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AU POINT DE VUE ALIMENTAIRE

L'hymenæa courbaril Linné est une belle légumineuse de grande taille; son tronc peut acquérir 20 à 23 mètres de hauteur et 2 à 3 mètres de diamètre. On le trouve dant les différentes contrées tropicales de l’Amérique (Brésil, Guvane, Antilles, Mexique). Linné lui a donné le nom d’hymenxa parce que ses feuilles aromatiques, qui sont disposées par paire, tendent à se rapprocher pendant la nuit, comme deux jeunes epoux.

D’après un poète indien, ses feuilles servaient à parer les jeunes fiancées, ainsi que l’indique le quatrain suivant.

De tes bosquets la pénétrante odeur Vient ranimer la vieillesse étonnée ;

La jeune fille, aux autels d’hyménéc,

En pare encor sa mourante pudeur.

Le courbaril, incisé au tronc ou aux tories branches, laisse transsuder en abondance une substance gommerésineuse nommée par les Brésiliens Iolicacica ou Intaicica, et connue sous le nom de copal tendre dans le commerce.

Le fruit (flg. I) est une gousse longue de H à 17 centimètres, large de 3 à 8 centimètres, ayant à peu près l’aspect d’un rognon de mouton, d’un brun roussàtre, un peu âpre et comme chagrine' à l’extérieur, à écorce épaisse, dure, ne s’ouvrant pas et contenant dans une seule ; loge de 3 à o semences environnées de fibres et d’une pulpe farineuse douce et jaunâtre.

Le professeur Brillon a observé l’origine del 'Hymenæa, il a vu des ovules, très petits, par rapport à la masse de l’ovaire, de forme obovoïde. Puis, à mesure que le fruit marche vers sa maturité, toutes ces cellules, sans cesser de demeurer en contact par leur sommet, s’allongent, deviennent tubuleuses, comme autant de poils courts et pressés, se touchent entre eux par toute leur surface, et des produits spéciaux s’élaborent dans l’intérieur de leur cavité. Ils renferment des substances amylacée, sucrée et résineuse-aromatique. Mais le tissu qui renferme ces substances dépend, non de la graine, comme on a pu le croire d’après l’examen des parties adultes,

Fruit entier du Courbaril ( Hymenæa Courbaril) . mais bien de la couche profonde du péricarpe. D’après ce savant, le fruit vert est riche en tanin et usité en médecine comme astringent, tandis que le fruit mûr renferme une pulpe contenant de l’amidon, du sucre et une lésine aromatique.

N’ayant trouvé aucun renseignement sur les propriétés nutritives de cel le pulpe, dans les ouvrages que j’ai consultés (juin 1889). j’ai prié mon fils, le docteur Charles Decaux, d’analyser cette fécule ; il a trouvé :

1° Partie soluble dans l’éther de pétrole . 0,204 %

2° » w » l’alcool . 24,630

3° » » » l’eau . 8,205

4o Incinération (cendres) . U,8S0

S» Différence (ligneux) . 66,101

Celte pulpe est surtout riche en saccharose et amidon (34 0/0) très propre à la nourriture de l’homme, elle est supérieure à la pomme de terre, l'arrow. Root, peut se comparer à la fécule de manioc. Je 11e saurais trop appeler l’attention des économistes sur ses propriétés nutritives, si peu connues jusqu’ici. D’après les renseignements qui m’ont été donnés à l’Exposition universelle de 1889, ces fruits sont perdus dans bien des contrées et ne sont pas récoltés. Quelques rares Indiens en font usage comme nourriture sous forme de bouillie ou de galette. Cette pulpe est surtout employée par les naturels à fabriquer une boisson fermentée très alcoolique qui les enivre.

