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LES FÈVES SAMSES DE MEXIQUE

Détermination de la plante qui les produit par C. V. RILEY.

Dans les « Transactions » de l’Acade'mie des sciences de Saint-Louis (décembre 1878, III, p. 6, cxli), j’ai donné la description de la Carpocapsa saltitans Westwood, et indiqué de quelle manière se produisaient les mouvements de cette graine sauteuse du Mexique ou «fève du diable », et j’ai appelé l’attention sur ce fait que l’espèce d’Euphorbiacée sur laquelle ces graines se rencontrent, n’était ni bien connue ni bien déterminée. La nature vénéneuse de la plante et l’emploi qu’en font les Indiens pour empoisonner leurs flèches sont connus depuis longtemps ; de là vient effectivement le nom d’herbe à flèche ( Yerba de flécha), que les Mexicains lui donnent.

Dans une lettre que M. G. W. Barnes, alors président de la Société d’histoire naturelle de San-Diego, m’avait adressée en 1874, ce végétal était décrit comme étant petit, rameux, haut de 4 à 8 pieds, fructifiant aux mois de juin et de juillet, une cosse contenant de 3 à b graines. Selon M. Barnes, la feuille ressemble à celle du Garambullo, est longue d’un demi-pouce, large d’un quart plus ou moins; les tiges sont de couleur cendrée, les feuilles restent vertes en toute saison, et la plante ne porte des graines qu’une fois tous les deux ans. Dans une lettre subséquente, il affirmait que, d’après ses informations, cette plante ne pousse que dans le pays d’Alamos en Sonora : qu’elle est appelée « brincador » (sauteur) et ses graines « brincaderos ». Westwood, dans sa première description de la Carpocapsa saltitans, dit que la plante est connue des Mexicains sous le nom de Colliguaya, et mon vieil ami le professeur E. P. Cox m’a informé depuis plusieurs années que le végétal a un bois quelque peu semblable à celui du noisetier ou ( whahoo ) (?) et que la feuille est comme une large et courte feuille de saule. Il confirme l’assertion concernant son caractère vénéneux et son usage pour empoisonner les flèches des Indiens et assure qu’une baguette du végétal, quand elle est employée pour agiter la « Penola » des indigènes (farine de blé rôtie), produit l’effet d’une purge.

J’ai saisi toutes les occasions possibles, durant ces quatorze ou quinze dernières années, de tâcher de me procurer quelque spécimen de cette plante, avec l’intention de la déterminer soigneusement, aussi ai-je été très heureux de recevoir de M. P. Chrétien, membre de la Société entomologique de France, une intéressante lettre, dans laquelle, me demandant un exemplaire de mes articles sur la Carpocapsa saltitans, il mentionnait l’éclosion de cet insecte qu’il avait obtenue à Paris, considérait la plante comme une Euphorbiacée du Mexique dunomde Colliguaya odorifera Molina, dont le Croton colliguaya Sprengel est un synonyme.

Cette lettre était encore' sur mon bureau, quand M. J. M. Rose, de la section de Botanique, m’apporta des spécimens d’une plante récemment récoltée par le Dr Edward Palmer. Comme les sujets envoyés étaient accompagnés de leurs capsules, il devenait ainsi entièrement certain pour nous que les « fèves sauteuses » appartenaient à cette plante particulière, laquelle se trouvant n’avoirpas encore été décrite, fut finalement rapportée au genre Sebastiania, et M. Rose a l’intention de la décrire sous le nom de Sebastiania Palmeri.

Naturellement, comme cela se passe pour beaucoup de graines d’Euphorbiacée, chaque carpelle se fend en deux parties au moment de la déhiscence; mais quand elle est attaquée par la chenille de Carpocapsa, la graine n’opère pas sa déhiscence, grâce à la soie dont elle a été garnie intérieurement par la chenille. La feuille, dans son aspect général, ne diffère pas de celle du saule à larges feuilles ; la longueur varie de 1 à 3 pouces, et la largeur de 1/2 à 1/4 de pouce. Le renseignement donné par M. Chrétien dans sa lettre paraît donc inexact (1).

