DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE PARIS
Recherches anatomiques et physiologiques sur les
bractées de l’involucre des Composées (2 , par
M. Lucien Daniel.
L’objet principal du travail de M. Daniel est l’étude anatomique des bractées de l’involucre dans les Composées de la flore do France et l’application de celte étude à la classifica-
Frappé de l’homogénéité remarquable que présente, dans ses caractères essentiels, la famille des Composées, et de l’incertitude qu'apporte à l’établissement des genres ou même des tribus l’examen des caractères morphologiques secondaires, — tels que la nature do l’aigrette, l’état du réceptacle, la forme du fruit, etc., — l’auteur s’est demandé si, à défaut de l’anatomie très uniforme des organes végétatifs, celle des bractées de l’involucre n’offrirait pas des variations intéressantes, susceptibles de fournir de bons caractères taxinomiques.
L’appareil de soutien, le stéréome (pour l'appeler par son nom), très réduit dans la feuille des Composées, est au contraire très développé dans les bractées, où il est représenté soit par du collenchyme, soit par du parenchyme scléreux, soit encore par du sclérenchyme. Il y affecte d’ailleurs trois dispositions, souvent distinctes, parfois aussi diversement combinées : il peut être hypodermique, fasciculaire (cordons annexés aux faisceaux libéro-ligneux) , ou médian (il est alors indépendant de l’appareil tégumentairo et - de l’appareil conducteur, c’est-à-dire plongé en plein parenchyme).
C’est au stéréome que M. Daniel a demandé, avec succès, la solution du problème qu’il s’était posé.
Les bractées do l’involucrc des Composées, étant des feuilles modifiées, présentent une gaine, un pétiole et un limbe dont les dimensions respectives dépendent du rang de la bractée que l’on considère : la gaine, rudimentaire dans les bractées externes, est au contraire très grande dans celles du centre; son développement est en raison inverse de celui du limbe. Or c’est dans la gaine que le stéréome est le plus riche. Comme le stéréome fournissait à l’auteur son principal caractère do classification, il a été amené, pour ses comparaisons, à choisir dans des capitules complètement développés les bractées internes les plus épaisses, et à prendre la base comme niveau invariable de ses coupes.
La disposition générale du stéréome a d’abord permis
(1) Histoire générale et particulière des Anomalies de Inorganisation chez V Homme et les Animaux ou Traité de Tératologie , Paris, J.-B. Baillière, t. II, 1836, p. 132.
(2) Publiées dans les Annales des sciences naturelles, 1890.
a. Coupe transversale d’une bractée d 'Echinops sphœro-
cephalus. es, épiderme supérieur ; pl, parenchyme lacuneux ; pd, parenchyme dense arrondi; sel, sclérenchyme; ei, épiderme inférieur.
Corymbifères. On voit que l’élude du stéréome de l’involucre conduit à considérer la tribu des Corymbifères, dont les caractères o-énéraux sont assez vagues, comme intermédiaire entre les
deux autres.
Dans chacune des permet aussi de défi] tableaux suivants :
stéréome fibreux
stéréome non fibreux formé par des -cellules .
trois tribus, la disposition du stéréome air les sous-tribus, comme l’indiquent les
( hypodermique . A Crépidées
( médian . B Byosiridées
( de deux formes . C Picridées
f toutes semblables . D Lactucées
! formé par / entièrement hypodermique, bande en- ) de scléren- 1
e formé d’ilots de parenchyme scléreux sclérenchyme .
ie nul ou formé do parenchyme aqueux..
A Gnitphalièes B Antkémidées
D Tussilaginées
bande hvpodcrmique supérieure rudimentaire ou non fibreuse .
§ j bande hypodermique supérieure formée par du
Dans chacune des sous-tribus, l’auteur a pu également délimiter des genres douteux, justifier ou infirmer des rapprochements basés exclusivement sur la morphologie externe.