Au moment de faire imprimer cette étude, j’apprends que MM. Heekel et F. Schlagdenhauffen ont étudié toutes les parties du courbaril, au point de vue chimique et scientifique, sans en tirer de conclusion pour son utilité (le Naturaliste, lo janvier et 1er février 1889), c’est à-dire quelque temps avant moi. Je m’empresse de reproduire l’analyse de la pulpe faite par des maîtres si universellement reconnus ; ils ont trouvé :

1° Partie soluble dans l’éther de pétrole . 0,228 %

2° Partie soluble dans l’alcool . 24,596

3° Partie soluble dans l’eau . 8,181

1° Incinération (cendres) . 0,868

5° Différence (ligneux) . 66,133

Comme on peut le constater, les deux résultats ont été sensiblement les mêmes dans les deux analyses. Le courbaril se plaît au voisinage des eaux, il donne un bois solide, dur et compact, de couleur rouge clair, plus foncé vers le centre, surtout dans les vieux arbres, pu jaune obscur, avec quelques veines verdâtres.

D’une texture fine et homogène, le bois du courbaril est à fibres droites et sans nœuds; aussi se travaille-t-il facilement dans tous les sens; il ne joue pas, prend le poli et le vernis. Son élasticité serait quatre fois plus grande que celle du chêne, et il serait trois fois aussi résistant.

Les dimensions souvent volumineuses du tronc permettent d’en tirer de belles courbes pour les constructions navales.

Ce bois, à raison de la propriété qu’il a de résister longtemps à la destruction, est recherché en Amérique pour toutes sortes d’usages : la charpente, la sculpture, le charronnage des axes pour moulins à sucre, la fabrication des meubles.

Conclusion. — Cet arbre précieux mérite d’être répandu dans nos colonies d’Amérique, et importé en Asie, la Réunion, le Sénégal, le Gabon, q,tc., pour l’utilité de son bois, la résine qui s’écoule du tronc ( copal tendre), mais surtout pour les propriétés nutritives de son fruit; il est maintenant démontré que cette gousse contient 20 à 30 grammes de fécule sucrée, toute prête à être employée à la nourriture de l’homme, et surtout de l’enfant, sans aucune préparation préalable. La nature, toujours prévoyante, en a fait un fruit unique pour l’alimentation des populations primitives, manquant presque toujours des moyens souvent difficiles pour extraire les fécules des fruits ou graines alimentaires connus jusqu’ici.

Pour mieux faire comprendre l’importance du fruit de V Hymenæa courbaril L., je crois devoir donner la composition immédiate des tubercules de lu pomme de terre de bonne qualité :

Eau . 74

Fécule . 20

Cellulose et matière poétique . 1 65

Albumine et autres matières azotées.. . . 2.12 j

Matières grasses . 0.11 f ....

Sucre, résine, huile essentielle . 1.06 I

Sels organiques et minéraux . 1.06 1

La fécule d’arrow. Root, comme aliment, diffère Lien peu de la fécule de pomme de terre.

Les rhizomes du manioc fournissent de 30 à 3ii O/O de fécule, après un travail long et minutieux.

Logiquement l 'Iiymenæa courbaril L. pourrait se nommer l’arbre à fécule. J'espère avoir démontré que cet arbre a été méconnu et qu’il devra être considéré, à l’avenir, comme un des arbres les plus précieux de nos colonies.

Decaux.

CHRONIQUE

Une ferme d’éléphants. — La Californie finira par tomber les marchés d’Afrique. Il ne lui suffit plus de s’étre emparée du commerce des plumes d’autruche, voilà qu’un de ses citoyens se propose defonderune ferme d’éléphants. D’après les calculs de cet industriel, un éléphant, arrivé à son entier développement, pèse 7,000 livres et peut donner 3,000 livres de viande de première qualité, sans 'compter -tout le parti que l’on peut tirer do sa peau, un peu épaisse, à la vérité, mais facile à dédoubler, do ses défenses d'ivoire. Reste à savoir si les éléphants, qui passent pour négliger l’accroissement de leur famille en captivité, modifieront leurs idées sur ce point pour aider à la réalisation de ce rêve.

