‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 190 sur 240 · I.E NATURALISTE, 46, rue du Bac, Paris · texte numérisé non relu

I.E NATURALISTE, 46, rue du Bac, Paris

Hébrides, qui exploite les richesses du pays depuis dix ans environ.

Les Néo-llébridais (fig. î). appartiennent à la race Mélanésienne, caractérisée principalement par les cheveux très frisés, presque crépus, par la couleur foncée d’un gris noirâtre de la peau, par la forme allongée du crâne (dolichocéphalie), par le nez très large vers le bas, un peu aplati, et dont la pointe est très épaisse et grossière. Les Néo-llébridais purs présentent tous ces caractères plus ou moins accusés. Ils sont en général d’une taille audessous de la moyenne, bien proportionnés et bien musclés. Leur système pileux est en général bien développé. Les personnages que l’on voit sur notre figure 2 (reproduction comme la première d’une photographie de M. François) sont des représentants de. ce type pur. Mais dans beaucoup d’iles, surtout à Aoba, à Tanna, à Espiritu Santo le type primitif est modifié par les mélanges avec les Polynésiens. Parmi les indigènes de ces îles on trouve, à côté des Mélanésiens typiques, des individus

de très grande taille, aux cheveux moins crépus, dont la peau a un teint plus clair, dont les traits, plus fins, le nez plus allonge' et plus mince. (Voy. fig. 1, les deux individus debout à droite, derrière l’individu assis ; ce dernier a le type mélanésien comme les quatre autres à gauche.) L’influence du type polynésien (haute taille, teint jaune-brunâtre, face allongée, nez droit, étroit, etc.),

st aussi probable que Mélanésiens métissés est

est manifeste dans ces ca la forme crânienne f de c< plus arrondie, mais oirn’a pas de données précises à ce sujet. Fait à noter, les cas d’albinisme ne sont pas rares parmi les Néo- Iiébridais et l’on pouvait voir à l’exposition de M.

François la photographie d’un de ces albinos, «qui présentait toute les particularités de la race mélanésienne sauf la couleur foncée de la peau.

Le caractère moral du Nêo-Hébridais varie suivant les îles ou, pour mieux dire, suivant les conditions dans lesquelles ils se trouvent vis-à-vis des blancs. Les indigènes de certaines îles (Espiritu Santo, Tanna), ont une mauvaise réputation de gens sournois, querelleurs, prêts àtuerun homme dans l’embuscade même sans aucun prétexte-, tandis que les habitants des îles Anatom, Ambryin,

Aoba sont relativement doux et pacifiques. Tout dépend dans ces cas, ce nous semble, des rapports qu’ont eus les blancs avec ces indigènes. Souvent peut-être lamauvaise conduite desindigènes n’était qu’une réponse à un traitement un peu dur infligé par certains blancs qui venaient faire la traite dans ces parages. C'est ici que sc place la question de l’anthropophagie. L'accusation de cannibalisme a été portée sur tant de peuples divers, elle a été si souvent reconnue fausse pour la plupart d'entre eux, qu’il faut être très circonspect chaque fois qu’on parle de cette coutume. N’a-t-on pas répété à satiété dans mille articles et livres divers, et cela sous le couvert de l’autorité de Darwin et de Fitz-Roy que les Fuégiens mangent les vieilles femmes de leur tribu? El cependant ni- le missionnaire Bridges qui a vécu trente ans parmi ces sauvages, ni le D1' Hyades qui les a observés pendant plus d’un an, ni d’autres voyageurs modernes, n’ont jamais vu ni entendu parler d’un seul exemple d’anthropoj Dhagie parmi ces sauvages déshérités (11.

Les faits de ce genre n’excluent cependant pas la possibilité de l’existence du cannibalisme chez certaines peuplades; ils montrent seulement que cette coutume est beaucoup moins répandue qu’on ne le pense en général. Quant aux Néo-Hébridais, les affirmations des voyageurs sérieux et dignes de foi avec lesquels nons avons pu causer ou dont nous avons lu les récits, nous autorisent à dire que c’est une de ces rares populations qui pratiquent régulièrementl’anthropophagie. D’ailleurs

Fig. 2. — NÉO-HÉBRIDAIS PURS

les faits positifs ne manquent pas, et souvent l'intervention de nos marins, l’envoi des troupes, sont motivés précisément par le meurtre et... comment dirait-on?... la consommation des Européens, ou des gens à leurservice.

En fs;?, un Malais fui mangé dans l’île Faté; en 1876 les indigènes dévoraient l’équipage d’un navire anglais ; en 1S78, un Français, habitant Mallicolo, fut tué et ses quatre membres servirent de repas aux indigènes. En 1887, un colon français d’Aurora surprit les indigènes mangeant deux de ses ouvriers, Polynésiens d’origine; M. François visita une des îles, précisément étant à bord du navire de guerre français, qui s’y est rendu pour châtier les indigènes reconnus coupables d’avoir

Ethnographie par Hyades et Dcnikcr, Pans, 1891, in-4° p. 257.

I ; Voyez Mission du Cup Horn , t. VU Anthropologie et

miingt) un Suédois, etc. Ordinairement le repas cannilialique est précédé de danses guerrières et de chants, ce <|ui indique que la coutume en question est liée à des idées superstitieuses.

La langue des Néo-Hébridais paraît être un idiome agglutinant de la famille des langues mélanésiennes; elle comporte plusieurs dialectes qui parfois sont si differents I un de l’autre que les indigènes de deux îles voisines ne se comprennent pas entre eux. Souvent même on parle plusieurs dialectes distincts dans la même île ne comptant que quelques centaines d’habitants. Les marins et les colons se font comprendre des indigènes en parlant un certain jargon composé de mots anglais et français corrompus et connu dans toute la Melanésie sous le nom de Bichlamar (nom espagnol de l'holothurie).

J. Denise».

(.1 suivre).

La Flore de l’Inde dans ses rapports avec la Flore de France

(Sut le.)

Viola biflora L. — France ; Alpes, Pyrénées.

Inde : Himalaya tempéré du Cachemir au Sikkim. 1 800 à O.ltOO mètres.

Distribution : Asie septentrionale, Caucase, Europe.

Viola odorata L. — France : Espèce parisienne. Haies, bois

Indes : Cachemir, 1.300 à t.800 mètres.

Distribution : Europe, nord de l'Afrique, nord et ouest de l’Asie.

Viola sylvatica Fries. — France : Appartient à la flore de Paris. Haies, bois.

Inde ; Cachemir et Kistlnvar, 1.200 à 2.400 mètres.

Distribution : Nord .le l’Asie et à l’ouest jusqu’à l’océan Atlantique.

PO LT G AXÉES

Polygala L. — Pas d’espèce commune. Himalaya, Nilgiris, Ceylan, Travancores, Carnatic.

KRANIvÉNIACÉES

Frankenia pulverulenta L. — France : Midi, Corse.

Inde : Plaines du Panjab et du Simili.

Distribution : Est et sud de l'Europe, Sénégal, sud de l’Afrique, Tripoli, Maroc.

CARYOPHYIXÉES

Dianthus caryophyllus L. — Franco : Se trouve dans la flore parisienne. Ouest. Vieux murs.

Inde : Attock (Panjab), Balli, 2.100 à 2.400 mètres. Distribution ; Europe centrale et occidentale.

Dianthus deltoïdes L. — France ; Espèce parisienne. Lieux secs, sablonneux.

Inde : Thibet occidental.

Distribution : Europe occidentale.

Gysophila L. — Pas d’espèce commune. Panjab, Thibet, Himalaya, 900 à .'1.900 mètres.

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