‹ Le Naturaliste canadien (volume 5)Chapitre 96 sur 122 · VOL. XXYI (VOL. TI DE LA DEUXIÈME SÉRIE) NO · texte numérisé non relu

VOL. XXYI (VOL. TI DE LA DEUXIÈME SÉRIE) NO

Gl^icolitin^i, AVril 1899

Dircctcur-Proprictairc : l'abbe V»-A» Huard

Noî^ allons prochainement commencer r expédition diS comptes d'abonnement aux abonnés retardataires^ c'est-à-dire à ceux qui au ler janvier dernier nous dezmerit une ou plusieurs années d'abonnement, Oest une ennuyeuse corvée qiu^ etitremélée à nos midtiples occupations ordinaires ^ durera plusieurs mois. Nos amis 7î' auraient-ils pas la bonté de ncnis en exempter en nous envoyant cC eux-ntèmes les montants quiîs nous doivent ?

La langue de l'Abeille

C'est à la générosité de notre ami M. Smîley, directeur de V American Monthly Microscopical Journal^ de Washingto:-), que nous devons de pouvoir offrir à nos lecteurs, en ce niimécp, la belle gravure ci-contre.

Cette gravure représente, avec un grossissement de 43 diamètres, la langue de TAbeille et les pièces adjacentes. L-* langue elle-même, située au milieu, est de bonne longueur, comme on voit. Les deux pièces voisines sont \^s palpes Ljbiaux ; «t les deux autres, extérieures, sont les mâcfioires^

4 — Avril 1899.

so LE NATURALISTE CANADIEN

M. Saint Cyr, conservateur au Musée de Tlnstruction publique, est mort le 5 mars. Le Naturaliste canadien^ en sa livraison de mars, imprimée le 3 avril, disait que le gouvernement de Québec ne paraissait encore avoir pris aucune décision concernant la nomination de son successeur. Cependant, à cette date, la nomination était faite depuis une quinzaine de jours. Mais on la tenait cachée ; et de fait, jusqu'aujourd'hui, le principal organe français du gouvernement n'en a pas encore, que je sache, appris la nouvelle à ses lecteurs. Il est à croire que le gouvernement et son oïh gane ont eu][honte, eux-mêmes, de cette nomination grotesque— cela, et tout ce qui suivra, soit dît sans aucune application malicieuse et voulue au titulaire choisi, que je ne connais pas personnellement, et que je n*ai aucune raison de ne pas tenir pour un homme du plus grand mérite, en dehors du domaine scientifique.

Plusieurs journaux de Québec, de Chicoutimî et de Trois-Rivières — en y joignant l'expression d'une sympathie que je ne mérite pas autant qu'ils l'ont dit, mais dont toutefois je leur suis bien reconnaissant — ont donné cours à la rumeur que le gouvernement se proposait de me confier la direction du Musée de l'Instruction publique. La rumeur ^tait fausse ; jamais, sans doute, le ministère Marchand n'a «u l'idée de m'appeler à ce poste. Mais ce qui était vrai, c'est que le 9 mars on recevait de moi,' au Secrétariat provincial, une lettre où, arguant de mes trente années d'étude des sciences naturelles, f offrais mes services au gouvernement pour prendre charge du Musée. Peu de jours après, quelques-uns des savants les plus justement renommés du Canada voulaient bien appuyer ma démarche auprès du gouvernement ; ces messieurs et moi, nous pensions que les ministres étaient à la recherche d'un naturaliste capable de

-succéder à M. Saint-Cyr. Nous étions bien naïfs ! Il s'agissait seulement, pour le gouvernement, de décider lequel de ses partisans politiques il appellerait à cette position modes-

S'il était vrai que, dans les sphères officielles, on n'ait pu «e faire à l'idée de voir un ecclésiastique travailler de la loupe et du microscooe sous les combles de l'Hôtel du Parlement, on pouvait du moins faire choix de l'un de ces quelques laïques, connaisseurs en histoire naturelle, qui S2 trouèrent en divers endroits de la Province. Et il y aurait eu, an Musée, quelqu'un qui fût en état d'apprécier l'inestimable valeur des collections dont on lui aurait confié la conservation, capable de donner les renseignements qu'on lui eût demandés à l'occasion, capable de correspondre avec les savants et les directeurs de musées du pays et de l'étranger.

Malheureusement, le gouvernement n'a voulu voir en cette affaire qu'une question ordinaire de patronage politi- .qi*e ; et, à la direction d'un musée d'histoire naturelle, il a .appelé un homme qui, d'après des renseignements que j'ai Keu de croire exacts, n'est pas naturaliste. C'est à peu près comme si Ton nommait bibliothécaire quelqu'un qui ne saurait pas lire ! Je suis bien d'avis qu'il «V a que dans la province de* Québec que des choses aussi curieuses puissent arriver.

