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LA NEIGE ROUGE

perturbations qu'un pareil événement pourrait causer

dans notre atmosphère politique.

Qui n'a pas remarqué quelquefois cette coloration

verte qui recouvre des parties de clôture, des pierres,

des troncs d'arbre, etc.Jorsque ces objets sont à l'humidité et à l'abri des rayons solaires ?

Eh bien, qu'on suppose que c'est rouge au lieu d'être vert,

Fig. 1 — La neige rouge vue au microscope. [*] et Voii a l'appa-

rence que présente la neige rouge. Maintenant, si vous êtes muni d'un fort microscope (il faudrait toujours avoir un microscope dans sa poche, pour contrôler les apparences des choses), et que vous examiniez cette substance à l'aide de la lentille, vous verrez ce que représente la vignette ci-jointe.

Ordinairement, cette coloration de la neige est due à une plante cryptogamique de taille fort petite, VUredoniva- Zi8,Bauer ; plus rarement, à des algues, nullement gigantesques non plus, comme VHemaiococc tus nivalis, ou encore aux œufs d'infusoires, qui ont le nom de Pkilodina roseola.

Il ne semble pas que jusqu'à présent on ait observé ce phénomène ailleurs que dans les Alpes et les régions arctiques. Mais tout est possible, même en Canada, sous des circonstances favorables ; et peut-être, quelque matin d'hiver, on ne verra partout que du ronge. Le phénomène durera plus ou moins longtemps, selon le bon plaisir du soleil et les tendances, ascendantes ou descendantes, du thermomètre

LA DIPHTERINE LACERTE

La diphtérie est une maladie bien redoutable, et il n'y a pas beaucoup de

(*) Nous sommes redevable, pour la communication du cliché de cette gravure, k l'obligeance de M. Ch3 W. Smiley, rédacteur du MicroacopCt Washington, D. C.

14 LE NATLTcALISTE CANADIEN

faiTiillft> où elU^ n'iiit ex.^rcé q'ielque rava-j^e. A u>si qirind on annonça de Pari*-', il y a (jUt^lnuBS mois, l:i découverte d'un tr.iit:r.ne'it qni donniit de sérieux moyens do lutte contre le t«'rrib e mal, ce fjt nns véritable joie dans tout le monde civiiisé, où la n')uvelie se ré.jandit av M' la r.ipiiité de l'éclair. Déjà, na ])o\i j)artoiit, le f.tmcux remède a suive dos victimes de la maltdie, et Ton orjiani-i<'. en bien di*s endroits <los établis^emoats p jur la production da sérum anti- <liphtérique. Le Dr Roux, (^ui a doiuié co bieafiitau genre humiia, voit déjà son nom entouré d'une auréole de p:loire.

Pendant qu'en décembre dernier nous suivions avec grand intéiét tout ce que le télé.îraphe et le3 journaux nous disiieut de la sérumtliérapie,voJà que le jMonitt'ur no'is arrive un jour avec une lettre du Dr N. Lacerte, de Levis, qui, tout vn rendant hommage à la métiiode du Dr Roux, revendique pour un traileiuent de sa propr;^ invention des résul ats beauco'ip plus complets. La sérumthérapio. en eÔ'et. di.niiiic la mortalité d'en vi'-ou dO pour c^nt à 26 pour <*>'nt, tandis que la Dlphtérine I^acerte la réd'.îit à 5 pour cent : sur 200 castraités à Levis pur ce remède, un seul n'a pas été îxuéri. Il y a quinze ans que ce médecin gué'. il ain.-i la terrible maladie, et personue no le savait I

I^a presse universelle s'occupe de la sérumthérapie, depuis trois mois que ce nouveau traitement est déctouverl , les gouvernements, les Cités, les pirticulici.^ n'épargnent aucune dépense pour la dilï\ision de ce traitement, qui ne guér't pourt:int que le quart des malades.

D'autre part, on annonce un autre procédé qui guérit tous les cas à peu près, et pt^rsonne ne dit mot ! Il y a un mois, la lettre de M. Lacerte a été reproduite par les journaux de Quv'bec et de Montréal —parce que, sans do.ite, il les a priés de la publier — , et tout est fini.

Mais si le Dr Lacarte dit vrai, il faudraii faire beau tapage ; il faudrait faire en sorte de ne pius laisser la diplitérie emporter aucun de nos petits Canadiens !

Il est diiTi'ile d'admettre que ce médecin vienne ainsi tromper le publie. Il est donc vcridique, on doit l'admettre, (juaud il iirétcud n'avoir eu "qu'un seul insuccès sur au delà de 20;^ cas traités et guéris pendant 15 ans " dans trois: importantes communautés de Levis.

