BUDA VEL TISSA
Dans son ouvrage Familles des plantes publié en 1779, page 507, Adanson instituait les genres Tissa et liuda, — celui-ci étant placé le second et trois lignes au-dessous du premier, — pour deux Alsinécs qui devaient rentrer plus tard dans le genre SpergulariaP ers . = Lepigonum Fries. Presque tous les Aoristes modernes ont adopté l'un ou l’autre de ces derniers noms et les citent au moins dans la synonymie, passant entièrement sous
fut repris en 1827 par Du l’on voit, page 110, Buda : B. et vait sans doute réunir les deux genres et s noms déjà existants pour éviter d’on faire avait-il le choix, et la loi de priorité ne l’obligeait-elle pas à
la préférence à Tissa, nommé avant Buda dans le texte original? Tel est le sujet du débat qui s’est élevé entre M. Britton, botaniste des Etats-Unis, partisan de Tissa, et M. Britten, l’honorable éditeur du Journal of'Batany de Londres, tenant pour Buda (1). Faisons brièvement connaître les arguments invoqués de part et d’autre dans la discussion.
D’après M. Britton, le principal obstacle à la fixité de la nomenclature, désirée partons les naturalistes-, est dans la liberté laissée à chacun de choisir le nom qui lui convient parmi les
le moyen le plus "efficace pour arriver le plus tôt possible à un accord parfait sous ce rapport est d’imposer l'obligation de donner la préférence invariablement au nom le plus ancien, en un mot d’observer scrupuleusement la loi de priorité. Or Tissa étant placé avant Buda, et par suite le premier nommé, doit être adopté comme plus ancien.
M. Britten est aussi partisan que M. Britton de l’application rigoureuse de la loi do priorité et do la substitution d’un des vocables créés par Adanson à Spergularia et Lepigonum, mais il se prononce en faveur de Buda. Il s’appuie sur l’article 55 des Lois de nomenclature adoptées au congrès botanique de 1867, article ainsi conçu : « Dans le cas do réunion de deux ou plu- « sieurs groupes de même nature, le nom le plus ancien subsiste. Si 1rs deux noms sont de même date, l’auteur choisit. » Or l’ouvrage d’Adapsoti où sont institués Tissa et Buda es t de 1773, date unique et commune à toutes ses parties, publiées en mémo temps. Dumortier était donc libre de préférer Buda à Tissa, et le choix qu'il a fait en 1827 doit être maintenu aujourd’hui en vertu de la loi de priorité. M. Britten fait mali-
propos, que l’application des prin conduirait, dans des cas analogues
cipcs admis par M. Brit à des résultats, imprévus. Par exemple, le genre Amygdalus est au n° 319 dansie Généra de Linné et le genre Prunus au n°320. Or Bentham et Hookcr, ainsi que d’autres botanistes, réunissent le premier do ces genres au second; ils auraient dû procéder en sens contraire d’après les Brittonian principles et remplacer Prunus Padus, P. virginiana par Amygdalus Padus A. virginiana, etc., changement qu’il y aurait peu d’espoir de faire adopter.
A cet argument qui l’a piqué au vif, M. Britt il est vrai un peu à côté de la question, qu’il n’était] qui croiraient se distinguer en appelant « une plume une pêche et une pèche une plume » et qu’à scs yeux Amygdalus et Prunus sont deux genres distincts.
Comme le montre le petit incident que nous venons do rapporter, la loi do priorité, préconisée comme devant aplanir toutes les difficultés de la nomenclature, n’a pas toujours cette vertu. Son utilité est incontestable lorsqu’on pourrait hésiter entre divers synonymes so partageant à peu prés également les suffrages des auteurs. Ainsi un Alyssum nouveau pour la flore française, découvert dans le département du Lot, a clé appelé petrœum per Arduini (1761), gemonense par Linné ,1767), edentulump&v Waldstcin et Kitaibel en 1809; ce dernier nom, adopté dans le Flora Orienlalis de Boissicr, avait le mérite do rappeler un caractère spécifique important, et gemonense indiquait la localité classique de l’espèce ; cependant nous préférâmes à l’un et l’autre pelrœum comme plus ancien (2) .
Pour en revenir à Buda et Tissa, nous croyons qu’il ne sera pas facile, malgré les efforts de MM. Britton et Britten, de faire revivre l’un ou l’autre de ces deux noms également tombés en désuétude. Nous ne voyons pas d’ailleurs où est l’avantSgc à n’admettre à cet égard aucune prescription et à exhumer de la poussière du passé de vieux vocables entièrement oubliés, au détriment de ceux qu'on trouve dans toutes les Flores, que tous les botanistes connaissent et qu’un emploi séculaire a consacrés. En matière d’usage et de litre » —Beatipossidentes, — et à Tissa? l’avenir répondra peut-être : Son Buda nec Tissa :
Ernest Malinvaud.
i l) On trouvera les articles do MM. Britton et Britten relatifs au débat ci-dessus dans le Bolanical Gazette et le Journal of Botany de 1890.
(2) Voyez Le Naturaliste du 15 octobre 1S89.
COÎÏSERYATION DES AÏIMADX MARIAS
(Suite.)
