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LES VIEUX ARBRES DE LA NORMANDIE

ri'Allouville-Kcllern

(Seine-Inférieure) .

« Puisque .

pour l’instruction des générations ’ actuelles et futures, savants et artistes composent un impérissable souvenir des in téressants vestiges du temps passé, que les agents naturels et la civilisation, également destructeurs, font lentement ou rapidement disparaître, les naturalistes, de leur côté, doivent décrire et figurer les vieux arbres, intéressants à tous égards, et. les seuls témoins vivants d’une longue période de l’Histoire.

« Pour combler une lacune, j’ai entrepris un travail descriptif et iconographique sur les vieux arbres de la Normandie, province qui m’est chère à tous les titres et dont je puis facilement étudier sur place chesses naturelles, si nombreuses et si variées.

« L’élude des vieux arbres de la Normandie a été commencée depuis fort longtemps déjà; nous possédons

à leur égard un certain nombre de documents descriptifs et icon o graphiques importants répandus dans des publications différentes ; mais beaucoup de vides sont à combler, deslacunes existent dans la connaissance de ceux que l’on a décrits, et, en outre, il est nécessaire de réunir, dans un travail spécial, tous les documents descriptifs anciens et récents, après les avoir souniisà un examen approfondi. »

Ainsi commence le premier fascicule (I ) du travail en question, fascicule paru il y quelques mois, et où sont décrits et figurés treize arbres et deux groupes d’arbres, représentés par vingt

(l) Henri Cadeau de Kerville. Les Vieux Arbres de la Normandie, Etude bolanico-historique, fascicule I. avec 20 planches atogravurc, toules inédites cl faites sur tes photographies /Extrait duita//. de ta Soc. desScicnc. nat de Rouen, 1890), Paris, 1891, J.-B. Baillière et fils, et aux buux du journal.

LE CHÊNE-CHAPELLES D’Al.LOU VILLE-BELLE FOSSE (Seine-Inférieure}. Reproduction directe d’une photographie de l’auteur.

les ri-

planches en photogravure. Parmi eux, je citerai notamment : L’If-chapelle et l’If-sans -chapelle de La Ilayede- Routot (Eure) ; le Cèdre du Liban du parc de Barville (Eure); le Hêtre de Montigny ou du Fondrel, à Montigny (Seine-Infe'rieure) ; le Chêne-chapelles d’Allouvillé-Bellefosse (Seine-Inférieure); le Trois-Cliênes ou Chêne de la Côte-rôtie, de la forêt de La Londe, à La Londe (Seine- Inférieure) ; le Chêne à leu de la forêt de Rouraare, à Saint-Martin-de-Boscherville (Seine-Inférieure) ; le Chênecuve de la forêt de Brolonne, à Guerbaville (Seine-Inférieure), etc.

La description de l’arbre, son âge, son historique, sa légende, sa bibliographie, son iconographie, etc., tels sont les points sur lesquels je m'étends, afin de donner sur les vieux arbres de la Normandie un travail suffisamment complet. Je souhaite bien fort que des botanistes entreprennent, pour les autres régions de notre incomparable pays, un travail analogue au mien. El, de plus, je demande instamment qu’il soit constitué, dans chaque département, une commission spéciale, chargée de noter, d’une façon tout à fait précise, en des points absolument fixes et à des intervalles de temps déterminés, la longueur de la circonférence des vieux arbres, et autres renseignements analogues, de manière à obtenir des documents très exacts sur un point aujourd’hui fort peu connu : celui de l’accroissement des très vieux arbres.

Les doyens des végétaux de la Normandie sont les deux Ifs de La Haye-de-Routot (Eure), dont on peut évaluer à 1500 ans l’âge approximatif; mais le plus célèbre des arbres de cette province est le fameux Chêne-chapelles d’Allouville-Bellefosse (Seine-Inférieure), situé dans les environs d’Yvetot, et représenté par la ligure ci-jointe.

Ce Chêne, de réputation européenne, croît isolément sur le terre-plein où se trouve l’église d’Allouville, à quelques mètres de l’entrée de celte église.

Il possède encore beaucoup de vigueur. Le 2 mai 1890, époque à laquelle j’en ai fait une e'tude attentive, son tronc, qui est complètement creux, avait une circonférence de O"1, 79 à 1 mètre du sol, et la hauteur totale de l’arbre était d’environ 17m,63.

Le tronc est recouvert, en beaucoup de parties, avec du bardeau de chêne, pour empêcher l’eau de pénétrer dans l’intérieur. La portion terminale du tronc se compose d’un toit conique, aussi en bardeau de chêne, et surmonté d’une croix en fer. Des tiges de ce métal relient entre elles les principales branches. Une balustrade en bois de chêne entoure la base de l’arbre, et un escalier, de même bois, contourne une partie du tronc et mène à la chapelle supérieure. Au sommet de l’escalier, avant d’arriver à la porte de cette chapelle, existe une galerie en chêne.

