuré, etcombieti je vous dois de la reconnai^isauce. J'ai retrouvé là toutes les plantes qui m'étaient si chères en i8jo, lorsque je parcourais les environs de Ouéliec. Je crois qu'on ne peut pas faire mJL^ux que vous avez fait ; et vou^ avez très certainement rendu service à la scioncc. Cne chose cependant me fait peine : c'e^t que vous avez cru devoir mentionner le faible tervice que je vous ai rendu en vous transmettant une liste faite à la hAtc et qui ne mentait certainement pas la mention qwQ vous en avez faite. — J'ai dit que vous

(i)Dans le premier volume iîu Fûvt'rrtifitit/Ufi, se trouve (pages 367-374), &0U* la signature tïe fcti l'ahb^i Ov, Bru net, professevîr de bijtanijue a. l'universi' lé Laval, tie Qudbcc, des iVotcs sur Its pimiles ret'tni//fVs /ar AL Pahàè Firlaud sur If s Côfes iié Lti^rtii/ûr, ht î;^ fiées par as tttujfr tiit SnitirLann-ni^ ^n /SjS.

aviez rendu un vrai service à la science. En effet, à présent et avec vos volumes, combien il sera faciL* aux botanistes futurs de faire des flores locales ou de comté, seulement en donnant le nom des plantes et en référant à vos volumes pour la description. J*ai presque le dessein de donner l'exemple en faisant une flore du comté de Charlevoix^ sî toutefois mes occupations judiciaires m'en laissent !e loisir. — Permettez-moi, monsieur, de vous remercier de nouveau et de vous féléciter sur votre œuvre. J'ose croire que cette première édition sera promptement épuisée",

(A suivre,)

Quelques aperçus sur la géologie du Saguenay

(Le pssago suivant^ omis par nous ne savons quel makntemïu^ fsit mit à lapajLïe Î09 (livraison (Je juittet) et doit précéder Tarticlc publié au mot^ de septetnhre, pajje 137).

Aussi, c'est grâce à cet étrange procédé sî nous avons pu constater c^ue sous les épaisses couches de sédiments déposées pendant des âges au fond de cette mer intéricurej que nous pouvons palper maintenant que celle-ci est disparue, il existait d'immenses dépôts de végétaux que la période des plantes y avait accumulés avant le refroidissement et, surtout, que les eaux^ précipitées des sommets rehaussés tout à coup, y entraîncrcnt en désordre et y juxtapoijèrcnt en un tout compact : repré*ientant justement ces matières premières que nous venons d'entrevoir sous scellés, il y a un instant, en train de faire des merveilles^ sinon !a prcuvL que c*était bien là au moins leur destinée-

Vous voyez que nous n'y allons pas etc.

(Continué de la page 140)

Un peu plus tnrd, on en trouva aussi des parcelles dans le canton Jonquièrc, sur les lots de Tîburce Tremblay, au pied des éboiilis de la grande coulée qui entament ce terrain.

Ce cultivateur eut même des offres alléchantes, pour sa propriété, d'un ingénieur bien connu au Saguenay. Mais dans cette circonstance^ on soupçonna un commencenrent de spéculation mis en œuvre par des motifs inavouables^ disait-on ; pourtant, tous ces soupçons n'existaient que dans Tïm^ination.

Les recherches, qui se firent k la suite de cette dc^couverte, n'aboutirent à aucun résultat. Rien de surprenant, si Ton considère la méthode suivie dans le temps. Les gens se contentaient de piocher ici et là, au hasard ; de faire un trou de leur hauteur, ou bieti moindre, si l'eau se mettait de la partie ; et puis, si quelques parcelles de charbon brillaient enfin au bout de leur labeur, ça ne valait pas la peine, disaient-ils^ de se morfondre pour si peu.

Elles ne comprenaient pas^ ces bonnes gens, que le fait seul d'avoir trouvé quelques parcelles de houille, suffisait pour éveiller Tattention des géologues^qui^toujours au guet, doivent savoir, eux, que du moment que la chose est prouvée, cette chose existe , . . . . ,en plus ou moins grande quantité. L'essentiel, c*cst de localiser le dépôt, de savoir dans quelle partic de la vallée du lac St-Jean est enfouie la masse de ces végétaux carbonisés qui nous intéressent.

Est-ce au pied des montagnes qui T entourent de toutes parts ?

Est-ce au beau milieu de la vallée ? ou bien sous îa double assiette schisteuse, formée sous les eaux de ce lac, que se trouve ces trésors ?

