‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 167 sur 240 · Pied lisse · texte numérisé non relu

Pied lisse

A. Pied squamuleux-écailleux; 12 à 14 centimètres : M. gigas.

B. Pied glabre ou poussiéreux.

a. Chapeau conique : M. semilibera.

b. Chapeau ovale : M. patula.

En réunissant les caractères de ces deux genres on arrivera facilement à constituer une famille desMorchellées, caractérisée d’après M. Boudierparun « hyménium alvéolé, à côtes stériles sur la tranche ». Cette famille réunie à celle des Helvellées dont nous aurons occasion de parler plus tard, formera la tribu des Mitrées dans laquelle les réceptacles sont disposés en massue ou en chapeau et toujours pédicules.

Toutes les Morilles sont comestibles; les accidents signalés en Allemagne, il y a quelques années, doivent être attribués probablement à la consommation de quelque espèce de la famille des Helvellées. Il n’est pas étonnant que la perfection et la valeur vénale de la Morille aient fait naître des tentatives de culture. Cordier dit qu’un cultivateur était arrivé à produire des Morilles en semant des fragments de ce champignon sur une I couche préparée en vue de la culture de l’agaric. La couche ne doitpas être profonde (15 centimètres au plus) et disposée de telle sorte que l’eau ne puisse y séjourner : l'air et la lumière doivent être distribués avec mesure. Je ne crois pas que ces expériences aient été reprises.

Le mycélium serait utilisable. 11 y aurait la matière a recherches et à expériences d’un véritable intérêt scientifique et culinaire. On a remarqué en effet que la Morille persistait au môme lieu pendant de longues années consécutives.

Tout récemment, un amateur de Falaise a prétendu être arrivé à cultiver la Morille : je ne sais malheureusement pas ce qu’il faut en croire. M. le baron d’Yvoire a de son côté fait connaître un procédé simple et facile (sur le papier) de récolter des morilles dans son jardin. L’honorable expérimentateur parait tellement sùr du succès qu’il n’hésite pas à dire que le terrain de culture ne doit pas être « éloigné d’une grande ville afin de pouvoir vendre les morilles dans toute leur fraîcheur. On pourrait, il est vrai, faire des conserves de morilles en boîte, avec la certitude d’en trouver promptement un facile débit. » Le procédé sùr et facile de M. le Baron consiste à préparer un carreau d’artichaut et à y jeter çà et là quelques morilles fraîches ou sèches pour la semence. Mais ce n’est pas tout : à l’automne, au moment de donner une couverture aux artichauts, on doit répandre sur le carreau du marc de pommes sur une hauteur de 1 centimètre. 11 parait que le marc de poires ne produit que des Pézizes. Cette préférence exclusive de la Morille me rappelle la boutade d’un médecin qui pendant une épidémie cholérique avait soigné deux de ses clients avec des haricots. L’un, menuisier de son état, était mort, l’autre, un maçon, se portait comme un charme. Interrogé surles effets si opposésduféculentetharmonieuxlégume, l’Esculape, sans être embarrassé une minute, avait répondu : « Haricot bon pour les menuisiers, mauvais pour les maçons. » On pourrait peut-être trouver une cause du même genre à la préférence de la Morille pour la pomme, et cet amour de la pomme est tel qu’il a donné lieu au fait suivant que je n’invente pas, mais dont je ne saurais garantir l’authenticité. Le propriétaire d’un parc voisin du castel de M. le baron d’Yvoire avait offert à une

compagnie de pompiers des rafraîchissements accompagnés de pommes. Les pompiers avaient rejeté (comment et par où!) les débris de pommes qu’ils avaient mangés. Au printemps suivant la place de chaque pompier était restée marquée par des Morilles disposées en un rang très régulier.

Fermons la parenthèse et recouvrons le marc d’un lil de feuilles. Vers le 1er avril, il faudra en enlever une portion; c’est là, paraît-il, la partie difficile de l’opération de laquelle dépend le succès. Vers le 15 avril paraîtront les premières Morilles et la cueillette pourra commencer et se continuer jusque vers le 15 mai.

Le procédé que je viens de signaler aux lecteurs du Naturaliste est comme le sabre de M. Joseph Prudhomme, il est à deux fins : il peut servir à donner des Morilles et, ce qui ne surprendra personne, une quantité considérable de sauvageons qu’on pourra utiliser en pépinières.

