‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 93 sur 122 · HISTOIRE D'UN QUADRUMANE AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UN QUADRUMANE AMÉRICAIN

les grimaces les plus risibles, leur donne des signes de -jgprosse amitié, et se lamente quand ils partent.

Cocao dort ^ur ses pieds. Sa queue lui sert de grabat. j3L cet effet, il la roule en cercles concentriques, en crosse, -^.'3^'€st sur ce principe que nos braves fermières ébauchent un «cliapeau de paille), y installe ses pieds, les jambes refermées 3i la sauterelle, montées le long des côtes, le corps courbé ^«aen deux, la tête reposant sur les pieds, et les mains, comme volets, -ramenées par dessus. Alors commence le ronrcn »notone, interrompu de temps à autre par un coup d'œil isommeillé. Enfin, il dort, il rêve aux Amazones, que ses ' jprands parents ont bien connues.

Il a toujours mangé poliment. Cocao segarde-

««Rik bien de mettre les pieds dans les plats. Le

est qu'il ne mord pas à même la tartine, mais

te à 9a4>ouche ce qu'il casse avec ses doigts. Quand

•^owus étiez . jeunes, mes cousins, en faisiez-vous autant ?

y«se l'espérer, sans pouvoir l'affirmer. Il y a exception, tou-

-aSdfois, quand jl s'agit de noix, à^ peanuts ou autres fruits. ••

fljes lois de la plus sévère étiquette accordent ce privilè-

t^^. .^même aux singes. Le tout est accompagné d'un chant

^pfcial qui dure autant que le repas,et rappelle les petits cris

^«sScs boîtes à surprise. N'importe, c'est sa manière àltii

««anirenorer, de remercier ceux qui lui donnent la pain quoti-

Il est arrivé parfois, à la maison, des gens qui n'é- 'iùÉîent pas beaux, de ces vieux types, qui ne se décrivent ^fÊJsn il s'en rencontre dans toutes les paroisses du long du :<:8eiive, pas vrai ? Eh bien,Iui, qui sait parfaitement distinguer rjMWc le papier une chenille d'avec un papillon, sait à plus dGMte raison discerner les bonnes mines d'avec les mauvai- <sÉes. Il leur a, en conséquence, ri à la barbe d'une façon telf;^^eiBent peu équivoque, qu'ils en ont paru froissés ; et moi- 0mhcBkt j'ai été très mortifié et obligé de jouer de ia hàrt.

Ahl ça, la hart,c'est comme un bouton électrique. A faire

mine de la prendre, Cocao évente les cris, des cris de singe> quoi ! il se jette sur le dos, et vous n'y voyez plus que du poil et vingt doigts sur la défensive.

La peur ou l'isolement lui font émettre un chant plaintif que j*ai saisi, et qu'on ne me contestera pas rhonneur" d'avoir, le premier, mis en musique :

[ n h I r i-i-u-ji^

Ça finit en bécarre. Vous, saurez bien qu'il y a des beautés dans la musique sapajoue. Prière à messieurs les professeurs de musique d'analyser.

Mais il faut éviter de faire de la peine à mon petit singe, car il est très nerveux ; le chagrin et la peur influent sérieusement sur ses intestins, et à courte échéance.

Quelques escogriffes lui ont appris, à mon insu, à mâcher du tabac, à manger des cendres de cigarette ; mais quels frottements de mains et de pieds s'ensuivent 1 C'est sûr* que ça lui agace les nerfs ; il fait des contorsions, des grimaces que QîcasimodQ^ le sonneur de Notre-Dame, n'a point soupçonnées et qui dérideraient les momies du muséum de l'Université.

Curieux, il l'est, puisqu'on dit : "curieux comme un singe." Il faut qu'il voie tout, qu'il fouille dans nos poches^. et, à ]• instar de plusieurs, il est attaqué de la kleptomanie. Humboldt a reconnu ^avanf moi ^que les singes savent appr 'cier les gravures, lors même qu'elles ne sont point colorées . . . J'aijSur la table et sur la cheminée de mon bureau, quelques photographies d'amis et de confrère*: du cher pays du Saint-Laurent. Leurs traits, souvent contemplés, me font oublier la terre étrangère. Eh bien, je ne nommerai» personne, ...mais maître Cocao s'est mis en tête de rire de deux photographies en particulier. Le personnage de la première lui semble trop chauve ; celui de la seconde lui pa-

HISTOIRE d'un quadrumane AMÉRICAIN 39

raît bien sévère pour son jeune âge. En vain je lui démontie que la"calvitie n'attend pas toujours le nombre des années," que la sévérité des traits est moins l'expression des sentiments que le reflet d'un mal de reins incomplètement guéri.— Ça n'y fait rien. Il n'en finit pas d'aller leur donner

un coup de patte ou de langue sur le nez, les oreilles et les yeux, en essayant de les détacher du papier avec ses mains.

