‹ Le Naturaliste canadienChapitre 61 sur 142 · LE SUISSE · texte numérisé non relu

LE SUISSE

dis soudain à quelques pas plus loin son petit ci i aigu — triomphant, cette fois^mêlé d'une certaine iptonation moqueuse ! — C'en était trop ! je bouchai les deux trous et j^attendis non sans satisfaction, car je croyais l'avoir emprisonné ppur toujours ! J'attendis et— étonneinent des étonneipenta— , au boni de quelque temps, je vis. mon suisse sortir, de terre, non loin de là, par un autre trou qu'il s'était creusé de ses, griffes pointues !

Ah ! il est vaillant, le petit siiisse. ! S'il s'enfuit devant l'homme, il lui arrive souvent de tenir: tête ai; chat, au çJûen, même au blaireau, son plus cruel ennemi ! Katuirelliement, presque toujou;rs, la raison <jiu plus fort est la meilleure, mais le suisse ne meurt poiut sans défense !.. . Travailleuri il l^est^ sans doute et pl,us d'un, qui le voit flâner à ti^ayers c^hamp,. se trompera en croyant que le beau sçleili et r^ipour 4u dolpe farniente seuls l'y amènent ! Car c'est dans Qbs çxcursions ^ombreuses et sans cesse reaouvelées, que le" pi^n V se r^piftsse, pour lui et pNOur sa nomb^C^use famUîe, le^ proyidions, 4'nn hiver toujours long et ri|goureux ! paqs rep4roit le plus rçtiri de sa galerie souterraine» il dépose son butin et c'çst là quei d^ns les jours de. neige çt det g:e], la. famille entièrfs^ apr^a un. bon somme, trouver^^ de quoi apaiser sa &im l

Mais c'ost là aussi que le blaii*^au sait trouver le suisse ; il connîat sa manière de vivre, il ifiiti qu'iiu Ibnd de la maison du petit écureuil, il trouvei:a fiu pafp et 4^ ^ viande, et incontinent, de ses grosses pattes terriblement armées, il se met à gratter la terre jusqu'à ce qu'il açfive an gîte : l'entrée de la chambre à coucher du suisse est impitoyablement violée et après une lutte acharnée, mais courte,, la famille entière passe dans Testomao du blaireau, qui met à »acaui3si les nombreuses provisions!

4^1 1 ce u'est certes pas la mort que le 8u:sse avait rêvée 1

Dans un beau rayon de soleil, qu'il aime tant, il aurait voulu s'éteindre, le long d'une touffe d'herbes vertes, ruisselantes de ' rosée ! Le gazouillement des oiseaux, cachés dans les branches, aurait, pour la dernière fois, retenti à ses oreilles encore attentives, tandis que la mort serait venue, douce et sans secousses, le faire passer dans un monde meilleur, loin des blaireaux aux griffes puissantes, loin des chats hypocrites, des chiens énormes et des hommes trompeurs !

Pauvre suisse ! Et comme si ce n'était assez de toutes ces misères^d'autres choses plus terribles encore viennent troubler sa quiétude ! Les journaux agricoles ont découverfc que le " pisân " osait souvent, dans les champs de blé, commettre des maraudages sans nôtnbre I Les ministres d'agriculture ont répété les cris d'alarme des journalistes en quête de la médaille du Mérite agricole ; et les municipalités rurales — farouches gardiennes des terres et des cultures — ont délivré à tous les fermiers des bouteilles remplies de poison !

De par la loi, on fait au suisse une guerre atroce : le poison est jeté partout; et le pauvre écureuil, qui se croit au milieu des plus grandes délices, boit et mange sa mort ! Le brin d'herbe dont il suce les gouttes de rosée pour étancher sa soif, le jeune blé tendre qu'il mange pour apaiser sa faim, tout pour lui est poison ; et bientôt on le voit, se traînant à peine, venir mourir, étendu sur le dos, les pattes en Tair, dans le sentier d'ans lequel peu de temps auparavant il trottinait gaîment î (*)

La mort seule est capable de lui faire expier ses forfaits I Et, en toute conscience, le suisse souvent mérite la mort, car il n'est point d'ennemi plus terrible pour les cultures. Il se

{*) Le Suisse, Tamta quadrivittataf Lesi., ne paraît causer aucun dommage sérieux dans nos campagnes de la Province de Québec ; aussi ce n'est pas notre Code dont 11. Tielemans signale les rigueurs à l'égard du charmant petit quadrupède.— Héd.

