‹ Le Naturaliste canadienChapitre 87 sur 142 · UABBE V.-A. HUARD, DIRECTEUR-PROPRIETAIRE · texte numérisé non relu

UABBE V.-A. HUARD, DIRECTEUR-PROPRIETAIRE

CHICOTJTIMI Imprimerie du " Progrès du Saguenay "

le:

VOL. XXI 1 1 (VOL. Ill DE LA DEUXIÈME SERIE) No 1

CMcoutimi) Janvier 1896

Directeur-Propriétaire : l'albé V.-A. HDARD

Avec ce rnîméro, le Natvurahste canadien commence sa vingt-troisième année.

NOTRfa- OEUVRE

La vie est dure; en ce pays, aux publications littéraires ou scientifiques. Que de tombes il y a dans notre nécropole intellectuelle ! La Province de Québec, qui a vu tant de fondations de revues littéraires, n'en compte plus que deux qui se maintiennent, — de grand mérite, par exemple —, la Revue canadienne et la Revue nationale ; et encore celle-ci est toute jeune, et nous ne savons jusqu'à quel point son existence est assurée.' Ces deux publications sufBsent*aux exigences actuel les.Ell es font honneur aux Françai du Canada, et il faut souhaiter qu'elles vivent. Nos concitoyens anglais du Dominion n'ont rien, croyons-nous, à mettre en regard de ces belles revues.

Dans le domaine scientifique, notre humble Naturaliste reste seul debout dans la Province. C'est même la seule revue d'histoire naturelle générale qui existe dans tout le Canada. Nos chers amis les Anglais n'ont ici, à leur actif, qu'une revue spéciale d'entomologie, qui est l'objet des faveurs oflSicielles dans la province où elle vit, et qui s'adresse h la nombreuse population de langue anglaise de l'Amérique du Nord.

Nous ne disons pas qu'il y ait lieu de nous enorgueillir beaucoup de l'existence du Naturaliste ; nous ne disons pas 1.— Janviw 1896.

2 LE NATtJBALlSTE CANADIEN

qu'il fasse beaucoup d'honneur à la race française de ce pays ! Ce que nous soutenons, c'est que, grâce aux deux revues littéraires signalées ci-dfessus et au Naturaliste^ nous occupons une avantageuse position, sur le champ de bataille des intelligences, en face de nos compatriotes de langue anglaise ; et cette position, il nous faut la conserver coûte que coûte.

Voilà le point de vue d'où nous vient tout le fcourage dont nous avons besoin pour continuer notre œuvre, oii nous n'avons trouvé aucun avantage personnel quelconque. Au public de répondre à notre bonne volonté, et de noiïs aider à poursuivre et à développer cette œuvre scientifique. Pour nous^ BOUS sommes bien décidé à ne paii reculer, même devant des sacrifices à faire, pour le maintien du Naturaliste. Du YesU\ nous y sommes déjà, dans la voie des sacrifices. Le nombre de ' nos abonnés esi certes très satisfaisant ; il serait même suffisant pour assurer la vie de notre Eevue. Malheureusement, beaucoup d'entre eux ne se rendent pas compte des embarras q^u'ils nous causent, en différant de mois en mois, d'année en année, de payer leur souscription au journal. De cet état de choses, vient pour nous Tobligation de chercher en d'autres occupatious les ressources nécessaires pour subvenir à nos frais de publication. On comprend bien qu'il nous reste conséquem- Bient peu de temps à donner aux études scientifiques. Cette situation est loin d'être à l'avantage du Naturaliste.

Par bonheur, le dévouement de plusieurs collaborateurs de mérite est venu à notre aide. Qu'ils nous continuent leurs bons offices, et tous ensemble nous réussirons à rendre notre Eevue de plus en plus attrayante et utile.

Nous terminerons dans très peu de mofs le remarquable mémoire de M. Dumais sur la formation du Saguenay. Puis BOUS commencerons, si môme noua ne le faisons auparavant, à publier la relation d'uni*, excursion scientifique dans les Hautes-Alpes que M. C. Gasnault, de Luynes, France, a bien vouu. éci'ire à notre demiinde. Cet écrivain n'est ras- un inconnu

VTS ABONNÉ MODELE 3

potir les lecteurs de Tancien Naturaliste, qui a publié quelques-unes de ses correspondances. Les abonnée actuels ne seront pas moins intéressés, croyons-noun, par ce nouveau travail de M. Gasnault..

Quant au Traité de Zoologie^ nous espérousle fiuir cette année. Nous serons alors en mesure de continuer les travaux de M. Provancher sur la faune canadienne, ce que plusieurs, nous le savons, attendent avec quelque impatience.

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