Il n'y a pas de doute que, lors du cataclysme, l'entaille qui se fit à la face de la terre, coupant en deux la vallée du lac St-Jean, ou plutôt, le grand lac Silurien qui submergeait alors cette vallée, a dû, à coup sûr, entamer la scuUe au charbon^ si celle-ci y existe.

Ne serait-ce pas la preuve qu^ cette malheureuse entaille y a pénétré tout de bon, la vue de ces échantillons,

tout frais extraits^ trouv*5s égrenés ici et là sur ses lèvres entr'ouvertes — représentées par les rivages du lac à laCroix.ct par tous les autres lacs qui se trouvent sur la même Hj^ne vers ia baie des Ha ! lîa !— blessure inguérissable, qui, encore y ne fois, nous donne une bonne idée dit coup porté là. C'est lui, ce coup^ qui, en séparant en deux les dépôts enfouis dans cette vaste dépresssion, fit détacher des parois du gouf* fre ces particules de charbon ; et puis îc travail des eaux qui envahirent ces profondeurs subitement criées, a dû aussi éroder^ avec énergie^ ces escarpements encore tout émus des tiraillements qui les séparèrent, et leur enlever cette/////rt^l//;* intéressante qui trahit, sans desseinje secret de leur formation. Ce sont ces mêmes parcelles, ainsi détachées par les torrents et les remous, qui remontèrent de force à la surface, dans le tourbillon, et qui furent déposées ïà où on les a trouvées il y a vingt-cinq ans.

On pourrait dire, sans être sérieux, que le lac à la Croix et son voisin, le lac de la Tête de Mort, sont juchés sur le sommet même de cette mine que i'on ne veut pas reconnaître,vu que ce sont les seuls !acs, sur toute cette étroite lisière de St- Alphonse à St Jérôme — (et îl s'en trouve un bon nombre)—, qui soient situés presque au niveau du plateau de la valléCj tandis que tous les autres sont^ au moins, à cinquante et soixante pieds au-dessous.

Ou bien le gouffre a eu ici un haut le- coeur qui lui a remonté dans la gorge une masse quelconque, sans spécifier quoi.

Une autre indication qu'il y a quelque chose d'étrange dans le voisinage, et qui a une certaine analogie avec ce que nous venons de dire, c'est Todeur suspecte qui s-exhale entre les deux lacs susmentionnés.

Il faut vous dire que, il y a trente à quarante ans, celui qui voulait se rendre, en hiver, d'Hébert ville au lac St-

Jean, passait par le chemin des Chiens (i) :il n'y ea avait pas d*autres. — ^Ce chemin enfilait prccisémeiit sur la glace du lac à la Croix et de son voisin à l'ouest.

Entre ces deux lacs^ — distants seulement de quelques arpents, — il y a une coulée qu*il fallait franchir : elle court du sud-est au nord-ouest, tout étroite et profonde. Au fond serpente, à la gêne, un gros ruisseau. Ces deux lacs n'ont pas de décharge et ne communiquent pas, non plus, avec le ruisseau, bien que celui-ci soit à quarante pieds, au moins, audessous de leur niveau ; avec peu dé travail, cependant, ils s'y videraient, s'il le fallait.

Savez- vous comment on appelait ce cours d'eau-là, •dans le bon vieux temps ? Non. Eh, bien passez-y une fois, et vous le saufez. . . En descendant la coulée, son nom est écrit dans l'air ; en traversant son petit pont de bois rond, vous trouvez qu'il remplit l'atmosphère ; et lorsq-ie vous remontez de l'autre côté, vous le dites involontairement : C*est le ruisseau Puant.

Sans badinage, l'odeur qui vous suffoque en sautant la coulée, vous l'avez trouvée justement dans les usinés à gaz, si vous y êtes jamais allé. Et, le plus intéressant, c'est qu'en amont du ruisseau, au sud du lac à la Croix, vous ne sentez rien d'étrange; mais vis-à-vis de celui-ci, et en aval, pour quelque distance, vous êtes quasi-asphyxié. Ne dirait-on pas que cette mauvaise odeur vient directement de dessous le lac ? que le pot aux roses n'y est pas à cent lieues ? que le soupirail de la mine pourrait bien s'y trouver aussi ?

Si nous avons tenu à faire ces quelques remarques, c'est que nous voulons ne rien laisser dans l'ombre, surtout à cet endroit-ci, qui a éveillé le premier notre attention.