LES DERNIÈRES DESCRIPTIONS DE L'A.BBÉ PROVANCHER 129

rnultiplie tellement' vitç que,9ans la guerre acharnée qu'on lui fait, il serait bientôt une calamité pour la réo[ion qu'il habité ! C'est la onzième plaie d'E;^ypte ; comme le cheval d'Attila, le terrible roi des Huns, partout où il passe, rherbe ne repousse plus ! . . . .

Et pourtant, il wt si joli, avec ses yeux luisants, son doux: pelage barré, sa queue en panache dont il ombrage sa tête fine ! J'aime tant l'agilité de ses mouvements, la finesse et l'intelligence de ses petits yeux de feu, la grâce sans rivale de ses bonds et de ses poses ! Qiand, posté sur ses pattes de derrière, sur un tas de branches, dans le bois où le printemps met sa verdure et ses parfuma, il me regarde fixement: il me rappelle— doux souvenir de mon enfance blonde — le gentil écureuil que m'avait apporté mon père et qui mourut si vite dans la superbe cage multicolore, malgré le bout de

branche qui devait lui rappeler la forêt natale !

Henri Tielemans.

tES DERNIERES OESCRlPTiOSS DE L'ABBE PROYANCHER

ORDEE DES HYMÉNOPTÈRES

[Continué de la page 112]

Fam. XYL—LARRID^

I^arre A pieds rousc. Larra rufipes, n. sp.

Ç — Long. .42 pce. Noire avec Tabdomen roux,la tête et le tjiorax avec efflorescence argentée. La face argentée, le chaperon poli, brillant, peu ponctué, marginé d'une ligne rousse en avant ; mandibules rousses, excepté à l'extrémité ; le scape ^ussi taché de roux en dessous. Thorax très finement ponc* tué, le métathorax avec poils blancs sur ses côtés et près de l'insertion de l'abdomen. Ecailles alaires testacées. Ailes

1^^ UlVAiniUUSTlLCi^^iSK.

fayalinas, . à neiviMres bruises. Pattes rou|wiÇ8^^tars6ft antén*^uraf frangés de long^ poils rou}( et raides^ 1^ hfti\jQ}^es ; le» 4 cuisses . aoténeure^amcee l'extrémité: des taraes,|ao^ir.Qarl:^rua fp^çé ; les,

cuisses ûutefmédiaiiea plus qumpiaarQqas^9\eQ,4^l|^^^ men conique, roux sans aucune tache» les S segmej)$!i. l^§ilf^i?.. rea avea une.oeiQtura apiccje.glus au xaoins ^rgj^Qte^,; Je> terminai triangulaire, (^léoé.sur.ses côtéa.;,to#r#.di9|;i^i^^^rojis^ B^i^hoB Angeles (Coquill^tt).

BeUe espaça Ufa. distipqte pan se^i^l^^tâ^u*.. (^ &I visi 4iaiMppiifli|i|k^é Itigti^ifniit^ificfh ^ 9Pi. <?— licmgj. ,56 pc^ï. Hoir©; tapbéo de, jf^iç^; tj^tç^. 1% fece,, l'extrém^deaimaiidibulBa exceptée, 1» Wl, de»^ %»it^i|pea- e^, deseoiiii^ le. scape entiècexaant,: une giande , t^iikj^ 9Q> cppii^^^t: Bvat l^ifrntm^lm jatie6„ k p^liQcax,» lM4^^^J9 ^fM^ e^é^ 2 fiachfeeauMieesoitôi.une^graiide} taohft snr^ ]^,d^]M%.(pi|k^^ lignes BUT la dos du méaotfaoraJC, lei^ 2 îi«bâiri.e»]C^;9'i»pf i!iM)ba&^< de l'iSeusBOiirixiiotaGha sur Técusson disjointe au milieu» une petite ligne oblique de chaque côté en avant, le post-écusson avec une ligne sur les angles du métathorax e£ une grande tache su k« c^tés kyh base» jauw. Aile« ^nfui$t^«i^i^t^ FiB|-, tes jaunes avec les trochantins^le dessus des hanches et' la basé des cuisses,noir. Abdoman^ fortemeot ^nctué excepté à l'extrémité, les sutures noires et fortement enfoncées» celle à la suite du 1er segment pla^ i<^t^9ieut ^u^ le» f^tres» la base de celui-ci noir» tout le reste jaune. — Los Angeles (Coquil* lett).(*)

lilris ragi|eiise« L%ri9 fy^cf^ % sp.

c7 — Long. .50 pce. Noire» tachée de jaune» ponctuée-rugueuse très densément sur le vertex et Wthorai» moins pressées sur rabdomen, la &ce entièrement» la base des àx^hnes^ une taehe en arrière des yeux» le prothorax» les écailles alàîres^ les tubercules avec une tache en arrière, le post^ousson» jaune dtron; les mandibules noires portant à leur base une lôuflb de poils rousafttres; La base du métathorax avec poiis blanes.

