‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 162 sur 240 · GRANIT NODULEUX · texte numérisé non relu

GRANIT NODULEUX

En Vendée le granit recouvre une grande surface; la vallée de la Sèvre y trace un sillon sud-est nord-ouest qui marque la direction des reliefs les plus accusés consistant en collines et en plateaux. Les collines se profilent à l’horizon par des lignes soutenues sur lesquelles les sommets qui ne dépassent pas trois cents mètres d’altitude déterminent cependant des saillies sensibles. Les roches éruptives ou stratifiées partagent la direction marquée : par les sommets granitiques, par les porphyres, par les dépôts houillers et graphiques de Chantonnay à Vouvant et à Faymoreau.

En plusieurs points, les granits, les gneiss et les micaschistes sont traversés par des porphyres quatzifères et des

amphibolites qui peuvent compléter la série de roches que l’on rencontre avec les mêmes caractères dans le centre de la France.

Une autre particularité très curieuse des mêmes granits est de renfermer des noyaux dont je dois un beau spécimen à l’extrême obligeance de M. le Dr Miquen. Il a été recueilli en plein granit à la carrière de Riaillié, commune de Saint-Hilaire-de-Lonlay, à cinq cents mètres au nord de Montaigu (Vendée). La trouvaille de semblables noyaux est des plus rares ; d’après M. le Dr Miquen, elle n’a pas été faite plus de cinq ou six fois depuis vingt ans ; mon aimable correspondant en conserve un échantillon d’un quart plus petit que celui qu’il a bien voulu m’offrir.

Ce dernier présente, comme le montre la figure jointe à cet article, la forme d’un ellipsoïde aplati, sensiblement régulier, dont les trois axes mesurent respectivement douze, huit et sept centimètres. Ce très bel échantillon esta l’extérieur fort brillant à causede l’abondance

(1) Sur l’individu provenant de Cuba, la lèvre du côté gauche est garnie de neuf supéro-labialcs, la cinquième étant divisée anormalement.

<ics lames de mica noir qui l’enveloppent complètement ; I noyaux granitiques, j’ajouterai que j’ai cherché en vain mais le mica n’est en proportion exceptionnelle que tout I dans celui-ci le calcite dont M. de Kroustchoff a indiqué

Noyau ellipsoïdal de'granit recueilli dans la carrière de Riaillié, prés Montaigu (Vendée). Grandeur naturelle, échantillon

du Muséum.

à fait à la périphérie. Un trait de scie au travers du modèle montre qu’à l’intérieur de celui-ci les paillettes sont en quantité tout à fai t normale et n’observent aucune orientation spéciale. Il s’agit donc, non pas, comme on pourrait le croire, d’une masse sphéroïdale constituée par des feuillets concentriques comparables aux tuniques d’un organe, mais d’un noyau de granit à structure or- | dinaire enveloppé d’une sorte de gaine micacée qui le j sépare de la roche granitique dans laquelle il est empâté. L’examen microscopique d’une lame mince montre comment les faisceaux de lames de mica enveloppent les éléments de la région superficielle : on y voit aussi j que ce mica, très brun comme la biotite, passe çà et là j d'une façon insensible au mica blanc ; il est 1res actif sur la lumière polarisée et se colore très vivement. Les i paillettes micacées sont habituellement tordues et brisées par les autres minéraux qui. attestant leur ancienneté relative, sont venus se monter sur elles.

Le quartz est remarquable par le très grand nombre de ! ses inclusions, les unes entièrement solides, les autres i contenant un noyau liquide ou gazeux. Dans la première catégorie sont de véritables cristaux, tantôt circulaires' à la façon du rutile, tantôt ayant la forme du quartz luimême. Il faut rapprocher de ce dernier des inclusions de la forme d’une section suivant l’axe du prisme bi pyramide, mais dont la substance consiste en granulations opaques.

Le feldspath comprend de l’orthore, du microiline et du plagioclase en lamelles hémitropes. Dans le microiline, parfois à texture quadrillée très nette, on retrouve, | outre des paillettes micacées et une matière nébuleuse I blanchâtre, de longues aiguilles cristallines analogues à I celles déjà mentionnées dans le quartz.

Sans oser risquer une hypothèse quant ;YTorigine des

l’existence dans ses modèles analogues signalés aux environs de Vermont, aux États-Unis, par Hithchock et que nulle part les acides n’y ont provoqué d’effervescence sensible. Stanislas Meunier.

La Flore de l’Inde dans ses rapports avec la Flore de France

(Suite.)

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