‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 112 sur 240 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

COMMUNICATIONS CONTENUES DANS LE lCr FASCICULE, T. XIII

2» Série

M. Ducharlrc, dans une Note sur les ovaires infères et plus particulièrement sur celui des Pomacées, passe en revue les diverses théories qu’ont proposées les auteurs pour expliquer la nature de l’ovaire infère. Parmi ces théories, il adopte « relie selon laquelle un ovaire infère ne diffère des autres qu’en ce qu’il est enfermé dans une cupule avec laquelle il est continu

(1) T„us mes remerciements à MM. A. Milnc Edwards, Ousta.lt I , Bureau et Franehet qui m’ont communiqué, avec la plus grande obligeance, une partie des éléments nécessaires à la rédaction de cette étude.

:e externe, qui peut parfois se prolor du niveau de 1

: la sommité ovarienne, et qui, dans tous les eas, produit à son bord supérieur, le calice, la corolle et fandroeéc ». M. Duchartrc trouve cette lliéorie confirmée par l’organogénie, l’anatomie et surtout parles faits tératologiques. Il rappelle qu’il a déjà cité le ras d’une poire dans laquelle le pistil avait avorté. Il ajoute que l'avortement des organes reproducteurs peut aller encore plus loin, ainsi que l’ont constaté MM. Naudin, Clos, Masters, dans les « fruits sans fleurs » de M. Carrière, sortes de poires qui ne présentent ni loges, ni pépins. Un tel avortement est plus rare dans les Pomacées; toutefois il est réalisé constamment dans un arbre venu en Virginie il y a environ vingt ans à la suite d’un semis fait avec des pépins de pommes normales.

M. G. Camus expose les résultats de ses recherches sur le le genre Ophrys dans les environs de Paris, qui enrichissent la Flore parisienne de plusieurs variétés et do plusieurs hybrides. Citons: Ophrys opifera var. intermedia G. Cam. et. var. viridiflora G. Cam. Etréchy. Ophrys arachniles var. viridoflora G. Cam. Champagne (Seine-ct-Oise). Ophrys Albertiana G. Cam. (O. api/era + O. arachniles ) Champagne (S. et O.). Ophrys Luizeti G. Cam. [O.' api fera var. viridiflora+Q.pseudo spéculum) Etréchy. Ophrys Ascherspni de Naut. (O. oranifera var. a/rata + arachniles ) Champagne. Ophrys pulchra G. Cam. O. arachniles -)- pseudb spéculum?) Champagne.

La maladie déjà étudiée en Allemagne sous le nom de Pourriture du cœur de la Betterave a été suivie cette année par M. Ed. Prillieux aux environs de Montdoubleau (Loir-et-Cher). Cette maladie consiste en ce que les jeunes feuilles du i la Betterave

gnon décrit par Fuckel sous le nom de . faciens. Vers la fin d’août, M. Prillieux vit apparaître la maladie dans un champ de Betteraves de fort belle apparence jusqu’alors. C’est sur le pétiole des grandes feuilles que se montré tout d’abord uue grande tache blanchâtre. Cette tache est due à une altération des tissus causée par le mycélium d’un champignon parasite rapporté par l’auteur au genre Phyllosticta. L’altération gagne, par les faisceaux, le cœur de la Betterave et fait périr les feuilles naissantes. Alors se produit le noircissement de ces jeunes :

des fructifications attribuée:

mais que M. Prillieux rapporte de préférence Pleospora lierbarum. En outre, d’après cet autei serait due non pas à ce dernier parasite, ainsi qu’on le croyait mais au Phyllosticta dos taches des pétioles qu’il Ph. tabifica. Lors de l’arrachage, pour 177 Betteraves : il en trouva 332 atteintes au coeur, mais végétant 32 mortes. Pour remédier à ce mal M. Prillieux couper les grandes feuilles qui possèdent des tac! sur leur pétiole dès qu’on les verra s’abaisser vers le sol et ne point se relever pendant la nuit. Sur des feuilles de Betterave tuées par la maladie, l’auteur aidé du Dr Delacroix a trouvé des périthèces d’un Sphœrella nouveau, le Sph. tabifica.