Je regrette d'avoir à écrire de la sorte, concernant noire province française, dan s cette fiblicaticn qui estue par la classe savante de divers pays d'Europe et des deux Amériques. Il est trop certain que Ton va bien s'amuser à nos dépens, autant à Paris qu'à Washington et ailleurs, d'une nomination aussi ridicule.

Mais, quoi qu'il en soit, le Naturaliste canadien, seul représentant des intérêts scientifiques dans la presse de ce pays, a le devoir de protester contre l'action du gouvernement en cette affaire, et il tient à remplir ce devoir dans toute la mesure de ses moyens.

Il me reste à dire aux lecteurs du Naturaliste quels vaotifs ont pu me porter à solliciter "une place du gouvernement.'* Je dois surtout cette explication à ceux d'entre eux qui se livrent à Tétude des sciences naturelles. On n'imagine point, je suppose, que c'est l'appât du maigre traitement — celui d'un messager de service — attribué à la position civile dont il s'agit, qui m'a décidé à tenter une démarche dont la réussite aurait eu pour moi les résultats que voici : la rupture de liens que vingt-quatre années de sacrifices et de travaux ont rendus bien forts ; un changement complet d'habitudes, chose très dure pour un homme de mon âge ; le passage, nullement ascensionnel, d'un degré à l'antre de l'échelle sociale.

L'abbé Provancher s'était donné la mission de pousser nos compatriotes vers l'étude des sciences naturelles, afin que notre petit peuple français s'assurât, en cette terre d'Amérique, la supériorité dans le domaine scientifique comme il a fait dans le domaine littéraire. Pour arriver à ce but, il fallait procurer à nos amateurs des livres consacrés à la description des productions naturelles de notre pays: Il se mit à l'œuvre avec toute l'énergie dont il était doué. Le premier, il a publié un Traité de Botanique et une Flore canadienne ; et grâce à lui, depuis quarante ans, on a pu étudier la botanique en cette Province. Ensuite, il fonda le Naturaliste canadien^ destiné à répandre plus sûrement >e goût de l'histoire naturelle dans notre pays. C'est là qu'il aentrepris, le premier encore, la tâche colossale de classer et de décrire toute la faune de la province de Québec. Mais la» vieillesse et la mort le surprirent avant qu'il ait pu terminer son œuvre.

En mourant, mon regretté Maître et ami se reposa sur moi, son disciple depuis de nombreuses années, du soin de continuer cette œuvre scientifique. Je crois avoir donné jusqu'ici, en ce sens, des preuves de bonne volonté, à tout le moins. Pour commencer, je remis sur pied le Naturalist

.canadien^ on sait assez dans quelles difficiles conditions. "Et j'annonçai à plusieurs reprises ma résolution de poursuivre les travaux de Provancher à partir du point où il avait dû les înterronipre. L,e programme consistait à faire d* abord laseconde partie des Mollusques ; puis il s'agirait d'attaquer les Lépidoptères et les Diptères de la Province, Après tout cela, si Ton était encore de ce monde, on ne serait pas en peine de trouver d'autres coins inexplorés dans notre histoire naturelle.

Vivant en une région si éloignée des musées et des bibliothèques des grands centres, je ne pouvais toutefois entreprendre de réaliser ce programme sans avoir ici de riches collections de livres et de spécimens. Aussi, malgré la perspective d'une lourde dette à contracter, je tentai d'acquérir au moins la bibliothèque et lès collections entomologiques laissées par Tabbé Provancher. Malheureusement pour moi, le ministère de Boucherville entra, lui aussi, en négociations d'achat, et, pouvant offrir de meilleures conditions que moi, acheta le tout pour la bibliothèque parlementaire et le Musée de l'Instruction publique. Sans doute, je ne puis que louer le gouvernement de l'époque d'avoir voulu enrichir sa bibliothèque et son musée des collections précieuses de l'abbé Provancher ; mais cela n'empêche pas que cette intervention gouvernementale équivalait à un véritable désastre pour mon programme et mes projets. Et, depuis ce temps, je n'ai fait que me convaincre de plus en plus qu'il me •serait à peu près impossible de les réaliser jamais.

