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LE NORD-OUEST DE LA VALLÉE DU LAC SAINT- JEAX

que le lac Saint- Jean d'alors, s'il n avait pu rejoindre le Saint- Maurice par la rivière Croche, aurait coulé tout naturellement VjBrs^ la baie d'Hudson ; tout comme le lac Winnipeg le fait de son côté et à la même altitude.

Bien avant le soulèvement de la croûte terrestre, lors du cataclysme, les eaux de là baie d'Hudson, ou plutôt de ce vaste océan qui existait alors, submergeaient tout le baHsin septentrional de l'Amérique depuis les Montagnes Rocheuses jusqu'aux Laurentides. — J'ai touché à ce sujet en cherchant à sonder les secrets de l'époque glaciaire. — Eh bien .... ce que je supposais alors comme chose possible, se trouve avoir pris corps ; peut, même, rendre témoignage : que le procédé mis en jeu soit le même ou non.

Il est certain que la vaste plaine que j'ai indiquée à l'ouest du lac Chigaubiche, formée d'ondulations à peine visibles, a été entièrement couverte par les eaux de la mer saguenayenne, même que celle-ci communiquait avec l'océan septentrional par ce détroit, par ce grand bras de dix milles de largeur et cent milles de longueur, dont la rivière Ashuapmouchouan et ses lacs ont hérité depuis, et, qu'ils ont façonné à la mesure de leur taille et de leur capacité, sans pouvoir cependant en effacer les grandes lignes.

On ne pourrait expliquer autrement, que par ce procédé l'existence de ces roches calcaires perdues, éparses sur plusieurs points de la vallée du lac Saint-Jean, qui, cependant, appartiennent corps et âme à la formation géologique du bassin de la baie d'Hudson.

Elles ne sont pas venues par terre ! ces pierres cassées, façonnées, des carrières d'Alberta, que nous retrouvons ici ! Le calcaire, qui fut soulevé par les Montagnes Rocheuses lorsque celles-ci sortirent des entrailles de la terre, et qu'elles rejetèrent au loin, ou, en désordre à leurs pieds, en millions d'éclats multiformes, n'a pas roulé ici par la seule force de l'impulsion qui ^ui fut alors imprimée dans l'espace ? N(.n. Ce sont les glaces, les vent«», les courants, la marée, tous s'aidant, qui ont été appelés, mis en œuvre, en

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mouvement, pour opérer cet (.':sf*aniotage, cet enlèvement ; et il fallait bien aus; i (pie la mer recou\ rit tjiite cette étendue imiupR-^e (le pays que je \ ieîis de décrire, pouî- permettre k coîs i)"l:i^'er ch.irgoes cie batin, de venir h'échou^u- sur no:^ rivages, ou di. moin.' d'entrt-r p-urio! d.jr)-> no cjux oiâce aux éléments dont ell'~ v :.\i«int le jouet.

On en \ oit de t ' s de c.^ c!'el;>t - do c.d'-ai ro, .nr lef- ha *-

^e-\ éie\(\'s dt la ' .t katelievv n, du la Qn\Vp,>elle, de l'A..:- inibo'ue etc., etc. Ce t toat du nir'. ii9 endroit iiu'ils orioinCi t ; c'e "t le Miéme proi-e le (jui a servi à le (^\tr<iij'e ; et ce -^lOnt los înéine> é'ément , locoinotenrj (pii les «!istribsiè'*ent partout ou on les rencontre .^ii jour i'hui; et c'est ienr r-oernblance parfiiôe avec le.s irao a)e«iu ; de ca'caire que nous avons tronvé-^ici, f[ni non» a 'ji . ar Lt voa*.