M. Daniel consacre une seconde partie de son mémoire à l’étude générale des transformations qui conduisent de la structure do la feuille normale des Composées à celle de la bractée de l’involucre; l’examen de l’involucre de Carduus nutans lui a fourni pour cette étude une série très complète de formes de passage, et lui a permis d’établir les conclusions suivantes, confirmées par une foule d’autres observations dont l’énumération serait fort longue :
La transformation do la feuille en bractée de l’involucrc est graduelle.
La structure hétérogène normale (tissus palissadique a la face supérieure, lacuneux à la face inférieure) qui se rencontre dans la feuille, sc modifie insensiblement et fait place û une structure homogène (palissadique ou lacuneuse); bientôt, les
Cartluées
Centaurées
modifications se poursuivant dans le même sens, la structure homogène est à son tour remplacée par une structure hétérogène renversée : on observe souvent des palissades à la face
Fig. 3. — Coupe d’une bractée de l’involiicre d ’Helianthus tuberostts, montrant la structure hétérogène renversée, es, épiderme supérieur ; ei, épiderme inférieur ; paq , parenchyme aqueux ; pl, parenchyme lacuneux ; pp, parenchyme en palissade ; es, canal sécréteur.
inférieure, un tissu lacuneux à la face supérieure; tout au moins la chlorophylle est surtout localisée à la face inférieure (fig. 3). La transformation commence au niveau du faisceau libéroligneux médian de l’organe et se continue ensuite plus lentement sur les parties latérales. Telle est la principale modification que révèle l'étude anatomique des bractées ; l’auteur l’interprète fort justement comme un effet de l’orientation ; l’étude de la disposition des diverses bractées dans l’involucre jeune lui montre que si la chlorophylle se localise dans la bractée au voisinage de la face morphologiquement inférieure, c’est que cette face, au moins au début de son développement, était tournée vers la lumière.
D’autres modifications, moins essentielles, accompagnent la transformation de la feuille en bractée de l’involucre : il se fait, par exemple, une réduction dans le nombre dos canaux sécréteurs, dont la disposition est, d’ailleurs, généralement différente dans les deux organes. Les laticifères peuvent se transformer en sclérenchyme. Les nervures deviennent moins saillantes et disparaissent dans le parenchyme de la bractée. Le stéréomc fasciculaire, quand la feuille en contient, se réduit et disparait ; en même temps apparaît le stéréomc médian, qui finalement sc transforme en stéréome, hypodermique.
Mais c’est sur l’épiderme et les stomates, avec la distribution de la chlorophylle, que portent surtout les transformations importantes. L’épiderme inférieur de la bractée porte souvent des papilles qui manquent à celui de la feuille végétative. La forme des cellules dé l’épiderme bi’actéal est d’autant plus allongée, leurs membranes sont d’autant moins sinueuses, 1cm’ épaisseur et leur largeur d’autant moindres que la région recouverte par l’épiderme est moins éclairée. L’épaisseur totale des membranes et celle de la cuticule sont plus grandes à l’épiderme supérieur, qui peut prendre l’aspect d’un sclérenchyme, surtout au niveau des grosses nervures ; le parenchyme supérieur subit un allongement et des modifications correspondant à ceux de î’épidcrnje qui le recouvre. Le nombre des stomates, en général plus abondants à la face inférieure, diminue en même temps que l’éclairement ; ils disparaissent même complètement dans les régions placées à l’obscurité ; ce fait mérite d’être remarqué, il montre en effet que le renversement des parenchymes et de la chlorophylle n’est, pas accompagné par un renversement des stomates, dont la répartition sur les deux faces paraît acquise.
