HISTOIRE D*UN QUADRUMANE AMÉRICAIN
.est américain, et voici son arbre généalogique au grand 4:omplet :
Embranchement des Vertébrés^ de la classe des Mammifères^ de la sous classe des Monodelphes^ de Tordre des Quadrumanes^ de la famille des Singes^ de la tribu des Platyrrhiniens^ du genre des Sapajous^^ de l'espèce des Capucins (Cet)us capucinus), de son petit nom : Cocao, — Heuretîx les peuples qui ont une histoire !
Voici son portrait : de la taille d'un petit chat, tète gronde, museau court, front haut recouvert d'une calotte couleur de velours noir d'où s'échappent des touffes de cheveux blancs qui recouvrent les temporaux, oreilles arrondies, point d'abajoues, yeux noirs volumineux et intelligents, visage imberbe ; dans l'ensemble rappelle une miniature de ces petits vieux d'un autre siècle ; pelage court et
brun — de là son nom de capucin ; membres nerveux, mai grès, allongés (genre américain), les postérieurs surtout, ce qui lui permet de sauter avec une agilité extrême ; mains de musicienne, pieds de M. Thibault, queue royale et prenante. Ce croquis est pris sur le vif, ce qui n'est pas sans mérite, car heavens knoivs comme il est agité.
Sa mère a quitté le Brésil, vers l'époque de la malheu-
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fc use émigration canadienne; maïs le héros de cet article csC^ né à la Nouvelle-Orléans, d'où je Tamenaî au printemps <fe' 1S96. Ce petit plaisir m'a coûté dix-huit dollars : c'est fcr prix de deux singes, car j'achetai les deux frères.
En septembre dernier, je fis don de l'un des jumcauar^ à l'université de Saint Paul ; il sert maintenant de phénomène vivant dans la classe de biologie, et j'ai tout lieu de- " croire que Scapin-^c'est ainsi qu'il se nomme — n'est pas 1er plus sot de la classe, parce que, avant son admission kVUni^versité, il avait appris les belles manières chez les Visitai>dines de Graceville, paroisse voisine de la mienne, où 3 sr goûté les beaux jours de Vert-Vert^ sans voir ses lauriers sechanger en noirs cyprès.
Celui que je garde ne semble pas du tout affecté des=^ latitudes sous lesquelles il vit. Buffon déclare, comme uner chose phénoménale, qu'il ait nourri un singe "qui. Tété, ser plaisait à l'air, et qu'on pouvait, l'hiver, tenir dans unechambre sans feu." Il y a bien deux ans que Cocao trouver • ce genre de vie tout naturel.
Il prend ses ébats dans une grande cage, placée presr de la fenêtre la plus ensoleillée de la cuisine, ayant l'œil au2£i marrons et aux passants sur la rue ; et personne, ni honime:-' ni bête, ne passe sans qu'il les signale par un jappement fliBs té, chro.na ique, selon la grosseur du personnage ambulante Si bien que,à rentendre,sans regarder par la fenêtre, je sufe S peu près sûr si c'est un chien,un enfant,un homme ou un che? val qui passe. Même chose quand des pas approchent der la maison ou résonnent dans le vestibule. Sous ce rapport^ îE> défie le mci leur chien de garde.
Un des bonheurs de Cocao, c'est de jouer avec les a>fants. Les petits du catéchisme, quand ils ont bien réciterleur leçon, ont le privilège de jouer avec lui (ce qui ménse^ge d'autant mes images),et savent comme il les caresse, Bes^appelle, les flatte par des gazouillis, des gazouillements-<f'Oftseau, se rend intéressant par mille attitudes grotesque!^.