*ÀilèsliJ^a1înWjâiltiâtterttteC'lê8 nôtvnms brnn'jauYlïta'e, le àtîgtiia' japë,'1a lè^ ôûbîtàîe ' aus&f lorigtte que les''2 -^atttjres féum^s. /^atleé jliai^^ àVéc^ ieskâtiôhéa nbiïes,' les cuisses à* la ba^ ' roiîssktrés, quelquefois taeliéésMe'tioîr. abdomen avec unf! banâe jaune très fbrtemeht poiicttiëe au^ tous' les es^gmelïtjs, ne laissknt iijue les sutures et Ilbs marges noires ;^dôS8ôUs nc)it.— Lp3 A^^eîes (Coquihe '{^)

, A pairt la 6runn#ipf9i que Cresson donne commeMotiteu- «e» ce «ont Wdeaiç premières espèces américaines cL^ctites.

'^Nbs eempHlB€^to et;b<MifiHsoiihÀitS' à* nofarev fi02i£fière.«de -€hieéatiiiû^ «{tti Tt^t 4'^ntiter danss&de.mtmée. .>Q^ jourjsu^l 'rend d4]!;raéd^^8èr^icl8S à^la<régi<ia ^u 39^eK|fl^|.^p«r «Ja .£a-

^Aifitéllîgeiite^eint<iLjié>ltt9i0^ en^^sette;' partie ^u^^p^ys, J^s rintéràts de Ki^Hcul^re'.eto eif pfuNîii(>aher de lUodafiède^lA^

re.

minjim&uÀP&m

Nous accusons réception, i^vec' rëcanitaîssance^^ des^*oa« ""^ti^ges^sulvaftils :

— Omiéon fwnibre du GU de Frchitenuc; prontmeée • à iQfù^c |>aFle P^/ OL'Qoyei* erf Te98 pSibliée pouirla^remière fois en son entier. Les bibliophiles sauront, gré' à M.' P.-O, ^* tEby,l)irêcÉBlil? dxkSuUetiTi des tée^rch^î histdriquésl de cette intéressante .publication,

—MycdU^détakdUt^ ArtlniFfimeà; Québec,

ïfes! Beilk briftillUrtf dé 52 ^àges^'qUî Côàtîent^' l'hJstétrqne et la description des points les plus intéressants de la ^Mata* pédia, récemment ouverte À la colonisation. Bon nombre de photogravures viennent au secours du texte ; et le texte,c'est ^aé^Mès T'^eët||ttf)ièst^biifri^'^flÉeeiSïaire.

. -^Pour.la Patrie, roman du XXe siècle, par J.-P..Tardivel, Directeur de la Vérité, Montréal, 1895. La partie typographique de ce volume fait vraiment honneur à la maison .Caçlieux & Derome, qui Ta édité. Que dire de l'ouvrage luimême, avec le peu d'espace dont nous pouvons disposer ici. . . Livre d'une lecture très attachante ; livre si catholique et si canadien-français ; livre qu'il importe de répandre à profusion, à cause du bien qu'il fera, en particulier parmi la jeunesse instruite. Nous engageons instamment nos lecteurs à le demander à Cadieux & Derome, Montréal (80 cts franco).

— Le fort et le château SatTii-iouis, par Ernest Gagnon» Québec, 1895. Que de noms propres, de dates et de citations il y a là ! Cela signifie que ce beau volume a coûté beaucoup à son auteur, mais non que 1h lecture en est aride ; au contraire ^ M. Gagnon est à la fois l'un des plus érudits de nos compatriotes, et l'un de nos lettrés les plus délicats et les plus spirituels. — Ajoutons que,sans en avoir rair,son ouvrage est, en réalité, une histoire du Canada. Nous ne nous en plaignons certes pas.

— Bulletin ofih& Geological Institution of the University of Upscda (Suède), Vol. II, Part 1, 1894, No 3.

