‹ Le Naturaliste canadienChapitre 14 sur 142 · LE CRAPAUD COMESTIBLE · texte numérisé non relu

LE CRAPAUD COMESTIBLE

Nous lisons ce q-ji suit dans la Vérité du 16 février, où il est question de notre livraison de janvier :

** A propos de l'article de M. Henri Tielemans sur le crapaud, nous y avons remarqué une phrase qui nous a grandement étonné. La voici :

** Begardez-le (le crapaud) aller lourdement, de droite à gauche, de gauche "à droite, se gavant de chenilles et de vers : il grossit, il engraisse ; et bientôt, " sur vos tables finement servies, il viendra réjouir vos délicats odorats de Ta- *' rôme exquis de ses cuisses rissolées dans le beurre, au milieu d'un bouquet " odoriféraut de cerfeuil et de persil. "

** Nous avons mangé, en France, des cuisses de grenouiHe^ et elles sont délicieuses ; mais c'est la première fois que nous entendons dire que les cuisses de crapaud sont comestibles. Ne serait-ce pas un lapsus calami t "

S'il y a quelque part un lapêua calami, ce ne peut être que dans le rapport du Père Guerlach, cité par notre correspondant, qui " affirme que certaines peu;çlades de l'Indo-Chine s'offrent, avec le crapaud, un festin de roi." Par exemple, M Tielemans est d'avis que nous devrions vaincre à cet égard nos répugnances, et la fin de son plaidoyer, reproduite par notre estimab'e confrère, n'e&t pas autre chose qu'un tableau des jouissances gastronomiques qu'il promet, comme un appât, aux gourmets fé idnlns à qui il s'adresse.

C'est la première fois que, nous aussi, nous entendons dire que les cuisses de crapaud sont comestibles. Mais il y a peu de choses qui puissent nous étonner en cette matière, depuis que nous avons vu, à Trinidad, une jeune fille recueillir soigneusement les énormes vers blancs du Calandra palmarum, Fabr., pour en fkire une fricassée quelconque ! On sait que le fameux Lalande - préférait le goût de l'araignée à celui des insectes qu'il avait précédemment essayé». Une friture de cuisses de crapaud nous irait encore mieux que tout cela !

[*] H s'agit ici, évidemment, de M. D.-K. Saint-Cyr, conservateur du Musée de l' Instni ction Publique de Québec.

Il nous est agréable de noter ici que M. le Prof. Davis, en nous annonçant l'envoi d'un exemplaire de son Mémoire, nous fait les offres de services les obligeantes. Nous aurons sans doute plus d'une fois l'occasion de recourir à ses hautes connaissances scientifiques.

— Nous ferons remarquer à notre savant confrère de V Insect Life que l'abbé Provancher n'a pas travaillé si isolément qu'il le croit. C'est ainsi qu'il disait en janvier 1877 (Nat. Can., IX, p. 6) avoir soumis tous ses Ichneumonides à M. E. T. Cresson. Il avait aussi des relations suivies avec plusieurs autres autorités de la science entomologique aux Etats-Unis.

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