UNE CHASSE AUX COLÉOPTÈRES A BOUC HER VILLE
pas porter à des hauteurs inabordables le prix de vente de la Fiore.
Toutefois, ce n'est pas tout que d'avoir à payer le travail du graveur. Encore faut-il qu'on lui fourni^sse des dessins qu'il reproduira sur le bois Et ces dessins, Tartiste qui les a tracés a dû exiger un prix généralement clcvé pour les tirer du bout de son crayon ou de sa plume. Mais l'abbé Provancher, homme "pratique," s'il en fut, trouva le moyen — dont le secret n'est pas même aujourd'hui entièrement perdu — d'épargner au moins les frais du dessin de ses gravures.
{A suivre,)
Une chasse aux Coléoptères, à Boucherville
Armés de nos fioles de cyanure et de nos filets, mon ami Germain Beaulieu et moi descendions à Boucherville le 31 juillet dernier, pour une excursion entomologique dans les <:hamps et les bois environnants.
Nous avions choisi dans Boucherville une région que nous n'avions jamais explorée ; et, comme toujours, en face des surprises que nous réserve d'ordinaire l'inconnu, nous étions tous deux remplis de belles espérances sur le résultat de notre chasse à cet endroit.
Nous traversâmes le village et dirigeâmes nos pas à l'intérieur des terres, un peu vers l'ouest où s'étendait un vaste bois aux arbres gigantesques.
La chaleur était excessive et rendait notre marche très fatigante. Dans les terrains découverts, les herbes étaient presque désertes, comme si les rayons du soleil eussent été trop ardents pour permettre aux insectes d'y grimper. Sur le parcours de tout un long mille, nous promenâmes avec ardeur nos filets ici et là, mais toujours en vain : pas le
i$ LE NATURALISTE CANADIEN
moindre coléoptère n'y tombait, nos seules captures eonsîs' tant en hcmiptèrcs, orthoptères on arachnides, prisonniers sans valeur que nous rejetions avec dégoût, car nous n'avions pas encore attaqué la |?:^rtie de rhi>toire naturelle qi'i traite de ces êtres. Ce ne fut curarrivés dans Tombre de modestes arbrisseaux (Oati£-iis) perdus dans les champs que nous primes enfin quclquci-ï Atoninriu ephippiûta et une dizaine cï'Anthicidc" incotiiurs, orcisque microscopiques, que j'ai depuis soumis h un '^pi^cia'iste de Phiîadelpliie.
Nqiis arrivâmes plus Ion à un pfitujR^e que nous jugci' mes ne pas dcvo:r traverser s lis visiter du bout de nos pincettes, en vrais enromoloi^i'^tes, quelques bouses qui se montraient par ci, par- là. N ou < nous mîme^ à l'œuvre avec le plus ^rand sa*i£^ <^r'ne du monde, non toutefois sans jetef un coup d'œil dans les environs, afin de voir s'il n'y avait là personne pour trouver fort drôle et fort étrange l'action que nous allions fair^' tt pour éurouver aussi un peu de pitié pour nos tetcs foIL*s Pauvres ignorants, qui riez de ceux qui aiment la science, qui riez de ceux qui cherchent la solution des grands problèmes de la nature, vous êtes plus à plai'idre que le misérable insecte que vous écrasez de votre talon. Vous vous plaisez dans une existence d'insoticiance pour les choses qui vous entourent ; la quantité innombrable d'êtres qui fourmillent dans les eaux et sur la terre, les grands bois dont vous aimez le frais ombrage pour endormir votre paresse, l'étendue des mers qui vous pénètre d'effroi, le sol que vous foulez des pieds, d'où vous retirez d'immenses richesses po'ir l'industrie, enfin cette terre qui vo is sf)utie'it,\-o IS enoortaut dans l'infini, et qui est un des mouMt's qui pe'ij)lent l'espace, n'ont jamais pénétré votre esor'i. de i;r ludeur et di:r sublimité ; vous ne savez pas voir et co.viprcn Irc le bea i et le merveilleux que l'on rencontre dans l'étude de la nature ; vous vivez dans Tindifférence de conn^^itre.ou plutôt vous ne vivez pas,vous ne faites qu'exister ; car vivre, disait un philosophe,est la recherche de TEs*