— Proceedings of the Academy of Natural Seiencss of Philadelphia, part I, 1895.

— Proceedings of the California Academy of Sciences, Vol. IV, part 2, 1895. ' . ^ '

— Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, 5e sérip, Tome VI, 1893.

— Missouri Botanical Gardeti, sixth Annual Report,

— Agrimiltural Investigations at Rothamsted, England, during a period of fifty years, U. S. Dept of Agric, .1396. . ^

l^'Nous n'avons pu recevoir à temps la chronique si;r la PHOTOORAPHIE, destinée à ce numéro. . Au mois prochairt 1

le:

VOL. XXII (yOl'. II DE LA DEUXIEME SERIE) No 9

CMcoutimi' Septembre 1895 Eédaoteur-Prftpriétaire : l'abbé V.A. HUARD

L'ABBE PROVANCHER

; [Con*inué de la page 120]

" Mais de même qu'on peut élever des aumailles, dresser et conduire des bêtes de somme, etc., sans être naturaliste ; de même aussi on peut faire croître des céréales, fabriquer dés toiles, planter des vergers, etc., sans être botaniste. La Botanique (ionc ne consiste pas tant dans la connaissance qu'on peut avoir des avantages qu'on peut retirer de telle ou telle plante en particulier, que dans la connaissance des lois qui régissent les plantes en général, dans le but de pouvoir se rendre compte de leur organisation, et de leur trouver de nouvelles applications, ou, du moins, de perfectionner et de rendre plus profitables les applications qu'on est habitué à en faire, La Botanique est donc tout à la fois une science d'utilité et d'agrément. D'utilité, en ce que nous appliquons ses connaissances aux ressources directes que nous offrent les plantes pour les divers besoins de la vie. D'agrément, en ce que nous renfermant dans les bornes de la science même, abstraction faite de toute application, nous recherchons les lois posées par l'Eternel à la vie des végétaux, nous admirons sa sagesse, sa puissance, sa providence, qui ne sont pas moins grandes dans l'organisation d'un brin de mousse ou d'une tête de champignon que dans l'ensemble des lois qui régissent ces globes lumineux, ces autres mondes qui se promènent dans Tespacô au-dessus de nos têtes, et dont l'astronome sait dicter le mouvement et prédire les révolutions.

" Nous venons de dire que le goût pour l'étude des sciences naturelles- se manifeste de plus en plus dans notre pays. Ce serait méconnaître l'avenir de notre jeune patrie et lui re-

18— Septembre 1895.

trancher des sources de prospérité et de grandeur, cpie de ne pas favoriser ce penchant pour l'étude d'une branche des connaissances humaines trop peu encouragée jusqu'à présent dans nos maisons d'éducation, même dans celles de la première (îlasse. Et nul doute que la manifestation de ce nouveau penchant ne vient que de ce que quelques personnes se sont déjà appliquées à faire ressortir ce vide dans nos cours d'études, et de ce que aussi la population, l'aisance, la richesse se multipliant dans notre pays, invitent un plus grand nombre de personnes à s'occuper d'étudas qui ne tendent pas directement ou nécessairement à assurer l'existence de ceux qui s'y consacrent.

"Nous croyons donc remplir une lacune dans la bibliographie de notre pays en offrant au public le présent traité.L'élève du collège, (ieJ'école noimale, l'instituteur et l'amateur y trouveront dans un résumé de quelques pages seuLiment les principes d'une science infiiûment aitrayaute sous biep des rapports, et qui devra bientôt, si le moment n'en est pas encore arrivé, faire partie de toute bonne éducation. Nos voisins de l'Union Américaine nous ont déjà devancés dans l'étude de cette science, et ils en poursuivent le cours à pas de géants. C'est à tel point que des traités élémentaires de Botanique, tirés jusqu'à 10,000 exemplaires, se sont rendus en moins de douze ans, jusqu'à leur quarantième édition. La science qui a immortalisé les Linné, les Tournufort, les Jussieu, les De Oandolle, les Eichaid, les LindL-y, etc,, a déjà trouvé, nous le savons, grand nombre d'admirateurs dans notre pays ; mais l'étude en était difficile. Les rares traités qu'on en importait; de temps à auties n'étaient pas destinés à des persounes qui n'avaient pas eu l'avantage de recueillir les rudiments de cette science de la bouche d'un maître, et les exemples qu'on y cilait pour faciliter l'intelligence des précaptes, étaient le plus souvent choisis parmi des plantes que nous ne possédons pas, ou que du moins nous ne savons pas eucore assez distinguer. Nous nous sommes donc efforcé de parer à tous ces inconvénients. L'amateur, sans autre guide que notre traité à la main, se rendra compte sans peine de la description de toute plante quelconque et pourra s'initier lui-même à îa connaissance de toutes les lois qui régissent la vie des végétaux. Dos gravures exécutées avec précision lui faciliteront Tintelligence du texte, et les exemples citéo auront toujours rapport aux plantes les plus communes et le>: mieux connues.

