‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 113 sur 240 · LA VIE AU SEIN DES MERS · texte numérisé non relu

LA VIE AU SEIN DES MERS

par L. Dollo.

Le livre (1) de M. Dollo renferme une mine de faits intéressants qui ne sont pas encore de connaissance cou-

Eft'et de l’expansion des gaz do l’organisme sur l'écailluro et la vessie natatoire d’un poisson ( Neoscopelus ) ramené d’une profondeur de 1,500 mètres.

(1) 1 vol. de plus de 300 pages, avec 47 figures dans le texte, prix broché 3.50, franco 3.90 (chez J -B. Baillière et fils, éditeurs, et aux bureaux du journal),

rante, bien qu’il ait dù se borner et restreindre la tâche considérable que lui imposait le titre choisi pour son ouvrage. 11 lui aurait fallu en effet « traiter non seulement des animaux, mais encore des végétaux; faire connaître les différents types qui habitent, les uns les rivages, d’autres le large à la surface, d’autres enfin les abîmes de l’Océan. Et cela sans se limiter à l’époque actuelle, qui ne représente qu’un instantdansl’existence de notre globe, niais en se transportant tour à tour, pour autant que le permettrait l’état présent de la science, aux nombreuses périodes géologiques ».

Les chapitres sur la Faune littorale et la Faune pélagique sont peut-être un peu courts, mais on trouve une

Chatiliodus, poisson abyssal remarquable par ses longues dents grêles dirigées en arrière.

compensation dans le résumé des recherches personnelles de l’auteur sur le Pachyrhynque, les Carcharodons du musée de Bruxelles et le Hainosaure.

Les conditions d’existence dans les abysses, la faune abyssale, ses caractères et son origine sont traités avec plus d’enthousiasme, car il est certain qu’un naturaliste ne peut rester froid en face des résultats remarquables dus pendant ces dernières années aux explorations des grands fonds. M. Dollo nous montre « que tous les êtres abyssaux sont analogues aux autres organismes connus et alliés à nos animaux littoraux : ils en diffèrent pas certaines modifications que l’on doit considérer comme adaptatives, puisqu’on les retrouve identiques chez beaucoup d’organismes de groupes différents, marquant ainsi sur la faune abyssale entière, l’empreinte profonde des conditions d’existences dans lesquelles elle vit.

Il y a là pour la théorie de la variabilité des espèces, une éclatante confirmation, car si les espèces étaient fixes, celles qui auraient été placées dès leur origine dans les conditions aussi opposées que les abysses et la zone littorale, présenteraient nécessairement entre elles des différences de structure absolument extraordinaires, et chacune des faunes abyssale et littorale posséderait des groupes d’animaux à elle spéciaux.

11 en résulte que l’on ne peut caractériser la faune tbîmes par tel ou tel grand groupe déterminé, mais bien plutôt par les modifications analogues que les animaux abyssaux de divisions voisines ou éloignées ont subies sous l’influence du milieu spécial où elles se sont trouvées placées. »

Bien que l’on n’ait pas découvert, dans les grandes profondeurs, des animaux à stucture organique nouvelle, bizarre, s’écartant tout à fait des types connus, ou de nouvelles formes de symbiose, de parasitisme, les résul-

tais des explorations sous-marines ont une importance capitale aux yeux des biologistes, car ils ont donné aux idées évolutionnistes la confirmation ,1a plus complète qu’elles aient reçue jusqu’à maintenant. Aussi ne peut-on Irop essayer de répandre et de vulgariser des idées aussi fortement appuyées sur des faits scientifiques indiscutables. Nous ajouterons que cet excellent ouvrage de vulgarisation est orné de 47 figures : nous en reproduisons deux ci-dessus .

Ménégaux.

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