Dans cette seconde partie de son travail, M. Daniel a voulu poursuivre plus loin encore l’étude des modifications de la feuille : il a suivi pas à pas la dégradation que subit cet organe depuis la bractée mère des fleurs les plus développées jusqu’aux paillettes et aux soies les plus rudimentaires que présente le réceptacle du capitule (V. fig. 4). Cette recherche, qui ne pouvait être que féconde en résultats, lui a montré que la dégradation
porte à la fois sur le mésophylle, qui passe presque partout à la structure homogène, diminue beaucoup d’épaisseur et peut
Fig. 4. — Diverses formes delà coupe de la soie du réceptacle
de l’Artichaut. — On y observe une dégradation progressive
de la structure.
même disparaître totalement (Centaurea, Echinops), — sur la chlorophylle, qui s’y. rencontre très rarement, — sur les éléments libéro -ligneux, très réduits ou nuis, — sur le stéréome, qui finit aussi par disparaître, — sur les canaux secréteurs, qui généralement ne se différencient pas.
A cette' étude anatomique, que le lecteur peut juger très complète, du capitule des Composées, l’auteur a joint quelques considérations physiologiques : c’est la partie la plus courte, mais non la moins intéressante, de son travail.
On pouvait se demander si la couche, souvent fort épaisse, de sclérenchyme que doivent traverser les radiations lumineuses pour atteindre le parenchyme chlorophyllien de la face inférieure d’une bractée n’apporte pas quelque modification aux phénomènes d’assimilation; en un mot, si le sclérenchyme est transparent pour l’assimilation. Quelques expériences, faites à l’aide de l’appareil à analyses de MM. Bonnier et Mangin, ont donné une réponse affirmative : le passage de la lumière à travers le sclérenchyme n’introduit aucun trouble dans l’assimilation chlorophyllienne.
On sait que, dans les racines de beaucoup de Composées (Aunéc, Topinambour, etc.), l’amidon est remplacé par une autre substance, de même constitution chimique, l'inuline, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool qui la précipite en sphérocristaux. Découverte èn 1804 par M. V. Rose, cette substance est généralement considérée comme jouant un rôle de réserve. M. Daniel l’a retrouvée dans les capitules d’un grand nombre de Composées, en particulier do toutes les Cynarocéphales, principalement de l’Artichaut, de la Bardanc, de diverses Centaurées, etc. 11 a observé qu’elle est surtout abondante dans les parties peu éclairées des capitules, ce qui le porte à croire que Yobscurité favorise l’élaboration de l’inuline. Comparant ensuite des capitules d’ Artichaut de divers âges (de très jeunes capitules, d’autres en fleurs, et enfin ceux où les bractées commencent à se flétrir et où les graines sont à peu près mûres), il a pu constater que l’inuline, rare dans les capitules très jeunes, s’accumule de plus en plus à mesure qu’ils se développent, pour atteindre son maximum au moment où ils sont bons à la consommation, c’est-à-dire quand les fleurs et les fruits vont se former; plus tard l’inuline abandonne successivement les bractées, le réceptacle, les fruits même, pour émigrer en quelque sorte dans les graines arrivées a maturité. Ces observations prouvent que l’inuline du capitule des Composées est, non pas un produit d’élimination, mais une réserve de courte durée , entièrement utilisée, pour le dévelop pcment de l’ovaire et pour celui de l’embryon.
On voit quelle ample moisson de faits renferme la thèse de M. Daniel. Désireux do lever tous les doutes au sujet de son interprétation physiologique du renversement des parenchymes dans les bractées de l’involucre des Composées, il a examiné de plus les involucros des Ambrosiacées , Dipsacées , Campanulacees , Plombaginées , Ômbellifères, etc., assez analogues à ceux des Composées, — les spathes do nombreuses Monocotylédonécs, — des calices — des gaines d'1 feuilles végétatives, etc. L’anatomie de tous ces organes a pleinement confirmé sa manière de voir, et lui permet de donner à son important mémoire cette conclusion très générale : La structure de la feuille , homogène à son début , se différencie suivant la direction et l’intensité des rayons lumineux qu’elle reçoit au moment de sa différenciation.