En tout cas, d’après Bentham et Hooker, la Colliguaya odorifera appartient à l’Amérique du Sud et je ne trouve pas de mention de sa rencontre au Mexique. La comparaison des spécimens que possèdent les collections de la section de botanique montre que, bien qu’évidemment très voisin, Colliguaya est tout à fait distinct de Sebastiania, ce qui rend assez surprenante la similitude du nom donné par les Mexicains à la plante et de celui qui a été adopté pour le genre d’une plante de l’Amérique du Sud; mais on peut raisonnablement admettre que ce nom est appliqué par les indigènes indistinctement aux diverses espèces d’Euphorbes qui se rencontrent tant au Mexique qu’au sud de l’Equateur. Si la Colliguaya se trouve au Mexique et si elle est aussi la logeuse de la Caipocapsa saltitans, elle pourra être facilement distinguée de l’espèce de Sebastiania mentionnée ici, par des feuilles un peu épaisses et fortement dentelées : les fleurs mâles forment un épi long et mince, avec beaucoup d’étamines : la coque est décrite comme étant large environ d’un pouce (2).

(1) Je n’ai vu de ce végétal que quelques coques attaquées par la C. saltitans et une seule indemne.

Ces coques avaient été données par la maison Vilmorin et Andrieux comme appartenant à la Colliguaya odorifera Mol. — Croton colliguaya Spr.

Sommcrville (Proc, and trans. of the Nat. Hist. Soc. of Glascou;, III, p. 26, mars 1889) parait être le premier qui ait rapporté l’Euphorbiacéo dont il est ici question à la Colliguaya odorifera Mol. — Note du traducteur.

(2) Le professeur Watson, depuis que ce qui précède était écrit, m’informe que le nom de Colliguay, autant qu’il lui a cte capable de l’apprendre, est le nom chilien de plusieurs espèces d’Euphorbe qui constituent le genre Colliguaya de Molina. Ce n’est pas un mot d’origne mexicaine, mais ii a probablement été importé du Chili au Mexique par les Espagnols. 11 confirme

Une très voisine espèce de Scbastiania provenant des mêmes localités et non décrite encore (mais M. Watson se propose de la décrire sous le nom de Sebastiania Pringlei ) et qui a été précédemment rapportée au genre Gymnanthes, offre aussi des preuves évidentes des atteintes de la Carpocapsa, et, de fait, mon honorable ami M. Eugène Dugès, de Guanajuato (Mexique), a obtenu l’insecte parfait de capsules de cette espèce particulière.

Une troisième espèce me'rite également d’être signalée, à cause de ses coques qui sont biloculaires, au lieud’être triloculaires. Elle est aussi attaquée par une chenille qui, si elle n’est pas la Carpocapsa saltitans, lui est très voisine. Un seul sujet a été obtenu par M. Rose, mais il était détérioré et je n’ai pu l’examiner. A s’en rapporter à l’aspect général que présente cette espèce, M. Rose pense que, bien que plus petite, elle offre une étroite ressemblance avec celle qui vit dans les graines de la Sebastiania Palmeri.

Ces faits ont été l’objet d’une communication succincte à la Société entomologi que de Washington dans sa séance du 2 avril dernier; mais, depuis, j’ai reçu de M. le professeur Sereno Watson, de Cambridge (Massachusetts) une intéressante lettre accompagnée de quelques spécimens de Sebastiania bilocularis et de quelques sujets du papillon qui en provenait. Leur examen démontre que c’est une espèce beaucoup plus petite que la Carpocapsa salti tans et qu’elle appartient à un autre genre ( grapholitha ) de la même famille. Cette nouvelle espèce à laquelle je donne le nom de Gi'apholitha sebastiania! sera prochainement décrite (!).

Il est donc bien évident que l’insecte des « fèves sauteuses » se développe dans les coques d’au moins deux espèces différentes du genre Sebastiania, sinon dans celles d’espèces appartenant à d’autres genres très voisins. Ces plantes présentent des différences, non seulement dans leur aspect général, leurs feuilles, mais encore dans leur inflorescence et leurs graines, et le tableau suivant de nos espèces, préparé pour moi par M. Rose, servira 4 distinguer celles dont il est ici question.

Genre Sebastiania

Genre considérable d’Euphorbiacécs, comprenant une quarantaine d’espèces, appartenant surtout à l’Amérique du Sud ; le plus souvent arbrisseaux, rarement herbacées; feuilles alternes entières ou finement dentées ; fleurs monoïques : les fleurs mâles formant un épi terminal élancé à la base duquel habituellement se trouvent deux ou trois fleurs femelles; fleurs femelles ayant un petit calice en forme de bractée, de 3 à 5 divisions; fruit en capsule, globulaire ou trilobée; capsule se séparant à la maturité en trois coques contenant chacune une graine.