Essayez, chers lecteurs, et quand vous aurez mangé des Morilles de vos cultures, vous aurez la bonté de me le faire dire ! P. Hariot.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 27 juillet. — Note de M. Émile Blanchard sur les preuves de communications terrestres entre l’Asie et l’Amérique pendant l’âge moderne de la Terre. Comme dans sa dernière note sur les communications qui ont dû exister entre l’Europe et l’Amérique, le savant professeur du Muséum insiste sur les représentants végétaux et animaux communs aux deux continents. Pour les végétaux : Ce sont des Anémones, des Renoncules, le Tulipier, découvert récemment en Chine, des Violettes, un Erable, des Rosacées, quelques Saxifrages diverses, Ombelliféres, etc... Pour le monde animal, ce sont des Carabes qui n’ont cependant que leurs pattes comme moyen de locomotion, des papillons appartenant à différentes familles, qu’on retrouve depuis l’Europe, la Sibérie et le Kamtschalka jusqu’en Californie. Parmi les Vertébrés, le Souslik de Sibérie se retrouve dans la presqu’île d’Alaska, ainsi que la Zibeline et le Glouton. Comme on le voit, des végétaux et des animaux se sont répandus dans les régions arctiques européennes, asiatiques et américaines accomplissant le périple entier à l’époque de la continuité des terres. — Note de M. Albert Gaudry sur l’Ichthyosaure de Sainte-Colombe (Yonne), offert au Muséum par MM. Millot, et trouvé dans les exploitations des ciments de Vassy. L’examen ostéologique amène M. Gaudry à. nommer pro. visoirement ce fossile Ichthyosaurus Burgundiæ ; cette détermination ne saurait être définitive qu’après une comparaison faite avec les nombreuses pièces du British Muséum et du YVurtemberg. — Note de M. .1. F. Marion. Sur les travaux de zoologie appliquée, effectués à la station maritime d’Endoume durant Tannée 1890. Ces travaux comprennent des relevés statistiques et des remarques sur le régime biologique et la reproduction des espèces de poissons comestibles des côtes de Provence. Le professeur de la Faculté de Marseille signale aux pouvoirs publics l’appauvrissement des fonds en espèces sédentaires, surtout pour ce qui concerne le Maquereau, l’Anchois, et principalement la Sardine, dont les jeunes alevins sont péchés en nombre considérable par des matelots d’origine génoise à l’aide d’engins dont il serait bon de réglementer l’usage. — M. A. Milne-Edwards présente une note de M. .V. Gré liant sur un nouvel appareil, le myographe dynamométrique, lequel a permis à l’auteur collaborant avec M. Ch. Quinquand de mesurer la puissance musculaire chez des animaux soumis à un certain nombre d’intoxications par l’oxygène comprimé, l’alcoolisme aigu et le curare. — M. Marey présente une note de .1/. Aug. Charpentier sur la relation entre les oscillations rétiniennes ei certains phénomènes entoptiques. Cette note complémentaire des précédentes du même auteur sur le même sujet explique comment les surfaces blanches soumises à un mouvement de rotation déterminé colorent uniformément en violet pourpre. Cette coloration serait la vision entoptique du pourpre rétinien. — M. Bouchard présente une note de M. G. Colin dont diverses