CHRONIQUE
Destruction de l’Anthonomus pomornm. — M. A. Léveillé a communiqué à la dernière séance de la Société cntomologique de France un procédé de destruction de Anthonomus Pomorum L. qui a donné des résultats excellents à un agriculteur distingué de Seine-et-Oisc, M. Jules Poupinel. Ce procédé consiste à faire des fumigations de soufre dans les Pommiers, en mai, à l'époque où nait le Charançon, avant l’épanouissement des fleurs; car l’on sait que la femelle de l’Anthonomo, à cette époque, perce les boutons à fleurs pour y déposer un oîuf, dont la larve détruira la fleur avant son épanouissement et la stérilisera. Ces fumigations se font avec, un brûleur quelconque, même avec un vieux seau do fer-blanc hors d’usage qu’on promène entre toutes les branches de l’arbre. 11 sullit de 1 kilo do soufre en canon (0 fr. 50) par. gros arbre et il faut un quart d’heure environ pour pratiquer la fumigation d’un très gros Pommier. M. Jules Poupinel, cette année, a constaté que tous les arbres ainsi fumigés étaient couverts de fruits, et que ceux laissés, de distance en distance, sans traitement, comme témoins, n'avaient pas une pomme .
Nécrologie. — M. Ed. André; un de nos distingués collaborateurs, vient de mourir ; nos lecteurs ont pu apprécier en lui un entomologiste, consommé. Il avait entrepris depuis de longues années une publication très importante : Le Species des Hyménoptères d’Europe et d’Algérie ; une trentaine de fascicules étaient déjà parus. Sa mort suspend cet important travail. Espérons que cette suspension ne sera que de courte durée, et qu’un entomologiste courageux, ou qu’un groupe d’entomologistes; voudra bien entreprendre la .continuation de cette publication devenue, indispensable.
Les distributions de graines et de plantes du Muséum de Paris. — Le Muséum persévère à suivre l'excellenle voie dans laquelle il est entré. Le service de la culture vient de faire paraître le catalogue des graines et plantes vivantes offertes aux établissements d’instruction publique. Il comprend des graines pour jardins botaniques, pour l’ornementation; des plantes vivantes, arbres et arbustes, bulbes et rhizomes, greffons d'arbres fruitiers.
Société des sciences naturelles de l’Ouest de la France. — La
commission de surveillance et le directeur-conservateur du Muséum (L’Histoire naturelle de Nantes, encouragés par un groupe nombreux d’amis des sciences des différents départements de l’Ouest, ont pris l’initiative de fonder à Nantes une Société des Sciences naturelles de l’Ouest, cle la France, établie sur des bases plus larges mais analogues à celles des Sociétés qui se sont formées à Strasbourg en 1872, à Lyon en 1878 et qui ont déjà produit d’importants résultats.
Elle fait appel à tous ceux qui s'intéressent au progrès de la science et qui considèrent comme utile de centraliser, dans un bulletin spécial, les travaux des sciences naturelles qui se publient sur la région. Ces travaux, qui deviennent chaque jour plus nombreux, sont disséminés dans un grand nombre de publications françaises, parfois même étrangères, et, chose regrettable, restent le plus souvent ignorés des personnes qu’ils pourraient intéresser.
S’adresser pour tous renseignements à M. le Dr Louis Bureau, au Muséum de Nantes.
LIVRES NOUVEAUX
Tableaux analytiques pour déterminer les coléoptères d’Europe, traduits de l’allemand. — I. Nècrophages, par Ed. Ileitter, un vol. iii-8° de 116 pages, 3 fr. 50 (I).