(A sinvrc.) P.-H.DUMAIS.

(l) Vieille relique du passé que ce portage tracé jadis ])ar les premiers missionnaires qui pénétrèrent au lac St-|ean, et qui leur servait de chemin d'hiver pour atteindre la mission de Chiroutimi. La Compagnie française pour la traite des pelleteries et plus tard celle de la Baie d'Hudson l'utilisèrent pour le trans|x*rt de leurs marchandises et de leurs munitions, cjui se faisait avec des chiens et tol)oganes— depuis le poste de Chicoutimi jus(ju'aux i)ostes de Métabetchouan, Chamouchouan et Nékauba.

" If ABKADOR ET ANTIGOSTI " .

PAR L'ABBE HUARD

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fes des Monia^nîïîs — IVchcurs canai Metis ci aeadicns — Com^^tuiues et chiens lîu .ahrarlur — Details com |j let s sur la chasse au knip marine ^^ ^^ ^^tnde péchc au sauiiïsm, au hareng, à la mîJiue^I.ïi vérité sur lAnlirtwti ; Tens.-igmnients inédfis ; lenti éprise iSIviiier.} \\h% 2 $ï.SO, Par la py^tc : $i,6u i>*»ut le Canada ; $1,70 \^An ks Étals Unis et rUTiJcii ] e.stale*

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JOS.-EP SA¥ARD

Agent pour Chicoutimi et Liic St-Jean, - . - ^ THICOUTIMI,

VOL XXV

(VOL. V DE LA DEtXEfclCK SKilIE) NO 12

ClncoUtiipi, r)ct-'en)brc 1898

Directeur-Propriétaire: l'abbe V.-A. Huard

Us angiiillçs

L'article du ^Inttifûliste caumUt^n, publie dans le No de septembre dernler^nc me convainc nullement que Tanguillc ne se reprfxUiit que daiis Ea mer sous la forme transitoire de larve, comme la grenouille du têtard. Il me semble certain au contraire que l'anguille va déposer ses œufs dans le haul des nvîèrcSp comme la plupart des poissons, il est biea certain qu'elle se rend à la mer, puisqu'il s*en pcche beau-* coup dans le golfe Saint- Laurent, à Teau salcc. Mais il e^ certain également qu'elle remonte les rivières, le printemj^ et au commencement de Tcté, et qu'elle redescend duraul Tété. Tous les pécheurs de nos rivières connaissent celte double migration, et en profitent pour prendre l'anguilic en quantité prodigieuse lorsqu'elle redescend. Ainsi, à Saint- Jean, sur le Richelieu, les pêcheurs font des chaînes de roches qui barrent presque la rivière ; cette chaîne forme \xq angle ou des angles, en descendant, où ils mettent des boJ^ tes, et ranguille qui descend s'amasse par centaines chaque nuit dans ces boîtes.

Que va faire ranguillc dans le haut des rivières ? Bic«

14— Déctmïire 1898.

LE KATXTRALI^E CANADIEN

bien

sûr iju'eUc ne se promené pas uniquement pour vc^îr d*^ jia} s. D'ailleurs elle commence sa course atscendantc? aix^aii^ cjuc ne s'ouvre la saison des touristes ; dès les premicm-^ j*^*^*^ de mai, on la prend clans leiî environs de Montréal, l^v rtuiit, ïorî«}u*elIe remonte k fleuve.

Le fait que le prince de Monaco ;i pcchc un c ^ii.:rH2L^t>^ de Tes tomac duquel on a retiré une anguille oe ^z>roiJVC qu'une chose ; c'est que ranguîJle vit dans la mer, ÏL-— o t-^ît éta>t indiscutable. De ce qu*on a péché en pleine n» ^^f une aii^^iiîlc <i!uvce, oti peut conclure tju*on a trouve une ^iig^d* le <jL-uv<le en picine mer, mais ncn de plus. On péclm ^ tics poissons femelles <L'yvées dans toutes les parties «: yc, quoique ces poissons aillent ordinairenient dépoger ceufs dans le haut des rivières. Les poissons s^ég.irci'^ ^ P^*"* toiît ; on trouve des retardataires chci tous les êtres m^ ^^ttro s; et je ne doute pas que la plupart de ces poissons en rcrtaru âonncraîent une bonne explication de leur conduit *^ ^ l^riv aient dans les ga/^ettes.

