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ET CHEZ LES PLANTES

(Suite.)

Étudions, pour exemple, l’embryogénie la plus complète, celle d’un Trématode (flg. 1 à i : d’un Distomum. 11 nous offrira le cas général d'une larve aquatique libre au début, nageant au moyen de nombreux cils vibratiles à la rencontre d’un hôte, un mollusque le plus souvent. Cette larve est désignée sous le nom de Rédie si elle a un tube digestif, ou de Sporocyste si elle n’en a pas.

Sporocyste ou Rédie renferme un grand nombre de cellules embryonnaires rassemblées en plusieurs amas. Dès que la larve a pénétré dans le corps d’un hôte, ces cellules embryonnaires s’organisent en de nouvelles larves d’une structure différente, munies de tube digestif, système nerveux, appareil excréteur, organe des sens et d’une queue : ce sont les Cercaires; ils quittent le premier hôte et nagent jusqu’au moment où ils ren-

Fig. 1. Embryon de Distomum. — Fig. 2. Sporocytes provenant d’un embryon de Distomum, avec des Cercaires. — Fig. 3. Rédie de Distomum. — Fig. 4. — Cercaire libre.

contrent un hôte de deuxième ordre dans lequel ces larves s’enkystent. Ainsi recouverts d’une épaisse cuticule les Cercaires persistent, attendant que leur hôte soit dévoré par un animal quelconque. Ici le hasard joue un grand rôle, car si cet hôte de troisième ordre n’appartient pas à l’espèce voulue, les Cercaires meurent ; si au contraire le hasard les a bien servi, ie suc gastrique dissolvant la cuticule sans toucher au parasite celui-ci peut terminer son évolution.

Nous venons de décrire le cas le plus compliqué. D’ordinaire il n’y a qu’un seul hôte intermédiaire, mais il peut y avoir d’autres particularités. Ainsi chez le Tamia Echinococcus parasite du chien, la larve Cysticerque ne donne pas qu’un seul adulte : du fond de son invagination naissent plusieurs têtes qui seront autant d’Echinocoques (1).

ig.o. Échinocoque avec des tètes on voie de développement.— Fig. C. Tètes d’Échinocoquc : A, invaginée; B, dévaginée. — Fig. 7. Taenia echinococcus.

(1) L’hôte intermédiaire appartient souvent à une classe inattendue, ainsi c’est le Moustique qui transmet à l'homme, par ses piqûres, la Filaria sanguinis hominis (Nématode).

Comme exception, citons la larve de Trichine qui n’est jamais libre. Elle évolue d’abord dans le corps de la mère, passe de là dans le tissu conjonctif ou musculaire de l’hôte et s’enkyste, attendant que la chair qui la renferme soit ingérée par l’animal nécessaire à sa complète évolution.

Mais ce qui distingue le Trématode de tous les autres parasites et en fait en quelque sorte un cas exceptionnel, c’est sa multiplication par Cercaires. On pourrait, semblet-il, assimiler ces Cercaires aux spores des Cryptogames. Si nous étudions d’ailleurs l’évolution d’une Urédinée, nous retrouverons en même temps qu’un hôte intermédiaire ces alternances de phases libresetparasitaires avec multiplication larvaire. Comment procède en effet VÆcidium Berberidis (Puccinie du gramen)?

Parasite des Graminées, son thalle produit par place des amas de spores qui, mises ën liberté, retombent sur la même plante ou sur une plante voisine et multiplient le cryptogame durant tout l’été, c’est la rouille orangée. Dès l’automne naissent des spores allongées divisées en deux par une cloison transversale et percées au sommet, ces spores constituent la rouille noire et passent l’hiver en cet état.

Puis arrive le printemps, ces spores s’allongent, s’effilent et donnent de légères sporidies destinées à être dispersées par le vent. Si par hasard l’une d’elle tombe sur une jeune feuille d’épine vinette ( Berberis vulgàris), elle germe émettant un tube grêle qui s’enfonce et s’étale dans le parenchyme. Ce thalle nouveau donnera deux sortes de productions.

Tout d’abord, sur la face supérieure du limbe, les filaments du thalle se rapprochent, se ramassent sous forme de bouteilles intérieurement tapissées de poils serrés. Ces bouteilles se font jour à l’air libre et les poils intérieurs s’étalent au dehors en pinceau. Bientôt, vers le fond de l’organe se constituent de nombreux chapelets de spores, spores qui germeront dans la terre humide et donneront des spores secondaires devant servir à la reproduction du parasite sur le Berberis.