Lors du soulèNemenf- de la croûte terrestre, la iner d'Hud-on — cet oci n 'e.)tenti-ion.il — ,en se retirarit desli.mteur,. comme I.. '«^r s.i(;iuvr)ayeiuie le l'-ii • lit aussi, l.iissa iiivariablenient son fonc .nl:.a;t dar.s les p.irt.e^^ p!a?ie^ on onduleuse ' : couime 1- • pi'd 'u^.'s du Manitoba et celles des Territoires da Nord-Oi.C; t en font preuve. Le Territoire de l'Est qui nous a voici lie i la hauteur u'Aohuapniouehouan, de Nékouban et de Scat-le, a '••-tenu lui au"^. ^ i' s riches dépôts sécalaires accumulés si;r son l'ontl ; p l'-ce que, p.'.reillemen% il formait hnième va àe pleine, avec la me.ue contornjation, le niéîiie caracoère et le iicùie niveau.

L'i'Ction de l'eui, en .^e retirant ndus irritation?, c'e^.t-àdirt iLins rencontrer (l'cUj; t u le i^ioivMorue d'écueils, de rochers, oe monCigiies, ecc, fat parr;,.ite'aent ruelle, laissant uni, ou par ondulation lé^^ere^ient inclinées vers le nord-ouci^t, son lit nu, tout impre-^né ae ; m.itières riches que la mer ne pouvait lui enlever en refluant ciiiri iLns cette même direction. L'océan Athint:(p;e f ûd't iout le contraire ; battant de ses flots ao'ités les lianes .x.ériuionaux den Laurentide.-, bo'^•••elés, escarpés presque partoiit de ce coté, depui-^ leurs deriù^rs contre-forts du Labrador ju-qu'rt. ceax du lac Supérieur, il lavait, à fur et meaure, tout ce penchant de montagnes qu'il i bandonnait. Hérisséa de rochers abruptes, de ravins profonds

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(réciiL'il'> innoïiibi'a^'Ies et de inillv^ antres ob t icles, les basfoinN (le cr'tfee mor fiioihive furent b:ittns .s..ns reiàclui pr les courants et les vairues qui fuyaient \ ers 'e l.-'i"i;v ; pr*. .le répit pour eux dans Itur cour^î in ensée \ei ce. rv •;.•'.' irîconnu-: q'ii devront le'.u* servir <i<' limite. Ais. i, vov ' eo :'rjie ilî: ont lavé bien net les rrbord^ l'iioue v ;te h'ur . i/lii ; plu de boue, phi ; d'argile, nlu-. .te ^!ai e su' ce fl imc .'leniti'i <les L.iurenti'le.s ; les reniou.; ne replia^'t en ton , mî -, i',\s ras de marée ^'eutre-ch<i's nt, >'ei)tre-eroi-ant, se b.i {.:ei • u\ l-s counnits e renver-Mut p.vrtout et s;in. ce u, y o ït p.' -e . : . .• pui- ant balai.

Cependant où le cuaetèrî de- i}i -l'oat. eÎL.nge, voyez comme chano-ent .i.a .s^ le ré .(U..o^: 'il.î s'applanchis^eot, les courant- s'apaisent, ie^ iJéî>ris ^'y accumulent et s'y niaintieuiient. Vou. y décom i-ez (ie;-^ argiles profonles rccouvett •'-• ici et lù.de s tble, ^ie^^ravier, le plus souvent mélangé , que ce-, courants légers ou [ iiii- 8auts, r-aivant la natur.' de ■. terrai ir- qu» :s'ét.*gent ..u-i!e. ..j;..y entraînent de force ou y retienne, i b p»' un reb-ur :,jj" eu:.-i.;enies.Les courants perdant entiu leur in)pui..ion,ce.^ (iébri fie toiîtes espèçei-', ces alluvimns, ces :trg!ie-. déii.yetsy p(.-;'de!jt russl Kl leur, et toute cette matièru se dépo.'ki tr.iiiquiji.aient aux pieii.s (leh coteaux, aux contour.-: de:.- la. , au.^ berg<'s des rivières, et comble partout les ravins sarps is: ue ; u rebor<i de cette plaine toute raisselan te et toute meurtrie. C'est ce qiû forme, aujourd'hui, ces belles et grr.ndes vallées, bien faciles à reconnaître, que le colon intelligent, armé de:-,; h^jche et 'l'un grana fonds de bon sens, CLvahit (îe tous côtes poi.r s'y tailler un cbamp, y fonder un canton, une parois. <\ unn \ilic ; tout conune nos pères ont fiiit, sui- les bords mnjcec'ieux du Saint- Lai. rent, .lUx premiersjouî's de h. colo.îie.