Le Ctmms d'ji 1 6 juillet 1896 constate un fait i^^^^t* " tant que je suis en état de corroborer, c'est que des ^^^S les déposées dans un lac des Alpes, alimenté ^euleoi*^*^^ des ^ijurcesj se sont reproduites ; on y a trouvé des J^ anguilles, ^^^

Jai constate la même chose en 1S87 ou 1888, <^^^ de la chute Shîiwencgan.sur le Saînt-Mauiice, C'était ^n

les examens du barreau, dans la première semaine de J^ '

Oa a biiti à gauche de la chute une descente en boi^ • ttnc ilt-cli\'iié très forte, dans laquelle les troncs d'arbre^ ^

tanc^ï sur une épaisseur d*un pied d'eau à peu près* ^^ ifiii\ comme la chute, est haute^ je suppose, d'envîr^^'* ^ I fiîeds, et Veau descend avec une force extraordinaire

par unes

tÊtc ÛQ cette descente, nous avons trouvé une grande ^ lité fie petites anguilles, sur le bord et dans rhcrb^» a\*aientde 6kg pouces de longueur, et minces comm^ Gb^d*une ligne à deux dépatsscur. On a cru d*abord qu^"

cfes

LES ANGUILLES Ijç

■îaicnt de petits serpents; maisnon,c'étaicnt bien de jeuues anguilles, D'oti vcnaientelles ? Bien certain que ce n*était pas -de la mer ; jamais elles n'auraient pu remonter la chute ^ mêine sur ses bords ; je doute même que les grosses anguilles puissent le faire.Maîs on sait que les anguilles traversent des espaces considérables, à travers bois^pour aller d*unc rivière :à l'autreLes vieilles anguilles ont pu voyager aînsi.pnur aller déposer leurs œufs dans le haut du Saint-Maurice, Quoi qu'il ém soît,les jeunes anguilles étaient là^en haut des chutes, cherchant une voie pour descendre ; et n'osant se risquer dans ■cette descente artificielle, elles paraissaient tenir conseil sur *ccs bords humides.

Voilà le fait qui, ajouté à celui du lac des Alpes, demon* tre clairement que l'anguille ne se reproduit pas au fond de la tiner^ ni sous forme de larve qui se transforme en anguiltc au Tond de la mer

Cette transformation est possible ; mais l'avancé de M. Acloque me paraît une pure théorie sans base scientifique, ,fisans un seul fait pour Tappuyer.

C'est le mûme M. Acloque qui avait admis la montée

^cç anguilles dans les fleuves. Il affirme que c'est après avoir

dépouillé la forme larvaire. Cest une pure supposition, Ja-

^lais on n'a vu d'aussi petites anguilles que celles du Saint-

>laurice mon ter le fleuve ; mais on les voit descendre.

Four le satisfaire, il faudrait prendre une anguille œu- -vée dans une rivière. Je ne doute pas qu'on en trouvera si Il'on se donne la peine de chercher, à moins que les anguilles -fie forment leurs petits en elles-mêmcs,comme les couleuvres. Si quelques personnes donnent le mot à leurs cuisinières, le fait s^éclaircira facilement. Les recherches devront avoir :licu sur les anguilles prises au printemps.

Un ancien avocat.

RED. — Voilà des anguilles qui deviennent encombrantes! Quand en finirons-nous avec ces poissons ? — C'est ce ^ue doivent se dire quelques-uns de nos lecteurs.

I So LE NATURALISTE CANT^DIEN

Quant à nous, nous publions avec grand plaisir la communication qui précède. Ne voiton pas quel serait l'intérêt de nos pages, si un plus grand nombre de nos amis noiKi^ communiquaient de la sorte leur opinion sur les données î^cîcntifiqucs quUld trouvent dans le Nainraiisti\ ou les faits notables, concernant une partie quelconque de la sciencs:^ qu'ils ont pu constater ?

Notre estimable correspondant se refuse à admcttn^ que Tan^uillc se reproduise seulement dans la haute mer* Le fait tju'tl a \'U de jeunes anguilles dans le haut de la livîère Saint' Maurice, au-dessus de la chute Shawencgan^ cft: la présence de petites anguilles constatée aussi dans nil lac des Aljïcs, sans communication aucune avec des rivières (ja des fleuves et élevé de iooo mètres au dessus de la mtr, t'vut cela le convainc que TanguîUe se reproduit à la façt^ïi d'autres poissons et dans les eaux douces. Pour nous, nous ne pouvons tirer les mêmes conclusions que lui des faits qu'il cite.

