‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 45 sur 240 · LIVRE NOUVEAU · texte numérisé non relu

LIVRE NOUVEAU

Traité scientifique et industriel de la ramie (1), par M. Félicien Michottc. — La question de la ramie est à l’ordre du jour depuis de nombreuses années. Aucun travail d’ensemble sur ce sujet n’a jamais été publié. Les différentes publications faites étaient très souvent une réédition, les unes des autres, ne contenant aucuns renseignements autres que ceux déjà connus et ne présentant le travail et la question de ramie que sous le jour sous lequel elles étaient destinées à la faire voir.

Dans le présent ouvrage, l’auteur a tenu à faire un travail scientifique, posant, à tous les points de vue, culture, travail et industrie, la question à son véritable point et à la débarrasser des exagérations aussi excessives que peu désintéressées, sous lesquelles la ramie a presque toujours été présentée.

L’ouvrage comprend trois parties :

La première contient l’historique de la question et celui des publications faites tant en France qu’à l’étranger.

La première partie est l’étude botanique de la ramie, de ses différentes espèces et de sa composition, elle est suivie du rapport Desaitre.

La seconde partie est l’étude de la culture dans les cinq parties du monde ; cette étude est faite pays par pays avec tous les documents à l’appui; une très large place est faite à nos colonies et à la culture en France; elle est terminée par un résumé dans lequel l’auteur n’est nullement partisan de cette culture en France ; un planisphère avec des courbes graphiques déterminant le nombre de coupes que l’on peut faire dans chaque contrée y est joint.

La seconde partie comprend le travail de la plante, dans lequel les différents modes de décortication, en vert, en sec, mécaniques, manuels çu chimiques, sont étudiés et commentés; cette étude est absolument nouvelle et elle pose le travail de la ramie sous son véritable jour industriel et pratique et l’auteur ne craint pas d’y décrire les caractères spéciaux que doit présenter une machine.

La troisième partie est une monographie très étudiée et très complète de toutes les machines parues, même les plus récentes, étude accompagnée de soixante-cinq figures de machines, coupes et élévation.

Cet ouvrage est remarquable non seulement par le sujet traité, mais encore par le travail et le soin mis par son auteur dans la recherche de la vérité, aussi bien scientifique que pratique et il justifie complètement son titre.

CHRONIQUE

Palmiers monstres (Indes-Orientales). — Je signale de nouveau aux lecteurs du Naturaliste l’existence de cinq Sorassus fiabellif orrais monstres. L’un se trouve dans la ligne d’aloès qui borde la voie ferrée à un mille au nord de Tindivanam, deux autres dont l’un ne compte pas moins do vingt-six branches dont quatorze en vie, croissent à Majankâraney, près Acharapakam, un autre se rencontre à Acharapakam mémo. Enfin un cinquième, à vingt et une branches, se voit à Sadirakouppam à deux milles au sud-est de Wandcwash.

De plus, un sixième Borassus est en voie de devenir branchu, tout près des deux qui sc trouvent à Majankâraney. Bien que je n’aie pu le faire disséquer, c’est à lui que je dois l’explication que je regarde comme très probable de ces monstruosités. Je donnerai prochainement cette explication en même temps que le dessin de deux ou trois de ces palmiers extraordinaires. H. Léveillé.

A propos des états imparfaits ou larvaires de l’Urania ripheus, Drury(l). — Le Naturaliste donnait naguère un extrait du compte rendu des séances de la Société entomologique de France où la découverte de VUrania ripheus m’était attribuée. Ce n’est pas à moi, mais à M. Benoni Perrot que revient, sinon toute, du moins la plus large part dans cette découverte.

Commè je l’ai dit dans quelques notes que j’ai déjà publiées au sujet de VUrania ripheus (2), obligé de quitter le littoral do Madagascar pour me rendre dans la province centrale d’Imérina. je recommandai tout particulièrement à MM. Edouard et Benoni Perrot, de Tamatave, la recherche des états imparfaits ou larvaires do l’insecte. C’est une chenille rencontrée fortuitement par M. Benoni Perrot qui, mise dans la cago à métamorphoses, lui donna, contre toute attente, un papillon ex larvâ. J’ai simplement donné le premier une description vraie des états larvaires. Cuique suum.

J’ai cherché depuis, mais inutilement, la chenille de VUrania ripheus sur nos hauteurs centrales de l’ile. J’ai seulement constaté que l’œuf est sphérique et à côtes, et que le papillon, qui volerait toute l’année dans les régions chaudes et peu élevées

A) Numéro du 1" avril 1889. Chronique.

