ENCORK LE CRAPAUD COMESTIBLE
Sous ce titre, VAlbuvi industriel du 30 mars publie ce qui suit:
" Le Père Guerlach, missionnaire français chez les peuplades sauvages de Tlndo-Chine, nous présente, dans son journal de voyage, It crapaud sous un tout autre aspect que celui d'animal répugnant par excellence. " Certains individus, " dit-ii, en parlant de la peuplade des Sedang,mourraient plu- " tôt de faim que d'avaler uu crapaud, qui est cependant, je " vous prie de me croire, une excellente nourriture. Quand je " peux m'en procurer, je me paie un festin soigné. En France, " les préjugés vous empêchent de connaître ce qui est bon et " d'en user."
*• Le missionnaire n'a peut-être pas tort. Nous tenons d'un pêcheur de grenouilles retiré des affaires que les professionnels de cette pêche à qui il arrive de prendre des crapauds n'ont garde de les rejeter à l'eau. Ils les " parent " à l'instar des grenouillis et affirment que le râble et les cuisses d'un beau crapaud, soigneusement dépouillés de leur peau, celisi va sans dire font aussi bonne figure à l'étalage du marchand et
EXTRAITS DE LACORRE.^PONDANCE 63
sur lassiette d'un consommateur que ceux de la plus belle grenouille."
Il résulte de là que lorsque l'on a mangé de la grenouille, on peut fort bien avoir mangé du crapaud.
EXTRAITS DE LA CORRESPOiXDANCE
Lb Suisse. — "J'ai une Histoire naturelle extraite de Buffan et de Lacépède ; elle ne fait pas mention de ce petit quadrupède que non s appelons suisse ; est-ce bien son nom véritable ? " jP -X X., Ste-ClairCf P, Q. {Suisse est 1« nom vulgaire du Tamia quadrivittata^ htM.—Sciurus quadrivitiatuSt Say, qui appartient à la famille des Ecureuils).
Chasse aux Dytisqufs^ kn hiver.— "Durant le mois de janvier 18Ô5, j'ai capturé une centaine de Dytisques et de Colymbetes pleins dto force et de vie ;voici comment. Nos élèves se sont fait un rond pour patiner, avec de l'eau qu'ils ont prise sous une couche de glace de six à sept pouces d'épaisseur. Il faut vous dire que c'était de l'eau stagnante. J'ai ainsi capturé des individus de toutes les ospâC(*s de Dyti^qaes, excepté le 2)^e»9cua confluen^^ Say. J'ai aussi capturé uu Dytisque de la longueur du Dytisctis fascivtntrisy Say, et ayant leg mêmes caractcr h, excepté cenx-ci : point de tache frontale. Ecusson entièrement noir. Bordure marginale des élytres distinctes jusqu'à la su ure, au sommet. Ventre entièrement noir."— J.-C. 0., C. S. F., Mile End, P. Q. (Cette belle trouvaille démontre bien, en effet, que ces insectes passent l'hiver sous la glace).
Sa-Lamandra GLaxiNOSA, GKEEN.— " J'ai dans uu boeal, depuis la mi -septembre, quatre mois environ, une salamandre vivante, dont le nom spécifique m^est incennu,et qui n'a certalnem.-nt pas pria de nourriture depuis le commencement de sa captivité. Je me contente de lui dounyr de l'eau fraîche asseï fréquemment. Elle a encore toute son agilité primitive; le ventre lui a blanchi et le c»rps a diminaé un peu de volume. Çà me parait un peu extraordinaire qu'un animal demeure si longtemps sanâ manger, tout eu conservant sa vigueur et sans prendre l'état léthargique, comme le prennent plusieurs espèces animales pendant l'hiver. Je ne sais pas si je pourrais trouver, son nom spécifique dans le "Naturaliste." Çà me paraît une espèce assez rare. Sa longueur est de 5 pes env. ; !e dos est noir, et le ventre gris, avec de grandes taches blanches ;sur les côtes on voit une rangée de points nombreux, petits, blanchâtres et confus. Je connais trois ou quatre espècjs de SalamautJrea ; c'est la premier* que je vois avec cette disposition de tuches et de couleurs." 21 janvier 1895.
*'Le nom de la Salamandre dont je vous »i fait connaitie, dans une précédente lettre, le loui; jeûne — depuis la mi-.sOptembrt3 jusqu'aujourd'hui, — est F. glutinosa. Green. La coute:ir générale, 1 s points jaunâtres du ventre et des côtés, «t le pîi transversal to is la gorge m 3 font rapporter c^^tte espèce à celle . décrite par l'abbé Provanch '.r (Nat. Can., vol. Vil, p. 70). Cette pauvre petite bête est encore pleine de vigueur." 21 mars 1895. Vàbbé P,-Â. B^f Sherbrooke»