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LE COCOTIER DES SÉCHELLES

( Lodoicea Sechellarum).

C'est dans une des îles des ; Séchelles découverte en 1743 par M. de la Hourdonnaie, qu’il appela île des Palmes, et qui a été depuis nommée île Praslin, que croît ce magnifique palmier dont l’origine dans les Indes a été longtemps inconnue. Linscot, Garzias, Acorta et Clusius ou Delecluze sont les premiers (botanistes qui aient fait connaître en Europe le fruit de cette majestueuse Borassinée, sous le nom de Nux medica, et du temps de Gaspard Bauhin, on ne doutait plus que ce ne fut le fruit, d’un Palmier, puisque cet auteur le désigne dans son Pinax, page 39, sous le nom de Palma coccifera figura ovali, mais on n’avait, pas encore d’idéejuste de ce Palmier.

Cet arbre s’élevant en plusieur endroits de l’ile de Praslin, sur le bord de la mer, la plus grande partie de ces fruits tombaient dans l’eau au-dessus de laquelle ils surnageaient, puis les vents les poussant ainsi que les courants dont la direction dans ces parages est à l’Est- Nord, les portent jusqu’au rivage des Maldives, la seule partie où on les trouvait avant la découverte de l’ile Praslin, ce qui fit donner à ce fruit le nom de Cocos des Maldives.

Avant qu’on eut connu la plante qui produit cetle noix, on avait supposé que c’était le fruit d’un végétal marin qui se détachait lors de la maturité et qui

surnageait ensuite au-dessus des flots. Ce ne fut qu’en 1739 que ce beauPalmier fut découvert ; son tronc ou stipe atteint une hauteur de 33 mètres sur 40 à 90 centimètres de diamètre ; il est marqué par intervalles de cicatrices annulaires provenant de la chute des feuilles. Les -pétioles atteignent plusieurs mètres de longueur et sont terminés par une limbe en forme d’éventail d’une longueur de 3 à 6 mètres sur 3 à 4 mètres de largeur, à contour général ovale rhomboïdal et portant jusqu’à cent folioles. Le bois du stipe est très dur, mais se fend très facilement, on l’emploie avec avantage pour faire des conduites d’eau, des haies de clôture, des palissades et des charpentes de pressoirs parce que sa durée ‘est très longue; les jeunes feuilles sont enveloppées d’un revêtement laineux ou plumeux d'un brun clair qu’on ufilise pour remplir les oreillers, les coussins et les matelas. Les indigènes :se servent des grandes feuilles pour faire des chapeaux ou couvrir leurs huttes ; avec les nervures, on confectionne des 'balais. Les spathes sont énormes. Le fruit pptune grosse drupe nommée ordinairement, Coco de mer, des Sé- [ chelles bu Cul de Négresse. Sous son mésocarpe fibreux se trouve plus ou moins rarement deux ou trois noyaux bilobés, didymes, renfermant une graine à embryon basilaire, accompagnée d’un albumen charnu. Les fruits sont les Xuces indices des anciens voyageurs ; ils ont été longtemps si rares et réputés si précieux qu’on les a vendus jusqu’à 10,000 francs. Ce fruit est comestible, il contient un liquide aussi agréable à boire que le lait de coco ordinaii’e, mais [il se rancit en quelques jours, il met sept à huit ans à mûrir; à 3 ou 4 ans, il a déjà atteint toute sa grosseur, mais il est encore si mou qu’on le coupe aisément au couteau et qu’on le mange dans cet état; on dit que l’albumen de la graine est très vénéneuse. La coque de la noix sert à faire des vases, des plats, et autres objets d’économie domestique longtemps connus sous le nom de vaiselle de l’île de Praslin ; les fragments de cette noix forment un excellent combustible.

Le fruit du Lodoicea Sechellarum a été l’objet d’une légende assez curieuse dont voici quelques mots ; autrefois les grands seigneurs de l’Inde achetaient ce produit végétal à un prix très élevé ; ils en faisaient des coupes qu’ils enrichissaient d’or et d’argent et dans lesquelles ils buvaient persuadés que le poison qu’ils craignaient ne pourraient leur nuire quand il a été versé et purifié dans ces vases salutaires. Le souverain des Maldives mettait à profit cette erreur générale ; à l'exemple de ses prédécesseurs, il se réservait la propriété exclusive de ce fruit qu’il vendait excessivement cher, il en envoyait aux souverains d’Asie comme le don le plus précieux qu’il pût leur faire. Les habitants des Maldives nomment ce fruit Travacarné, c’est-à-dire trésor, dans leur langue.

Ce Palmier habite une région très restreinte de la mer des Indes et l’on dit même qu’aux Maldives l’espèce disparaîtrait complètement (mais l’administration plus prévoyante que les habitants de l’ile prit sous sa sauvegarde ce Palmier en déclarant ce ravin, domaine de l’État) parce que les indigènes ont abattu une grande quantité de ces végétaux pour exploiter les fibres avec lesquelles ils font de très jolis travaux de vannerie et de sparterie qu’ils vendent ensuite aux Européens.

Ce fut Honnerat qui introduisit cette Borassinée à 1 île Maurice; il serait intéressant de la répandre dans

d'autres régions chaudes du globe.

