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ESPÈCES COMMUNES

Thalictrum, alpinum L. — Cette espèce se trouve en France, aux Alpes et aux Pyrénées. Dans l’Inde, on la rencontre dans la région alpine de l’Himalaya au Thibet occidental. Quant à sa distribution générale, elle croit dans les régions arctiques. Dans l’Himalaya, on la trouve à une altitude de 3,000 à 3,000 mètres. La iongucur du pédoncule de l’achaine varie à la fois dans les spécimens appartenant soit à la Flore de France, soit à la Flore de l'Inde.

Thalictrum minus L. — Cctto espèce, qui appartient à la flore de Paris, croît en France dans les bois. On la trouve aux Indes, dans les vallées profondes et centrales de l’Himalaya tempéré. On la rencontre aussi au Thibet occidental. Altitude : 2,700 à 3,600 mètres. Distribution générale : Europe, Nord de l’Asie, Abyssinie, Sud de l’Afrique. Toutes les formes indiennes de cette espèce sont, suivant M. Hooker, très variables quant à leur feuillage, mais constantes quant à leurs fleurs. Voici les principales variétés de cette plante dans l’Inde.

Thalictrum, minus vulgare. — Commune en Europe, cotte forme est moins répandue ici que les suivantes : Thaï . min. fœtidum et majus. Le feuillage de cette dernière variété ressemble souvent entièrement à celui du Thalictrum / lavum .

Adonis œstivalis L. — Assez commune en France, dans les champs et les moissons, cette plante appartient à la Flore parisienne. On la rencontre aux Indes, dans l’Himalaya occidental, depuis le Cumaon jusqu’au Cachemir. Elle croit dans les champs do blé. On la trouve aussi à Ifazara et à Pcshawar.

Distribution générale : Europe et Asie tempérée.

Ranunculus aquatilis L. — Egalement du domaine de la Flore des environs de Paris, cette espèce qui se trouve en France dans les rivières, ruisseaux, mares et marais habite dans l’Inde, l’Himalaya occidental du Cumaou à l’Indus. Elle se rencontre aussi dans le Thibet occidental et oriental, dans les plaines du Panjab et s’étend au sud jusqu’à Dehli et Saharunpore. Toutefois, elle ne so trouve dans l’Inde qu’à l’état de variété. Ran. aq. tricophgllus , et de plus est dépourvue de feuilles nageantes.

Distribution générale : Régions tempérées des deux hémisphères.

Ranunculus falcatus L. — Cette espèce, qui correspond au Ceratccephalus falcatus de Persoon, est particulière au midi et à l’est de la France. Elle habite l’Himalaya tempéré : on la rencontre à partir de Kisthwar, en se dirigeant vers l’ouest. On la trouve aussi dans le Panjab et dans les lieux herbeux, à Peshawar.

Distribution générale : Sud-Est de l’Europe et Asie occidentale.

Ranunculus Lingua L. — Plante de la Flore de Paris, habite en France les étangs et les fossés. Aux Indes, croît dans l’Himalaya occidental et dans les étangs du Cachemir.

Distribution générale : Régions tempérées de l'hémisphère nord.

Ranunculus chterophyllos. — L’espèce parisienne croit en France dans les lieux secs et couverts. Habite l’ouest du Thibet et les montagnes de Hasora (3,600 m.).

Distribution générale : Sud de l’Europe, Asie Mineure, Perse.

Ranunculus seeleratus L. — Plante parisienne habitant les marais et les fossés. Habite les bords des rivières dans le Bengale et dans le nord de l’Inde. On la trouve aussi dans les marais de Peshawar et dans les vallées chaudes de l’Himalaya. On ne l’a pas rencontrée jusqu’ici au Sud de la Nerbadda.

Distribution générale : Zone tempérée de l’hémisphère nord.

[A suivre.)

Hector Léveiu-é.

La Chlorophylle normale existe-t-elle chez les animaux?

Dans un premier article, j’ai montré que les corpuscules verts que l’on trouve chez un grand nombre d’animaux sont des algues voisines du Palmella hyalina; depuis la rédaction de cet article, j’ai eu l’occasion de voir, par une analyse succincte, que le professeur Famintzinde Saint-Pétersbourg venait de reprendre l’étude de ce même sujet : il arrive aussi à considérer ces corpuscules verts comme des algues : bien que ce travail ne soit pas encore publié, on peut dire que la question est définitivement résolue.