Sebastiania bilocularis Watson [Proc. Amer. Acad., XX, 374, 188a). — Arbrisseau de 1 à 2 pieds de haut, avec des branches montantes, minces, glabres et d’un gris clair ; feuilles linéairesoblongues ou étroitement lancéolées, longues de 1 à 2 pouces, obtuses ou acuminées, brusquement cunéaires à la base indistinctement dentée ; ovaire à deux loges avec deux larges stigmates contournés ; capsule largement ovale aiguë, biloculairc, longue d’environ fi lignes; graine subglobulaire, large de 3 lignes.

l’assertion que le genre chilien ne se trouve pas au Mexique ; d’où il suit que la raison pour laquelle M. Chrétien a rapporté la plante à la Colliguaya de Molina est probablement due simplement à une similitudo de noms vulgaires.

(t) Dans les Anales de la Sociedad denlifica argenlina, XXXI, p. 105 (février 1891), M. Carloe Berg a décrit, sous le nom de Grapholitha motrix, une nouvelle espèce dont la chenille vit dans les coques de la Colliguaya brasiliensis J. Midi. — Note du traducteur.

Cet arbrisseau pousse dans le lit desséché des torrents sur les collines et les montagnes du Sonora du Nord-Ouest et a été rapporté de la Basse-Californie.

Sebastiania Pabneri, Rose, n. sp. ined. Arbrisseau rameux haut de 5 à 8 pieds, atteignant quelquefois 10 pieds, de couleur rougeâtre; feuilles étroitement lancéolées ou lancéolées, longues do 2 1/2 à 4 pouces, finement dentées ; ovaires àtroisloges, ayec trois styles dressés et faiblement unis, capsule ovale, obtuse, à trois loges, de 3 lignes de diamètre. Récoltée dans diverses localités montagneuses autour d’Alamos (Sonora), par le docteur Palmer en 1890.

Sebastia/lia Pringlei Watson, n. sp. ined. — Petit arbrisseau à branches redressées et do couleur brunâtre; feuilles lancéolées, longues de 1 à 3 pouces, acuminées, obtuses à la base, très finement dentées ; ovaire à trois loges, avec styles dressés et faiblement unis. Récolté par Pringle à Saint-Louis de Potosi en 1890 et précédemment par le professeur José Ramirez sur les bords du fleuve Alamos, en Sonora.

Il est difficile de préciser laquelle de ces espèces M. Barnes désigne dans sa lettre dont j’ai déjà parlé; mais ce qu’il dit de la graine et. de la coque, qui coniiendrait de trois à cinq graines, est évidemment inexact. Chaque carpelle contient une graine qui, lorsque le fruit est jeune, remplit, selon toute probabilité, toute la place, et la jeune chenille de Carpocapsa , après être éclose de son œuf pondu extérieurement sur la capsule, pénètre dans celle-ci lorsqu’elle est encore tendre et se nourrit de la graine véritable comme le fait le charançon du pois.

La plante décrite par le professeur Cox, dont j’ai parlé, se rapporte très bien à la Sebastiania Pringlei.

Le docteur Palmer a constaté que la Sebastiania Palmeri était confinée dans certaines localités autour d’Alamos. II assure que cette plante y est connue sous le nom de Palo de la flécha, cuero de las simellas, brincaderos (l’arbre à flèche qui produit les fèves sauteuses). Ce végétal exsude une grande quantité de suc laiteux dont les Indiens se servent pour empoisonner leurs flèches. Le docteur Palmer a rencontré cette plante en différents endroits, mais il est constant que les « fèves sauteuses » ont été trouvées seulement sur les bords d’un ruisseau près d’Alamos.

11 n’est pas facile de se procurer des capsules habitées par la chenille de C. saltitans, parce que les gamins sont toujours à leur recherche etles cueillent pour les vendre, car ils en trouvent un facile écoulement.

Le docteur Palmer dit que cette espèce de Sebastiania est une plante rameuse, étalée, de o à 8 pieds de haut, dont le bois est très dur, et dont le suc laiteux se cristallise rapidement en une substance claire, blanche et cassante.

(Traduit par P. Chrétien.)