Cet arbre contient deux chapelles superposées : une chapelle inférieure, dédiée à Notre-Dame de la Paix, et une chapelle supérieure, nommée Chapelle du Calvaire.

On accède par deux marches dans la chapelle inférieure, dont la porte, en chêne, se trouve dans une crevasse de l’arbre, au pied de l’escalier. Au-dessus de cette porte est fixé un écriteau en bois sur lequel on lit :

A Notre-Dame de la Paix, érigée par AI. l'abbé du Détroit, curé d’Allouville, en 1696.

Des documents que je ne puis indiquer ici, à cause de leur longueur, me font admettre que l’âge actuel de ce Chêne est d’environ 78o à 900 ans.

Les limites, forcément très restreintes de cet article, m’empêchent d’entrer dans de plus amples délai 1s sur ce Chêne célèbre, classé au nombre des monuments historiques de la Normandie, et que le crayon et le gélatino-bromure ont reproduit un certain nombre de fois.

L’an prochain, je publierai le deuxième fascicule de l’ouvrage en question, qui, je le pense, sera terminé avec six, et j’aurai l’honneur et le plaisir d’analyse, ce deuxième fascicule pour les nombreux lecteurs de cette revue scientifique.

Henri Cadeau de Kerville.

Les Éponges

Les Éponges font partie, dans la classification zoulogîque, du grand embranchement des Cœlentérés, dans un groupe spécial ou sous-embrancliement des Éponges. Ce groupe se divise en deux ordres : i° les Éponges fibreuses ( Fibrospongiæ ) ; 2° les Éponges calcai res ( f'alci spongiæ).

Les Éponges fibreuses se partagent elles-mêmes en plusieurs tribus : 1° les Éponges gélatineuses, Éponges molles, dépourvues de toute espèce de squelette ; 2° les Éponges cornées, le plus souvent massives avec des libres cornées (ce sont les Éponges dont nous nous occuperons dans cette note) ; 3° les llalicondriées, Éponges munies d’aiguilles, de spiculés simples, etc. ; 4° les-' Éponges pierreuses, compactes et résistantes; 5° les Hyalospongiées, Éponges à charpente trei Hissée solide (Claus). Le groupe des Éponges calcaires n’a pas été subdivisé.

, Dans l’échelle zoologique, les Éponges, qui sont immédiatement classées après les Protozoaires, sont les premiers animaux qui laissent voir une organisation plus complexe, une différenciation des cellules et des tissus. Sauf chez les Éponges gélatineuses, toutes les Éponges présentent un squelette ou charpente solide formée suit de spiculés siliceux ou calcaires présentant des formes très diverses, régulières ou irrégulières, soit de fibres cornées (Éponges cornées, bien connues par l’usage qu’on en fait : Éponges de toilette, etc.). Toutes les Éponges, sauf celles du genre Spongilla (Halicondriées), sont marines ; elles vivent le plus souvent dans les. eaux peu profondes.

Les Éponges cornées sont utilisées par l’homme pour un grand nombre de besoins et lui rendent les plus grands services. Aussi le mot « éponge » n’évoque-t-il, pour le plus grand nombre, que cette production naturelle tant employée dans une quantité d’usages domestiques. Par ce fait, les Éponges donnent lieu à un très grand commerce ; celles-ci sont variées de forme et de volume, formées d’un tissu léger, résistant, élastique, d’aspect de couleur jaune ou fauve. Les Éponges sont désignées, dans le commerce, le plus souvent, par le nom de leur lieu de provenance. Nous citerons ci-après, d’après Pennetier, les principales sortes commerciales ; l’éponge fine-douce de Syrie; l’éponge fine-douce de l’Archipel; l’éponge fine-dure, dite éponge grecque; l’éponge blonde de Syrie, dite éponge de Venise; l’éponge blonde de l’Archipel, dite aussi épenge de Venise; l’éponge de Salonique ; l’éponge de Gerby ou Zerbi, provenant de lile de ce nom située dans le goltc de Cabès, près des côtes de Tunisie; l’éponge brune de

Barbarie, dite éponge de Marseille, provenant de Sfax, vilfe de Tunisie.

LesÉpo nges connues sous le nom de « Bahamas ®, notamment, fournissent un commerce immense, dont on ne peut, se faire une idée. L’Archipel des îles Bahama s’étend, dans l’océan Atlantique, vers le Sud-Est, depuis la côte de Floride jusque vers les îles de Cuba et de |

être et ne soient prises par les pêcheurs. Les Éponges sont toujours en grande quantité autour de ces îles, toujours poussant et croissant. La quantité d'Eponges expédiées de ces îles pendant l’année 1890 fut de 623,317 livres, valeur locale se montant à 31,300 dollars. On en trouve toujours autant et les prix se maintiennent I à un niveau égal.

Emballage et expédition des Éponges.

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