Les récits., .plus ou moins exacb'-',extor4Ucspoarai'»si dire, miette à miette, (ie la bouche de nos sauvages si rîiscrets, toujours prévenus et pleins de défiance lorsqu'il s'agit -.3 leur terre de chasse, joints aux rapports de certîgins métis qui jadis faisaient la traite avec ceux de la baie d'Hudson, nous ont

convaincu, depuis nombre d'années, que nous avions, accolé à la partie nord-ouest de la région du Saguenay, un domaine très vaste et très riche en terre, en bois et peut-être en minéraux, que personne ne connaît pour bien dire, ni ne convoite, et qui pourtant mériterait bien la peine d'être exploré, étudié et puis colonisé, tout comme la partie occidentale de cette vaete plaine Ta été.

En dernier ressort, pour arriver à une conclusion, enfin, il nous faudrait le proloncrement du chemin de fer du lac Saint- Jean jusqu'au sommet du bassin de la baie d'Hudson, par la vallée d'Ashuapmouchouan, et de là, en suivant le 50e degré de latitude, jusqu'à Winnipeg en approchant de la baîe James, ce qui permettrait à tous ceux qui ont des doutes* ou quelque chose de pi is, de se convaincre, de visu, que ce qu'ils ont cru entrevoir, par la description que noua avons faite, de ce pays étrange, de sa formation, de ses ressources, etc., n'était, après tout, qu'un croquis esquissé à la hâte, qu'une image imparfaite, qu'ils pourraient retoucher hardiment et orner même à leur tour, sans en altérer la * physionomie, ni luême l'expression.

P.-H. DUMAIS

m EXCCRSION DANS LES HADTES-AIPES

[Continné de la page 90] Après avoir traversé deux derniers tunnels, on pénètre dans le joli cirque do Vaulx, à Tentiée duquel, sur un mamelon isolé, couvert de bois et de prairies, se montre le château de la Motte-les-Bains. Enfin à l'issue du petit tunnel de» Roux se trouve la station d« la Motte-les-Bains, à 706 mètres d'altitude. Après avoir quitté cette station, le chemin de fer franchit le ravin de Vaulx sur un viaduc de neuf arches, puis, décrivant une grande courbe autour du cirque de la Motte, il franchit les deux beaux viaducs superposés sur le lit du même torrent du Loulla et entre lesquels on traverse le tunnel

de la Tuilerie. Un dernier ^rancl lacet terminé par un nouveau tunnel courbe conduit à la Motte (VAveillans, centre de Texploitation du riche bassin anthracifère de La Mure. A la sortie du tunnel de la Festinière, la voie ferrée atteint son point culminant (925 mètres d'altitude) et débouche dans la vaste plaine de la Matheysine, où se trouve La Mure*

Mes compagnons de- voyage, peu amateurs de géologie me laissèrent à la Motte d'Aveillans et continuèrent leur route jusqu'à La Mure.

N'ayant que peu de temps à moi, je me rendis de suite chez le directeur des mines, qui voulut bien m'autoriser à les \isiter, et me donna pour guide l'un des contre-maîtres, homme fort intelligent, qui me fit parcourir quelques-unes des galeries les plus intéressantes ; ces galeries sont horizontales et ouvertes à diverses hauteurs sur les flancs de la montagne. Grâce à mon guide je pus rapporter de mon excursion trop rapide quelques beaux échantillons de plantes fossiles.

Ces mines, les plus importantes du bassin de La Mure, sont connues depuis un temps immémorial, mtiis ne sont exploitées que depuis l'année l776,ou plutôt depuis leur concession en 1880. Les concessions les plus importantes sont situées dans les communes de Surville (Peychanard), Pierre Chatel, la Motte d'Aveillans,la Motte Saint-Martin,Notre-Dame de Vaulx et Saint- Jean de Vaulx.Les couches d'anthracite Peychanard ont, en certains endroits, une épaisseur de dix et même de quatorze mètres.

