AB 4- EC = Æ + BC
Les cinq cas qui viennent d’être passés en revue : Simple cristallisation,
Simple décomposition,
Conjugaison,
Précipitation,
Double décomposition,
se présentent indifféremment dans les trois domaines parallèles de la voie sèche, de la voix mixte et de la voie humide et caractérisent un nombre considérable de méthodes distinctes.
Stanislas Meunier (1).
LA GHAYOTE
(Sechium edule Swartz)
Cette Cucurbitacée, que l’on trouve cultivée dans la plupart des pays chauds, est originaire du Mexique. Elle porte les noms de Chayote, Christophine et Chouchoute, dans les colonies françaises; de Chuchu, au Brésil; de Vegetable pear, dans les colonies anglaises ; enfin de Pipinella et Chayota dans les colonies espagnoles.
La racine en est vivace, grosse, charnue; les tiges, ligneuses à la base, sont grimpantes et peuvent atteindre jusqu’à 12 mètres de longueur; elles portent des feuilles alternes, à cinq lobes. Les fleurs sont petites et de couleur verdâtre ; les mâles réunis en grappes axillaires, les femelles solitaires ou géminées aux aisselles des feuilles sur les rameaux de l’année. Le fruit est une grosse baie, parcourue de sillons longitudinaux, mammelonnée, rugueuse, en forme de poire, de 10 à 15 centimètres de longueur, ne renfermant qu’une seule graine à gros embryon charnu, dépourvue d’albumen.
11 en existe deux variétés, l’une à fruit d’un vert pâle, l’autre à fruit plus gros, de couleur blanc crème.
Ce fruit constitue la partie recherchée dans la plante ; c’est un légume sain, très agréable, de saveur peu prononcée. Dans les Antilles on le soumet à diverses préparations culinaires. Macfacdyen et Lunan disent qu’on en fait d’excellentes tartes en l’additionnant de jus de citron et de sucre. Ces auteurs ajoutent que la racine bouillie ou rôtie est saine et très agréable au goût. A la Réunion et à Maurice, on fait avec le fruit des conserves préparées au naturel.
A Madère, la Chayote est un légume favori très estimé. Selon Lowe, la variété à gros fruit, de couleur blanche, quoique ayant meilleure apparence, serait considérée comme étant de moins bonne qualité que la variété verte.
Cultivée à bonne exposition abritée, dans le Midi de la France, la plante prend un grand développement et fructifie assez abondamment; aussi se répand-t-elle chaque jour davantage dans la région méditerranéenne.
Depuis plusieurs années, on s’attache à répandre l’usage de ce légume, et, tous les hivers, nous le voyons figurer à Paris dans les boutiques de quelques marchands de produits alimentaires exotiques.
(I) Ce sujet reçoit tous les développements qu’il comporte
dans un volume que vont mettre en vento MM. Baudry cl Cie,
sous ce Litre : Les Méthodes de synthèse en minéralogie, Cours professé au Muséum, par M. Stanislas Meunier.
Ce serait certainement une excellente ressource pour nos tables pendant la mauvaise saison et l’on ne saurait vraiment trop encourager sa propagation. Mais, pour que ce fruit entre dans la consommation d’une manière courante, il faudrait que des cultivateurs intelligents en entreprissent la culture, sur une large échelle, en Algérie. La plante est déjà cultivée depuis longtemps dans notre colonie africaine; mais, jusqu’à ce jour, elle n’est pour ainsi dire pas sortie des jardins d’amateurs. Dans cette région, la production est considérable : on cite des pieds sur lesquels on a récolté jusqu’à 200 fruits.
La Chayotese conservebien et supporte parfaitement les longs voyages ; convenablement emballée dans de la paille, elle pourrait nous arriver à Paris pendant une bonne partie de l’hiver, en exceptant naturellement les périodes de grands froids. Ce serait un excellent objet de commerce qui trouverait de faciles débouchés.
Préparé comme le Cardon, ce fruit constitue un excellent mets ; d’après M. Hédiard, on peut encore le manger garni de farce, au gratin, à la sauce blanche, au jus de viande, enfin en salade.
Vendue à un prix abordable, la Chayote ne tarderait pas à prendre une place importante parmi nos trop rares légumes d’hiver.
Pour multiplier la plante, on choisit des fruits bien mûrs que l’on conserve entiers exposés à l’air et sur des planches, mais à l’abri de l’humidité et de la gelée pendant la durée de l’hiver. Presque toujours, ces fruits s’entr’ouvrent et commencent à germer malgré les conditions défavorables dans lesquelles ils se trouvent pour cela ; il ne faut pas s’en inquiéter et attendre la fin des grands froids pour les planter tels quels en évitant de briser les jeunes pousses.