LES OISEAUX FOSSILES DELA RÉPLBLIOCE UIGEOT

M. Francisco P. Morcno vient de nous adresser un fort bel atlas in-folio de photogravures représentant les débris fossiles d’Oiscaux conservés dans le Musée de La Plata et provenant des couches tertiaires dr la République Argentine, déjà connues pour leur richesse en débris de Mammifères.

Les pièces les plus remarquables de cette collection sont, sans contredit, les os de la patte du Brontornis Burmeisteri (Moreno et Mercerat), oiseau véritablement colossal, dont le tibia a 0,76 centimètres de long et dont le fémur est aussi robuste que celui d’un cheval, indiquant un oiseau comparable par sa taille au Dinorius maximus de la Nouvelle-Zélande. Ces débris, provenant de l’Eocène de Patagonie (Lac Argentin et Rio Santa-Cruz), indiquent, d’après MM. Moreno et Mercerat, un Ordre nouveau, les Sterkornithes, qui comprend en outre

5 suivants : Rosir

Floweri (Mor. et Merc.) ;

bec a d’abord été pris

tes types

cos longissimus (Amcghino] .

pour la mâchoire d’un Edenté ; StereornisRollieri et S. Gaudryi (Mor. et Merc.); Mesembriornis Studeri, M. Quatrefagesi, M. Milne-Edwardsi (Moreno), ce dernier du Miocène de Montc- Hermoso, tous de grande taille. Les genres Palagornis, Üryornis, Darwinornis, Owenornis (Mor. et Merc.), sont également de forte taille et appartiennent au mémo ordre, qui, d'après les auteurs, formerait la transition des Anseres et des Herodiones aux Aecipitres.

Les véritables Struthiones ou Ratitœ ont le genre Protorhea et plusieurs espèces du genre lil, eu encore vivant dans le même pays. Celles-ci sont Miocènes et Pliocènes.

Les Rapaces ( Aecipitres ) sont représentés par des Falconidæ (Lagopterus, Fœtopterus) et des Cathartidæ ( Psilopterus , Siireoramplius fossilh): les Echassiers ^llerodbnes par

Palœociconia ; — les Palmipèdes par Phalacrocorax parnpeanus ; — et les Impennes par Palœospheniscus, genre qui comprend quatre espèces des couches Oligocènes de Patagonie.

Les planches dont nous venons d’indiquer le contenu sont précédées d’une introduction ot publiées comme faisant partie du 1er volume des Anales del Mitseo de La P lata, avec le soustitre : Paleontologia Argentina, V Énumération systématique, servant d’explication aux figures. La seconde partie : description systématique des genres et dos espèces e et en français. Le tout sort des presses spéciales du Musée de La Plata, auxquelles cette publication fait le plus grand

Dr E. T:

LES PALMIERS POLYCÉPHALES

Le palmier polycéphale représenté ici (fig, 1) est un Borassus flabelliformis.il représente trois branches situées un même plan. La quatrième, demême dimension que sur les trois autres, a été coupée il y a assez peu de temps. On sait que les Borassus sont des plantes dioïques. Le pied branebu est un pied femelle. Le pied mâle se trouve

à côté. Le Borassus flabelliformis est une espèce très répandue dans l’Inde. C’est un arbre élégant et très estimé des Indiens, tant à cause de ses usages domestiques que de ses nombreuses propriétés. Ces dernières, selon un poème tamoul, sont au nombre de huit cents. Aussi le Rondier est-il ici le Palmier par excellence. Le bourgeon, les feuilles, les fleurs, le fruit, la tige, les racines, en un mot tout dans cet arbre sert à l’Indien, qui en relire la liqueur fermentée nommée toddi. Toiture, aliment, breuvage, cordages, paniers, nattes, parapluies, éventails, il tire tout de ce palmier.

Dans les palmiers polycéphales, dont nous nous sommes occupé jusqu’ici, les branches naissaient à une certaine hauteur sur la tige. Dans le cas qui nous occupe ci-après il n’en est pas ainsi. Comme on peut le voir sur la figure ci-contre (fig. 2), un même coco donne naissance à deux branches qui semblent au premier abord être deux cocotiers distincts.