Eh bien, la cîiose ne vaut-elle tias qu'on s'en occupe ? est-il difficile de contrôler les assertions du Dr Lacerte ? pijurquoi n'expérimonte-t-on pas le tr^iteiuent qu'il annonce, avatit de recourir à gnmis frais au système du Dr Rouk ? Il est à remarquer, aussi, que la sérumthérauie n'est applicable que dans les grandes villes, qui i-eides pourront se pourvoir d'un laboratoire de bactériologie, où l'on décidera s'il y a lieu, dans tel cas de diphtérie, do recourir à l'emploi du sérum aniitoi-ique.

Mais on ne fera rien, sans doute. Il s'agit d'un compatriote ! Vraiment il serait bien téméraire pour l'un des nôtres d'invonter quelque chose d'important ; de quoi se mêlerait-il !

Quant à nous, nous n'entendons rien en la matière, et tout ce que nous pouvons dire de la Diphtérine, le voici : nous connaissons une famille qui s'est servi avec succès de la Di-mtérine, et qui fait le plus grand cas do ce remède. Mais nous sommes frappé de ce fait, l'un des plus incomp éhensibles, pour nous, d'un tenips si fécond en choses étranges : un remue ciel et terre pour un remède qui sauve ks trois (juarts des cas, et l'on n'accorde aucune attention à un autre r«mtd î qui les gtierit tous !

Le NaïUR V LISTE, qui n'a pas reçu la communication du Dr Lacerte, né s'occupe de ce sujet que de façon assurément bien 'lésintéressée, on peut le croire. Et nous ne s j, vous même comment le mcdeciu lévisien prendra cette inlervcnton, ({ue nous avons reuaidé comme un devoir d'exécuter. En t<.uitcas, nous mettons volnntit'rs à l:i dusposition d = Dr Lacerte Us pages de notre Kevue, s'il jiig< ait à i>M'pos d'expotir sa métln-cie, tt Us ré.sujtais obtoims jusqu'à l)ré.-ent, a i'élitc intelieclueiie dcmt se C'>mpuse la clientèle du NATCiiALiSTii, et parmi laquelle il y a en grand nombre des menibres de a profession médicale.

PHOïocaAPntE ' 15

PHOTOGRAPHIE

A 11 d 3 ax.i l i 1 î l'estime r'^dacteur da NATaRALisTE, je commence uae série d'articles ou de notes sur la photographie, et, particulièrement, sur son application aux sciences naturelles.

Ce n'est pas sans hi'sitation que j'entreprends cette tâche, car je me voudrais d'autres connaissances encore et une autre expérience pour m'adresser à ceux de ses lecteurs qui sont photographes de profession ou amateursphotographes. Mais comme on m'a représenté que mes études et mes recherches en cette matière pourraient intéresser, et induire quelques-uns des savants abonnés à faire eux-mêmes d'autres travaux pouvant prolîter aux progrès des science?, je me suis décidé.

Ji'aillours l'accueil qu'on fera à ces petites commucations me dira si je dois continuer ou cesser d'écrire sur ce sujet.

Le botaniste surtout se procurera beaucoup d'utilité et d'agrément en s'aidant de la photographie. Par la combinaison ingénieuse de son appareil avec un microscope, il pourra photographier tout ce qu'il voit dans ce dernier instrument. C'est ce qu'on appelle faire de le, photo m icrog raphie.

Vous voyez qu'il pourra par là faire profiter nombre de gens d'observations et de découvertes qui, autrement, ne seraient connues peut-être que de lui seul. Nous décrirons plus tard le moyen pratique d'y parvenir.

Aujourd'hui, contentons-nous de signaler un procédé bien utile et bien facile en même temps, puisqu'il peut dispenser des volumineux herbiers et permet de représenter sans appareil photographique les plantes avec leurs fleurs, leurs feuilles et leurs tiges, et cela d'une manière plus parfaite.

LA PHOTOaRÂPHIE SANS APPARri.IL

Ayez un châssis-presse, que vous pouvez faire faire chez un menuisier ou vous procurer chez un marchand de matériel photographique pour une somme très modique. Mettez au fond une vitre, et placez dessus la plan-

te à photographier, les feuilles et les fleurs ayant la face tournée vers vous. Si la plante est fraîche, mettez-la auparavant entre des feuilles de papier brouillard jusqu'à ce qu'elle ne tache plus le papier. Appliquez ensuite dessus une feuille de papier sensibilisé quelconque, soit albuminé, soit aristotype, ou autre ; prenez le châssis et exposez au soleil. Vous pouvez en surveiller la venue comme pour une épreuve ordinaire, et quand vous la jugez suffisamment foncée, vous la retirez. L'objet sera imprimé sur fond brun ou noir avec une extrême précision de détails dans ses parties les plus fines et les plus délicates. Essayez, et vous serez peut-être surpris dix résultat.

Par l'emploi d'un bain combiné de virage-fixage dont nous donnerons la formule au prochain numéro, nous avons obtenu des teintes différentes se rapprochant plus ou moins de la couleur naturelle de certaines fleurs.

L'abbé E. P.

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