On a trouvé de jeunes anguilles dans ce lac des Alpes et dans le haut du Saint Maurice. Très bien, et nous admettons volontiers ces observations. Mais tout ce que nous «i inférons, c'est qu'il est bien étrange que ces petites anguilles^ S2 soient trouvées dans des endroits aussi difficiles à atteiadre. Comment se fait-il qu'elles s'y soient trouvées ? C'est là. une question très obscure, tt pour la solution de laquelle ok ne saurait encore présenter que des hypothèses : introducï on par des canaux souterrams, longs trajets accomplis sur terre, etc. Mais conclure, avec notre correspondant, qncces petites anguilles sont certainement nées sur place, c*est: ce que nous ne pouvons faire, parce que ce serait aller coatre des faits bien constatés. En effet, puisque jamais encore^ ni en Europe, ni en Amérique, on n'a trouvé une seule a»~ c^uille œuvée en eau douce (lorsqu'on rencontre si souvent ^^ (ans nos fleuves ou rivières, des saumons ou des harengs remplis d'œufs), cela démontre déjà que l'anguille ne se reproduit certainement pas en dehors de la mer. Mais il y a surtout cette expérience de M. Grassî, citée par M. Acloque dans le Cosmos du 20 mars 1897, et que nous avons rapportée dans notre livraison du mois de septembre (p. 13^), lequel a vu s'opérer sous ses yeux la transformation du: Icptocéphale en anguille : voilà un fait décisif, et qui résout:

T LES ANGUILLES iSt

;3t notre sens, la question de ran^uille, sans laîs^^er place à >a.itciiTic discussion. Nous sommes surpris que *'Ur» ancien

-awocaf* n'ait seulement pas fait allusion à cette expérience

4Ïe Crassî, et qu'il ait même qualifié "Tavancé de M. Aclo- «ine^' de "pure théorie sans base scientifique, sans un seul fait pour Tappuyer/'

Ainsi donc, pour notre part, nous sommes bien con- -«mmcu que les petites anguilles trouvées soit dans un lac <ies Alpes, soit dans le Saint- Maurice, ont passé— dans î*ot:éan— par la forme larvaire du leptocéphalc. Comment ^ïit-eiles pu ensuite parvenir aux endroits designés ? C'est ^œ quM e*vt impossible encore d'expliquer.

Quant au vîviparîsme des anguilles, à la possibilité ^inquel notre correspondant ne se montre pas très opposé, <:''cst une opinion qui eut jadis ses partisans, mais qui n'en ^ plus guère, parce qu'elle ne repose :iur aucun fait constaté. Nous ferons suivre ces longues considérations d'une ic^tion qui corrobore parfaitement Tarticle de M. Acloquc public dans le Casmos du 2o mars 1897. Cette citation est extraite d'un ouvrage que nous avons reçu après lapublîca- "tiori de notre livraison de septembre, et qui a pour titre : Fsunt de ia Normandie, par M. Henri Gadcau de Kerville,

* naturaliste de Rouen. (Le 4e fascicule de ce travail, do it on

VA lire un extrait, fait partie du Bulletin {iSçô) de la Société

^d£s amis des sciences 7iaturelles de Rouen^ publié en 1897.)

Voici ce qu'on y voit (pages 486-487) sur les sujets que nous

<<lîscutons :

*' . . . Depuis Aristote, le mode de reproduction de

'TAnguille vulgaire a préoccupé les biologistes. On a émis fopinion erronée que cette espèce était hermaphrodite, on ^ dit faussement qu'elle était vivipare, on a prétendu à tort ^tte c'était la larve d*un autre poisson. En définitive, chez cette espèce, les sexes sont séparés et la reproduction a lieu <ians la mer, à des profondeurs plus ou moins grandes. Deux zoologistes, Grassi et Calandruccio, ont beaucoup 4§dairci, il y a peu de temps, la question du mode de développemeut de TAnguille vulgaire, en prouvant qu'elle passe, -comme il est indiqué pour l'espèce suivante [Contre vulgai- -vti^Conger niger Risso)], par une forme larvaire connue sous