Culture duTrichophyton, a cultivé le trychophyton a le bouillon solidifié par la gélose et le bouillon ordinaire. Les essais qu’il lit de les cultiver sur le corps humain en employant , de la gélatine, du bouillon solidifié par la un résultat. D’un autre côté, des inoculations faites avec les cultures obtenues par le bouillon qui venait de cultures faites d’abord sur le bouillon solidifie par la gélose réussirent. La troisième semaine après l’inoculation, l’apparence habituelle de tinea circinata se produisit et le champignon se retrouva dans les écailles. L’affection fut laissée à son cours pendant deux mois. Les formes en vessie qu’on observe dans quelques vieilles cultures sont simplement, d’après Mazza, des formes de dégénérescence et elles n’ont rien à faire — ainsi qu'on le suppose — avec aucune des fonctions générai. 11 déclare expressément qu’il n’a jamais observé aucun , particulier comme les organes de génération

- M. E. Gounelle est chargé d’une Brésil, à l’effet d’y poursuivre des recherches d’histoire naturelle et spécialement d’entomologie, et de réunir des collections destinées à l’Etat. — M. Charles Soller est chargé d’une mission scientifique dans l’Afrique occidentale, à l’effet d’y poursuivre des études d’histoire naturelle, d’ethnographie et de géographie générale.

Vil exemple «le fertilité. — Ou signale I-' cas suivant de ferextraordinaire pour une pomme de terre. Un . d’Ay planta, en 1890, une pomme de terre t pesant le poids respectable de 1 kilog. Elle 54 tubercules dont 16 pesaient de 7 à 1 autres ne s’éloignaient pas de la, moyenne Le poids total de la récolte était de 19 kilo'-.

, ainsi de 3 kilos celui d’un double décalitre {Jardin).

L’inventeur des glaces au gélatine bromure. — il est question d’ouvrir une souscription en faveur du docteur Maddox, l’inventeur des glaces au gélatino-bromure et auquel on doit de si belles recherches sur les corpuscules organisés de l'atmosphère, sur l’histologie et la photomicrograplne. Cette souscription sera universelle et déjà, dans les diverses contrées de l’ancien et du nouveau continent, des comités sont eu voie de formation pour s’adresser à ceux qui ont profité de la découverte des glaces au gélatino-bromure et en obtenir un témoignage de gratitude digne infortuné.

Classification curieuse. - Ui nièremcnl envoyée à un haut officier ministériel do L (Allemagne) fut retenue à la douane. Une enquête éclaira sur le fait ; les douaniers avaient conclu que les papillons ayant des ailes doivent être classés comme volailles et payer en conséquence. Ce fut après beaucoup de peines el de patience que

Distoma Pnlmonalis. — Le Sei-l-Kway (journal médical) contient un extrait du rapport fait par les docteurs Yamakiwa et Inouye de Tokyo, sur la présence en grand nombre de ce

grand

parasite dans certains villages montagneux du Japon. Il parait que, dans les endroits où le distoma se trouve, on le craint tellement, que les habitants des autres villages refusent de faire du commerce ou même d’entretenir des relations de visites avec les endroits contaminés, par crainte de l’infection. Les œufs pénètrent dans le corps humain par l’absorption de l’eau et apparaissent ensuite en grand nombre dans les déjections. Il est à penser que le principal symptôme de la maladie est l’heemoptysis, mais le rapport n’explique pas clairement comment le parasite passe ■ '