Plus tard, sur la face inférieure du même limbe et par un procédé identique, se forment des cupules au fond desquelles se produisent les spores, destinées, celles-ci, à assurer la reproduction sur le blé nouvellement germé. Puis le cycle recommence.

Il n’y a évidemment pas entre le Distome et l’QEcidie identité parfaite; l’évolution du cryptogame est plus complexe; le Cercaire ne se reproduit pas sur son hôte, l’adulte non plus, mais il y a, semble-t-il, analogie réelle entre la sporifleation de la Puccinie et la formation des Cercaires du Distome.

Cette reproduction asexuée nous amène à parler d’un genre curieux de parasitisme qui nous est offert par certains Nématodes, entre autres un Anguillulidé, le Rhabdonema nigrovenosum du poumon de la grenouille. Le phénomène est ici plus remarquable : les larves nées dans l’organe attaqué remontent le long des bronches, tombent dans le tube digestif, d’où elles sont expulsées au dehors avec les excréments.

Libres sur un sol forcément humide, ces embryons ou Rhabditis acquièrent les organes sexuels, puis se fécondent entre eux. Il en résulte une deuxième génération larvaire dépourvue de sexualité, qui devra pénétrer, pour devenir adulte, dans l’appareil respiratoire d’un amphibien.

Tout se passe donc ici par voie de fécondation ; rien de semblable, de près ou de loin, ne se rencontre chez, les végétaux.

Étienne Raiiaud.

(A suivre.)

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 22 juin

-.1/. A. Trëcul fait à l’Académie !

! qui, vus

le Bulletin. Elle traite de la formation des feuilles des Æsculus et des Pavia et do l’ordre d’apparition do leurs premiers vaisseaux. — M. Louis Roule adresse, par l’intermédiaire de M. Milne-Edwards, une note sur le développement des feuillets blastodermiques chez les Crustacés Isopodes {PofceUio scabet •). Dans une précédente note l’auteur avait montré déjà l’origine du blastoderme des embryons de Porcellio. — M. Duchartre présente une note de M. Henri Jumelle sur le dégagement d’oxygène par les plantes, aux basses températures. Dans les régions polaires ou à de hautes altitudes, certains végétaux résistent à de très basses températures. Là où régnent des froids persistants de — 50°, on rencontre encore une grande quantité de cryptogames et même quelques conifères , tels quoie Pin et le Genévrier. Les plantes soumises à ces froids intenses, sont, en général, à l’état de vie latente, ne respirant, ni n’assimilant plus. Au-dessous de zéro la plupart des cryptogames se dessèchent, ce qui sullit pour arrêter les échanges

portent, au point mêmes conditions

de parer

iitions de température les cryptogames ou les conifères non desséchés. Ces recherches ont été faites au laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau dirigé par H. Gaston Bonnier. 11 résulte de ces études que : chez les plantes capables de résister, humides, aux froids intenses, la décomposition de l’acide carbonique peut persister à de très basses températures, alors que la respiration est depuis longtemps supprimée. Des conifères tels que l’Epicea et le Genévrier, uu Lichen, 1 ’Enervia prunastri, ont assimilé, à la lumière de carbone de l’air dans une atmosphère où la température s’est abaissée jusqu’à — 33» et — 40». — MM. J. Kunckel d’Herculais et Ch. Langlois font, par l’intermédiaire de M. Duune communication sur les champignons parasites des ;. Depuis plusieurs années, M. J. Kunckel a été i voyé en mission en Algérie pour étudier les aux ravages des criquets ; il s’est attaché Stauronotus maroccanus n’étaient pas atteints par une affection cryptogamique capable de déterminer la mort et susceptible d’étre développée artificiellement. Une affection cryptogamique a bien été constatée, mais il semble qu’il faut considérer cotte affection comme superficielle. Les auteurs de la note concluent donc qu’on se trouve en présence d’une affection parasitaire bénigne, n’attaquant que des individus parvenus au terme de leur évolution et qui parait no se transmettre que très difficilement aux insectes. Il semble à MM. J. Kunckel et Ch. Langlois qu’il n’est pas possible de fonder des espérances sur un mode de destruction reposant sur le développement artificiel des Champignons parasites observés sur les Criquets pèlerins. Nous ajouterons que ce Champignon, qui d’après les auteurs doit être le Polyrhizium Leptophyei, peut certainement ne. pas avoir d’influence nocive sur les criquets en question, mais il est fort possible, sinon probable, qu’un autre cryptogame ayant une action plus active, c'est-à-dire éminemment nuisible sera trouvé. Nous mentionnerons à ce sujet que M. Charles Brongniart, par un télégramme adressé de Mustapha, le 19 juin dernier, annonçait qu’il avait obtenu de bonnes cultures des Rotrytis des Acridiens. — M. Fouqué présente au nom de M. A. Lacroix une note sur les granités prétendus postsecondaires de l’Ariègc. Quelques géologues admettent une venue granitique postérieure au terrain jurassique. L’étude des points considérés a conduit l’auteur de la note à des conclusions différentes,1 établissant l'antériorité du granité aux dépùts jurassiques. — M. J. Roussel adresse à l’Académie, par l’intermédiaire de M. Fouqué, une communication sur l’âge d’un granité porphyroïde des Pyrénées-Orientales. L’auteur apporte un certain nombre d’observations à l’appui de la thèse de Dufrenoy qui avait signalé à Saint-Martin (Pyrénées-Orientales) un granité qui envoie des filons dans le -

