‹ Le Naturaliste (volume 2)Chapitre 75 sur 240 · NOUVELLE P! AME FOSSILE · texte numérisé non relu

NOUVELLE P! AME FOSSILE

La figure que nos lecteurs ont sous les yeux représente, d’après une excellente photographie de M. H.Boursault, un curieux échantillon provenant du corallien supérieur de Verdun (Meuse) et que M. Armand Viré a bien voulu envoyer à la collection géologique du Muséum d’histoire naturelle, en me priant de le déterminer.

C’est un fragment de calcaire à grains assez grossiers, à la surface duquel se montre, comme on voit, avec une grande netteté , une empreinte très régulière.

L’objet dont il s’agit, de 123 millimètres de longueur et de 51 millimètres de largeur maxiina, se présente d’abord avec une apparence an a logue à celle des poissons pleuronectes plus ou moins semblables aux Nouvelle plante Tossille du Corallien de Verdun soles et aux D’après un échantillon du Museï

limandes et

possédant, sur tout son pourtour, des franges divergentes, simulant une nageoire continue. Toutefois il suffit d’un coup d’œil pour reconnaître qu’il ne s’agit pas d’un poisson et que le vestige provient d’une plante qui, pour être nouvelle, à ce qu’il paraît, n’est pas cependant pour cela privée de toute analogie avec des végétaux fossiles déjà connus.

LE NATURALISTE, Paris, 46, rue du Bac.

C’est évidemment un organe folacié, dont la consistance devait être coriace et dont la forme générale est régulièrement ovale-lancéolée. Vers saba d’ailleurs, on remarque quelques strie

•ésultant peut-être d’un craquelle

qui manque ransversales

)nt ou d’une déchirure des tissus. Cette sorte de feuille se divise en trois parlies dont une moyenne et deux marginales ayant toute la longueur de l’organe. La portion médiane a 8 millimètres à sa base, 6 à soir sommet et 19 vers le milieu de sa longueur.Les régions marginales consistent. en lanières pressées les unes

peu à la manière des barb e s d’une plume, de part et d’autre du rachis.

Beaucoup de ces lanières dépassent 20 millimètres de longueur ; leur largeur moyenne est.

de 2 millimè-

forme est bien caractéristique :leur région médiane est déprimée et leur pourtour offre un petit bourrelet continu et nettement

saillant. Celles qui sont terminées montrent le même bourrelet à leur extrémité qui est régulièrement arrondie.

Les comparaisons que j'ai pu faire au Muséum et l’examen des planches du Traite de Paléontologie végétale de Schimper, de celles du Traité de Botanique fossile de M. Bernard Benault, et de celles de la Paléontologie

/, Sun. -Meunier-

de Paris, Grandeur naturelle.

française (végétaux jurassiques) de M. le marquis de Saporta, me conduisent à considérer le fossile de Verdun comme appartenant au genre proposé par le premier de ces savants sous le nom de Cycadospadix. Une lettre que M, de Saporta a eu l’extrême bonté de m’écrire tout récemment en réponse à l’envoi d’un dessin que j’avais exécuté d’après nature, m’engage à considérer de plus en plus cette opinion comme exacte.

Bien que provenant des couches mêmes qui fournissent le Cycadospadix Morceuanus, Schimp., notre échantillon ne peut en aucune façon être confondu avec lui. Il est plusieurs fois plus long et d’une forme extrêmement élégante dont le type déjà décrit ne saurait approcher. On ne peut non plus le comparer au C. Hennoquei, Schimp., de l’infra-lias d’Hettange, bien que la forme de celui-ci soit moins différente. Celui-ci, en effet, est triangulaire et non ovale et les lanières, au lieu d’y affecter une disposition pennée sont presque toutes parallèles entre elles et à la longueur de l’organe.

Je propose de cataloguer la nouvelle espèce sous le nom de Cycadospadix Yirei.

Stanislas Meunier.

Page 1