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DU JARDIN DES PLANTES DE PARIS

Depuis quelques semaines, la volière attenant au bâtiment des Singes, du Muséum de Paris, qui donne asile à ces animaux durant la belle saison, est occupée par des Oiseaux. Ainsi, l’hiver dernier, les Vautours l’habitaient à pareille époque. Cette année, ce sont des Perroquets de moyenne taille, des Cacatoès originaires d’Australie qui y prennent leurs ébats.

Au nombre d’une vingtaine, les Cacatoès rosalbins ( Cacatua roseicapilla Wagl.) semblent se plaire beaucoup dans cette vaste demeure. Ces Oiseaux ont -la tête d’un blanc rosé, le dos, le croupion et -la queue d’un gris ardoisé; les ailes sont brunes, .a gorge, les côtés du cou, la poitrine et le ventre sont d’un ose assez vif, plus pâle aux- sous-caudales. Le bec est blanc, et les pattes sont d’un brun grisâtre.

Si l’on voyait leurs prédécesseurs, les Rapaces, se tenir perchés, rester longtemps immobiles, et parfois seulement étendre leurs immenses ailes comme s’ils étaient trop paresseux pour s’en servir, nos Perroquets, au contraire, sont sans cesse on mouvement, et leurs cris bruyants font, par moments, un tapage infernal. Parfois, on les aperçoit, trois ou quatre ensemble; voler autour de la grande cage, se poursuivre dans l’air ; le vol qui est très soutenu ressemble à celui du Ramier ; tuais les ailes étant plus courtes, leur battement est plus saccadé.

Par moments ces Oiseaux planent, mais d’est avec moins de souplesse qu’ils virent sur place.

Un petit groupe s’abat sur le sol pour manger le blé qu’on a distribué. En marchant, les Cacatoès rosalbins ont un peu la tournure des Pigeons, en ce sens que, comme eux, ils se balancent de côté en avançant pour picorer les grains; j’ai vu qu’en les tenant dans leur bec, ils s’aident parfois des griffes pour les briser et les avaler. D’autres restent à distance, isolés, un va s’abreuver dans le jet d’eau du milieu de la volière, un autre déchiqueté l’écorce d’un tronc d’arbre qu’il emporte triomphant sur la galerie circulaire ; là, en haut dans le fond, sont installés dix nichoirs qui servent aux Oiseaux d’abri pour y passer la nuit.

Le continent australien est, comme nous l’avons vu,’la patrie des Cacatoès rosalbins, et c’est au milieu du vert feuillage des Acacias, des Arbres à gomme, que l’on voit ressortir leur beau plumage, aux couleurs si douces.

Ces Oiseaux abondent surtout au centre, le long de la rivière Namoi, et ils s'étendent aux Montagnes Bleues et à la côte septentrionale.

Ils vivent là, en bandes innombrables qui parcourent les forêts et les plaines; les moissons sont souvent, parait-il, dévastées par eux. Les Cacatuidés se nourrissent de fruits, de bulbes, de champignons, mais de préférence de céréales. Le nid de l’espèce dont je viens de parler est établi fréquemment dans les troncs des gros Eucalyptus.

Nous savons que les Oiseaux de ce genre supportent facilement la captivité.

Il est intéressant de constater à Paris, que leur petite société d’un si agréable aspect a supporté aisément les rigueurs de cet hiver, tandis que l’extrême froid a été si funeste à beaucoup de grands animaux du Jardin des Plantes.

F. de Schaeck.

Recherches et Préparation des Batraciens

Les Batraciens se rapprochent des Poissons par leurs caractères anatomiques. Les Naturalistes n’ont, en général, aucun penchant pôur l’étude cependant si intéressante de ce groupe. Le dégoût qu’inspirent la plupart des Batraciens, les préjugés encore si nombreux qui régnent sur ces animaux sont les causes qui font délaisser cette étude.

Avant de donner à ceux qui s’intéressent à celte classe d'animaux quelques indications sur leur recherche , nous nous faisons un devoir de prémunir les débutants contre les préjugés si exagérés relatifs au venin des Batraciens. Nous empruntons à un Herpétologiste expérimenté, M. Lataste, les renseignements qu’il a publiés à ce sujet (1) :

« Je ne m’amuserai pas à combattre l’opinion du vulgaire qui croit ces animaux susceptibles de mordre ou de lancer un liquide empoisonné contre les gens qui les approchent de trop près. Les os des mâchoires, très faibles et mus par des muscles très peu puissants, sont incapables d’exercer une pression douloureuse sur une partie quelconque de notre corps, et leurs dents, quand ils en ont, sont trop petites pour percer notre épiderme. Quant au liquide qn’ils éjaculent lorsqu’on les effraie ou qu’on les tourmente, c’est de l’eau à peu près pure, tenue en réserve dans la vessie pour les besoins de l’économie et dont ils se débarrassent pour s’alléger et mieux fuir. Mais des pores innombrables qui criblent leurs téguments s’écoule un liquide visqueux et toxique, ainsi que l’ont démontré un grand nombre d’expériences. La dose est trop faible pour produire un effet sensible sur un être aussi volumineux que l’homme, qu’un épiderme assez réfractaire à l’absorption protège d’ailleurs efficacement. Tout au plus a-t-on observé quelquefois une légère irritation de la muqueuse des yeux, quand les doigts imprégnés dans ce suc avaient été portés par mégarde sur cette partie. Mais les petits animaux ne jouissent pas de la même immunité que nous à cet égard. Il ne faut pas croire que le Crapaud soit seul vénimeux ; tous les Batraciens anoures et urodèles , la Crenouille verte, la gentille Rainette elle-même, le sont à divers degrés. »

En résumé, le Naturaliste n’a rien à redoute des Batraciens, dont l’action n’est dangereuse que pour les petits animaux, et si, en cours d’excursion, on place dans un même sac des Crapauds etdes Grenouilles, on constate qu’au bout de peu de temps ces dernières sont toutes empoisonnées par l’absorption du venin des Crapauds. Quant au chasseur, la seule précaution qu’il doit prendre consiste à éviter, lorsqu’on capture ces animaux, de porter ensuite les doigts aux paupières. Il est. toujours prudent, au retourd’une excursion, de se laver les mains dans de l’eau vinaigrée ou phéniquée.

