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IMPORTÉS DANS LA BAIE DE LA SOMME

(Suite et fin.)

CRIOCEPHALUS RUSTICUS L.

Larve.

Longueur 34 millimètres; largeur 7 millimètres; blanche, charnue, ferme, cylindrique-tétraédrique. Tête subcornée, rousse ; mandibules robustes ; mâchoires assez fortes, un peu coudées à leur base: antennes rousses, très courtes, de 4 articles. Prothorax roussâtre, deux fois aussi large que long ; mésothorax et métathorax très courts, chacun de ces segments est muni en dessous d’une paire de pattes roussâtres. Abdomen finement velu sur les côtés, de dix segments dont le dernier très petit est constitué par trois lobes, au centre desquels est l’anus.

Stigmates elliptiques, roussâtres, au nombre de neuf paires.

Hatzeburg et après lui Westwood ont décrit et figuré celte larve.

Nymphe.

Blanche, tête lisse ; des tubercules épineux, dirigés en arrière, sur toute l’étendue du prothorax, sauf le milieu ; abdomen entièrement tomenteux ; les 7 premiers segments, armés d’épines semblables à celles du prothorax ; dernier segment terminé par deux épines cornées, subulées; huit paires de stigmates.

Insecte parfait.

Longueur 13 à 17 millimètres ; varie du fauve brun au noirâtre; finement pubescent. Prothorax déprimé, rebordé à la base. Écusson arrondi, très finement ponctué. Élytres déprimées, arrondies au sommet. Dessous du corps couvert d’une ponctuation très line et d'une pubescence grise.

La femelle du Criocephalus pond ses œufs dans l’écorce des pins. Ces œufs longs d'un millimètre et demi, sont

Fig. 1. — Criocephalus rusticus, A, insecte parfait; B, palpe labial ; C, • palpe maxillaire.

en forme d’ellipsoïde très allongé, d’un beau blanc et très lisses. Les larves éclosent 15 à 20 jours après, traversent l’écorce et vivent quelque temps entre celle-ci et le bois, puis elles y creusent des galeries en tous sens. Aux approches de la métamorphose, qui a lieu en mai et juin, elles reviennent vers la surface et se transforment dans leur galerie dilatée en cellule. L’insecte parfait naît en juin et premiers jours de juillet.

D’après la manière de vivre des trois espèces d’insectes qui attaquent les pins maritimes à Cayeux, il est facile de se rendre compte, que les dégâts causés à ces arbres par le P. notatus et le Criocephalus rusticus, qui perforent l’écorce pour arriver à s’enfoncer dans le bois, ne peuvent détruire cet arbre, qu’après quelques années, encore faut-il qu’ils soient en nombre considérable, ce qui jusqu’ici n’est pas le cas fort heureusement. 11 n’en est pas de même du Blastophagus piniperda qui s’est multiplié outre mesure, détache l’écorce par ses galeries et menace de détruire les pins jusqu’au dernier, dans un nombre d’années très rapproché. Dès aujourd’hui, c’est par plusieurs centaines d’arbres morts, qu’il signale sa présence, chaque année.

Le gardien du phare de Cayeux est chargé de surveiller ces plantations, qui sont devenues la promenade favorite des nombreux baigneurs; mais il n’est pas forestier et n’a pas le droit de faire couper les arbres malades ou contaminés, de sorte que les insectes se multiplient à l’aise.

Les nombreux savants qui se sont occupés des arbres résineux, n’ont rien trouvé de mieux que i arrachage des arbres malades ou morts, pour empêcher la propagation des insectes. Ce moyen énergique, bien dirigé peut retarder l’extension du mal. Est-ce à dire, qu’il n’y a rien de mieux à tenter? Depuis dix ans, j’ai essayé avec succès de développer à la pépinière de la Ville de Paris à Auteuil, des hyménoptères, de la famille des Chalci-

dites et Braconites parasites des Hylesimus Bicolor et Thuyæ qui détruisent les plantations de Thuyas, Séquoias, etc... J’ai pensé que ces parasites pourraient peut-être rendre les mêmes services contre le B. piniperda et j’ai porté à Cayeux 100 individus de 3 espèces d’hyménoptères. Cet essai n’a pas réussi. 11 devait en être ainsi, suivant la grande loi d’équilibre établie par la nature; chaque parasite hyiuénoptère a pour mission d’empêcher la trop grande propagation d’une espèce spéciale d’insecte, si la famille ne trouve pas de larve de cette espèce, pour déposer ses œufs, elle meurt sans postérité.