"La langue botanique est un sérieux obstacle à l'étude

L'ABBÉ PROVANCHER 135

do cette science pour ceux qui n'ont aucune connaissance de la lant^ue grecque ou latine ; dans le but d'obvier autant que possible h cet obstacle, nous avons indiqué entre parenthèses les racines d'où dérive chaque mot technique, chaque fois que nous l'avons employé ])0ur la première fois. Comme ces racines ne sont pas très nombreuses, et sont souvent répétées, le lecteur en les remarquant bien dès les premières fois pourra en uèa peu de temps se les rendre familières. Les noms de nombre gi'ecs avec cinq ou six prépositions des plus usitées en forment presque tout le fond.

" Peu de pays, pensons-nous, sont aussi pauvres que le Canada en fait de connaissances en Botanique. C'est à tel pi>int que les personnes même les plus instruites ignorent jusqu'aux noms des plantes les plus communes, de cell^s que nous ne pouvons nous einpêcher de fouler aux pieds en fesant seulement un pas dans la cam[>agne. Beaucoup de ces plantes n'ont pa:i même de nom vulgaire. Le Gouet, (Arum)^ l'Erithrone, le Gaillet, (Galium), la Berce, {Heracleum), la Benoîte, (Geam), le Pigamon, (Thalictram), etc.,sont de ce nombre. Sans doute qu'on ne s'attend pas à pouvoir trouver les noms de toutes les plantes qu'on pourra rencontrer au moyen du présent traité, car autre chose est un recueil de préceptes de Botanique, et autre chose une- flore ou catalogue descriptif des plantes. Mais eût-on entre les mains là flore la plus complète, si on ne possède pas bien les principes de la science, ou ne pourra jamais reconnaître les plantes qui y seront décrites. Qu'on commence donc par se mettre bien au fait des préceptes de la Botanique et alors au moyen d'une flore on pouria trouver les noms de toutes les plantes qu'on pourra rencontrer ; les caractères particuliers qui les distinguent, et les clefs analytiques qu'on a imaginées, permettent de les identifier facilement.

" Si nos occupations nous permettaient de consacrer plus de temps à l'élude que nous avons entreprise des plantes de notre pays, peut-être pourrions-nous assez prochainement publier le résultat de nos recherches en jetant les bases d'une Flore Canadienne.

" Nous estimerons toutefois heureux si en livrant au public aujourd'hui le résultat de nos éiudes favorites, nous parvenons à faire partager notre go fit, par la jeunesse de notre pays, pour une science à laquelle la médecine, l'industrie et les arts en général sont si redevables, et qu'on

ne peut étudier sans se sentir porté à chaque instant à admirer et à remercier cette provivlence infinie qui n'accorde pas une moindre attention à la reproduction du plus petit être organisé, qu'à la conservation de ces milliers de mondes qu'elle a créés d'un mot.

St. Joachim, Septembre, 1858. ''

{A suivre) V.-A. H.

II ne reste plus guère que le Naturaliste et les revues j

de piété qui n'ont pas parlé du Serpent de mer. Pour une foist, I

faisons trêve à la a^ravité scientifique que Ton doit remar- '

quer en uiie vieille Revue comme la nôtre, et parlons du Serpent de mer. I

Avant de présenter à nos lecteurs le spécimen encore |

"inédit" qui se promena un jour dans le bas Saint- Laurent, I

faisons un peu Thistorique de la question. Qaand un sujet touche à l'histoire par quelque côté, il est souvent utile de rechercher si les annales du passé n'ont pas quelque lumière à projeter sur le présent. C'est tout à fait le cas pour la matière dont nous entreprenons l'étude.