Recherche des Batraciens |,a

chasse de ces animaux peut se faire par divers procédés : on se sert d’un troubleau à mailles fines pour les capturer dans l’eau ou dans les prés et autres endroits humides qu’ils fréquentent ; dans ce cas on les recouvre avec le troubleau et on les saisit avec la main; si on éprouve quelque répugnance, on peut revêtir la main d’un gant de peau et employer une pince pour les saisir. On les prend aussi à la ligne, amorcée d'un objet quelconque ; d’une mouche, d’une sauterelle et de préférence d’un morceau dé drap se voie de plus loin : la peau même

du venin

est un très bon'appât pour attirer les autres. Enfin on les chasse aussi à l’arbalète ou avec une lance dont on peut approcher la pointe à quelques centimètres de leur corps, ces animaux étant peu défiants.

Quand on a capturé des Batraciens, on les emporte soit dans un flacon rempli d’eau, soit dans un sac d’excursion et de préférence dans une boite à herboriser où on les dépose dans la mousse ou de l’herbe humide.

La meilleure saison pour la chasse des Batraciens est le printemps ; à partir du mois de mars ou d’avril on les trouve dans les étangs, les mares, les fossés, les prés humides, les bois ombragés, les fentes des vieux murs, sur les arbustes, etc... Beaucoup d’espèces se cachent pendant le jour et ne sortent que le soir.

Lorsqu’on chasse dans les eaux stagnantes on peut capturer non seulement les sujets des deux sexes, mais en même temps les jeunes dans leurs différentes phases de développement. Les 'Fêtards des Batraciens sont très intéressants à étudier et on peut se livrer à cette étude au moyen d’un Aquarium.

Batraciens anoures. — Ces Batraciens vivent dans des conditions très variées : les Rainettes se tiennent pendant le jour sur les arbres où elles demeurent immobiles sur les feuilles ; à la fin de l’automne, elles regagnent l’eau et sont faciles à capturer la nuit, à l’aide d’un petit troubleau, dans les mares où leurs chants décèlent leur présence. Les Grenouilles vertes sont aquatiques ; elles se prennent ordinairement à la ligne. La Grenouille agile ( Rana agilis) se trouve en abondance dans les prairies et les bois humides en compagnie de la Grc nouille rousse. Les Pelodytes doivent être recherchés, pendant les belles nuits d’été, au pied des murs ou le long des petits ruisseaux. Les Alytes sont très communs en France ; ils vivent en colonies dans les vieilles carrières, dans les talus ou le long des murailles qui bordent les

(t; Lataste. £smi d'une faune herpétologique de là Gironde. Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t.. XXX.

’ig. 1. — Rainette verte llyla vieillis).

chemins. On peut en recueillir un grand nombre en les cherchant le soir, avec une lanterne dans les lieux où ils chantent. Les Pelobatcs habitent les dunes de notre littoral où ils restent enfouis tout le jour pour ne sortir que la nuit. Le Sonneur igné ( Bombinator igneus ) fréquente

commun (Bufo oulgans).

Fig. 0. — Crapaud calamite ( Htif'o calamità ).

Fig. 8. — Crapaud

les eaux stagnantes et croupissantes de peu de profondeur. Les Crapauds ne sortent guère |que le soir ou quand le temps est doux et pluvieux ; ils se creusent quelquefois des trous peu profonds ou s’emparent de la galerie d’un mulot ou d’une taupe. On les trouve aussi sous les pierres, les tas d’immondices, dans le voisinage des fumiers. Le Crapaud calamite est presque exclusivement nocturne ; dans le Nord de la France il est commun dans les dunes où il s’enfouit dans le sable.

Les œufs de ces Batraciens dôiventêtre aussi recueillis et placés dans des vases d’eau fraîche jusqu’à l’éclosion. Pour ce genre de recherches on peut consulter le Calendrier herpélologique pour la chasse des Batraciens anoures par M. Héron-Royer (1).

Batraciens urodèles. — Ces animaux sont, aquatiques et terrestres ; on peut les trouver dans des conditions très variées, mais le choix des sujets est important pour le naturaliste : on sait que ces Batraciens subissent des mues fréquentes et qu’ils ont la faculté de

Fig. 10. — Salamandre terrestre (. Salamandra maculo.su). refaire certaines parties de leur corps qu’ils ont perdues ; il ne faut, autant que possible, choisir que des sujets ne présentant aucun de ces cas accidentels.

Les Salamandres doivent être recherchées dans les vieilles carrières, sous les pierres, à proximité des bois.

Les Tritons marbrés se rencontrent surtout au mois de mars dans les fontaines, les fossés, les réservoirs d’eau

pluviale. Durant le reste de l’année on les trouve, en compagnie des Salamandres dans les lieux humides et obscurs, dans les décombres, sous les pierres et les vieilles souches.

Fig. 12. — Triton palmé (' triton patinai us).

Le Triton palmé, commun aux environs de Paris, habite les eaux courantes ou croupissantes.

On doit recueillir les Têtards de tous ces Batraciens dont on étudiera les mœurs dans l’Aquarium.

(A suivre.)

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