(2) Cosmos. Numéro 188; nouvelle série. Revue des Sciences naturelles appliquées. Numéro du 5 mai 1889.

(1) 1 vol., 10 francs.

du littoral, ne se rencontre guère dans la région haute et tempérée de Tananarive que de janvier à juin, mois de la saison chaude en Imérie. Paul Camboué.

Travaux pratiques d'anatomie générale. — Des leçons pratiques de dissection appliquées à l’étude de l’organisation des animaux sont faites le mercredi et le samedi de 10 heures à midi au laboratoire d’anatomie comparée de M. le professeur G. Pouchet, SS, rue de Buffon, par M. Remÿ Saint-Loup, docteur ès sciences, attaché à l’Ecole des Hautes-Etudes.

Le rôle des vers de terre dans la cnltare. — On se rappelle le bruit soulevé, il y a quelques années, autour du livre de Darwin, relatif au rôle joué par les vers dans la formation de la terre végétale. De nouvelles et patientes recherches ont prouvé que les idées exprimées par l’illustre naturaliste, au lieu d'être exagérées, restaient plutôt au-dessous de la vérité. Le ver de terre est un merveilleux agent de fertilisation en ramenant à la surface du sol, par ses déjections, le sous-sol; c’est un laboureur perpétuel et inconscient. Tous les vingt-sept ans environ, on peut estimer que chaque parcelle du sol, jusqu’à 60 centimètres de profondeur, est de nouveau soumise aux influences atmosphériques. D’une manière générale, on peut évaluer le nombre des vers de terre à 133,000 par hectare, et le volume de leurs déjections fertilisantes à 62,000 tonnes par 1,500 mètres carrés. La destruction d’un ver devient presque un crime!

(Jardin.)

Les criquets en Algérie. — M. J. Künckel d’Herculais a adressé dernièrement à la Société entomologique de France la note suivante sur les Criquets pèlerins de l’Extréme-Sud de l’Algérie.

Les dépêches transmises par l’autorité militaire annoncent que de nombreux vols de Criquets pèlerins ( Acridium pere grinum Oliv.) commencent à envahir l’Extrême-Sud algérien. Du 15 au 22 décembre 1890, des vols, venant du sud-ouest, c’est-à-dire de. l’Aougucrout et des pays voisins, où ils. ont commis de grands ravages, se sont abattus sur le territoire du çeççlqde Ghardaia, dans la. région du Sud-Est, .comprise entre les postes d’El-Goléa et de Ouargla, ainsi qu’au sud de Tougourt et d’El-Oued. Depuis lors, les uns se sont avancés vers Ouargla, qu’ils ont déjà dépassé, d’autres se-sont dirigés .vers le Nord, en suivant l’Oued-R’ir, en passant au-dessus de l'oasis de Tamerna, ou bien ont pris la direction de l’Est pour passer en Tunisie et en Tripolitaine ; ils sont déjà signalés à Nafta (Tunisie).

Les plantes du voyage de Bonvalot. — Le tour de force réalisé par Bonvalot et le prince Henri d’Orléans aura son bon côté pour les botanistes et les amateurs de plantes nouvelles. MM. Bureau et Franchet viennent de faire connaître déjà quelques-unes des espèces rapportées des contrées visitées par les hardis explorateurs. Nous y remarquons une nouvelle clématite ligneuse, le Meconopsis Uenrici, très belle Papavéracée, des Sil.ene, des Astragales et une Spirée, le Spiræa thibetica , élégante espèce qui rappelle par son feuillage le Spiræa prunifolia du Japon, dont les grappes sont plus allongées et les fleurs environ deux fois plus grandes.

(P. Hariot.)

Soutenances de thèses pour le doctorat ès sciences naturelles. — M. Lahille, préparateur à la Faculté des sciences de Toulouse, a soutenu, devant la Faculté des sciences de Paris, deux thèses sur les sujets suivants : lrp thèse : liecherches sur 1rs tuniciêrs ; — 2e thèse ; propositions données par la Faculté : Zoologie. Les Insectes, de leurs relations zoologiques. Botanique. Les Gymnospermes. — Géologie. Les Terrains primaires dans l’Ouest de la France. M. Lahille a été déclaré digne d’obtenir le grade de docteur ès sciences naturelles. — M. Garcin, préparateur de botanique à la Faculté des sciences de Lyon, pharmacien de lrc classe, a soutenu, devant la Faculté des sciences de Paris, deux thèses sur les sujets suivants : lp° thèse : liecherches sur l'histogénèse des péricarpes charnus. — 2e thèse: propositions données par la Faculté : Zoologie : Lois relatives à la constitution chimique des milieux nutritifs. Iidle de la matière sucrée et de ses succédanés. — Géologie : Phénomènes éruptifs de l’époque tertiaire. M. Garcin a été déclaré digne d’obtenir le grade de docteur ès sciences naturelles.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 19 janvier. — M. Daubrée communique à l’Académie le résultat des, expériences qu’il a faites sur les actions