M. IL Devaux à la suite de recherches faites sur les tubercules, signale l’hypertrophie des lenticelles chez la Pomme de terre et quelques autres plantes. Si l’on plonge complètement sous l’eau un tubercule de pomme de terre il ne tarde pas à être asphyxié ; mais si on ne l’enfonce que partiellement dans l’eau, il peut continuer à vivre et alors les lenticelles de la portion submergée prennent un grand développement. Le tissu particulier qui les constitue dans ce cas est rapproché par l’auteur de YAerenchyme de M. Schenk. Cette hypertrophie des lenticelles a été observée aussi sur des liges de peuplier et sur la tigelle du noyer.

En faisant développer dans l’eau des racines du Solium perenne M. Devaux a fait des remarques intéressantes sur la croissance des poils radicaux. 11 a constaté que ces organes présentent un maximum de développement qui correspond précisément au minimum de croissance de la racine. Par suite, ces poils radicaux figurent exactement par leurs longueurs les ordonnées de la courbe indiquant les retards de croissance de la racine, sous l’influence de la lumière.

M. G. Camus décrit un hybride nouveau : Orchis Arbosii u i/,,,',., j il, inconiala provenant do environs i ! (Puy-de-Dôme).

Contribution à l’histoire naturelle de la Truffe. Dans cette note M. A. Chatin indiquo quatre espèces de Truffes qui sont parfois associées à la Truffe de Périgord ( Tuber inelanospo rum . La Trull'.- .b- Bom-.-o-m-i lismp.-iL'iie, dite Truffe de Dijon [Tuber uncinalum) dont la chair d'un gris brun n’arrive

lesquelles on trouve esmium putrefaciens férence à celles du naladie

jamais au noir, même par la cuisson, accompagne la Truffe do Périgord dans le Sud-Ouest, le Centre et l’Est de la Franco et croit à son exclusion dans l’Est et le Nord-Est. La Truffe blanche d’hiver {Tu ber hiemalbum) dont l’écorce ou péridium est caractérisé : 1° par la dépression accentuée de ses verrues ; 2° par sa grande fragilité qui la fait se détacher par plaques au moindre frottement. La Rougeote ou Truffe fourmi ( Tube r brumale ) de teinte cuivrée avant sa maturité, assez répandue aux environs de Verdun, est d’après l'auteur la meilleure Truffe après celle de Périgord. Enfin la Truffe de Corps regardée par l’auteur comme une espèce distincte de la. Truffe de Périgord et désignée par lui sous le nom de Tuber montanum en raison de sa station montagnarde aux confins de l’Isère.

Étudiant ensuite les Terfas ou Truffes d’Afrique et d'Arabie , M. Chatin pense que le Terfas des Arabes est le tubercule que Pline a désigné sous le nom de Mizy. Mais tandis que ce Terfas (Terfezia Leonis de Tulasne) est considéré comme représentant une seule espèce, M. Chatin estime qu’il y a lieu de distinguer au moins quatre Terfas : 1? le Terfezia Leonis de Tulasne, 2° le Terfezia Boudieri, 3° le Terfezia Boudieri var. arabica , 4* le Tirmania africana. Ces Terfas ont pour végétaux nourriciers d’humbles plantes comme 1 ’Helianthemum tuberaria et divers Cistus. Ils se recommandent par une saveur agréable et une odeur douce que l’auteur compare à colle d’un de nos meilleurs champignons, le Mousseron. Un faux Terfas récolté aux environs do Blidah par M. Trabut reçoit de M, Chatin le nom d ’Hymenogaster Trabuti.

Chauveaud.

Page 1