En dépit des essais tentés à plusieurs reprises par des entomologistes de talent, tous les ouvrages se proposant de doter la France d’une Faune des coléoptères sont toujours restés inachevés, souvent à peine commencés et toujours bien loin du but à atteindre. L’Histoire naturelle des coléoptères de France , par Mulsant, est ce que nous avons de mieux en ce genre : mais, outre que la plupart des fascicules sont épuisés et presque
(1) En vente aux bureaux du journal, chez M. Ernest Olivier, 10, cours de la préfecture, à Moulins (Allier); chez M. Croissandcau, 15, rue du Bourdon-Blanc, à Orléans (Loir'*»).
introuvables, cet ouvrage atteint un prix très élevé, bien. que ne décrivant que les insectes qui se trouvent .i.-m- U limites politiques de la France. Nos voisins sont plus avancés que nous sous.ee rapport : M. Ed. Reitter, le savant entomologiste autrichien, a entrepris une Faune des coléoptères d’Europe, 'disposéc Cil tableaux dichotomiques permettant d’arriver faci- 1 1 ■ " 1 1 ■ 1 1 1 ., la détermination des espères, Cu grand nombre de familles ont déjà été traitées et l’ouvrage est en lionne voie d’achèvement. Malheureusement, le texte allemand est un obstacle à sa propagation en France, où l’intelligence des langues étrangères est si peu répandue.
Avec la collaboration de quelques collègues, M. Ernest Olivier a entrepris la traduction de ces tableaux. Cette publication étant faite en dehors de toute idée de spéculation, chacun des fascicules pourra être livré à son prix de revient, c’està-dire très, bon marché.
Les Nècrophages sont terminés et tes autres familles de. In tribu des Clavicornes sont sous presse et paraîtront rapidement. Tous les entomologistes feront certainement bon accueil à cette publication, qui vient combler une lacune si regrettable.
Novitates Lepidopterologicæ. — Sous ce titre, MM. P. Mabille et Vuillot viennent de commencer à publier une série de descriptions de Lépidoptères nouveaux, rares ou non encore figurés. Chaque espèce décrite est représentée dans des planches coloriées, tirées avec le plus grand luxe par les soins de nos meilleurs iconographes, peintres, graveurs et culoristes.
Cet uuvrage, qui s’occupera aussi bien des diurnes que des kétérocéres et niicrolépidoptères, sera absolument indispensable à tous les lépidoptéristes pour la détermination des espèces douteuses; c’est le complément naturel des grands ouvrages d’Hübner, de Cramer, d’Hewitson, etc. Jusqu’ici la France s’était laissée distancer pour les iconographies de Papillons; les Novitates Lepidopterologicæ combleront cette lacune, en formant, avec le temps, un recueil absolument unique de figures inédites, d’une valeur incomparable.
Nous avons sous les yeux les deux premiers fascicules de cet important ouvrage; la beauté remarquable, l’exactitude et la finesse des planches, ainsi que son prix des plus modérés (3 francs par planche coloriée), assurent à ses auteurs de nombreux souscripteurs. Du reste, on compte déjà parmi eux les principaux lépidoptéristes de France, d’Angleterre et d’Allemagne, ainsi que les musées d’histoire naturelle de3 principales villes d’Europe ; la liste de leurs noms paraîtra à la fin du premier volume des Novitates .