mécaniques exercées sur les roches par des gaz à hautes températures, doués de très fortes pressions et animés de mouvements très rapides. Le savant professeur croit pouvoir expliquer par ces expériences la perforation et le striage des roches, leur concassement, le transport de leurs débris et leur apparente plasticité. — M. Ad. Chalin, a étendu aux terfâs ou truffes d’Afrique les recherches de chimie et de botanique auxquelles il s’était livré sur les truffes de France. Suivant M. Chatin le terfâs des Arabes appartient au moins à quatre tubéracées bien distinctes, et il est probable que de nouvelles recherches viendront encore ajouter à ce nombre. Ces tubéracées sont : 1° Le Terfezia Leonis (Tulasne). 2° Le Terfezia Boudieri (n. sp.). 3° La variété d’Arabie du Terfezia Boudieri. 4° Enfin le Tirmania africana (n. g. n. sp.) ou gros terfâs blanc d’Algérie. M. Chatin signale encore en Algérie la présence d'un faux terfâs appartenant au genre Hyménogaster (U. Trabuti. n. sp.). — M. Ch. Naudin, en faisant hommage à l’Académie de son mémoire sur les Eucalyptus introduits en Europe, signale à l’Académie l’avantage immense qu’il y aurait pour tous les pays de l’Europe méridionale à faire de vastes plantations do ces arbres. M. Naudin a pu réunir et étudier à la villa Thuret, près Antibes, plus de 80 espèces d’Eucalyptus. — MM. G. • Pouchet et II. Beauregard présentent à l'Académie une note sur les variations du bassin chez le Cachalot. L’os ischion peut présenter dans celte espèce quatre formes differentes. — .1/. P. Fischer ayant étudié les caractères de la faune conchyliologique terrestre et f.uviatile récemment éteinte du Sahara d’après des coquilles sub-fossiles rapportées par M. Z. Dybowski d’El-Goléah , eu conclut qu’il existait alors de vastes étangs ou marécages ayant une assez grande dispersion dans toute cette région saharienne. — M. Milne- Edwards présente une note de M. A. Pizon sur la blastogénèse chez les larves à’Astellium spongiforme. Suivant l’auteur le nombre des ascidiozoïdes au moment de leur éclosion serait bien de deux dans cette espèce connue chez le Diplosoma Rayneri observé par Mac Donald et non de trois comme Giard Ta indiqué pour cette espèce. — M. Banvier présente une note do M. Thélohan sur deux sporozoaires nouveaux, parasites des muscles des poissons ( Cottus scorpius et Callionymus lyra). — M. Orly propose une nouvelle manière d'interpréter les sondages du bassin houillcr du Boulonnais et présente une coupe permettant d’interpréter le bassin du Boulonnais comme un prolongement du bassin du Pas-de-Calais. La faille de ferques jouant alors le rôle du cran de retour d’Anzin.

Séance du 26 janvier. — M. A. Milne-Edwards communique à l’Académie le résultat de ses observations sur l’influence des grands froids de l’hiver sur quelques-uns des animaux de la ménagerie du Muséum de Paris. Après avoir signalé des perles dues en grande partie à l’installation défectueuse des constructions datant du commencement du siècle, M. Milne-Edwards mentionne des animaux dont l'endurance a dépassé les prévisions.. M. Milne-Edwards va donc chercher à introduire ces espèces dans nos forêts où suivant toute probabilité elles se plairont. Des cerfs de Sika du Japon, des cerfs porcins, des cervulcs de Reeves, des antilopes cervicapres, vont être ainsi installés dans des réserves encloses de Saint-Germain et de Marly avec l autorisation de M. le président de la République. M. Milne-Edwards promet de tenir l’Académie au courant du résultat de ces expériences. — M. Milne-Edwards présente une note de M. Louis Boule sur le développement dos fibres musculaires chez les crustacés isopodes ( Porcellio ). — M. V. Willem rend compte à l’Académie d’expériences qu’il a entreprises sur la vision des Gastéropodes pulmonés. — .1/. Emile Mer indique l’influence de quelques causes internes sur la présence de l'amidon dans les fouilles. — M. Dangeard adresse à l'Acacadémie une note sur les Bactériacés vertes et leurs affinités.

A. E. Ma lard.

Page 1