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CONCLUSION

JTajffirme donc qve la rivière Sagnenay n'est que le résultat d'un cataclysme géologique.

Si la science écrite trouve quelque chose à redire contre la théorie que nous venons d'exposer avec simplicité et franchise, et aussi avec vérité, nous la laisserons faire sans protester, convaincu que nous sommes que le cataclysme n'est que le

résultat des agents physiques ordinaires traduisant leur action d'une manière plus ou moins régulière.

Ce n'est pas le premier cataclysme qui ait changé ainsi certaine partie de la face de la terre. Des milliers de faits ana'ogues se sont succédés depuis la création, et rien ne. prou* ve qu'ils ne «^e renouvelleront pas par la suite. Il y a deux ans passés, nous avons été témoins d'effets physiques qui nous ont parus extraordinaires, inexplicables, lors de la révolution que la croate terrestre a subie dans les îles d** la Sonde. C'était, je crois, qnelq.ie chose d'aussi surprenant que l'ouverture du Saguenay ; cepenrlanr, notre planète n'a pas pour cela retardé un instant sa nu*rche hibituelle, malgré l'épouvantable désastre qu'en a éprouvé alors cette partie du monde.

Les savants ont changé leurs idées* bien des fois avant d'en venir à une solution finale, satisfaisante, des problèmes à résoudre en fait de géologie surtout. L'ensemble de leurs découvertes leur donne un droit incontestable à notre admiration et à notre reconnaissance ; mais peut-on affirmer, en dernier ressort, qu« les agents physiques dont s'est servi le Créateur pour oi)érer les œuvres sublimes qui nous entourent et qui nous émerveillent avec droit, soient bien de la même nature et de la même puissance que ceux que ces hommes profonds ont mis en jeu avec tant d'intelligence pour appuyer leurs thèses ?

Si nous avons tenu à faire cet exposé de l'histoire, probable dans son ensemble, de la création de la vallée du lac Saint-Jean et du Saguenay, ce n est pa^ seulement dans le but de critiquer les théories mises au jour par des personnes bien intentionnées et désireuses de nous instruire sur ce qu'il doit être important pour nous de connaître. Mais le but principal que nous voulons atteindre — tout en mettant les choses à leur place — c'est d'attirer l'attention de nos compatriotes sur l'importance plus qu'ordinaire que cette partie intéressante de notre Province doit offrir aux agriculteurs en général, mais surtout à cette classe de nos jeunes culti\ateurs qui se trouvent bien trop à la gêne sur les vieilles ter-

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res morcelées clés anciennes paroisses, et qui désirent trouver un champ plus v ist<^ vt p u> fertile, où ils puissent exercer leur aptitude avec plus de chance de succès et sur une échelle suffisante pour leurs besoins et ceux de leur famille, quelque nombreuse qu'elle soit.

A vrai dire, cette mer asséchée renferme les meilleura éléments reconnus qui doivent donner à la terre cttte fécondité extraordinaire qui ne demande qu'à protiuire, et surtout qui peut se maintenir riche et fertile indéfiniment, du moment que l'intelligence de celui qui la cidtiv^e pour en retirer des produits abondants, ne se borne pas à l'épuiser inconsidérément, comme si elle était une mine inépuisable.

Si ce travail que nous venons de faire pouvait intéresser davantage les amis du Saguenay qui se sont dévoués par le passé à l'ouvertura de ce territoire,au point de les encourager à faire de nouveaux effort? pour favoriser la colonisation du vaste domaine qui reste encore à exploiter dans les limites du grand bassin alluvial, nous serions plus que payé de nos faibles labeurs.

Et puis si notre cheïnin de fer, qui côtoyé les anciens rivages de cette mer saguenayenne, qu'un reflux mémorable a réduite à sa plus basse expression, nous amenait de nombreux colons qu'une légitime curiosité aurait attirés ici par la description que nous venons de faire de ce point important de notre Province, nous pourrions au moins nous dire que cet aperçu, ébauché à la hâte, n'a pas été tout à fait inutile.

En finissant, il est à propos d'avouer de grand cœur que nous ne prétendons pas le moins du monde au titre de géolo^ gue, ni de savant ; loin de là. Ce que nous venons d'écrire, nous est venu à l'esprit par la force des choses, instinctivement et sans efforts. Le sujet s'y prêtait si facilement que le seul mérite qui pourrait nous revenir, est d'avoir osé confié au papier ces notes plus ou moins décousues, qui intéresseront peut-être peu de lecteurs,mais tout de même qui procla-

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