.Je nom de Leptocéphale brévirostre, animal qui avait été re-

JS^àé, comme une espèce particulière appartenant à un grou-

pe spécial. Ces deux savants ont résolu complètement ce point en obtenant, en captivité, ta tran?^ formation du Leptoce p h a 1 e b ré v î r o s t r e ( Lcpioc ephaitts bni m os (ris K a u p) en jeu ne Anguille vulgaire, et la rcaiilé de cette transformation a été" confirmée pirle professeur Ficalbi, Leur phase leptocépha^ lîenne terminée, les jeunes, a ors transformés en petites Angfuilles, quittent les eaux profondes, s'approchent des riva* ges, et, en bandes compactes formées d'un nombre prodî-^ gieux d'individus ayant quelques centimètres de long, remontent les rivières et les fleuves, d'où ils se répandent dan» toutes les eaux douces courantes et stagnantes. Cette montée — nom qui désigne à la fois le fait de la migration des jeunrs dans l'eau douce et les jeunes eux-mêmes — a lieu en^ hiver et au printemps. Toutes les jeunes Anguilles ne montent pas de suite dan? l' :au douce, beaucoup séjournant un^^. temps plus ou moins Irng danj les eaux salées. De même^ toutes les grosses Anguilles ne se rendent pas à la mer^ beaucoup restant dans les eaux douces ; mais, fait très important à dire, ne s'y reproduisent jamais. On a prétendu^ il est vrai, que des Anguilles vulgaires avaient frayé dans» des eaux closes. On peut affirmer que les jeunes n'y étaient pas nés, mais y étaient venus, soit d'une façon naturelle,. par quelque filet d'eau, par une nappe d'eau souterraine, etc., — les jeunes Anguilles pouvant se faufiler dans despassages très étroits — soit d'une manière artificielle quelconque."

Enfin, comme nous tenons à mettre nos lecteurs air fait de tout ce qui se publie touchant la question qui nous' occupe, nous leur ferons lire aussi ce petit extrait du compte rendu du Congrès, tenu dernièrement à Nantes, par l'Association française pour l'avancement des sciences :

**Sf.ction de zoologie, anatomie et physiologie

" La reproduction de f anguille, M. Marchand est en désaccord avec M. le professeur Grassi [^Proceedings de la Saciitè royale de Lon lres\âéccmhrc 1 896) ; il espère, par une sériede petites campagnes d'une durée d'une semaine, recueillir' les matériaux nécessaires à la solution complète de cettequestion.

'* Le point important à relever dans la note de M^ Grassi est la confirmation de la métamorphose du Leptoce^

I/Aimi!: PKOVANXHER 183

phalus brcinrostris Kamp en Anj^îàlla vulgaris^ annoncL% cHs a%TJI 1894 parle docteur Facciolu/* {Cosmos à\i itj oo.^^ 1S98.)

Tout ce que nous voulons conclure de ces documods, cest que la transformation du leptocéphale en angiiitîc est affirmée par les zooIoÊjistcs Grassi et Calan Jr^ccio, le pîofes^eur Ficalbî, et le docteur Faccïolà ; les deux premiers,

\ au in oins, Tont constatée exporimcntalement. Otj?int an dé-

saccord avec Grassip dont *\\î, Marchïi;]d'' a téinoi^nC- au

' Congrès de Nantes, ce qu'en a rapporté le Cosmos c!?t trop

I concis pour que nous vD)Nons bien sut quel point iî porte

Si nous trouvons si^^nalé qtîeîquc part le résultat des **pet^tes

. campagnes" qu'il projetait, nous cti in fortifierons na?> lec-

teurs-

Ii'ABBE PE;OYAHC:SE23»

(Contiiuju de la pngo 172)

Si vraiment le défunt ji:^c D.Roy a cru que îa jnTniv'. re édition de la Floïc serait "proniptcnent épnisje"^, il frut reconnaître qu'il s'est sinr^nlilrcment abusé. Car même à pr-ésent, trcntc-six ans a]>rès sa publication, elle n'est pas encore tout à fait épuisée. Mais plutôt c'était un simple csprrir qu'exprimait avec bienveillance le correspondant de î'îvbbé Provancher.