On peut faire grimper les tiges sur des
LA CHAYOTE (Sechium edxde ).
A, rameau. B, fleur femelle. C, fleur mâle. D, Fruit.
treillages, sur des murs ou sur des tonnelles, mais on peut aussi les laisser s’étendre sur le sol comme celles des Courges et des Potirons.
de faire paître leurs troupeaux. Ils sont sales et négligents dans leurs habits. Us vivent de laitage et de cé-
D. Bots.
LES RACES DE L INDE
LES TODAS (Suite).
A la célébration d’un mariage parmi de riches Badagas, tribu dont nous parlerons dans un prochain article, les Todas reçoivent chacun un présent do un quart de roupie à une demi-roupie (1).
C’est qu’en effet les Todas, nommés aussi Todars ou Todavas, sont considérés par les autres tribus comme les rois ou les propriétaires de la montagne. Ils ne cultivent pas la terre et n’ont d’autre occupation que d’élever et
réales.
Les villages des Todas s’appellent « mands » ou « molts ». Nous en donnons ci-après la reproduction d’après photographie.
En voici la description : Chaque mand comprend ordinairement environ cinq bâtiments ou cases. Trois d’entre elles servent d’habitation, une de laiterie et une autre d’abri pour les vaches durant la nuit. Ces cases offrent une construction spéciale. Elles sont de forme ovale et façonnées en pente. Elles ont ordinairement 3 mètres de haut, 5m40 de long et 2m70 de large. La porte a 0"’80 de haut et 0m4:> de large. Elle se ferme au moyen d’une solide planche en bois de 0m10 à 0mUi d’épaisseur qui se trouve en dedans de la case ou baraque, et glisse entre deux solides pieux. 11 n’y a aucune autre ouverture. Les maisons ont un aspect propre et agréable. Elles sont bâties en bambous unis ensemble et solidement liés et
(1) C’est-à-dire 0 fr. 50 à 1 franc.
attachés avec du rotin. Chaque maison a enfin ses murs en bois solide : les côtés, sous la toiture en pente, sont couverts par de la terre gâchée qui s’appuie sur le sol. L’intérieur de la case a environ de 2m50 à 4m50 carrés. Sur l’un des côtés est une plate-forme élevée ou « pial », formée de terre glaise, d’environ 0m60 de haut, couverte avec des peaux de daims ou de buffles, quelquefois avec une natte. C’est le lit habituel du Toda. De l’autre côté est un foyer et une légère élévation sur laquelle les ustensiles de cuisine sont placés. La laiterie, qui est, en même temps, le temple du village, est un peu plus vaste et contient deux appartements séparés par une cloison. L’un d’eux sert de lieu de dépôt pour, le laitage.
En 1867, le nombre des mands était de 106 avec une population de 704 habitants. En 1871, le nombre total des Todas était retombé à 693 comprenant 403 hommes
les Todas avec leur famille s’assemblent à la maison mortuaire, et si, comme le cas s’est présenté la dernière fois, il y a trois morts, ils se divisent en trois groupes. On conduit ce même jour, dans un parc, le nombre de buffles qui doivent être sacrifiés. Ils étaient la dernière fois au nombre de huit, dont deux pour chacun des morts dont on faisait mémoire. Quand les buffles sont enfermés dans le parc, les jeunes gens quittent leurs vêtements et se précipitent sur les animaux. Ils se suspendent à leur cou et à leurs cornes pendant qu’on attache une cloche au cou de chacun.
Les cérémonies du second jour sont plus importantes. Tout d’abord, les cendres sont portées hors de la maison, recouvertes de toile neuve et placées dans un mur en pierre. Les Todas se tiennent autour. Ils commencent par réciter quelques sentences, puis chacun place sa
LES RACES DE L’INDE. — Village de Todas, reproduction directe d’àprès une photographie.
et 288 femmes et en 1881 à 673 (1) dont 382 hommes et 293 femmes.
Voici pour terminer notre élude sur les Todas un aperçu de leurs cérémonies funéraires. Ces cérémonies auxquelles ils donnent le nom de Kédu ou « funérailles sèches » ont eu lieu à Ootacamund les 24 et 23 du mois de janvier dernier. Pour augmenter la solennité de ces rites funèbres qui sont pour eux de véritables fêtes, ils célèbrent ensemble deux ou trois funérailles. En effet, après que le corps d’un Toda a été brûlé (c’est ce qu’ils appellent les funérailles fraîches), on conserve les cendres dans la maison du défunt jusqu’à ce qu’on célèbre les funérailles sèches.