Hydromodus:»*. — Quelques Campanidandæ comme Aglaophenia, Plumularia, Sei tularia seront mises directement dans l’alcool. Tous les Hydvoïdes se tuent avec lo sublimé con-
Fig. 10. Hydromcdusæ, Campanularia. — Fig. 11. Hydromcdusæ, Sertularia.
Fig. 13. — Méduse de Podocoryne.
contré chaud, puis transportés dans l’eau douce, pure pour être lavés, et ensuite dans l’alcool faible. Pour les colonies de Tubularia et do Pennaria, on peut tuer avec le mélange do sublimé et d’acide chromique ; au bout de quelques minutes, on passe à l’alcool. — Méduses de Tubularidæ ; Les petites formes d ’Eleutheria, Cladonema, Podocoryne , etc., sont tuées par lo mélange de sublimé et d’acide acétique en grande quantité. Lizzia Kœllilceri et Oceania pileata sont fixées par l’acide acétique concentré, et, aussitôt après, immergées dans un mélange d’alcool et d’acide chromique; on met ensuite dans l’alcool à. 33°, qu’on porte peu à pou à 70°. — Méduses de Campanularidæ : Eucope, Gastroblasta et Obelia se fixent par le mélange de sulfate de cuivre et de sublimé (sulfate de cuivre à 10 % : 100"; sublimé
en solution saturée : 100'c) ; on lave ensuite à l’eau douce. Mitrocoma et QEquorea sont tuées par l’acide acétique et immédiatement après transportés dans le mélange chromo-osmique
Fig. 14. Hydromedusæ, Branche d ’Obelia. — Fig. [15, Méduse d ’Obelia.
(acide chromique il 1 %, 100"; acide osmique à 1 % 2«) pendant 15 ii 30 minutes. Tima flavilabris est tuée par l’acide chromique à 5 % ; au bout do 5 minutes on le place dans le mélange chromo-osmique, on lave et on transporte progressivement dans l’alcool .Olindias Müllerii se fixe à l’acide acétique, puis ensuite à l’acide chromique à 1 %. — Les Trachymedusæ se fixent avec le mélange chromo-osmique pendant 5 à 20 minutes, puis on lave à l’eau douce et on passe graduellement dans l’alcool.
16 18 Fig. 16. Acalcphæ, Charybdea. — Fig. 17. Acalophæ, Epliyra. — Fig. 18. Acalephæ, Rhizostoma.
Acalcphæ. — Les Charybdea sont Usés par le mélange chromo-acétique et traités ensuite par l’acide chromique à 1/2 0 0 ; on transporte ensuite dans l’alcool. Les Nausethoe, Ephyra de Pelagia , Rhizqstoma, sont tuées en ajoutant à l'eau de mer 3 0/0 d’une solution d’acide osmique à 1 0 0, on lave à l’eau douce et on met dans l’alcool à 33° et progressivement à 10°. Pelagia noctiluca est laissée pendant une heure dans le liquide chromo-osmique, puis on lave à l’eau douce et on passe progressivement dans l’alcool à 70°. Cotylorhiza tuberculata est fixée à l’acide osmique comme pour les Rhizostomes, puis on substitue du bichromate de potasse à 3 0/0 qui est renouvelé au bout de deux jours; l’animal reste dans ce liquide pendant une semaine, puis l’alcool à 35 0/0 est substitué au bichromate. Les larves d’acaléphes se tuent par le sublimé chaud.
Siphonophora .’ — Athorhyliiu ivsacni a rtc tuée avec un mélange de sulfate de enivre et de sublimé. Les genres l'/iyso-
phora, Agalma, Halistemma , Forskalia sont tués avec un mélange de sulfate de cuivre et de sublimé, puis transportés dans l’alcool à 33° et à 70°, ou transportés [Forskalia) dans le liquide de Flcmming(ac. chromique à 1 û 0 : 25ce ; ac. osmique à 1 0/0 :
Fig. ifl. — Siphonophora, Physophora.
tOcc ; ac. acétiquo glacial : 5cc ; eau distillée : (i()cc), lavé et porté progressivement dans l’alcool à 70°. Hhizophysa esttuécau sublimé chaud. P hy sali a Caravelle, est tuée parle mélange de sublimé et d’acide acétique, et portée ensuite dans l’acide chromique à 1 /2 0/0 puis dans l’alcool à 50° et 70°. Les H ippgpodius, Galeolaria, Abyla sont tués par le mélange de sulfate de cuivre et do sublimé et transportés dans l’alcool faible. Les Praya se fixent de même, mais sont durcis par le mélange de bichromate de potasse et d’acide osmique où ils doivent rester un ou deux jours. Diphies : sublimé chaud pour tuer. Velella se tue par le
Fig. 20. Siphonophora, Velella. — Fig. 21. Ctenophora, Cydippe.
mélange cliroino-picrique et portée dans l’alcool faible.
I - Ctenophora sont tué - ; ■ ■ :■ 1 ■ ■ 1 1 f- 1 . > : > ■ ■ b-, mo — mique, où on laisse de 15 à (il) inimités : mi passe ensuite graduellement dans l’alcool à 70°.
(.1 suivre .) P. G.
BIBLIOGRAPHIE