Aujourd’hui, je m’occuperai de savoir s’il existe réellement des animaux colorés en vert, non par une algue parasite, mais à la façon des plantes, par des chloroleucitcs. Au risque d’aller à l’encontre d’idées reçues, je n’hésite pas à dire que jusqu’ici l’existence de véritables chloroleucitcs chez les animaux est tout à fait problématique. En, efiet, en ce qui concerne des animaux bien caractérisés, deux observations seulement peuvent être opposées : l’une vient de Miss Jessie A. Sn Hit qui

attribue à la Vorticella chlorostigina tic la chlorophylle diffuse dans un protoplasma très transparent : il en serait de même, d’après M. E. Ray Lankester, dans une Vorticelle; ces observations, dans l’état actuel de la science, affectent un tel état d’exception qu’elles auraient grand besoin d’ètre confirmées : d’un autre côté, cette chlorophylle, dilfuse dans le protoplasma, ne nous dit rien qui vaille; ce n’est lias là un chloroleucitc : elle provient plutôt d’une décomposition d’aliments ingérés.

Il y a d’autres êtres, colorés en vert par des chloroleucitcs véritables : ce sont les Euglenre, les Chlamylomonudinœ, etc.? pour la plupart des zoologistes, ce sont de véritables animaux; si nous démontrons leur nature végétale, nous aurons prouvé que la chlorophylle normale, que les chloroleucitcs sont des attributs du règne végétal, car on ne. saurait vraiment nous opposer les deux exceptions signalées ci-dessus.

Qui n’a vu, à la surface des mares, des flaques d’eau, des rigolets, un nuage vert qui peut se déplacer avec la direction des rayons du soleil ? Ce nuage est constitué par une quantité de zoospores; selon la disposition des lieux, la nature de l’eau, du terrain, ces zoospores appartiennent à de nombreux genres, d’ailleurs liés entre eux par une étroite parenté (fig. 1) ce sont les Chlorogonium, AA', et les Cercidium allongés en navette, les Phacotus, B, aplatis en lentille, les Cklamydomonas oviformes C, les Pithiscus, P, renflés en tonnelet, etc. tout cela grouille, fourmille, s’agite ; pourrait-on douter, un seul instant, de leur nature animale? Eh oui, pour d’excellentes raisons !

Nous allons comparer ces êtres, à tous les stades de leur vie, à des plantes bien caractérisées, telles que le Botrydium, les Conferves, les Cladophores et la conclusion viendra d’clle-

Prcnons d’abord le stade zoospore de l’un des prétendus animaux verts de tout à l’heure ; tous se ressemblent étroitement dans leur structure ; en décrivant l’un d’eux, le Cklamydomonas Uorieri (fig. 2) par exemple, nous connaîtrons tous les autres.

La zoospore a une forme ovale A : à la partie antérieure sont insérés deux longs flegellums ; ces flagellums lui servent à progresser rapidement dans l’eau : le corps est entouré d’une membrane de cellulose. D ans le protoplasma on distingue deux régions : l’une, antérieure, afl’ectant la forme d’une chambre vacuolairc; on l’a considérée parfois comme un leucite d’une forme particulière, un liydroleucite ; la présence au milieu de cette chambre vacuolaire du noyau de la cellule n’est pas de nature à appuyer cette opinion : on ne saurait davantage yvoir une cavité digestive, puisque la membrane cellulosique est continue .

Sous la membrane, se trouve un chloroleucitc en forme de cloche ; c’est du protoplasma plus dense, imprégné de chlorophylle : à sa partie postérieure, il renferme l’a mylosphère (Van Tieghem) : c’est un petit globule réfringent (pyrénoïde) entouré d’une couche d’amidon. A noter encore la présence au niveau de l’amylosphère ou un peu au-dessus d’un point rouge qui est considéré comme l’œil, puis, plus haut, à la base des llagellums d’une vacuole contractile.

Telle est la structure de ce prétendu animal : on peut déjà s’étonner qu’il fabrique de l’amidon, mais peu nous importe pourl’instant.

Abandonnons dans une soucoupe de porcelaine, le Botrydium

Fi g l . — t )phnjdhitn versatile coloré en vert par les Zoochlorclles : celles-ci ; >ar 1 phèi s ombrées.

— Fig. 2. Paramaecium Bursaria. Id. - — Fig. 3. En haut et à gauche. Zoochlorelle avec son noyau; à côté division en deux et en quatre do l’algue, germination du kyste par rupture de la membrane. — Fig. i. Les chloroleucitcs dans une cclllulc végétale

— Fig. o. Palmella hyalina. Colonie gélatineuse formée de cellules ressemblant exactement aux Zoochlorellles comme grosseur

ci comme structure. — Fig. 6. Chloroleucitc en ruban d’un Spirogyra. — Fig. 7. Lu rh-h* iv.-c s.-s Z..urhl"relles. —

Fig. 8.. Colonie gélatineuse d’Ophrydium versatile. — Fig. 9. Disposition des individus dans cette rolonie.

ou encore des algues lilamenteuses, des Conferves : ou verra bientôt que la plupart dos cellules ,se sont vidées : elles ont donné naissance à un essaim de zoospores qui maintenant forment une couche verte mobile sur les bords de la soucoupe ; or ce qu’il y a de plus curieux, c’est que ces zoospores végétales incontestablement ne différent en rien de celles des Chlamydomonas: elles se déplacent, s’agitent, vont et viennent avec la plus grande activité ; mêlées aux premières, le micrographe le plus exercé ne saurait les distinguer : elles ont des flagellums, un point oculiformc, une chambre antérieure claire, un ou plusieurs chlorolcucites, des amylosphcres, un noyau.