Venait ensuite M. l'abbé \\A^. Cas^rain, notre briKanl et fécond littérateur, qui félicitait l'auteur de la Flore caa^diennL\ et l'encourageait à poursuivre ses utiles travaux, F.t, aussi, c'était la Mère Saint Cyprien, la supérieure ^\\ Couvent de Saint- Joseph de Levis, nui dus l'année 1859 pri:ssait la publication delà Florc^ et qui inaiiitenant, \ la i-éccf> tion de l'ouvrage désiré depuis si lon;;temps, entonne presque un hymne de reconnaissance. "Recevez (écrit elle [x 1 .1,.teur, le ler mars 1863) nos bien sincères remc:\..::*tîit:s, avec l'assurance de notre parfaite satibfaclio.i d'avoir entre les mains un ouvrage si éminemment utile sous tcKjs les rapports, et qui nous sera d'un grand secours dans le pe-

fît cours de botanique médicale que nous faisons cette année. B n'y avait qu'une Fiore canadienne qui pût nous dire que téîle plante en Canada possédait aussi les mêmes vertus médicales que sa sœur d'Europe, Votre livre, monsieur le Cure, fépondra à tous nos désirs ; et veuillez croire que nous exploiterons largement, à notre profit, ce trésor de connaissantes et de découvertes r<:unies par vous avec tant de labeurs et de succès." Etc.

La dernière lettre de félicitations que je mentionnerai *3t du Dr J.-B. Meilleur, ancien surintendant de Tlnstruction publique, écrite de Montréal le i8 octobre 1863. (i)

Je n'ai rien trouvé qui me permette de dire comment la Flore fut jugée en France, où Ton dut assurément être bien étonné de voir venir un pareil ouvrage du lointain pays du Canada, qui était à cette époque beaucoup plus éloignent beaucoup plus inconnu qu*îl ïie Test aujourd'hui* Tout ce ijue je sais, c'est que, Je 29 janvier, Tabbé Provancher avait demandé au , bar on Gauldrée-Boilleau, qui était alors consul général de France à Québec, s'il voudrait se charger de faire

(i) Le Dr MeiUeur, qui fut Itr ])ri^mier lUulatre de In surintend^ince de FLnstntctiLin publique^ ut ^]Ui publia pUi^*turs travaux^ parnït s'slre occuptr' Bi'^ncoup, non î5eulemL?nî tk'Ji iiujcls HY-dvirolion, niniîs au?.sï d'histoire nitlurciu' «t d^îiutfes sciences. II e*^t Tnuteur d\\ premierT *^^ plutôt du seul trak^ de chi- ■ik qui ait été i>ublié dans notre Province. Un extrait de la lettre mei.tionncï <an& le texte ïiitéressL*ra ^Hiut-ctfe le lecteur. *^*.Je vous envoie une copi*^ da ijTti&pectus tVun paratonnerre nou\*ea« (canadien, celnî-d), afin que vi>us ayer Ut bonté dVn Tccommander Tui^agc, dans Toccasion^ Quelque peu tmporiaats nue s^uient les changemtînls faits aux anciens paratonnerres, ils le sJnt toujours p^siJ7. pour fKPUs nuturiserà préconiser le nouveau. Avant lui, nous étions obUgés de recourir à Tetra ngtr, pour le moyen de nous garantir des effets de la ^^^* ire ; maintenant nous pou von ? nous suffire à no\K marnes, sous ce rapport au aïoin^. Si rcflTut de ce nouvL'l instrnmiznl jnsilRj: IV^ipérance qu^il fait conct'vuir. à l'aide di^s pnncïix^s, îl hix^ bcmneur aux Canadiens* C'est ain^l quç, eti roiïs ocx:upant de l'histoire chfom^TogiipiCj de rinstoire naturelle, des arts et des sciences fixes, nous ferons nu Cai;adu frunçaûi un nom, une réputation de £»' Tuîr et de Iktt-ral:ure, fjui pourront iwrtcr les hommes justes et sans P'^î*^" £ç!i à le eoïii parer, sons ce rapport comme sons plusieurs autres, aux ancieD^ pays".

Ces derniers niotâ du Dr Meilleur font honneur h. son patriotisme.

L'AliBÉ PROVANCHER tS|;

par^renîr au prince Napoléon un exemplaire dont il voulait Ini faire hommage. Dans sa réponse ^ le consul de France prie M, Provaiichcr de mettre à sa disposition im autre exemplaire de la F/^n' canadien fi f^ qu'il ferait parvenir — en même temps qu*il expédierait le premier à *'S, A. Impériale''— ^au président de la Société impériale d'Acclimatation de Paris Qu'est-il résulté, ou est-il résulté quelque chose de ces demarches ? Je Tignore absolument, (i)

l! serait tempïï, je crois, de parler un peu de la Fiore cTlc-mémej et de dire ce qu*e5t cet ouvrage, non pas certes pour rien apprendre aux amateurs de botanique du Canada, qui le connaissent bien, mais pour en donner du moins quelque idée au grand nombre de mes lecteurs qui n'ont pas eu occasion de se renseigner par eux-mêmes sur ce livre.