Beau caractère, sympathise avec le chat, les poules et les dindes, sauf le coq d'Inde, auquel il se permit im jour de tirer la barbe bleue ; l'autre, né irascible, lui aurait défoncé la tête si Cocao n'avait pas sauté à temps sur la

corde au linge. L'hiver, il partage la couche du chien, mais jecherchant toujours les angles les plus rentrants de ce r^dernicr pour s'y blottir et se préparer à une nuit de som- -meil paisible.

A part les services qu'il rend comme janitor, il m'en a vendu un que la reconnaissance m'oblige de signaler. Une -poussière de charbon était tombée dans mon œil gauche el m'avait pas pu être extraite. Survint Cocao qui, voyant mes Teux enflammés, sauta sur mon épaule pour satisfaire sa curiosité. J'ouvris l'œil tout grand et de suite, sans hésiter, â l'aide de son pouce et de son index, effilés comme des bouts de petites plumes d'oie, il enleva i délicatement l'introuvable parasite, cause de tant de larmes, et me sauva

ainsi des mains de l'oculiste.

Pour le récompenser, je lui fis donner quelques gouttes

de vin chaud et un bain d'alcool, somptuosité dont il se fcnd parfaitement compte, car il se laisse baigner et esjsuyer comme un enfant.

L'été, même l'hiver quand il fait doux, il est libre, à rFîntérieur, mais ne s'éloigne pas du terrain de la Fabrique.

Il irait bien visiter les nids de poules, mais le coq d'Inde

est toujours là; en outre, il a une peur mortelle de la vache icuriale qui broute l'herbette, pas bien loin.

Il s'était avisé un jour, je ne sais trop comment, de ■«nottter dans le clocher, du haut duquel il devait avoir une

▼ue enchanteresse de la ville moderne de Beardsley, et du lac Big Stone. Cette imbécile de mule du Pape qui trouvait

moyen de s'ennuyer dans le clocheton du palais d'Avignon !

Cocao, lui, avait l'air de s'amuser énormément à chasser des

mouches et des araignées, quand le bedeau, sans tambour,

alla tout bonnement sonner l'angélus :-..

Jamais, jour dç bataillé, canon chargé de mitlraffle ne

fit un pareil effet . . .

La lanterne était ouverte, le sapajou piqua une tMe.

crers notre planète, procédé instantané;

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Jamais, non plus, chandelle romaine dans le ciel bleu •ne décrivit plus belle courbe que le moulinet exécuté par -Cocao en tombant dans la rue. Je le crus mort ; non, il arriva, comme un chat, sur ses quatre mains élastiques, et s'en fut à la maison en pleurant de peur. Il n'est jamais, depuis, Tcmonté à ces hauteurs.

Une dame, qui vint le voir, lui permit de sauter sur sa tâte. Or, il arriva que la queue poilue s'embarrassa dans les cheveux savamment échafaudés, roulés en boucles, criblés d!épingles brillantes. Le singe, voulant retirer sa queue, menaçait d'abattre la tour; il se lamentait même : ''Télululute, tâululute, télululute." C'est la dame qui ne riait plus. Maintenant effrayée, exclamant des : "0 Lord T des ^^ Great Scott /"elle protégeait sa citadelle de ses deux mains nerveu- :scs* On voit des choses moins comiques. Enfin, pour piqtur .au plus court, il fallut régler le dimili à coups de ciseaux : le singe y perdit beaucoup de poils, mais la dame gagna tout.

Il faut terminer. — Cocao s'était épris d'un petit croco- «dile» payé cinquante centins sur les bords du golfe du Mexique. Volontiers il le prenait dans ses bras et s'en servait comme d'une poupée, essayant de lui desserrer les mâchoires en y insérant ses doigts bronzés. L'autre, trop jeune pour réaliser sa position, trop bête pour mordre. Il n'a vécu »que ce que vivent les roses ! Ils sont tous morts, le long de la route, mes petits crocodiles, excepté un qui a voulu voir 9e. Minnesota avant de retourner dans le.,. Ni/.

L'ABBÉ Em.-B. Gauvreau,

Curé de Beardsley, Minn,

L'ABBE PBOYANCIIEB

(Continué de la page 21) La lettrp suivante qu'il reçut de M. Asa Gray, le célè- 'bre botaniste des Etats-Unis, va nous apprendre le procédé.

{Traduction) Cambridge, Mass., 13 février 1863. Mon cher monsieur.

J'ai reçu, il y a deux jours, les deux beaux volumes que m'annonçait votre lettre du 27 janvier.

Je désire vous remercier du fond du cœur de Tobligeance que vous avez eue de me faire ce cadeau.

