‹ Le Naturaliste canadienChapitre 49 sur 142 · AU GOLFE SAINT-LAURENT · texte numérisé non relu

AU GOLFE SAINT-LAURENT

Crustacé qu'ils trouvent parfois dans leurs barques de pêche. On ne s'étcnnera pas de voir ici particulièrement les Silphides : ces insectes, vivant de matières animales en décomposi^ tîon, ont ce qu'il leur faut dans les déchets de poisson qui ne pont pas précisément rares dans un tel pays. Je n'ai rencontré presque aucun représentant des Hyménoptères et des Hémiptères, peut-être parce que la saison était encore trop peu avancée.

Sur l'ile d'Anticostî, dont je n'ai visité que l'extrémité occidentale, la flore rappelle beaucoup celle des meilleurs endroits de la Province, quoique la forêt ressemble bien à celle de la f*ôte nord. J'ai vu là, notamment,df*s Berces (Heracleum lanatxiTYiy L) de très belle venue. Il m'a paru aussi que la faune entomologiquo y est bien plus riche qu'au nord (toujours sans parler des moustiques, dont j'aurais trop à dire, si je m'y mettais, et pour cause). Ces différences s'expliquent par la nature du sol de la grande île, qui n'est pas du sable pur comme sur le nord du fleuve.

Les habitants de la mer,Cétacés,Poi8Son8, Mollusques, etc., offrent en ces endroits un vaste^champ d'étude au naturaliste ; de même les plantes marines que le flot apporte souvent au rivage ; et les multitudes d'Oiseaux de mer que l'on voit sans cesse tournoyer sur les vagues pour y faire la pêche, eux aussi, ou s'ébattre en troupes innombrables au-dessus des îlots où ils nichent, remplissant toujours les airs, même la nuit, de leurs* cris aigus, tout cela fera le bonheur de l'ornithologiste. A terre, par contre, les oiseaux chanteurs m'ont paru moins abondants que dans nos pays.

Quant aux charmes de ces grands horizons où le ciel et l'eau se confondent sans ligne précise de démarcation, de cette mer tantôt paisible comme la surface d'un beau lac, tantôt fouettée par les vents de tempête, d'une navigation toute faite d'imprévus, où l'on ne peut jamais prévoir à coup sûr quand Ton partira, ni surtout quand l'on arrivera, tout cela est pleinde saveur pour un habitant de l'intérieur des terres. Et je comprends aujourd'hui quelle est l'irréais-

tîble attraction de la Mer pour cenx qui vivent d'elle de quelque façon. Un pêcheur ou un marin qui se voient forcés de s'expatrier de Vocéan, ne seront toujours et partout que des exilés.

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