AU GOLFE SAINT-LAURENT
Je suis revenu d'un voyage sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent et à Tîle d'Anticosti, avec un fort bagage de notes et renseignements divers sur ce territoire si différent, à bien des points de vue, des autres parties de la Province ; et je me proposais d*abord de rédiger ces matériaux pour le Na- ' TURALISTE. Mais le format du journal est si restreint, et il poursuit déjà la publication de tant de travaux de longue haleine, que je devrai chercher ailleurs un gîte hospitalier pour ces souvenirs d'un voyage en un pays totalement inconnu — on peut dire ainsi sans exagération — de presque tous nos compatriotes.
Je ne veux donner ici que des notions absolument générales sur rhistoire naturelle de la côte du golfe.
Il, ne faut pas s'attendre à trouver sur cette côte, constituée presque exclusivement par du sable et des rochers, une végétation comparable à celle des autres endroits du pays situés à l'ouest et aii sUd: Toutefois le botaniste y rencontrera bien des plantes intéressantes, dont plusieurs même seront pour lui des nouveautés;-^— La forêt ne présente guère que de petits arbres, appartenant presque tous aux Conifères et aux Bétulacéds.— Beaucoup de mousses de diverses espèces, et de plantes de marécages^ surtout VIris versicolor, L., que j'ai vu partout en grande abondance.
L'entomologiste n'y fera pas fortune, du moins- sous le rapport de la quantité des spécimens. Il est vrai que Tété commençait à peine quand j'ai parcouru ces régions. Les Névroptères et les Diptères m'ont paru les ordres les mieux représentés, même en faisant abstraction des moustiques qui forment là une nation extrêmement florissante. Parmi les Coléoptères, ce sont les Staphyl inides et les Silphides que j'ai rencontrés le plus fréquemment, surtout le SUpha lapponica, Herbst., que les gens appellent " bête à morue." Ils désignent aussi du même nom d'autres Coléoptères, et même un petit