En autant que j'ai pu en prendre connaissance, d'un simple coup d'œil jeté à travers le premier volume, l'ouviage me paraît très bien fait. Il est trop (tard), à présent, pour en faire un compte rendu dans la livraison de mars àw Silliman' s Journal, Mais je vais en préparer un pour le. numéro de mai de ce périodique, où je donnerai mon impression sur votre ouvrage.

Les gravures, dont la vue m'est farïiilière, de mon manuel de botanique, me paraissent assez étranges, ftvec cet encadrement de texte français. Je n'ai encore trouvé nulle part, ni dans votre préface ni ailleurs, une indication de \a provenance de ces gravures. S'il en est fait mention, 'veuvV. lez me dire en quel endroit elle se trouve.

Très sincèrement, votre obéissant serviteur-

AsA Gray.

Un plagiat ! L'abbé Provancher avait semble-t-il trouvé tout simple de prendre ces dessins, qui étaient tout faits dans l'ouvrage du botaniste américain, et de les fair« reproduire sur bois par un graveur,pour en orner les pag^s de s^ Flore canadicnme. Et ce qui prouve bien la candeur parfaite qiii lui avait dicté cette façon d'agir,c'est qu'il ne paraît pas avoir eu la pensée que, son ouvrage devant certaine tnent attirer l'attention des botanistes des Etats-Unis, où le Hv^ de Gray était connu, on y trouverait pour le moins sîng"' lier de voir les deux ouvrages ornés des mêmes grav ureSr Bien plus ! Il ne craignit pas de faire hommage d'un e :2cem* plaire de sa publication à Gray lui-même dont il avait:: •••• emprunté les dessins ! Il faut donc n'attribuer qu'à son inexpérience des questions de propriété littéraire l'incorre-^t^^^ de son procédé. L'opinion, en Canada, n'était sans cJo^^^

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pas formée il y a un tiers de siècle, comme elle l'est aujour* d'hui, sur ces matières.

Du reste un bon avocat, qui serait un peu retors, pourrait bien opposer,à ce que je viens de dîre,une thèse encore plus indulgente." Gray, nous dirait-il,ne reproche pas à Tabbé Provancher de lui avoir pris ses dessins sans permission,mais seulement de i. n'avoir pas dit dans son ouvrage d'où il les avait tirés. Qu'en savez-vous ? peut-être notre botaniste avaitil obtenu l'autorisation préalable de s'en servir ; peut-être même avait-il payé, en beaux deniers comptants, cette permission de l'auteur !" L'hypothèse est au moins vraisemblable. Pour en démontrer la solidité ou la fausseté, il faudrait recourir au Sillhnan' s Journal de 1863, et y voir le compte rendu qu'Asa Gray a dû y publier de la Flore canadienne : il est probable, en effet, que s'il trouvait l'auteur canadien coupable d'un vrai plagiat commis à ses dépens, il n'aura pas manqué de s'en plaindre devant son public. — Or, le Silliman' s Journal de 1863 ne se trouve malheureusement ni dans les biblothèques publiques, ni dans les bibliothèques privées de Chicoutimi ou de ses environs ; il est même permis de croire que peu de bibliothèques du Canada en possèdent la collection. Il serait pourtant bien intéressant d'y rechercher, non pas précisément l'expression d'un blâme quelconque pour le sans-gêne d'un auteur canadien, mais plutôt l'appréciation du grand botaniste amérîcafn sur la Flore canadienne : il serait non moins intéressant de terminer l'histoire de ce grand ouvrage de Provancher par la reproduction de l'étude qu'Asa Gray a dû lui consacrer.

Le 31 mai 1892, Mgr Laflamme, alors président de la Société royale du Canada, disait de la Flore^ dans son "adresse présidentielle": "ce livre, écrit il y a déjà une (trentaine) d'années, renferme maintenant de nombreuses lacunes, sans parler de plusieurs inexactitudes." Le savant professeur de l'université Laval ne parlait ainsi de h Flore ca-

nadienne qu'après Tavoir beaucoup pratiquée. Il est incontestable, en effet, qu'un ouvrage descriptif de la faune ou de h flore d'un pays ne saurait du premier coup être définitif, ne le devient même,au moins en une certaine mesure, qu'après un plus ou moins grand nombre d'éditions. Or la Flore en est toujours restée à sa première édition, et l'auteur luimême, à la fin de la Préface de son ouvrage, n'avait pas manqué d'en appeler au bon vouloir du public, pour qu'on lui signalât les omissions et les erreurs qu'il avait dû faire et les corrections que pouvaient nécessiter certains de ses avancés. Dès le mois qui suivit la publication de la Flore, le notaire A. Delisle, de Montréal, répondant à cet appel, si- •gnalait i l'abbé Provancher l'une de ces corrections nécessaires. Et depuis 40 ans, le nombre des additions et corrections s'est accru beaucoup, soit par les communications de plusieurs des correspondants de Tautenr, soit par la publication de nouveaux ouvrages sur la botanique du Canada.