Mais voilà que, au mois de mars dernier, une occasion , 4}ue je puis appeler unique, se présenta soudainement, lorsque devint vacante la position de conservateur au Musée de l'Instruction publique : **Voîlà mon affaire ! me dis-je. jDemandons au gouvernement provincial de nommer à cette position le directeur du Naturaliste canadien^ et tout ira pour le mieux. — Au lieu que maintenant je ne puis donner aux -sciences naturelles que quelques moments, je pourrai, dans

cette position, consacrer tout mon temps à "mes chèresp études/* — J'aurai à ma disposition la bibliothèque scientifr que, américaine principalement, formée par Tabbé Provancher. — A ma disposition, aussi, seront ses riches collection» entomologiques, malacologiques, etc., collections auxquelfe» j'ai si souvent travaillé avec lui, jadis ; sans compter que> à deux pas, il y a la bibliothèque et les musées considérables? de l'université Laval. — Quelles conditions favorables pour terminer les Mollusques de Provancher, terminer aussi sa Faune entomologique parla publication des Lépidoptères çX, des Diptères ; reviser et publier en seconde édition sa Flort canadienne ; passer ensuite aux Mousses^ aux Lichens .. . Et les Canadiens-Français pourront alors se glorifier d'avoir autant de facilités pour l'étude des sciences naturelles que le peuple le plus avancé du' monde, de posséder une œuvre scientifique qui serait le pendant du grand travail généalogique de Tanguay. — Toutes ces publications se feront le plus facilement du monde, en employant la méthode suiviepar l'abbé Provancher, c'est à-dire en en faisant des suppléments du Naturaliste canadien, — Oh ! le Naturaliste canadien^ à quelle fête il va se trouver enfin ! Nous en doublerons le format, et nous en ferons le ''Bulletin" du Musée de l'Instruction publique ; et il sera de plus en plus en mesure de travrailler aux progrès scientifiques de la Province. — Ce que le gouvernement va éprouver de joie ! Obtenir tous cesrésultats sans dépenser un sou de plus qu'aujourd'hui ! Je vois s'épanouir sa large figure, je vois les nuages s'écarter un moment de son front soucieux ! Vite, écrivons au Sécréta re de la Province !"

Et j'ai exposé, au long, à peu près toutes ces considérations au Secrétaire de la Province, qui ne parait pas en a\oir éprouvé une bien vive émotion. — Que vient-on parler au ministère provincial de Mollusques du Canada ? on ne les comprend qu'arrosés de sauterne et de champagne^

Flore canadienne] Lic/iens, Lépidoptères^ Naturaliste canadien : qu'est-ce que tout cela fait au gouvernement !

J*ai donc le regret d'annoncer à nos amateurs d'histoire naturelle, qui me demandent souvent quand je continuerai la description de la Faune canadienne, qu'ils n'ont plus à compter sur moi pour la préparation des ouvrages qu'ils attendent afin de poursuivre leurs études. Tout espoir m'est enlevé de faire un travail efficace en ce sens. Ils n'ont qu'à se procurer, à frais considérables, la multitude des livres et bro- <^ures publiés par les naturalistes américains, et les collections complètes des revues scientifiques des Etats-Unis : ils y trouveront,çà et là, des renseignemepts partiels intéressant l'histoire naturelle de notre Province.

Quant au Naturaliste canadien^ il continuera à faire son possible pour répandre le goût des sciences naturelles. S'il n'est pas tel qu'on souhaiterait qu'il fût, on sait bien que la faute n'en est pas à lui.

En terminant, je tiens à dire que, si j'ai qualifié sévèrement, en cet article, la conduite du ^'gouvernement," du "ministère Marchand," je n'ai voulu lui faire porter la responsabilité d'=; ce qui a été tait que dans le sens le plus strict de la théorie constitutionnelle. Car je ne me crois pas tenu d'être persuadé que le Conseil exécutif a eu connaissance des motifs qui ont dicté ma démarche auprès de lui, ni même qu'il ait entendu parler de moi à propos de cette nomination. Je dirai même — au risque de passer pour être d'une candeur épique — qu'il me parait invraisemblable que des hommes tels que MM. Marchand, Parent, Turgeon,par exemple so e it personnellement responsables de la décision **grotesque" dont j'ai parlé.

Je m'étais bien proposé de faire remarquer que, dans cette Province, alors que le gouvernement ne dispose que d'une seule position propre à un naturaliste, on s'est empressé de nommer à cette position quelqu'un d'étranger

à rhîstoire naturelle : ce qui est une manière intelligente d'encourager les jeunes Canadiens à l'étude des sciences, au moment même où l'on réclame, en certains quartiers bien connus, une éducation moins classique, mais plus scientifique. Je voulais aussi — faisant non de la politique, chose bien étrangère à cette revue, mais de Thistoire scientifique, ce qu'on ne saurait lui interdire — , je voulais, dis-je, dresser le bilan,hélas ! tout négatif, des actes du parti libéral concernant les progrès qu'a fait chez nous, depuis quarante ans, l'étude de l'htstoire naturelle. Les proportions déjà démesurées de cet article m'interdisent de traiter en cette occasion ces sujets intéressants.