expériences prouvent, contrairement à l’idée admise dans ces derniers temps, que la chèvre n’est pas réfractaire a la tuberculose. — M. Chauveau présente une note de M. Lortet sur les microbes pathogènes des vases de la mer Morte. On sait que les eaux de ce lac ne renferment aucun organisme vivant, végétal ou animal. Mais les vases du fond diluées convenablement et ensemencées dans des milieux nutritifs ont produit deux micro-organismes très reconnaissables, celui de la gangrène gazeuse et' celui' du tétanos, qui avaient résisté au contact de ces énormes masses d’eau chargées cependant de sels nocifs en quantité* considérable. — M. de Lacàzé-Diithiers présente une note de M. P. Marchai sur l’appareil excréteur des Caridies et la sécrétion rénale des Crustacés. L’auteur signale les variations qui se présentent dans les diverses parties de cet appareil chez la Nika edulis, Alpheus ruber, Candina. Desmarestii. — M.' de laeaze-Dulhiérs présente une note de M. b. Saint-Remy sur le système nerveux des Monocotylides. Les observations de l'auteur ont porté sur deux types : Pseudocotyle squatlnœ.. et Microbothrium apiculatum ; elles montrent que ce système nerveux est construit sur le même plan que celui des Tristomides avec une complication plus grande bien qu’inattendue. — M: Duchartre présente une note de 1/1/ Kilnckel d’Herculais et Frédéric Saliba sur le Rhizœcus faicifer (Künck.) Cette cochenille hypogée fut découverte en 1878 par M. Kiinckel dans les serres du Muséum. Sa présence plusieurs fois signalée depuis dans diverses localités vient d’ètre de nouveau constatée par M. Saliba en Algérie où elle cause le dépérissement du cep dans certains vignobles. Cette découverte soulève plusieurs questions : 1° Celle de connaître la. plante type sur laquelle se développait originairement cette cochenille avant ses diverses adaptations et ses migrations; 2° cette cochenille est-ello le parasite de la vigne signalé depuis l’antiquité par Strabon. Les auteurs optent pour l’affirmative. — M. Duchartre présente une note de M. Gêneau de Lamarlière sur l’assimilation spécifique dans les Ombelliferes. Des expériences de l’auteur, il résulte que des plantes de la même famille et même appartenant à des espèces très voisines peuvent ne pas absorber l’acide carbonique de l’atmosphère avec la même intensité pour une même surface. Ainsi les Ombeliifères k feuilles très découpées assimilent plus que les Ombeliifères à feuilles entières ou peu découpées, ce qui s’explique par la disposition en plusieurs assises du tissu palissadique chez les premières. — M. Duchartre présente une note de M. G. Poiraull sur les tubes criblés des Filicmées et des Equisétinées. Dans ces familles, on trouve les deux types de tubes des Phanérogames, soit à cloisons terminales à un seul crible, soit à cloisons obliques portant un nombre plus ou moins grand de cribles. Contrairement à l’assertion de M. de Janezewski, on trouve un cal dans toutes les Fougères et les Equisétacées. Les Ophioglossées font seules exception.

Séance du 3 août. — M. de Lacaze-Duthiers présente une note de M. Yves Delage sur le développement des Eponges. Il résulte des recherches de l’auteur que l’ectoderme se forme aux dépens de cellules primitivement intérieures. Quant aux cellules ciliées, elles passent à l’intérieur, sont capturées par des cellules amœboïdes mésodermiques et sont libérées ensuite pour former les corbeilles et les canaux. — M. Giard adresse une note sur l’Isaria densa, parasite du Ver blanc, en réponse à la dernière communication de MM. Prillieux et Delacroix, et résume une série de questions qu’il avait résolues dans des publications antérieures. Il revendique la priorité et accepte la responsabilité de tout ce qu’il a dit relativement à la destruction du Ver blanc par l’Isaria. — M. Blanchard présente une note de M. Le Moult sur le parasite du hanneton. Il rend compte des succès qu’il obtient pour la production artificielle de. la semence de la Muscardine. D’après l’auteur, il se développerait deux appareils fructifères bien différents, quoique produisant des spores identiques. — M. Chauveau présente une note de M. Ch. Cornevin sur l’action de poisons, sur la germination des graines des végétaux dont ils proviennent; tantôt elle entrave la germination, par exemple la nicotine, tantôt elle la favorise, exemple l’opium. — M. Chauveau présente une note de M. Lober l sur la résistance du virus rabique à l’action du froid prolongé. Un lapin ayant succombé à la rage fut soumis pendant 10 mois à une température variant entre — 10 et — 20°. Après ce temps, l’auteur put avec le bulbe de cet animal inoculer avec succès d’autres lapins.

A. E. Malard.

GEOLOGIE

353. Caruel, T. L’Orto e il Museo botanico di Firenze ncl l’anno scolastico 1889-90.

N. Giorn. di Bot. liai. 1891, pp. 270)285.

354. Celakovsky, Lad. Ueber die Verwandtschaft von Typha'und Sparganium.

OEsterr. Bot. Zeitsch. 1891, pp. 117-121.

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