Sans doute, l'abbé Provancher n'a pu entrevoir comme prochainement possible et probable la publication d'une nouvelle édition de la Flore : car il est mort avant l'écoulement complet de la première, et l'on voit rarement des auteurs qui rééditent des œuvres qui sont encore en librairie.

J'ai pu dire moi-même, au cours de cet essai biographique, que la Flore canadienne n'était pas encore épuisée. Mais il n'en est plus de même depuis trois ou quatre mois ; et l'on en chercherait vainement aujourd'hui un seul exemplaire sur les rayons des libraires. L'ouvrage serait même à présent coté à des prix extraordinaires quand il se rencontre d'occasion. Cette situation est de nature à gêner beaucoup les amateurs qui désormais voudraient étudier le règne végétal de notre Province.

{A Sidvre.)

FEU M. D.'N. SAINTCYR

Fev M. M. Sahit^Gyr

M. D.-N. Saint-Cyr, conservateur du Musée de rinstruction publique de Québec, est décédé le 5 mars, après trois mois de maladie, à Tâge de 73 ans.

Le nombre des naturalistes, parmi la population française du Canada, est si restreint, que la mort d'un seul d'entre eux peut toujours être regardée comme \ MuVl^ ^MB^Ê^^mM^ ^^^ ^^^^^ ^^ désastre natio-

Nous n'avons connu nousmême M. Saint-Cyr que dans ses dernières années, alors qu'il était déjà bien alourdi par son âge avancé. Nous l'avons ainsi rencontré plusieurs fois au milieu de ses collections du Musée de l'Instruction publique, où il nous accueillit toujours avec la plus parfaite bienveillance, se mettant à notre disposition pour les renseignements dont nous avions besoin.

M. Saint-Cyr a été autrefois collaborateur du Naturaliste canadien^ où il a publié des travaux sur la houille, sur les Lynx, et sur les Cerfs du Canada. Depuis que nous dirigeons cette revue, nous aurions certainement pu profiter aussi de la collaboration de ce savant compatriote, si la maladie et les infirmités de la vieillesse n'avaient mis obstacle à la sympathie qu'il témoignait pour notre entreprise.

L'œuvre principale du défunt,ce fut évidemment la fondation et le développement du Musée de l'Instruction publique. Nous n'avons pas ici les documents qui nous permettraient de faire un historique complet et certain de ce

Musée. Toutefois, nous croyons pouvoir dire que ce Musée fut commencé en 1880 avec les propres collections de M. Saint-Cyr. Ses voyages de 1882 et de 1885, dans le bas Saint- Laurent, lui permirent d'y ajouter de nombreux spécimens. Vers 1886 ou 1887, le gouvernement acheta de Tabbé Provancher une importante collection d'insectes canadiens, qui accrut de beaucoup la richesse du Musée,dont les collections s'augmentèrent aussi de temps en temps par dons,échanges ou nouvelles acquisitions. L'achat de la belle collection d'oiseaux de M. C.-E. Dionne, curateur du Musée de l'univerté Laval,et celui des précieuses collections laissées par l'abbé Provancher, firent enfin du Musée du gouvernement l'un des plus remarquables de la Province.

Ce fut le 6 avril 1886 que M. Saint-Cyr fut nommé officiellement conservateur du Musée de l'Instruction publique. D'après les Documents publics que nous avons en mains, nous connaissons les publications suivantes de M. Saint-Cyr :

Rapport d'un voyage fait au Labrador canadien en 1885 ; Catalogue des plantes et des oiseaux du Labrador canadien exposés au Musée de l'Instruction publique (1886) ; Rapport du conservateur du Musée, et Catalogue des collections du Musée (1887). Nous ne sommes pas en mesure de constater si les publications officielles contiennent d'autres travaux de M. Saint-Cyr.

Nous avons eu trop peu de rapports personnels avec le défunt naturaliste, pour être en état de parler pertinemment de son caractère, de ses qualités et de ses talents. Si l'espace nous le permettait, nous reproduirions ici le portrait qu'en a tracé l'abbé Provancher, il y a déjà vingt six ans ; ce sera pour la prochaine livraison. En attendant, citons quelques phrases de la notice biographique publiée, le 9 mars, par le Courrier du Canada :

•'On peut même dire qu'il est le fondateur de ce Musée (de l'Instruction publique) qu'il a enrichi de très belles collections, souvent à ses propres frais. Plus d'une fois il a consacré les revenus qu'il retirait de ses ventes d'insectes

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