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LES MÉTHODES DE LA MINÉRALOGIE SYNTHETIQUE

En comparant dans leurs traiLs généraux et dans leurs détails les synthèses minéralogiques jusqu’ici réalisées, on reconnaît que le nombre des espèces reproduites artificiellement est extrêmement considérable et que les reproductions concernent les catégories les plus diverses de minéraux. S’il y a encore, et en grandnombre, des lacunes dàhsia longue série de nôs conquêtes, il faut noter en compensation le fait très fréquent de succès multiples à l’égard d’une même espèce. Parmi ceux-ci beaucoup procurent le résultat recherché, dans des conditions que la nature ne semble pas avoir réalisées et si la géogénie n’y trouve pas de profit direct, nous savons que la minéralogie en retire des bénéfices considérables en même temps que la chimie.

Malgré leur extrême diversité, les méthodes de synthèse obéissent à des lois qui peuvent facilement ressortir de la classification qu’il convient d’établir parmi elles. Aussi parait-il intéressant de donner à cette classification une forme très concise de nature à faciliter les comparaisons et qui fasse même espérer de mettre le doigt sur des directions de recherches qui n'auraient pas suffisamment fixé l’attention.

Pour approcher du but dont il s’agit nous pouvons représenter le corps minéral dont on cherche à réaliser la synthèse par un signe conventionnel qui ayant le faciès algébrique sera commode pour le raisonnement. En somme, c’est bien RÉ ou l’inconnue du problème.

Toutefois ce n’est pas para; que nous le figurerons. 11 peut, suivant les cas, être simple ou composé et nous exprimerons cette condition par un signe à la fois unique et dédoublable, par exemple par la lettre composée .E, dans laquelle les deux éléments constituants pourront à volonté être supposés identiques entre eux ou différents.

Ceci posé, voyons les conditions principales dans lesquelles JE peut être obtenu.

1° L’espèce minérale étant aussi bien définie par sa forme cristalline que par sa composition chimique, on pourra avoir simplement à transformer le corps Æ amorphe en subslance cristallisée. Les méthodes propres à fournir ce résultat méritent d’être désignées sous le nom de simple cristallisation. Parfois un minéralisateur interviendra efficacement, mais il ne subsistera pas dans le produit obtenu.

i° Dans bien des circonstances, le corps à produire est engagé dans unecombinaison plus ou moins complexe Æü qui pourra être défaite en ces éléments. Aussi, sous 1 action de la chaleur seule, la pyrite de fer FeS- (ou Fe7S11) deviendra de la pyrrhotene Fe7S8 avec élimination de 0 équivalents de soufre. De même, sous l’influence du courant électrique, l’or quittera le chlore du chlorure d’or et apparaîtra avec tous ses caractères minéralogiques.

Nous pouvons symboliser ce groupe de réactions par cette équation :

ÆB = Æ + B

Æ pouvant être simple (or) ou composé (pyrrhotine) et B représentant le chlore ou l’excès de soufre éliminés, c’est la méthode qu’on peut appeler de simple décomposition.

3° Pour les minéraux composés, ils peuvent résulter, par une circonstance inverse de la précédente, de la combinaison pure et simple de leurs éléments. Ainsi nous faisons fondre de la silice (A) avec de la magnésie (E) et nous obtenons immédiatement le péridot ou le pyroxène (Æ) : •

C’est le type des méthodes de conjugaison.

Remarquons que les cas 2° et 3° ont ceci de commun qu’ils sont relatifs à des réactions binaires et à ce titre ils font ensemble un seul et même tout. C’est un point utile à noter pour bien comprendre la caractéristique essentielle du groupe auquel nous arrivons.

4° On peut donner à celui-ci le nom de méthode de précipitation ; il comprend toutes les réactions ternaires et concerne, seins qu’il soit utile de les séparer strictement, deux cas qui correspondent (avec une circonstance nouvelle) aux 2° et 3° indiqués tout à l’heure.

Tantôt il s’agira à l’aide d’un réactif C d’extraire Æ (simple ou composé)d’une combinaison ÆB où il est engagé; tantôt de le former par l’union de A et de E dont l’un des deux sera préalablement combiné avec un autre corps B.

Dans un cas nous aurons les trois corps Æ, B et C à considérer; dans l’autre cas les trois corps A,E et B. Des exemples ici sont utiles :

a. Faisons dissoudre du gypse (CaO, S03,2H0) dans l’acide sulfurique chaud (SO/j H) : il se déposera par le refroidissement de l’anhydrite (Ca0,S03) et le liquide sera constitué par de l’acide sulfurique hydraté (SO’'H, 2HO). Æ représentant l’anhydrite, B l’eau et C l’acide sulfurique, nous avons ;

ÆB + C = Æ + BC

"gypse acide anhydrito hydrate d'acide

Chauffons de l’oxyde de plomb 2(PbO) dans une brasque de charbon (G), nous aurons du plomb Pb et il se dégagera de l’acide carbonique (CO(I) 2) :

ÆB + C = Æ + BC

C’est, comme on voit, la reproduction, sauf la complication introduite par l’état de combinaison antérieure de Æ, du cas décrit plus haut sous le n° 2.

6. Inversement faisons fondre du silicate de soude (AB) et projetons dans le liquide de la chaux caustique (E) nous produirons la wollastonite ou silicate de chaux (Æ) avec élimination de soude (B) :

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