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 22 décembre 1890.— M. Ad. Chatin étudie 4 espèces de truffes souvent confondues avec la véritable truffe des Gourmets (Tuber melanosporum ou T. cibarium), ces truffes sont 1° La truffe de Bourgogne, Champagne (T. uncinatum), ainsi nommée du caractère particulier de ses spores qui hérissent des papilles courbées en crochet au lieu d’étre droites. 2° La truffe blanche d’hiver (Caillette des Provençaux, T. hiemalbum . .7" La truffe Fourmi, Truffe Punaise, Rougeotte, Truffo pudendo, fidèle alliée de la trutle de Périgord ( Tuber brumale ). 4° Aces espèces l’auteur en ajoute une quatrième le Tuber montanum récolté dans les montagnes des environs de Corps. — M. le Dr Clos signale à l’Académie le singulier cas de germination des graines d’une Cactée dans leur péricarpe (Pereskia). La structure des graines de cette Cactée la place dans le groupe des Opuntic.es comme l’avaient déjà prévu de Candolle, Salin Dyck, Bentham et Hooker. — M. L. Guinard a eu l’occasion d’expérimenter l’action de la morphine sur le chat et a pu constater que chez cet animal l’action anesthésique est toujours précédée et souvent empêchée par une autre action convulsivanto et excitante, c’est aussi ce que M. A. Milne- Edwards dit avoir observé sur d’autres félins de la ménagerie du Muséum ^Lions; Tigres). — Suivant des observations faites à Wimeroux par M. Jules Bonnier, il résulterait que le dimorphisme des mâles chez les Crustacés (Orchostia. Batliyporcia) provient d’une adaptation particulière du sexe mâle en vue de l’acrouplement; fait alors absolument comparable aux changements de plumage chez les oiseaux. — - M. de Lacaze-Duthicrs présente une note de 31. A. Malaquin sur la reproduction des Autolgteœ au moyen de
stolons — M. J. Ferez donne le résultat de ses études sur la faune apidologique du Sud-Est de la France comprenant près de 500 especes réparties en 43 genres. — M. A. Romieux adresse à l’Académie une note sur les relations entre la déformation actuelle de la croûte terrestre et les densités moyennes des terres et des mers. — M. Rolland adresse à l’Académie une note sur l'histoire géologique du Sahara; cette note accompagnée d’une carte publiée dans les Comptes rendus montre que, d une manière générale, toute l’Afrique du Nord, tout l'Atlas et tout le Sahara, de l’Atlantique à la Mer Rouge, font partie ou à peu près du continent africain depuis la fin du miocène moyen. — Dom Pedro Augustode Saxe-Cobourg-Gotha signale al’Académie la présence delà millérite de Morro-Velho. - M. F. Connard donne les caractères d’une espèce minérale nouvelle l’Olïretite,
— il. A. Lacroix adressé une note sur les enclaves de trachyte de Menet (Cantal) sur leurs modifications et leur origine. — if. E. Durègne a pu distinguer deux âges dans la formation des dunes de Bourgogne; ces dunes de deux âges différents diffèrent, également d’orientation.
Séance du 29 décembre. — Prix décernés, 1890. Anatomie F.T Zoologie. Prix Savigny : M. le Dr Jousseaume , notre collaborateur, qui a fait de 1887 à 1888 trois explorations successives dans la mer Rouge, et a publié plusieurs mémoires importants, obtient le prix ainsi que le R. P. Camboué, missionnaire a Madagascar, qui depuis huit ans s’occupe avec zèle de, la faune invertébrée de cette ile. Ou sait que le prix Savigny n’avait pas été décerné depuis 10 ans.— Prix Serre. Ce prix est décerné à if. Camille Dureste pourses travaux de tératogénie expérimentale.
— Prix Delalande-Guérineau. Ce prix est décerné à if. le if' Venteau pour son étude des îles Canaries. — Botanique. Prix Demazières. Le prix est décerné à M. Maurice Gomont pour un mémoire intitulé : Étude monographique sur les Oscillariées. — Prix Montagne.. Deux prix sont décernés l’un à M. Paul Rariot pour scs travaux sur les algues du cap Horn et sur celles de Miquelon ; l’autre à if. h Dr Albert Billet, pour son ouvrage intitulé : Contribution à Vêtude de la morphologie et du développement des Bactériacés. — Géologie. Prix Vaillant. Étude des refoulements qui ont plissé l’écorce terrestre, rôle des déplacements horizontaux ; le prix est décerné à M. Marcel Bertrand. — Prix Fontannes. Le prix est décerné à M. Ch. Deperet pour ses beaux travaux sur la faune des vertébérés du Pliocène du Sud-Est.
A. E. Malard.
BIBLIOGRAPHIE
45. Zykow, W. Notice sur les spongillides des environs de Moscou.
Bull. Soc. Nat. Moscou. 1890, pp. 170-172.
10. Al’cangeli, G. Altre osservazioni sul Dracunculus vulgaris (L.) Schott, e sul suo processo d’impollinazionc.
Malpighia. 1890, pp. 254-261.