Il y a quelques semaincs,en voyant sur ma fenêtre se prépar..r la floraison d'un Lilium Harrisii et de certain Cactus nouvellement acquisje me demandais mélancoliquement si je serais encore ici lorsque fleuriraient ces plantes cultivées avec tant de sollicitude. Eh bien, dans quelques jours, m'appropriant, en le modifiant, un mot de Milon, client de Cicéron, que l'éloquence de son défenseur n'avait pu sauver d«i bannissementjje pourrai m'écrier : *'Si le ministère Marchand avait eu quelque souci des papillons et des mouches d« ia province de Québec, je ne contemplerais pas d'aussi belles fleurs à Chicoutimî !"

L'abbé Huard.

(Continué du vol. XXIV. p. 136) Voici la Polycarpea spirostylis, jolie petite plante de I^ famille des caryophyllées, qui montre au mineur fatigué le "placer" de cuivre, fondement futur de sa fortune. La plante à cuivre, que l'on trouve dans toute la région cuprifère du Queensland, se rencontre toujours dans le voisinât'

ge des dépôts métalliques ou des rivières chargées de sel de cuivre. Elle a une préférence marquée pour les sols qui -contiennent le métal : sentinelle végétale d'un trésor minéral, elle garde le gisement précieux ; elle l'indique par sa présence, elle le proclame par son exubérante croissance,elle ie dévoile par les précipités cuprifères que donnent les -analyses faites sur ses racines, ses feuilles et ses fleurs.

Voici le Tsofar^ Tarbre siffleur du mystérieux Congo. ^'autres végétaux sont mélancoliques, lui est gai ; ceux-ci pleurent, lui siffle. Et non content de cette chanson qu'il procure gratuitement au voyageur, il lui livie encore un ^produit très recherché, la gomme que les traitants arabes vendent sous le nom de "Gedaref", et dont il se fait un grand commerce en Afrique. Cette gomme se trouve dans les branches de l'arbre Tsofar, et pour l'en extraire on les perce de part en part. Puis, quand le vent souffle, il s'engage dans ces tuyaux minuscules, et fait "siffler" l'arbre du noir C(*ngo, le fournisseur attitré de cette gomme Gedaref que colportent les mécréants de l'Islam.

Je vous présente un autre végétal curieux, dont le nom redoutable, Arbot diabolic n'a d'égal que sa malfaisance. Au Mexique, dans les sombres réduits de la Sierra Madré, on •rencontre l'arbre à serpents,dont les branches longues et minces retombent comme celles du saule pleureur. Elles ont l'apparence de serpents, et parfois tout l'arbre semble se tordre comme un serpent : les branches grouillent traîtreusesement et se courbent vers le haut, emprisonnant l'imprudent oiseau qui s'y est posé. Cet arbre terrible n'a pas de feuilles : son aspect est tristement curieux, et on n'en trouve que de rares spécimens, dans les montagnes du Mexique, près des abîmes de l'Himalaya et sur cette île de Sumatra,où la nature bouleversée, avec ses spasmes périodiques, répand .sjveit la désolation et la mort. Chose étrange encore : o

trouve parfois, au fond des mers, ce terrible végétal quî^ avec l'attrappe-mouches, tient à la fois, ce semble, du règne animal et du règne végétal.

Voici ensuite la "Rosée du Soleil" dont les feuilles sont couvertes de vraies tentacules, à la substance douce et visqueuse. Dans le centre de la feuille, il y a une légère dépression ; et quand un insecte a le malheur de se poser sur une feuille, la tentacule qu'il effleure se met en mouvement, le saisit, l'amène au centre de la dépression, puis tous les petits bras visqueux s'irritent, se meuvent et suintent un acide liquide qui dissout l'infortuné insecte, tout exactement comme le jus gastrique dissout les aliments dans nos estomacs ! Le pauvre ! Il succombe, victime de sa gournrxa.ndise ! Il aimait trop la substance douce des tentacules qui attire et fait mourir !

Moins redoutables que VArôor diaboli sont le locuste et l'acacia d'Australie, mais tout aussi étranges. Prenezcn les jets, et aussitôt vous les verrez grouiller sans trêve ni r^' pos ; changez-les de place : leurs feuilles se meuvent d^"^ toutes les directions et exhalent une odeur nauséabonde. Au coucher du soleil, les feuilles se replient sur elles-m^*^^^ et les petits scions se roulent et se serrent, pour reprendre au soleil levant leur curieuse agitation et leur odeur caractéristique.

N'est-elle point curieuse encore cette petite légumineuse arbustive, proche parente de la sensitive, à laquelle la sci^^' ce a donné le nom peu harmonieux de Dcsmodium gyra^

Je me rappelle n'en avoir vu, dans ma vie, qu'un ^^^ spécimen, et son heureux propriétaire en prenait un ^^^^ jaloux, ce qui n'empêcha pas la pauvrette de trépa^^^^/ dans le regret de l'Amérique tropicale, son pays d'oi'^ê ne, et de la chaleur équatoriale qui lui est si nécessaire-

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