Mais après dissection méthodique, dans laquelle nous avons été aidé par M. Sada, administrateur des Jardins

Coloniaux de Pondichéry, nous avons reconnu que les deux prétendus Cocotiers appartenaient à un même tronc bifurqué immédiatement au-dessus du niveau des racines. Nous étions donc en présence d’un cas de polycéphalie ou de polycladie bien caractérisé. Seulement, pour différencier ce mode de polycéphalie, je propose d’appeler les palmiers chez lesquels les branches naissent à une certaine hauteur sur la tige : palmiers à branches caulogynes, et ceux chez lesquels elles naissent au contraire presque au milieu des racines : palmiers à branches rhizogynes. Nous aurons donc ainsi chez les Palmiers Polycéphales deux divisions : la Polycéphalie rhizogyne et la Polycéphalie caulogyne. Quant à l’explication de cette nouvelle monstruosité, elle est encore à trouver. Toutefois la cause n’est assurément pas la même que pour les Palmiers dont nous nous sommes

Tt

occupé jusqu’ici. Deux de ces derniers viennent de nous être signalés : l’un à sept branches se trouve à quelques milles de Pondichéry, un autre se trouve à Karikal.

Nous avons trouvé dans le Cocotier qui nous occupe deux ordres de racines : les racines primordiales, courtes, blanches et fibreuses, plongeant dans un albumen blanc de neige, devenu compact et solide et y puisant un suc laiteux; les racines normales auxquelles succéderont plus tard les racines adventives. Ces racines normales étaient charnues, épaisses et entouraient la noix : quelques-unes perçaient déjà à travers le brou, sorte de filasse qui entoure le coco, et plongeaient dans la terre; l’amande était devenue extrêmement dure.

Ce cocotier a environ sept mois. Il n’a commencé à germer hors de terre qu’au bout de trois mois et demi. On sait que le Cocotier ne donne de fruits qu’au bout de cinq ans. Il est vrai qu’alors sa fécondité est souvent prodigieuse. Aussi des Cocotiers, dont on retire le lcallou, qui donne par distillation l’arrack, peuvent-ils, en même temps, trouver encore assez de sève pour donner des fruits.

On n’a jamais vu, dit un proverbe tamoul, d’aréquier tordu, ni de cocotier droit. Eh bien! j’ai vu mieux. J’ai vu un Aréquier à branches. Le cas est, sans contredit, extraordinaire pour l’Aréquier (Areea Catechu) que nous figurons ici (fig. 3).

fleurs ni fruits. L’Inde est véritablement le pays des monstres, soit dans le règne végétal, soit dans le règne animal ; et, dans ce dernier, il n’est pas rare de voir les monstruosités affecter l’espèce humaine.il y a quelque temps je voyais un mendiant d’un certain âge dont la tête était absolument triangulaire ; la base du triangle se trouvant en arrière, ce qui donnait à la face une expression singulière. Plus récemment encore, j’ai vu un enfant dont les bras et les jambes (ces dernières principalement ) étaient démesurément gonflées sans cependant qu’il y eût trace de maladie. Bras et jambes étaient brusquequement terminés par les doigts; les métacarpes et les métatarses étaientpresque totalement atrophiés. Le buste et la tête n’avaient rien d’anormal. La marche, quoique lourde et disgracieuse, était cependant facile. Toutefois il y avait torsion des extrémités des membres. L’enfant paraissait au reste jouir d’une excellente santé.

Cet Aréquier, encore jeune, se trouve à la filature de M. Gœbelé, à Pondichéry. C’est à sa bienveillance que nous devons d’avoir pu en prendre le croquis. Aucune intervention humaine n’a provoqué l’irrégularité du développement de cet intéressant végétal. Ce palmier présente trois branches dont l’une s’est atrophiée de bonne heure. Les deux autres branches ont atteint leur développement normal. Jusqu’à présent cet arbre n’a donné ni

Nous offrons encore, pour terminer, un palmier polycéphale ou polyclade. Ce palmier est un Rondier, Borassii s /labelliformis (fig. 4). Il croît à Majankarancy, prèsAcharapakam. Cet arbre a 26 branches qui n’ont pu être toutes figurées ici : 13 sont vivantes et toulTucs. Le tronc de ce palmier qui se trouve sur le bord d’un étang est incliné. Les palmiers polycéphales, «branchingpalms» des savants angla’s, doivent leur existence à un insecle coléoptère qui ronge leurs tissus et amène la formation d’autant de branches qu’il y a eu de trous pratiqués par cet insecte qui dirige son attaque jusque vers le centre de la lige.

Hector Léveillé.

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