‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 100 sur 240 · SOCIÉTÉ Z00L0GIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ Z00L0GIQUE DE FRANCE

Séance du 10 mars 1S91 — Dans une note sur deux infusoires nouveaux des environs de Paris, M. A. Certes signale quelques observations sur le rôle îles grands froids dans le développement de la faune microscopique. Le 31 janvier dernier, •l’auteur recueillait des feuilles mortes sous une épaisse couche de glace, dans une petite mare de la forêt de" Ci-écy, et le soir même il constatait la présence d’un Rotifèrc et de nombreux Infusoires ciliés ; par contre les Infusoires flagellés faisaient presque complètement défaut. Parmi les Infusoires ciliés se trouvait un Conchophthirius , qui, contrairement à toutes les espèces connues de ce genre, n’est pas parasite et paraît se plaire surtout sur les Batrachospermes, petites Algues rouges qui vivent dans les eaux douces. Cette espèce nouvelle est désignée par M. Certes sous le nom de C. Metchkoffi .

M. le baron d’Hamonville donne une liste des oiseaux recueillis par M. Emile Deschamps sur la côte de Malabar. Ces oiseaux n’ont pas été recueillis à plus de cinq ou six milles de la côte. La liste comprend cinquante-six espèces parmi lesquelles se trouvent le Ploceus philippina , Gmelin, ou Tisserin représenté par treize1 males, huit femelles, avec le nid et les œufs. « On sait que le poin de Tisserin, dit M.d’Hamonvillc, porté par cet oiseau, lui vient de l’art avec lequel il tisse son nid. Celui-ci se compose de deux parties distinctes, tressées exclusivement en fibres végétales. C’est d’abord un long tube renflé au milieu, qui n’a pas moins d’un mètre cinquante-cinq centimètres de longueur totale. La partie basse a un diamètre d’epviron huit centimètres : c’est par là que l'oiseau monte à l’endroit réservé à la ponte, et qui se trouve au milieu du tube, dans sa partie renflée. De ce point, le tube se prolonge d’environ cinquante centimètres, mais en se rétrécissant, en sorte qu'il n’est plus guère que de la grosseur du pouce, mais en restant ouvert à cette autre extrémité, sans doute pour établir un léger courant d’ air nécessaire à la couveuse. Au-dessus de cette ouverture toutes les fibres sont réunies pour former une sorte de cordeau par lequel le nid est solidement fixé au sommet d'un arbre. C’est, du reste, sa seule attache, le petit édifice reste flottant. Si l’on entr’ouvre ce tissu, épais d’environ un centimètre, mais très serré et très solide, on découvre à l’intérieur et vis-à-vis l’ampoule une charmante petite coupe, très mince, admirablement tressée, et qui contient les œufs. Ceux-ci, un peu plus petits que ceux de noire moineau, ont 0m01‘J de grand diamètre, et 0m013 de petit diamètre.

Ils sont blancs, faiblement ponctués de petites taches d’un rougé pâle. »

Séance du 24 mars. — M. A. Certes fait les deux communications suivantes :

1° Sur le procédé de M. Joseph Eismond pour l'étude des Infusoires vivants. Ce procédé, qui facilite les recherches sous le microscope, en ralentissant le mouvement des organismes, consiste dans l’emploi d’une solution aqueuse de gomme de cerisier, plus ou moins épaisse suivant le cas, que l’on mêle à la goutte d’eau où vivent les Infusoires à étudier. M. Certes a pu conserver, pendant 48 heures, des Infusoires parfaitement vivants, et il a même pu colorer leur protoplasme en ajoutant à la goutte gommée des réactifs colorants appropriés ; avec le bleu de méthyle, il y a non seulement survie prolongée, mais développement abondant de certaines espèces.

2° Sur le Trypanosoma Balbianii. Cet Infusoire, qui se trouve dans les huîtres, n’a pas été constaté dans ces Mollusqtfes à la suite des froids ; exceptionnels de l’hiver dernier. Par contre, M. Certes a pu le découvrir sur la baguette cristalline qui est annexée au tube digestif de la Paloùrde comestible.

E. L. Bouvier.

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