LA VINGT-DEUXIÈME ANNÉE
Nous ne iravaillons point, en effet, pour les savants, mais pour le public en général. Ce programme nous paraît d'ailleurs le seul praticable actuellement. Quand les naturalistes seront parmi nous relativement aussi nombreux que dans les Etats-Unis, par exemple, il sera possible et utile de publier alors des revues purement techniques. En attendant, il s'agit d'intéresser le plus de gens qu'il se peut aux études scientifiques, et de préparer ainsi une clientèle aux publications spéciales de l'avenir.
Nous continuerons donc à faire œuvre de vulgarisation. Et dans l'intérêt des amateurs, en même temps que pour répondre à un désir que l'on nous a exprimé, nous nous proposons, entre autres choses, de donner de temps en temps des conseils sur la recherche et la préparation des spécim,ens de collections. Notre dévoué collaborateur, M. Beaulieu, dira ce qu'il faut pour ce qui concerne les collections d'insectes, dans un chapitre spécial du traité d'entomologie qu'il publie dans le Naturaliste. Nous nous occuperons nous-même de ce qui a rapport aux collections d'autres objets d'histoire naturelle.
Nous terminerons dans ce volume le mémoire de M. Dumais sur les origines géologiques du Saguenay. Nous savons que ce travail, bien qu'il y manque un peu de méthode, intéresse vivement un bon nombre de nos lecteurs.
On nous a demandé quand nous continuerons l'ouvrage de l'abbé Provancher sur les Mollusques de la Province. Il nous faut bien, avant d'entreprendre ce travail, achever notre Traité de Zoologie. Les choses iraient beaucoup plus Aite, si nous consacrions, en chaque livraison, plus d'espace, par exemple huit pages, à ces travaux de science pure. Mais ce n'est pas possible, dans les conditions de format restreint où nous devons maintenir la Revue. Il nous tarde beaucoup à nous-même de continuer les travaux de M. Provancher sur la faune de la Province,.,., et... nous suivons attentivement l'œuvre de réparation financière que poursuit le gouvernement de Québec, dans l'espérance de voir enfin briller, même de loin, l'annonce du secours qui permettra au Naturaliste de reprendre son ancien format et son allure d'autrefois.
Dans le cours de l'année nous publierons probablement une étude sur la question de la Sardine du Saint- Laurent, sujet pour lequel le public a manifesté de Tintérêt il y a quelque temps. Car nous ne considérons pas encore la question comme réglée, malgré les autorités que Ton a fait intervenir. Nous voulons en avoir le cœur net, et nous nous efforçons actuellement d'obtenir les matériaux et les renseignements qui nous mettront en demeure de nous faire une conviction solidement appuyée.
Maïs voici encore du nouveau. L'un de nos collègues du Séminaire de Chicoutimi, M. Tabbé E. Poirier (ex-Missionnaire agricole du diocèse de Québec), qui fait de la Photographie non seulement un art, mais aussi une science, veut bien se charger de faire pour ^e Naturaliste une petite chronique mensuelle sur la Photographie, où il enregistrera le^ principaux développements et progrès de Tart photographique. Aucune publication du pays ne s'est encore occupée expressément de cet art agréable, dont les procédés rendus maintenant si faciles lui ont conquis partout des amateurs passionnés. Amateurs et photographes de profession formeront donc désormais une clientèle spéciale du Naturaliste. — Quelques-uns de nos amis s'étonneront probablement de ce caractère nouveau donné à notre Revue. Nous les prions de considérer les points suivants : lo Le maintien du Naturaliste dépend entièrement du public. Nous blâmera-ton de chercher à intéresser le plus grand nombre possible d'abonnés ? 2o La photographie se rattache évidemment aux sciences physiques, et dès lors tient un peu à l'histoire naturelle entendue dans son sens le plus large. — Il y a évidemment ici une limite à conserver, et nous n'avons pas l'intention d'admettre dans nos pages des études sur l'art de modeler habilement les contours d'une fine chaussure ou d'un gant fashionable, sous prétexte que les cuirs relèvent de la Zoologie 3o Le Naturalisiez revue illustrée des sciences naturelles^ publié à Paris, nous donne l'exemple. Chacun de ses numéros semi-mensuels contient quelqiie article sur la photographie. Les naturalistes du Canada ne sauraient être plus intransigeants que leurs collègues de France. 4o Nous donnons bien chaque mois quatre pages de plus que ce que nous avions promis^ et cela fait, au bout de l'an, une