La structure de nos prétendus animaux verts, leurs mouvements sont donc identiquement les mêmes que ceux de zoosporcs regardées par tous comme des algues : voilà un premier point.

Passons maintenant au développement : la zoosporo de Clamydomonas tout en continuant à se mouvoir, divise son contenu en deux ou quatre zoospores filles (fig. 2, B. C), qui, a un moment donné, deviennent libres : elles s’échappent au travers de la membrane et se meuvent dans le liquide; d’autres fois, la zoospore se fixe, perd ses cils, divise son proloplasma en deux ou en quatre, quelquefois huit cellules qui peuvent se transformer en zoospores ; en un mot, là cellule de Chamydvmonàs devient Un sporange soit mobile, soit fixé.

Dans le Botrydium granulation (fig. 3), petite algue unieellulaire que. l’on trouve sur le bord des fossés, les choses se passent de la même façon ; la zoospore se fixe ; elle développe dans le sol des ramifications dichotomes, A, et elle se renfle à l’air libre en ampoule qui deviendra le sporange. Pour observer la formation des zoospores, il faut de toute nécessité faire scs observations le soir ou même pendant la nuit ; c’est le seul moment favorable. On voit le protoplasma se sectionner en nombreuses portions polygonales : chacune de ces portions s’individualise en une zoospore ; la membrane du sporange s’épaisit, devient gélatineuse : elle présente en un point une ouverture par laquelle s’échappent les zoospores ; en un mot la cellule du Botrydium s’est transformée comme celle du Chlamydomonas en un sporange.

On est en droit de conclure que la reproduction asexuelle tendant à la dissémination de l’espèce est identiquement la même chez nos prétendus animaux verts et chez les algues : voilà un second point :

Il ne nous reste plus à étudier et à comparer que la reproduction sexuelle.

Chez les Chlamydomonas (fig. 2, D. J.), à un certain moment la cellule, au lieu de donner des zoospores ordinaires, produit des zoospores douées de sexualité ou gamètes ; ces gamètes se recherchent; on les voit s’accoupler par deux, E. K.; elles entremêlent d’abord leurs flagellums, se happent par leur extrémité antérieure et elles se fusionnent peu à peu complètement en une petite cellule ronde qui est l'œuf ou oospore comme on voudra l’appeler; dans cet œuf, G. H., lès deux gamètes sont intimement fondues : les protoplasmas mélangés, les deux noyaux réunis en un seul ! Cet œuf grossit, s’entoure d’une forte membrane G. H. qui lui permet de résister à la dessiccation et au manque de nourriture, à toutes les conditions défavorables; plus tard, il germe soit en donnant des zoospores,' soit en produisant des cellules immobiles I.

On dirait que la reproduction sexuelle du Botrydium granulation et aussi celle de beaucoup d’autres algues est calquée sur celle des Chlamydomonas', en effet, on y trouve des gamètes qui se réunissent également deux par deux pour constituer l’œuf ou oospore (fig. 3, C. D.) ; ces gamètes ne sauraient être distinguées des premières et leur fusion a lieu de la même manière ; elles entremêlent leurs flagellums et les deux protoplasmas se mêlent graduellement.

Donc, la reproduction sexuelle a lieu chez les prétendus animaux verts exactement comme chez les algues.

Pourquoi a-l-on si longtemps considéré les Chlorogouium, les Phacotus, les Chlamydomonas , etc., comme des animaux verts, comme des Flagellés? Cela lient à plusieurs raisons; d’abord beaucoup de ces êtres n’avaient été étudiés que par des zoologistes peu familiarisés avec l’étude des algues ; ensuite, dans cette étude, on s’était borné à la phase zoospore, c’est-à-dire à la période d’activité. Maintenant que nous connaissons mieux ces êtres, nous pouvons nous faire une idée plus exacte de leur place dans la classification et du même coup, nous faisons un grand pas dans la voie des généralisations en établissant l’absence de chlorophylle normale chez les animaux.

On est en droit de nous demander, il est vrai, en quoi nous

faisons constituer la distinction des animaux et des végétaux ; nous n’avons nullement l’intention d’esquiver la réponse ; encore devons-nous l’amener par quelques études préliminaires.

P. A. Dangeard.

LES CACATOES ROSALBINS

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