Le gouvernement anglais a restreint le nombre des buffles mis à mort en cette occasion et même avant de tuer ces animaux ils doivent demander la permission au collecteur du district. Les Ivoters ou Kotas, autre tribu dont nous nous occuperons bientôt, sont présents à ces sortes de cérémonies en qualité de musiciens et ils ont droit aux cadavres de tous les bufflès.
Les cérémonies durent trois jours. Le premier jour,
(1) Cette diminution de la race est due, on le sait, à la pratique de la polyandrie, qui, ces dernières années, comme nous l’avons dit jadis dans cette Revue (1889, p. 244), est devenue beaucoup moins générale parmi eux, certains Todas étant très fiers de n’avoir qu’une seule épouse.
main sur les restes et s’incline jusqu’à ce que son front touche la toile qui enveloppe les cendres. On porte alors les cendres jusqu’au trou qui a été creusé à l’entrée du parc et chacun des parents jette trois poignées de terre dessus et ensuite dans le parc où se trouve le bétail. Le sacrificateur s’avance ensuite avec des guirlandes de lianes qu’il lance aux buffles. C’est le signal du coup de grâce. Les buffles, effrayés, qui ont été affolés par le traitement auquel, durant les heures précédentes, les ont soumis les jeunes gens, en les excitant de toutes manières, se précipitent avec fureur vers lui et quelquefois franchissent le mur du' parc et prennent la fuite. Mais bientôt ils sont pris, ramenés vers le parc et massacrés. La scène qui suit est réellement cruelle. Un buffle est assailli, et avec les Todas suspendus à son cou et à ses cornes, on l’entraîne au temple où le premier prêtre lui assène un puissant coup de hache entre les deux cornes, ce qui l’étourdit sans le tuer. On pratique ensuite une large blessure dans l’avant de la jambe de l’animal, et le second prêtre plonge quelques lambeaux d’écorce dans la plaie. 11 donne ainsi du sang aux parents des défunts qui vont le répandre sur les cendres en murmurant quelques paroles dont le sens est celui-ci : « Puisse l’âme abandonner ces cendres. »
Hector Léveillé.
Note à propos de l’article :
Histoire des Acariens des Végétaux
J’avais d’abord eu l’intention de répondre à M. Trouessart; mais, d’après le ton qu'il a donné à sa note, je serais forcé de devenir rapidement discourtois.
S’il avait lu mon article avec attention, il aurait vu que « certains naturalistes français (et je le maintiens) soutiennent encore l’opinion de Donnadieu ». Je n’ai pas dit qu’il fit partie de ceux-là. pour le moment , ni moi non plus : ce n’est donc pas une opinion personnelle que j’émets ni un retour en arriére. En outre, si M. Trouessart avait bonne mémoire, il se souviendrait que, lui-même, depuis longtemps acarologiste distingué, il a reproduit, vers 1886, dans l’article Acarien de la Grande Encyclopédie « l’erreur étonnante et presque incompréhensible commise par Donnadieü en 1875 », alors que plusieurs travaux allemands publiés quelques années auparavant contredisaient l'opinion de Donnadieu. Etant donnée la logique de sa note, je suis forcé do croire qu’il n’en connaissait ni le contenu, ni mémo l'existence»
11 est regrettable' que >1. Trouessart, se fasse le champion d’une banalité du vieux temps, en reprochant aux naturalistes français de ne pas connaître les travaux étrangers. S’il lisait les mémoires originaux publiés actuellement en France, il verrait qu’on a depuis longtemps fait justice de cette légende, qui n’est plus guère répandue à l'étranger que grâce à quelques
A. Ménégaux.
Nous considérons donc cette polémique comme terminée.
CONSERVATION DES ANIMAUX MARINS
(Suite.)
Ecliinodcrnin — - Anlnlou rusacea s’immerge directement dans l’alcool à 70°; A. phalanginus est tuée dans l’alcool à 90°. Les formes larvaires s’anesthésient par l'hydrat,e de chloral à 1 00/00 ; les stades plus avancés se tuent au sublimé concen¬
Fig. 22. Echinoderma, Asterias. — Fig. 23. Echinoderma, Brisinga. — Fig. 24. Echinoderma, Ophiotrix .
tré. — Asteroidea : les SteUerides sont tues dans l’alcool de 20 à 30 0/0 ; Luidia est fixée avec le mélange chromo-acétique, puis mis dans l’alcool faible. Les Brisihga sont portés rapidement dans l’alcool absolu. Les Ophiurides meurent dans l’eau douce; Ophiomyxa pentagona qui a lo corps mou, est durci à l’acide chromique à 4/2 0/0 ; Ophiopsila annulosa sera tuée directement dans l’alcool absolu. — Echino'idea : pour préparer les oursins avee les pieds ambulacraircs étalés, on verse dans l’eau de mer le mélange chromo-acétique ; puis on transporte dans l'alcool ; si on veut conserver l’animal pour l’anatomie, on pratiquera sur le test, deux petits trous opposés pour que le liquide puisse pénétrer dans l’intérieur. Si on veut conserver les oursins à sec, on les laissera quelques jours dans l’alcool à 70° et on fera sécher à l’air ou au soleil.
