‹ Le Naturaliste canadienChapitre 108 sur 142 · VALLEE DU LAC SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

VALLEE DU LAC SAINT-JEAN

Pour faire suite aux notes que je vous ai communiquées en janvier clernier,permette7-moi, Monsieur le Directeur, avec rindulgence des lecteurs du Naturaliste, d'ajouter les suivantes, qui pourront peut-être dissiper un peu plus les ombres enveloppant ce passé mystérieux, que nous avons eu la témérité d'invoquer à l'appui de notre thèse du Cataclysme, ou, du moins,^ qui devront nous orienter plus sûrement, et nous forcer, en dernier ressort, d'en venir à cette seule conclusion.

J'ai eu occasion, cet hiver, de pénétrer plus avant dans la partie N.-O. de la vallée du lac Saint-Jean qui m'était inconnue jusqu'alors. Grâce à la protection d'un ami, j'ai été chargé par le Commissaire des Terres de la Couronne, Thono-. rable M. Flynn, de faire le lever du plan des sources de la rivière Afshuapmouchouan et de quelques-uns de ses tributaires : tels que Chigaubiche et Scatsie, au S.-O., et Nékouban au N.-O. ; ce dernier s enchevêtrant pour ainsi dire avec les nombreux cours d'eau qui coulent vers ia baie d'Hudson, dont la maîtresse branche porte le nom de Washwanipi, tributaire du fleuve Nottaway débouchant dans cette mer du Nord, au fond de la baie James. La rivière Scatsie croise aussi ses branches avec celles d'une autre rivière de la baie d'Hudson, 9— Mai 1896.

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Mékîskan, et, de même, avec les eaux deTOttawa et du Saint- Maurice.

La carte qui nous a été communiquée par le Département des Terres, pour nous guider dans notre exploration, est une copie de celle exécutée en 1733 par Tarpenteur français Normandin, alors travaillant au 'bornage du ** Domaine du roi," depuis Tadous.sac jusqu'à la tête des rivières Nékouba, Scatsie et Saint-Maurice, et, en descendant celle-ci jusqu'aux Trois-Rivières.

Lorsque je disais, dan? mes notes précédente», que, en faisant le grand détour du bassin alluvial du lac Saint- Jean, des chutes existaient dans la rivière Ashuapmoiicliouan u:i peu au-dessus de l'angle sud-ouest du canton Normandin, je parlais de onï-dire, suivant le rapport des chasseurs et des traiteurs qui pénétraient dans l'intérieur par ce grand chemin de canot. Les chutes en question ne sont autres que d i forts et profonds courant, plus fatiguants à remonter, pour le canotier, que le portage des chutes si elles existaient. Il y a même le " Rapide-pas-de-fond," qui ne donne pas la moindre idée d'une chute, croyez-moi ; on le franchit à la cordelle, c'està-dire que le canot et son contenu est halé le long de la berge ju=qu'au-dessus du courant. La rivière Ashuapmouchuuan n'a qu'une chute à vingt milles au-dessus de Nonnandin : la chéguière (chaudière) de vingt pieds de hauteur, qui obstrue son cours, en lui faisant faire un brusque détour au nord. En retour, il s'y rencontre un bon nombre de rapides, formés de digues de cailloux roulés, (jue les eaux de la mer sagaenayeiine de jadis,en se précipitant vers Test, lors du Cataclysme, entraînèrent de toutes pai-ts au plus profond du lit qu'elles vidaient, et par où devaient passer, malgré ces obstacles, tous les égoûts des hauteurs et former FAshuapmouchouan, telle qu'elle existe aujourd'hui.

Il y a des endroits surtout, à certains détours, à certaines courbes de la rivière, qui témoignent du travail énorme fait par cette avalanche d'eau, b-ilayant dans sa course précipitée, avec un entraînement irrésistible, tout Ce qu'elle rencontrait

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