ACADÉMIE DES SCIENCES

lrlc entre les truffes d'Asie et d’Afrique (Terfaz ou Kamês) les truffes d’Europe. Cette comparaison porte sur la distribution géographique, le climat, le sol, les plantes nourricières, les époques de maturation, la profondeur dans le sol, les modes do récolte, la culture, l’odeur, la saveur, etc. L’importance alimentaire est incontestablement en faveur des Terfaz qui couvrent d’immenses espaces, et sont pour les populations arabes, qui les conservent par la dessiccation, ce qu’est la pomme de terre au paysan d Irlande. La Truffe est, au contraire, un aliment de luxe. La truffe de Périgord donne lieu à un commerce de cinquante millions. — M. Albert Gaudry entretient l'Académie sur le Congrès international de Géologie et l’excursion géologique dans les Montagnes Rocheuses qui lui a fait suite. Un train spécial est resté tout le temps’ à la disposition du Congrès ; lorsqu’il passait devant une place intéressante, il s’arrêtait. C’est ainsi que 89 géologues ont pu visiter Washington, Chicago, Saint-Paul. Dans les Montagnes Rocheuses, le Congrès a admiré les merveilles du parc national, et en particulier la falaise d’Obsidienne, les nombreux geysers et le lac de Yellowstone. Enfin, après avoir visité les mines d’argent de Butte-City, les houillères crétacées de Newcastle et les couches siluriennes à poissons de Canyon City, les congressistes sont revenus à New-York après avoir fait excursion géologique de 2,500 lieues. M. Albert Gauémic les monstrueux Dinosauriens qu’il a >s collections de MM. Marsh, à Newhaven, et Cope, à Philadelphie. Le Bronlosaurus, de 15 mètres de long: 1 ’Atlantosaurus, de 24 mètres, étaient remarquables parla petitesse de leur tète, en proportion de si énormes dimensions. Il en était encore de même chez le Slegosaurus, ainsi nommé à cause des grandes pièces qu’il porte sur le dos. Le Triceratops possédait au contraire une tête de 2 mètres de long, armée de trois cornes, et dont les os pariétaux et squarnciix constituaient eu arrière de la tète une sorte de capuchon bordé d’épines. — M. A. de happaient a pu, d’après ses études, établir la chronologie des roches éruptives de Jersey. La plus ancienne roche antécambrienne est une epidiorite très polymorphe (Elisabeth-Caslle, Saint-Clément, Rosney, Bellc- Hougue). Vient ensuite le Granité de Lamoye, puis une Granulite ou Pcgmatite rosée (Mont Mado, Montorgueil). — .1/. Charles de Stéfani , après avoir passé quelques semaines en Corse, communique à l’Académie le résultat de quelques observations qu’il a été à mémo de faire sur la constitution géologique de cette île et la répartition des divers terrains. Les terrains volcaniques constituent presque la moitié de l’ile, mais ils montrent peu de variété et sont principalement basiques.

ères sont encoro conservés, à cause do la notable roche et de son extrême résistance aux agents M. Forsyth Major donne la liste îles animaux fossiles de l'îlc de Samos, étudiés par lui ; à propos des diffé- » ipes de Ruminants. M. h’nrsuh Major fait i qu’ils conv divisions, 1

tcuses, on peut signaler encore la présence de Chéiroptères, de Testudo, et trois oiseaux, parmi lesquels le Struthio Caratheodo'ris (F. Maj.). — M. Ed. Piette signale la découverte faite par M. Miquel, à Montfort, dans une grotte située sur les bords du Salat, d’une couche à galets coloriés, analogue à colle qu’il a lui-même décrite dans la grotte du Mas-d’Azil.

Séance du 9 novembre. — M. G. Demenry a appliqué la chronophotographie à l’étude delà forme extérieure des muscles de l’homme dans ses rapports avec les mouvements exécutés. Il est ainsi arrivé à ce résultat qu’il existe des formes caractéristiques du repos, de l’effort statique et do l’état dynamique des muscles de l’homme. — M. P. Mitrophanow, de recherches qu’il a entreprises sur la formation du système nerveux périphérique des Vertébrés et principalement des Sélaciens, conclut : 1“ que le système nerveux périphérique se développe dans le type en dépendance directe du système nerveux central ; 2° que l’ectoderme lui-même ne prend aucune part dans sa formation ; 3° que, dans le corps, le développement des nerfs spinaux présente des rapports primitifs chez tous les Mammifères; 4° qu’il existe pour tout le système nerveux périphérique un germe général qui se développe graduellement de devant en arrière et se démembre ensuite; 5“ que les Sélaciens présentent, dans ce cas-ci, des rapports primitifs, — M. Paul Vuillemin ayant étudié les effets du parasitismo.de VUstilayo antheraflim, remarqué que le parasite ne fait que rendre plus apparents les rudiments d’étamines en les hypertrophiant ; c’est exclusivement àl?usage du parasite qu’est appropriée cette organisation d’apparence mâle. Bien loin d’être réellement hermaphrodite, la fleur envahie par VUstilago est stérilisée ; les spores se localisent à la place du pollen, et ainsi VUstilago se propage par les agents normaux de la fécondation croisée.

A.-Eug. Malard.

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