Voici un extrait de l'ouvrage de M. Charles Lory (description géologique du Dauphiné) sur les terrains où se trouvent ces .mines ; il est un peu long, mais je pense, qu'il vous intéressera.

Grès a anthracite du département de l'Isère

" Ce terrain formé en entier de grès, c'est-à-dire de sables ** agglutinés plus ou moins grossiers, plus ou moins fins/anis par " un ciment siliceux, argileux ou ferrugineux, sans mélange de " calcaire. Entre ces couches de grès sont placées les couches *' d'anthracite exploitées dans le canton de La Mure, dans

1 8 LE NATUKALISTK CAXADIEX

" rOi><fci» s ot sur (pb'u:'.K's points du ri-vers oceMe.)t:'l do l<i " clinine de B'.^lîedoîHi»' et de son proloMgement en Smo'c. . . ** Ce Ur: i.' e t d tn^jné pctr Ifiujhe.iux peu étendu^î sur les -' H;.' e> et jîiv(jîK> d !!,•> les ]');rt:eo centrulcs dos deux chai. .es. *■ dy î>ed • lonn., <'t d;s lion r' .. Le plus étendu et de bî. a- ' 0011;) I ' pli; i iin[)OK.iiiL de. cj ullleureuieiits de «^rès à îin- '' tlu'i'cit", celui «lu fiiî.ton de L.i Muvc, a environ vinot kilo- " nii'tres enri i <ie supcriieie ; la totalité des autres lepré-^en- ' te tout Nil jdus une surf.. ce éz/uie à colle-là, et leur ricbe^.so " (n cli:'r;<(jîi e' b b ciUCoup uioînd'-e.

■" L» s ^:es à ;;tithr..cite sont toujours en couche?', plus ou '■ nioin ■• inclinées, d; .lo(iué<^s et contournée-, leur ensemble '■ s'.ij [)li(jue toujours sui' un ma .-«if de terrains cristallisés ; et *• si, |.;irl i p* I) é-^. on ramène CvS cc'iî'.he' de s^rès à leur posi- " tio:) 'lorizoîit.de primitive, on trouver-i qu'elles ont dû £6 " di^r > . ■ -41 !• n.i fond de, .-^chistes micacés ou talque.ix, ou rie " iw i -, foi me tantôt de couches à peu prés horizontal»^ 55, " tiitut d. couches déjà r- ire. ées etu:éessur leurs t'vmches " } <-iv rérocion.

" ].«s couches d'anthr:icite Nontr..nfermées ordinairement |

" e:.it'.; d'^r ;'r'si.e:=î de :^rès à or.iins; fius, jirofileux et ndcacés I

'* col: )••'>. en noir par une p:.-tite quantité de matière chirbo- •' U' no.\ D;i'is (\'s <yvts voi. ins du combustible, on ti'ouve des " rm|:r.''ii' Ce ])lantes fu->^ile'^ souvent nombreu e> et bien '' c; p. 'lAoes : Ce so'it surtout de-> feuille;^ de foui.'.ère>, des ti. ' 'jj ^- de )^.rô'e' ;^"i^inte (\\]eb, etc. Les e-pèoes sont identiques ' • ' c c<'IL - qu'on trou\ e partout dans le vrai terrain liouil- ' !«r, celui du (u'»p,a"tement de la Loire par exemple, et qui " *-oi t e-sentielle7nent Ciuvictvh*isti(jues de ce terrain.

•' Xoir reproduisons ici,<i'.ip!è- M. Gra-', la liste des plaii- " t' ^^ fos.siles trou\ée^ dotu^ lu gir à anthracite du départe- " '- nt ^le i'J ère t oécenuinées par AL Ad. Drono^nictrt.

'' Y OVGKUK^— Nn- ropier h cor^/ola (Aô. Bvong., hit^t. des vi^;éi..n\ fo- il(--, T. 1er. }). 229), Fli.ez en Oi.-aus.

'' Pt('0;>/(';'/s^ orcop'rrulhis (Ad. Brong., L c. p. 3l7),Kotre Dame de V-udx.

" P. CanJoUiana (Ai. Brong.), la Motte d'AveilLm?.

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