Il ne paraît pas que les naturalistes de l'antiquité, ni ceux du moyen âge, ni ceux de l'âge moderne, a^ant le siècle où nous sommes, aient connu le Serpent de mer. 11 était réservé à nos contemporains de le découvrir ; et ce fut un journal de Paris, le Constitutionnel, qui le fit connaître à- son public en 1843. L'invention fit fortune ; beaucoup de gens, qui ne trouvent jamais les miracles assez prouvés, furent sans peine convaincus de l'existence du fameux animal, et dès lors on se mit à rencontrer des Serpents de mer un peu partout. * Ce fut une précieuse r^^ssource pour les chroniqueurs des journaux, qui ne se firent pas faute d'exploiter la veine. Tout poisson de grande taille, dont on ignorait fe nom. devint un Serpent de mer ; et, on avant la chronique ! Si la confession

publique était obligatoire, nous devrions nous-même avouer que nous avons sur la conscience certaine peccadille de cette sorte, à propos d'un Cétacé quelconque qui s'était aventuré jusqu'à la Baie des Ha I Ha ! il y a déjà nombre d'années, et qui nous fournit la matière d'un article de rédaction assez peu scientifique. Il est sûr que beaucoup de ces histoires de Serpent de mer ne valent pas davantage.

Nous avons eu l'idée de compulser nos Scrap-Books scientifiques, qui renferment tout ce que nous avons trouvé, en fait de science, sur les journaux, depuis 1861 jusqu'à 1895, et de rechercher à quelle époque la " maladie " du Serpent de mer a commeLcé à prendre, dans notre presse, les alarman* tes proportions qu'elle a aujourd'hui.

Voici le résultat de cette enquête.

D'abord, de 1861 à 1880, nous ne trouvons absolument aucune mention du fameux Serpent. Il est vrai que durant " ce laps de temps nous n'avions qu'un petit nombre de journaux à notre disposition, pour la confection de nos Scrap- Books. Cela indiqu3 bien tout de même qu'on ne parlait guère, à cette époque, du monstre marin.

1880 — Le premier Serpent de mèr que nous trouvons mentionné est un fossile. Le Canadien du 21 septembre 1880 en parle d'après les journaux anglais, à ce qu'il dit.

" On a souvent parlé du serpent de mer ; mais, malgré tout ce que rou a publié au sujet de ce monstre, bien des gens doutent de son existence. Néanmoins, ceux qui connaissent le mieux le passé de notre planète sont peut-être plus enclins que les autres à croire à rexistence de ce géant des mers. Ils reconnaissent qu'il est probable qu'un grand sarpent habite actuellement nos océans, où il est le dernier représentant de lu période crétacée ou de quelque autre période moins ancienfie.

"Il est certain qu'il a existé a«itr^foiâ des serpents de mer gigantesques, et le fait est prouvé par la récente découverte â\x professeur Mudge, qui a trouvé ces serpents à l'état de

fossiles dans les couches de sable du Kansas et du Colorado, et les a fait déposer au Musée d'histoire naturelle de New- York Les plus grands serpents fossiles ont été découverts

près de Canon City dans le Colorado, et les os des vertèbres qui se sont conservés prouvent qu'un (de ces) animaux devait atteindre une longueur de deux cents pieds. Eu traversant un jour à cheval les mauvaises terres du Colorado, M. Mudge ne découvrit pas moins de dix squelettes gigantesques qui blanchissaient dans ces plaines/'

Eh bien ! qu'en dit-on ? La preuve est-elle assez forte ? Puisque le Serpent de mer a existé dans les âges précédant le nôtre, pourquoi n'existerait-il plus aujourd'hui ? — D'autre part, si nous n'avons affaire ici qu'à un fumiste, il a remporté la palme du genre, et son " record " n'a pas été battu^depuis, où l'on a rien inventé d'aussi original. En tout cas, puisque ces fossiles ont été déposés au Musée d'histoire naturelle de New- York, ils doivent s'y trouver encore. Beaucoup de nos gens vont se promener à New- York, chaque année, et quelqu'un devrait bien prendre la peine d'aller voir à ce Musée si les fossiles intéressant», découverts par M. Mudge, s'y trouvent vraiment.

