LES OISEAUX DE FRANCE
C’est une grande satisfaction que nous avons d’annoncer l’apparition, tant désirée, de la Faune des oiseaux de France, volume formant la troisième partie de V Histoire naturelle de la France, cette belle publication éditée avec tant de soins et de méthode. C’est notre sympathique directeur, M. Emile Deyrolle, qui est l’auteur de ce volume traitant des Oiseaux. Nous ne saurions trop le féliciter; nous ne croyons pas qu’il soit possible de faire mieux, à tous les points de vue. Enfin le voilà édité ce volume, et nous sommes heureux de dire quil remplit l’idéal de ce qu’on pouvait désirer; d’un style clair et concis, il apprend beaucoup en peu de mots; les figures, toutes faites d’après nature, sont d’une exactitude rigoureuse et si précise, qu’on pourrait déterminer toutes les espèces rien que par la forme du bec. Comme dessin, c’est absolument remarquable ; si on ajoute à cela la coloration aussi réussie que possible, on conviendra que c’est réunir beaucoup de talent dans un ouvrage aux allures modestes et sans prétention et d’un prix modique eu égard à ce qu’il conlient. Ce volume, en effet, com-
(f) Un vol. in-12, 304 pages, 132 fig. dans le texte et 27 planches en couleur représentant les tètes de 278 espèces. Prix, 0 fr. 50; franco, 5 fr. 95. En vente aux Bureaux du journal.
prend 132 figures dans le texte et, de plus, 27 planches en couleur, représentant les têtes de 278 espèces d’oiseaux de France.
Nous ne voulons pas tenter de donner une analyse de cet ouvrage; nous serions forcé de trop citer si nous voulions en présenter une étude complète. Donnons donc seulement un aperçu de ce qu’il contient et de ce qu’il est. Mentionnons tout d’abord les tableaux dichotomiques par familles et par genres : c’est simple, clair, précis, ne prêtant pas au doute ; des figures, le plus souvent même, accompagnent ces tableaux. Nous citons, par exemple, au hasard, le tableau du groupe des Gros becs :
Mandibule inférieure présentant une dent bien
développée à la base interne (fig. 1) . Bruant
Mandibule infér
Fig. 1. Bruant. — Fig. 2. Bec-croisé. — Fig. 3. Bouvreuil. a Mandibule inférieure prolongée en l'air au point
de la croiser avec la supérieure (fig. 2) . Becs-croisés
Mandibule inférieure ne dépassant pas la supérieure . b
b Mandibule inférieure presque égale en hauteur à la supérieure .(fig. 31 . Bouvreuils
Fig. 4. Chardonneret. — Fig. 3. Pinson. — Fig. ü. Moineau.
Mandibule inférieure sensiblement moins haute que la supérieure (fig. 4, 3, 6; . Fringii.les
Quant aux descriptions, elles sont complètes et ne comportent que les caractères nécessaires et largement
Fig. 7. - Pouce du Pipi Richard, Anthius Richard i.
suffisants pour la détermination certaine d Pour toutes les espèces critiques, c'est-à-dire pour celles qui présentent certaines difficultés de détermination, vu leurs affinités avec des espèces voisines, des figures de l’organe reconnu comme caractère constant, accompagnent les descriptions, permettant, à seule vue, de déterminer sûrement l’oiseau. Par exemple, dans les Pipis, les trois espèces suivantes : Anthus Richardi, pratensis, arboreus, offrent une grande ressemblance entre eux; par le simple examen des figures du pouce de ces trois espèces, le doute n’est pas possible (V. fig. cicontre). De même dans les Pouillols, qui se ressemblent
beaucoup comme forme, le Rhyllopneuste ru fa, lais polyglolta et icterina présentent certaines t
Fig. S. Patte du Pipi des prés, Anthus proie Fig. f). Patte du Pipi des arbres, Anthus a,
JouiUot Velocc, l’hyll. rufa (grandes rémiges, ta égalant la septième; la première rémige étant, nulle). — Fig. 11. P. luscinoïde, Hyp. polyglolta (grandes rémiges, la deuxième presque égale a la sixième, la première étant nulle). — Fig. 12. P. ictérine, U. icterina (la deuxième rémige plus longue que la cinquième, la première étant nulle).
de détermination. En se reportant aux figures des rémiges (V. fig. ci-contre) jointes aux diagnoses, il n’y a pas moyen de se méprendre.
Nous n’avons pas à souhaiter le succès de cet ouvrage; il suffira, croyons-nous, d’en annoncer 1 apparition, car il'répond à une attente qui, on peut le dire, dépasse
Le Fruit de l’Hpenæa Courbaril, Linné