fère de l’infracrétacé, et qu’il considère comme très récent. Le granité porphyroïde de la partie nord-ouest des Pyrénées- Orientales s’est injecté sous forme de filon, dans les calcaires et les marnes de l’infracrétacé ; il est placé mhi- le quartzite ferrugineux de l’étage cénomanien. 11 semble donc qu’il ait fait irruption au commencement de la période < des plus grands cataclysn M. Charles Henry entretient l’A expérimentales sur l’entrainement musculaire. — M. Etienne Rollet fait présenter par M. Vorneuil, une note sur les malagrands singes. Scs recherches ont porté sur Gorilles, Orangs et il en résulte qu’il y a une grande analogie, sinon complète, des hommes et des grands anthropomorphes.

Séance du 29 juin 1891

Algérie sont toujours la grande question du jour ; un moyen pratique de s’en débarrasser : M. Kunckel d’Herculais, envoyé en mission à ce sujet en Algérie, étudie sérieusement cette invasion, le palliatif n’est malheureusement pas encore trouvé ! il/. Charles Brongniart, notre collaborateur, ainsi que nous l’annonçons ci-dessus dans la dernière séance de l’Académie, est bien proche de trouver un remède à cette affection, si nous pouvons parler ainsi. 11 a pu reconnaître une épidémie considérable de criquets causés par un Botrylis, que M. Tràbut a nommé B. acridiorum : beaucoup de' mâles et de femelles étaient morts, et, chose importante à considérer, la plupart des femelles mouraient sans avoir pu pondre. M. Brongniart, en collaboration avec M. Marchand, a essayé des cultures de ce Rotrytis : les essais ont pleinement réussi. — .11. Dareste fait une communication sur l’embryologie de ht poule, traitant de la formation du mésentère et do la gouttière intestinale de l'embryon. - - M. Chauveau présente une note de M. Joannes Clialin sur l’aiguillon de l 'Heterodera schachlii. Ce effet, est armé d’un aiguillon ou stylet qui, par son mode de fonctionnement, offre un intérêt spécial. Cet organe se montre dissemblable dans les doux sexes. — M. A. Giard , après avoir énuméré les trois groupes connus de champignons entomophytes, c’est-à-dire les Laboulbeniacées, les Enthomophtborées, les Hypocréacées, place un quatrième groupe, les Cladosporées, désignées entomophytes. — M. Pierre Lesage adresse par l’intermédiaire de M. Duchartre une communication apportant des contributions à l’élude de la différenciation de l’endoderme. — M. Aime' Girard présente, par l’intermédiaire de M. Shlcesing, le résultat de ses études sur la destruction du Peronospora Schachlii delà betterave à l’aide des composés cuivriques (3 % de sulfate de cuivre et 3 % de chaux). — L’exercice musculaire d’après une communication .de M. Ckibret, agit sur l’excrétion do l’urée selon l’état d’entrainement du sujet. Avec un entrainement suffisant, l’exercice musculaire détermine une augmentation de l’urée. Au contraire, il y a diminution lorsque l’entrainement que l’exercice augmente de façon à provoquer

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