Holotliurioidea. — Les Holothurie et Stichopus sont plonges par leur partie antérieure dans l’acide acétique concentré, pendant qu’une autre personne injecte do l’alcool à 90° par l’ouverture anale de l’animal ; dès que l’holothurie est mort, on l’immerge dans l’alcool à 70°. Les Thyone, Thyonidium, Phyllo-
Fig. 25. — Holotliurioidea, Holothuria.
Synapta.
phorus sont saisis par le cou et on immerge tout le corps dans l’acide acétique ; aussitôt après on transporte dans l’alcool faible. Pour Ci/ri/'naria Planci, l’injection d’alcool se fait par la bouche. Les Synapta se fixent par immersion dans un tube avec de l’eau de mer et de l’éther en parues égales ; on lave à l’eau douce et on porte progressivement dans l’alcool ; 1 ’Auriculûria se fixe par le mélange de sulfate de cuivre et do sublimé. Enteropncusta. — Les Balanoglossus sc fixent par l’acidc
Fig. 28. — Enteropncusta, Balanoglossus.
chromique à 1/2 0/0; la Tornaria se tue par le mélange de sulfate de cuivre et de sublimé.
Vernies. — Les Ceslodes sont fixés par le sublimé concentré froid ; les Trématodes par le sublimé concentré chaud. — Les Rhadocœla et Dendrocœla, étendus dans un peu d’eau, sont tués par le sublimé concentré bouillant, et versés immédiatement dans l’eau douce pour refroidir le liquide et les animaux ; on transporte ensuite dans l’eau douce puis dans l’alcool. Les larves de Mueller se tuent aussi par le sublimé froid ou chaud. Les Nemertini sont d’abord anesthésiés dans une solution d’hydrate de chloral dans l’eau de mer à 1 00/00 où ils restent de 6 à 12 heures; après quoi on durcit dans l’alcool. La forme
Fig. 29. Yermes, Bonellia. — Fig. 30. Vermes, Pontobdella. — Fig. 31. Vermes, Branchellion.
Pilidium peut se tuer avec le sublimé concentré. — Les Nématodes libres et parasites sont toujours tués par le sublimé concentré ou la liqueur de Kleinenberg. — Les Chœtognatha se fixent par le mélange de sulfate de cuivre et do sublimé. — Gephyrea : Les Sipunculus sont tués par l’acide chromique à 1/2 0/0; les Phascolosoma réussissent bien dans l’eau de mer alcoolisée ; Phoronis reste 2 heures dans l’eau de mer alcoolisée et est tué ensuite par le sublimé concentré bouillant. Les grandes Bonellia , après avoir bien étendu leur trompe, sont rapidement plongées dans le liquide de Kleinenberg, on laisse une heure et on passe dans l'alcool. — Hirudineï: les Pontobdella et les Branchellion se tuent dans l’alcool chromique (alcool à 70°, acide chromique à 1 0/0 en parties égales) à 1/2 0/0. — Pour
Fig. 32. Vermes, Serpula. — Fig. 33. Vermes, Aphrodita.
les Chœlopodes, on mélange à l’eau de mer S 0/0 d’alcool absolu et on immerge les bêtes à tuer de 2 à 12 heures, suivant les espèces; le durcissement se fait dans l’alcool à 70°; on conserve définitivement dans l’alcool à 90°. Les genres Polymnia et Lanice sont tués par le mélange de sublimé et d’acide chromique. Le Siphonostomum diplochaitos se tue dans une solution d’hydrate de chloral à S 0/0, en durcissant ensuite par l’acide chromique à 1 0/0. Les Hermionidæ s’immergent directement dans l’alcool à 70°. Les Chœlopteridse, Sternaspidse, Spirographis, Protula se tuent dans l’acide chromique à 1 0/0. Avec le sublimé concentré froid, on tue les Amphictenidæ,
Hermellidæ, Serpulidæ, Aphroditidæ, quelques Polynoinæ, Eunicidæ. Les Alciopidæ se fixent bien par le mélange de sulfate de cuivre et de sublimé.
(A suivre.) P. G.