1881 — C'est encore le Canadien qui nous fournit une nouvelle contribution à l'histoire du Serpent de mer. En son numéro du 1er avçil, on nous y raconte qu'un capitaine de goélette a v^u dans le fleuve Saint-Laurent, entre la Malbaie et Karaouraska, un énorme poisson qui ^'paraissait avoir cinquante pieds de long, avec une tête semblable à celle d'un requin et de longues arêtes sur le dos." On ne dit pas formellement, il est vrai, que c'est le Serpent de mer ; mais il n'importe ; la chose paraît assez. Le 2 avril, le journal constate l'intérêt que le Chronicle a pris à la question, et classe le monstre dont il a parlé dans la famille des "poissons d*avril ! Le 4, il enregistre, pour l'histoire, que le Nouvelliste, Y Evénement, le Courrier de Montréal et le Daily Telegraph ont donné dans le piège. — Infligeons ici un blâme solennel à la mémoire du Canadien, qui osa faire de la fantaisie dans un

si grave sujet. Le journal est décédé, depuis cette époque. Il ne Ta pas volé. On ne se moque pas impunément de la Science.

— Le Quotidien du 9 août cite le' Moniteur acadien. Sur terre, près du Cap Pelé, deux hommes rencontrent un serpent noir, de 15 à 18 pieds de longueur, gros eo nme un tuyau de poêle ; "la gueule béante laissait sortir deux dards d'environ six pouces de longueur. " Brrr! "On suppose (ajoute-t on avec beaucoup d'à-propos) que ce monstre séjourne habituellement dans un petit lac situé tout près, et d'où Ton entend la nuit un bruit singulier qu'on ne savait à quoi attribuer avant la découverte que nous venons de relater." Cet amphibie n'est pas encore tout à fait le Serpent de mer ; il y a une nuance, puisqu'il habiterait l'eau douce. Concilions tous les intérêts en disant que c'est un Serpent de lac, une variété de l'espèce principale.

— Voici qu'il n'y a plus à rire. Quand on décrit un objet, c'est que cet objet existe, n'est-ce pas ? C'est élémentaire. Eh bien, la VéHté du 3 novembre 1881 reproduisait, sous le titre : "Est-ce un cannrJ ?" la description d'un Serpent de mer, " vu et dessiné par M. C. Renard, de Paris, correspondant du Monde illiuitré, à bord du steamer The Bon " :

" Le monstre paraît mesurer entre quarante et cinquante mètres de la tête à la queue, autant que ses nombreux replis peuvent permettre une appréciation approximative. Le corps semble couvert, à partir de l'épine dorsale jusqu'à miventre, de pi nsi»'Urs rangées d'écaillés ou de peau rugu<^use comme cel'edes requinis, mais cependant formant des écailles par couches superposées. Le dos est très foncé et va en teintes dégradées jusqu'au ventre, qui est d'un gris sale. Tout le corps est strié de bandes transversales alternées, vert foncé, marron et gris ; la queue semble s'amincir en lance, comme celle des anguilles.

" La tête n'est pas ovale et légèrement pointue, comme dans la plupart des serpents ; elle forme au crâne une grosse masse à contours rugueux et irréguliers. A partir de l'occiput, elle est garnie d'uAe crête rigide, mobile, et dont les pointes paraissent très tiçérées ; cette crête peut se coucher sur la nuque et le cou, de manière à devenir invisible. La

mâchoire inférieure avance ; lapartie supérieure se recourbe, au bout, sur elle-même, et elle est garnie d'une cavité sombre ; on dirait une narine ; la partie inférieure plus pointue, présente au-dessous des lignes concaves et convexes, indiquées comme poches, pour la déglutition, sans doute. Les dents sont pointues, énormes et très blanches. Du fond de la gorge, et d'une espèce de bourrelet, émerge une langue rigide, pointue, garnie de ventouses apparentes et jetant des reflets à la fois bleutés comme Tacier et phosphorescents comme la mer à certaines heures ; Tœil est rond, très lumineux, très mobile, et parait doué de la faculté de voir en arrière, tant les évolutions de l'animal sont rapides et bien combinées ; l'orbite est entouré d'un cercle plus clair et semble abrité sous une arcade sourcilière garnie de poils ou de piquants.

" La face, depuis le mufle jusqu'au cou, présente une ligne latérale oblique, grise, sur laquelle viennent se greffer de chaque côté trois autres lignes semblables.

" Le déplacement de l'animal, dans l'eau, ne semble produire aucun bruit, mais un rem jus ondulé, suivi d'un léger clapotement.

"11 rend une odeur d'une fétidité telle, que c'està en être malade ;" etc.

Remettons à un prochain numéro la suite de cette enquête, qui prend des proportions que nous ne prévoyions pas.

(A awivre)

OEDEE DES HYMÉNOPTÈEES

(Continué de la page 131)

Fam. XYU.—NYSSONID^

Oory tes taché. Oorytea maculatua, n. sp.

