‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 118 sur 240 · SÉANCE DU 2 MARS · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 2 MARS

M. de Lapparent fai

ients de Gourbesvillc (Manche). Cette 1< une plage de la mer pliocène sur laquelle les vagues étalaient le produit du remaniement d’un ancien falun contemporain de ceux de l’Anjou et de la Rance. Ainsi s’explique la présence, au milieu du cailloutis, de dèlmsi’Halitherium et do Dinothérium.

M. Dolffus présente quelques observations à la suite do la communication de M. de Lapparent. En 1819, il avait recueilli dans ce même gisement beaucoup de fossiles marins caractérisant le pliocène inférieur.

M. Met, -lès décrit quelques espèces du Crétacé et du Tertiaire des provinces de Valence et d’Alicante (Espagne). A propos des Ammonites décrites dans cotte note, il appelle l’attention suites procédés photographiques qu’il a employés pour figurer les cloisons de Céphalopodes.

Af. Lé veillé adresse de Pondichéry quelques sur les grès du détroit de Palk, résultant de fc dages entrepris dans l’ile de Pambcn et près de Calcutta.

Af. P h. Thomas envoie une note intéressante sur les gisements de phosphate de chaux qu’il a découverts en 1885 et 1S86, dans les hauts plateaux de la Tunisie. La richesse de c.es gisements, appartenant au Suessonien intérieur diminue a mesure que la formation perd son caractère littoral et revêt le tacics nummulitique, c’est-à-dire en allant du sud vers le nord. M. Thomas donne des détails sur la richesse et la facilité d’exploitation des gisements du Sud-Ouest; los gites du Nord-Est et du Nord-Ouest paraissent rire moins riches. I..- gisements crétacés no paraissent pas susceptibles d’une exploitation rémunératrice. . ,

Af. Bigot ne partage pas les idées émises par M. Lebesconte sur la géologie des environs de Sillé; par contre, il partage les idées exprimées par M. (Ehlcrtdans Tune des dernières séances.

A/, liiltcr signale la découverte qui vient d’étro faite a Cardesse, au nord d’Oléron, dans le crétacé, d’une mâchoire parfaitement conservée d’un Saurien qu'il rapporte au Mosasaure de Maastricht. . . ,

M. Aubert adresse à la Société une note sur la géologie de

Af. de Lapparent signale, parmi les nouveaux débris i du cailloutis pliocène de Goubersville, la présence de mi de Maslodon angustidens et de Paléothérium magnum. Des dépôts de l’ùgo des gypses parisiens ont donc existe dans le golfe de ValogJies. . , „ .

Af. J aime Alme.ro communique à la Société une note de Af. de Saporta relative au culm des environs de Barcelone.

\l. Welsch adresse une note sur le Miot ène des environs de T, mci, département d’Orau 'Algérie . Les 1er.., in- tertiaires

des environs du Tiarct, à la limite de l’At .

uts plate

près l’ancien Miocène i

[Langhien et Helvétien ), avec peut-être une partie du Tor Ionien.

A propos de l’intéressant mémoire de M. Collot sur le terrain crétacé de la basse Provence, M. Kilian présente une petite rectification à la carte qui accompagne ce travail.

LE QUETZAL

( Pharomacrus resplendens )

La République du Guatemala par sa position ■ géographique entre le Mexique, le Honduras et le Salvador ‘possède un climat très varié; aussi sa richesse en pro¬

plus remarquable de tous est, sans contredit, celui que les indigènes nomment le Quetzal.

Cet oiseau appartient à la famille des Trogonidês et a été désigné successivement sous les noms de Pharomacre mocinno, Calure paradis, Trogon resplendissant.

Le mâle possède une livrée dont l’éclat a été comparé à celui du plumage du paon : sa tête et sa gorge ont une teinte d’un bronze doré, tandis qu’un vert doré très l«i liant couvre le cou, la poitrine, le dos, le manteau, les couvertures alaires et caudales. Mais cette splendide livrée est encore rehaussée par la nature du plumage qui est velouté et par les barbes décomposées qui en forment la bordure. Les grandes couvertures de la queue mesurent environ 0 m. 85; les deux plumes

ductions animales et végétales est-elle extraordinaire. Sa faune, tout en possédant des animaux communs avec les contrées voisines du continent américain, a un cachet particulier, et on y trouve certaines espèces que l’on chercherait vainement dans les autres parties du Nouveau-Monde. L’ornithologiste peut s’y procure;' une grande variété d’oiseaux aux brillantes couleurs, mais le

du milieu sont allongées en larges filets frangés sur les bords; le ventre et les couvertures inférieures sont colorés d’un rouge carmin vif. Les plumes soyeuses qui recouvrent la tête lui donnent l’apparence d’un cimier touffu. Si la beauté de cet oiseau le fait rechercher des ornithologistes, ses dépouilles ne sont pas moins estimées comme parure.

Le Quetzal habite les montagnes boisées du Guatemala, ou le trouvé également au Mexique ; mais sa capture est difficile, car il vit cantonné dans les régions très élevées et souvent inaccessibles.

On doit à Salvin et à Delattre d’intéressants détails sur les mœurs de ce magnifique oiseau :

« Le Quetzal, dit Salvin. vit à une altitude moyenne de 2,000 mètres. Dans cette zone on le rencontre dans toutes les forêts d’arbres élevés. Il se tient de préférence sur les branches du deuxième tiers de l’arbre et il demeure dans une immobilité presque complète ; c’est tout au plus s’il tourne lentement la tête d'un Côté à l’autre, s’il relève et abaisse doucement et alternativement sa longue queue. Mais a-t-il aperçu un fruit mûr, il s’envole, demeure quelque temps comme suspendu en l’air à côté du fruit, cueille une baie et revient à sa première place. 11 exécute ce mouvement avec une grâce indescriptible. Souvent j’ai entendu des personnes s’écrier avec extase à la vue de Colibris empaillés : « Quel superbe spectacle doivent offrir ces> petits oiseaux quand ils volent. » C’est là une erreur : à vingt mètres on ne distingue plus les couleurs des colibris. Il en est autrement duQuetzal; sa beauté reste la même, quelle que soit sa position. Aucun oiseau du Nouveau-Monde ne l’égale, aucun de l’Ancien ne le surpasse. Telles furent mes impressions lorsque j’en vis un pour la première fois. »

On croit généralement que le nid du Quetzal a deux ouvertures, ce qui permetà l’oiseau d’entrer et de sortir sans endommager les longues plumes de sa queue. Les indigènes, qui lui font une chasse continuelle ont trouvé un procédé aussi simple que barbare pour se procurer ses dépouilles : ils montent avec précaution sur l’arbre ou repose le nid et lorsque le mâle couve ils arrachent brusquement les longues plumes qui font saillie à l’extérieur du nid et que le malheureux Quelzal abandonne en s’envolant.

La réputation du Quetzal est antérieure à la conquête du Nouveau-Monde : les Indiens recherchaient déjà ses dépouilles qu’ils envoyaient en tribut à Montézuma. Les Espagnols, au moment de la conquête, furent également frappés de sa beauté et lui donnèrent le nom de Pito real (Oiseau royal). Cette réputation s’est conservée jusqu’à nos jours et depuis 1879 le Gouvernement du Guamala a fait figurer le Quetzal sur ses timbres-poste comme représentant un des types les plus remarquables des productions du Mys ; nous figurons ci-contre un timbre-poste du Guatemala, dont M. Maury nous a prête* le cliché.

Albert Ghanokr./

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