L'ÉPOQUE GLACIAIRE
(CoBtioué de la page 41>
C'est là qu'est le séjour de prétlilection de presque tous les gibiers du continent, depuis l'alouette matinale, qui affectionne le voisinage des homesteads, jusqu'au cygne superbe, cherchant dans les vastes plaines liquides la solitude qu'il lui faut, un séjour inabordable et sûr, uù les herbes gigantesques au vert pâle dérobent au chasseur intrépide la blancheur de sou plumage ; c'est là le rendez-vous favori de tous nos oiseaux aquatiques, qui y pondent et couvent plusieurs fois pendant les huit mois de séjour annuel qu'ils y font,
( Dans U« pages suivantes dé son travail, T Autear donne, dé l'époque g^aélaire, nneezplieation appuyée turle iiviede la Genèse. Ces considérations sont assurément très intéressantes ; mais comme elles nous semblent n'être qu'une digression, nous les omettons, quoique À regret, pour sauver de l'es* pace.-^££D. )
Lk Cataclysme
Après répoqne glaciaire, le règne végétal se ranima comme par enchantement^ sous Tinflueuce de la douce et bienfai- 6ante chaleur que les rayons du soleil répandaient enfin pour la première fois, sur la surface de la terre, grâce à l'atiuosphère pur qui l^enveloppait depuis la fin de cette époque.
Les plantes crurent à profusion et des espèces les plus variées (mais moins élancées que jadis), à fur et à mesure que kl sui'face du sol se découvrait du linceuel gênant ai glacé, sous lequel elle était ensevelie depuis des âges;
Les bords du grand bassin saguenayen qui avaient, eux aussi, subi le sort commun des autres contrées sous les mêmes latitudes, se couvrirent, à leur tour, de toutes les essences de bois que Ton voit encore aujourd'hui,- sur les hauteurs et dans
la vall(?e du lac Saint- Jean. Mais cette future vallée est encore ^ à 200 brasses sous les ondes salév.*s qui baignent ses rivages.
Visitons-la en imagination, cette Méditerranée disparue heureusement pour nous ; transportons-nous par la pensée sur ces rivages que nous avons déjà entrevus au commencement de cette étude, pour les contempler une dernière fois.
Venez, M. Tabbé, venez avec moi jeter un dernier regard sur le passé mystérieux de cette partie intéressante de notre }>ays. Embaïquôns-nous sur cette vaste mer dont ni barque, ni nautônier n* ont encore effleuré les ondes amères, qui vont ge confondre à l'occident avec l'horizon sans borne.
Notre vaisseau est là au bord de la falaise, au pied de» monts Sainte-^iarguerite, qui limitent à Test Tocéan saguenayen, et qui forment les plus hauts sommets de toutes les Laurentiiles.
La mer monte encore, mais le courant est nul. Nos avilons à la main, nous poussons au large. Le temps est beau et calme ; la surface de l'eau est comme une glace polie ; le ciel bleu et serein s'y mine avec éclat ; de l'hoiizon au zénith, la nature se re[)Ose.
Nous tournons le dos à ce haut rivage qui borde à l'orient la mer intérieure du Saj/uenay. Ces montagnes aux contours harmonieux, couvertes de forêts d'un vert sombre, s'estompent davantage au lever du soleil, que nous ne voyons pas encore, mais dont les feux naissants dorent déjà les sommets des hauteurs.
Au détour d'une longue pointe nous traversons une baie ]>rofonde boi dëe de prairies qui s'avancent à une bonne distance du rivage. Des légions d'oiseaux a<]uatique.s des Cygnes, des Outardes, des Canard.** de toutes les variétés y prennent leur repas du matin ; ils nagent en iamillu, s'élèvent à fleur d'eau ou dans les airs, sans s'inquiéter de nous; ils se séparent en deux rangs pour laisser un passage libre à notie embarcation, qui file toujours vers l'ouest, poussée par le jeu de nos avirons.
Le concert qui s'élève en notes variées de cette troupe immense ne saurait être imaginé, ni imité. Les huards^ plus au lar-