$ — Long. 30 pee* Noir, densément ponctué; le vertex entièrement noir, le chaperon, 2 courtes lignes orbitales au-dessus.

le labre, les mandibules exceptas à rextrémité, le scape avec 4 ou 5 articles des antennes en dessous, le collier, les tubercules, une tache en arrière, une autre en dessus à l'insertion des ailes, une ligne sur Técusson, une tache sur les angles du metathorax, jaune-citron. Ailes hyalines avec une tache brune couvrant la radiale. Pattes jaunes, les hanches, excepté une petite tache en dehors, la base des cuisses avec l'extrémité des jambes et des tarses postérieurs, noir. Le dos du métathorax fortement strié, les parties à la suite grossièrement ponctuées. Abdomen avec une bande jaune au sommet de tous les segments excepté le terminal, ces bandes élargies sur les côtés. — Los Angeles (Coquillett). (*)

Hoplite étroit. Hopliaus angustus, n. sp.

? — Long. .85 pce. Noir avec taches jaunes. Le chaperon, les mandibules excepté à l'extrémité, une tache au milieu au-dessus du chaperon, les côtés de la face jusqu'au-dessus des antennes, le scape de celles-ci, le collier, lea tubercules, une tache en arrière le post-écusson, une tache sur les bords du métathorax, avec les pattes et une bandé au sommet de tous les jgegments abdominaux, excepté le dernier, jaune ; écailles alaires testacées avec une petite^ tache jaune en avani et une autre en dedans. Métathorax sillonné lungitudinalement dans l'espace renfermé et lisse en dehors. Ailes hyalines jaunâtres, les nervures brunes, le stigma jaune. Pattes jaunes, les hanches, excepté au sommet, une ligne en dessus des cuisses avec les jambes postérieures excepté en dessous, noir ; l'extrémité des tarses postérieurs aussi noire. Abdomon cylindrique, allongé, étroit, la bande jaune des trois segments basilaires plus ou moins échancrée au milieu antérieurement. — Los Angeles (Coquillett). (*)

Fam. XYIIL—CRABRONID^

Anacrabro resserre. ATiacrabro constrictus, n.sp.

$ — Long. .15 pce. Noir, le chaperon avec un duvet argenté^ les mandibules blanches, la tête plus large que le tho-

(*) Type au Musée du Parlement, Québec.

19— Septembre 189S.

142 LE NATURALTSTE CANADIEN

rax, légèrement rétrécie en arrière. Le mdtathorax avec nn petit sillon au milieu. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, noir ; la 1ère cellule discoïdale plus courte que la 2e. Pattes noires avec les genoux, les jambes antérieures, la base des postérieures et les tarses pâles. Abdomen brièvement pédicule, déprimé, ovalaire, étranglé aux sutures, son extrémité brusquement atténuée et rabattue. — Los Angeles (Coquillett). (*)

Espèce bien remarquable par son abdomen resserré aux sutures.

Atiacrabro lisse. Anacrabro lœvis, n. sp.

? — Long. .10 pce. Noir poli, lisse, les mandibules blanches avec l'extrémité noire, le chaperon avec une proéminence globuleuse nue, noire au milieu, ses côtés avec duvet argent é. Thora? sans aucune tache, le métathorax avec un petit sillon sur le dos. Ailes hyalines ; les nervures et le stigma, noir ; les écailles alaires aussi noires. Pattes noires avec les tarses pâles. Abdomen sessile, poli, brillant, convexe, à peine resserré aux sutures, terminé en pointe droite. — Los Angeles (Coquillett).(*)

Bien distinct du précédent par sa plus petite taille et la forme de son abdomen.

L'ABBE PROVANCHER

La dernière livraison (No. 7) de Y Entoviological News^ de Philadelphie, contient un excellent portrait demi-ton de Tabbé Provaneher, et l'accompagne d'une sympathique notice biographique, que nous reproduisons ici avec plaisir. (TEADUCTION)

" Feu l'abbé Provaneher, dont nous sommes heureux de présenter le portrait à nos lecteurs, en cette livraison, naquit en 1820 à Bécancour, Québec. Son principal ouvrage d'entomologie est la " Faune entomologique du Canada'', en tn is volumes, traitant des Coléoptères, Orthoptères, Névroptèrep, Hyménoptères et Hémiptères. Cet ouvrage, commencé eu 1874,

(*) Type au Musée du Pdilement, Québec.

Page 1