Ce Palmier porte divers noms indigènes qui sont : Dyria- Kanaril, Kalappalawt, ,Ubodie, nari Kaylum, Kadil tagingai, Sumatsapoo tainkaya; ses synonymes scientifiques sont : Borassus

Sonneratii Guieke ; Calappa Laut Rumph.; Coccus Maldavia Gorc.; Coccus Maldivicus Rumpb.; Cocos Maldivica Gmel. ; Lodoi e-ea Callypyge Comm.; Lodoicea Maldi vica Pers. ; les noms français sont, Lodoicée des Séc.helles, Cocotier de l’ile de Praslin, des Maldives, des Séchelles, Cocos de mer. Cultivée en pleine terre dans une grande serre chaude, cette magnifique Borassinée y développerait une luxuriante végétation.

De tous les fruits de Palmiers connus jusqu’à jour, c’est le Lodoicea qui donne le plus volumineux et les Geonama produisent les plus petits ; ces derniers sont dans certaines espèces un peu plus gros qu’une tête d’épingle.

Henri Jouet.

CHRONIQUE

Concours de décortication de la Ramie. — Dans sa séance du 27 novembre, la Société [des agriculteurs de France a décidé qu’un objet d’art, des médailles d’or et d’argent seront mises à la disposition du jury pour récompenser un procédé do décortication mécanique ou chimique de la ramie en vert ou en sec, donnant des résultats pratiques et économiques. Les inscriptions seront reçues jusqu’au 1er juin 1891, au siège de la Société des agriculteurs de France, 21, avenue de l’Opéra. Le concours aura lieu au commencement d’octobre 1891 dans la

^ECHELLES (Lodoicea Secbclbi

Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Poitiers.

- I n concours s’ouvrira, le 15 juin 1891, devant la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux, pour l’emploi de suppléant des chaires d’anatomie et de physiologie à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacio do Poitiers.

Missions scientifiques. — M. Reummli, dorivur en médecine, est charge d’une mission aux Indes anglaises en vue d’y eticcluer des recherches d’anthropologie et d’ethnographie. — M. le docteur A. Trumet de Fontarce, membre de la société d’ Anthropologie, est chargé d’une mission en Tunisie, en vue de recherches anthropologiques.

plaincyle Gennevillicrs. Les moteurs et leur installation seront à la charge des concurrents. La Société des agriculteurs leur fournira l’approvisionnement des matières destinées aux expériences et le charbon nécessaire à la production de la force motrice.

Legs Mathieu Bonrceret il l’Académie do Médecine. — Le

Secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine est autorisée à accepter, au nom de cette Académie, aux clauses et conditions imposées, le legs que lui a fait le sieur Mathieu Bourccrot par un testament en date du 10 décembre 1885. I.e produit de cette libéralité sera placé en rentes 3 p. 0/0 sur l’État français, avec mention sur l’inscription de la destination des arrérages à la fondation d’un prix annuel, dtiprix Mathieu Bour-

ceret, qui sera décerné à l’auteur du meilleur ouvrage sur la circulation du sang.

Les primevères de Chine. — Les primevères de Chine, qui, par la sélection, ont produit de si beaux grains, ne sont entrés dans nos cultures que depuis un nombre assez restreint d’années. C’est en 1821 seulement que le type à fleurs simples fleurit dans les jardins de Thomas Palmer, en Angleterre. Les fleurs doubles ne se sont montrées que plus tard, et c’est depuis quelques années que le Primvla sinensis a été rencontré à l’état nature par l’abbé Delaway, l’explorateur distingué qui nous a révélé les trésors de la flore de Yunnam.

LIVRES NOUVEAUX

— Notre collaborateur, M. Henri Gadcau de Kervillc, a récemment publié le fasc. 11 de sa Faune de la Nornandie (1), volume de 293 pages qui contient les Oiseaux appartenant aux ordres des Carnivores, Omnivores, Insectivores et Granivores, correspondant à ceux des Rapaces, Passereaux et Grimpeurs de la classification de Cuvier. Ce volume, où l’auteur s’est efforcé d’étre le plus rigoureusement exact, comme il le fait pour tous scs travaux, n’est que le second vingtième environ de l’important ouvrage sur la zoologie normande qu’il a entrepris et qui se composera de quatre à cinq mille pages.

— Les Sens et l'instinct chez les animaux et principalement chez les

insectes, avec 136 figures. — Tel est le titre du nouveau livre que vient de publier le grand naturaliste anglais Sir John Lubbock, qui est membre du Parlement britannique en mémo temps que de la Société royale "de Londres, et, de plus, l’un des grands banquiers de la Cité. Ce livre, publié dans la Bibliothèque scientifique internationale dirigée par M. Em. Alglavc, est le complément naturel du bel ouvrage de Sir John Lubbock sur les Fourmis , les Abeilles et les Guêpes, publié dans la même collection. — L’auteur étudie successivement les cinq sens chez les animaux et les instincts dont le développement se rattache à ces sens. La principale originalité de ce livre ce sont les nombreuses expériences imaginées par Sir John Lubbock avec une ingéniosité et une patience sans égale, pour mettre en lumière l’intelligence et les instincts moraux ou sociaux des bêtes de tout ordre. C’est ce qui rend la lecture de ce livre aussi attachante pour les gens du monde que pour les savants. (1 vol. in-8° avec 136 gravures dans le texte. Cartonné à l’anglaise. Prix 6 francs. Librairie Félix Alcan et aux bureaux du journal.)

BIBLIOGRAPHIE

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Stylophora Guentheri. — Seriatopora imbricata. — S. compacta. — S. armala. — \Galaxea œqualis. — Symphylla labyrinthica.

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