Etj d'abord, donnons-en le titre au compSet, ce qui déjà simplifiera notablement Je dessein que je viens d'énoncer :

'* Flore CANADIKNNE ou Dcsaipthu de tantes ks plantes des forêts, chasnps^ jardifis et vauv du Canada, donnant h uoiii botanique de chacune^ ses noms vulgaires français et an- Jetais ^ indiquant son pare a m s géographique^ les propriétés qui iû distinguent, le mode de euiture qui lui eonvient^ etc. Aceompa^ gnie d'un vocabulaire des ta- me s tec /iniques, et de clefs analytique s permettant de rapporter promptement chaque plante à la famille, nu genre et à t espèce qui la déterminent. Ornée de pins ^c quatre cents gravures sur bois. Par PAbifé L. Proi*aneher,

(i) Le baron Gauldrçe-Boilleau ne v oui ait jms se cdnt enter d'envoyer la Ft^rc ciffttitfti'ïtiif^ à lu Sodtfti^ d\\cdUn!ilatioii ; il s*j pro posait aussi '*de rendre compte'^ de Tou^Tagù à ce tie société, a^msi qu'li récrivait le 25 mars 1863 a Tabbé rrovancber. Et û désiiaît ftiire plus encore, comme on le verra par cet extrait de k lettre qull avait adrc^iséci le 30 janvier, au curé de Port neuf : "Je priifitcrai de cette occaiiïijn pnir vous dire que* %ï vous aviez des j^raincs ou de« pt:u^ts de planteiï canadienuL's qui pusseul être flvania|^:U:>enient iutRMluift;s en France, je Jes enverrais très volontiers à la Société d'Accbuiat^tion, fu lui fai* sant savoir que cVkI. à votre obligeance que je les dois. Entre autres plantes, je .^iterftï la Stirraicftia pmpurt'a ou "Indian Cuii'", la S^tn^mNoria Canadensis ou (^nadian bJooU roûl"i V^sitc'fitis ou **Siik Cotton", la atfii/atrr^ etc."

1 86 LE NATURALISTE CAKADJEN

cure de Portneuf, Quebec : Joseph Darirau^ Imprimeur- Editeur^ N'a, 8, rue Lamonta^ne, Basse- ViiU\ 18Ô2''

Assurcmetit, un titre parcil.que le goût du jour n*admettrait pluSjVaut une prérace,et suppléerait même à un compte rendu, Kn tout cas, on peut dire que c'est un titre plein de promesses, qui ne sont pas toutes également réalisées dans Touvrage. Par exemple, il n'est sans doute pas absolument exact que "toutes les plantes du Canada" y soient décrites. Ce sont les Cryptogames (mousses, champignons, algues, etcO qui offrent surtout des lacunes, lesquelles sont bien justifiable^. En effet rétude de ces végétaux ne peut être poussée bien loin que par dQS spécialistes, tant elle est difficile, et tant l'js espèces y sont nombreuses ; et je crois que la science attend eticore le Canadien qui consacrera sa vie à une monographie de ces plantes inférieures.

Je ferai aussi remarquer que par le mot "Canada" l'auteur n'a pu vouloir designer cpie ce qui forme à présent les provinces de Québec et d'Ontario, c'est-à-dire ce que l'on nommait alors 15 as- Canada et Haut -Canada. Le titre de la F/ore est donc devenu inexact jusqu'à un certain point dc^ puis 1867, date d'origine de la confédération des provinces qui compo:^cnt aujourd'lun le 'Dominion" du Canada. Sans do Lite, la plupart des pLantcs dont il est fait mention dans r ouvrage de Tabbé Pro van cher se trouvent dans toutes les provîncc-s canadî.:nncs ; mais il n'est pas moins certain que^ vu la grande variété des terrains et des climats qui régnent de rAtlantic}uc au Pacifique, et du 45e parallèle jusqu'au pôle Nord, il doit y avoir au Canada nombre d'espèces végétales qut n'existent pas dans nos provinces de Québec et d'C)ntario,et dont par conséquent il n'est pas question dans la Féon caMïiicnnc^ bien que ces plantes aient droit absolument au titre de canadiennes.

La Flore fut pubh'ée en deux volumes, dont le premier, de 474 pages, comprend les Dicotylédones polyp étales et monopétaîes, et le second.de 369 pages,contient la description de^

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