Dans les nombreuses études de mœurs, que je poursuis depuis vingt ans, j’ai remarqué souvent l'éclosion, dans mes boîtes à éducation, d’un coléoptère, vivant tantôt avec les Scolytes de l’orme, du chêne et autres ; tantôt avec les Bostriches et hylesimus des pins, sapins, etc..., en l’étudiant de plus près, et il m’a été facile de surprendre ses mœurs, il est parasite et vit aux dépens de tous ces insectes, qu’il dévore sous toutes les formes, c’est le 77/te Formicarius oliv.

TILLUS FORMICARIUS OLIV.

Longueur 9 millimètres, largeur 2 millimètres et demi, les antennes sont en scie dans la majeure partie de leur étendue, de la moitié de la longueur du corps et de couleur noire. La tète est noire, assez grande. Le corselet est un peu plus long que large, rouge, excepté son bord

Fig. 2. — Tillus formicarius, A, Insecte parfait, B, languette, C, palpe maxillaire, D, palpe labial.

antérieur. Les élytres sont [dus larges que le corselet à la base, trois fois aussi longues que ce dernier, à côtés parallèles, noires avec la base rouge, une raie arquée, transversale, blanche au milieu et une bande transversale delà mêmecouleuravant l’extrémité. L’abdomen est rouge, ainsi que les pattes dont les tarses ont cinq articles.

Larve.

Longueur 18 millimètres, allongée, subcylindrique, un peu fusiforme, composée de douze segments, de couleur rosée, sans compter la tête qui est ovale, un peu plus longue que large, armée de deux fortes mandibules

noires, pointues et pourvue de deux petites antennes de quatre articles. Le premier segment du corps porte un écusson brun-roussâtre ; les deux segments. suivants présentent chacun deux petites taches de la même couleur; le dernier porte une plaque sub-écailleuse brune terminée par deux crochets brun-marron recourbés en haut. Elle est pourvue de six pattes thoraciques et d’un mamelon anal rétractile.

Elle se change en nymphe dans une cellule elliptique, creusée dans la vermoulure ou dans l’écorce, et enduite d’une sorte de vernis blanc. L’insecte parfait éclôt en iuin.

J’ai porté trois couples de Tillus Formicarius à Cayeux, en avril 1887; il s’y est fort bien acclimaté, j’ai suivi avec intérêt, chaque année, sa manière de vivre aux dépens du Blastophagus et même du Pissodes. Au mois d’avril, la femelle dépose un œuf quelquefois deux à l’entrée du trou de la galerie de ponte ou nuptiale du Blastophagus, aussitôt leur éclosion, ces larves se glissent dans la galerie, dévorent celles du destructeur ( Blastophagus ), souvent au nombre de 45 à 60; comme la ponte d’une femelle de Tillus est d’environ 50 à 60 œufs, on peut estimer -qu’une seule femelle de ce précieux parasite, peut anéantir de 30 à 40 couvées de Blastophagus. J'ai remarqué en juillet et en août des Tillus poursuivant des Blastophagus sur les écorces, les saisissant à la course pour s’en nourrir de sorte que, non seulement sa larve détruit les pontes de Blastophagus à l’état de larves, mais encore l’insecte parfait est un ennemi redoutable pour les Blastophagus des deux sexes, au moment où ils sortent des pins, pour se nourrir des jeunes pousses de Tannée.

J’ai constaté et obtenu des éclosions de Tillus, fin juin et en juillet, quelquefois en septembre et octobre. Je suppose que ces dernières éclosions, ne sont pas normales et ont été retardées. En octobre le Tillus cherche un abri sous les écorces pour passer l’hiver.

Il est certain qu’il n’a qu’une génération par an, cela s’explique du reste par ses mœurs, comment les larves d’une seconde génération pourraient-elles vivre à Cayeux, puisque le Blastophagus n’a lui-même qu’une éclosion?

Il n’est pas douteux pour moi que le Tillus Formicarius continuant à se développer chaque année, arrêtera dans un temps assez court les dégâts considérables faits par le Blastophagus piniperda et sauvera le bois de pins maritimes de Cayeux, d’une destruction certaine, sans son secours.

Je compte, dès le printemps prochain, continuer mes essais avec cet inestimable parasite, au bois de Boulogne, où le Blastophaguus piniperda n’est que trop commun dans les pins sylvestres. Je ne saurais trop appeler l’attention de Messieurs les conservateurs des forêts et des reboisements de nos montagnes, sur les résultats obtenus, et les engager à propager cette espèce en recueillant les insectes parfaits provenant des abattis de pins malades ou morts, pour les reporter dans les plantations, que l’on désire sauvegarder.

Decaux,

Membre de la Société entomologiquc de France.

ACADÉMIE DES SCIENCES

parasites dépourvues de feuilles tirent d’autres plantes feuillées un suc déjà élaboré et ensuite porté dans les fleurs et les fruits, il ressort au contraire de ses propres recherches que, s’il faut aux espèces parasites une nourriture déjà élaborée et spéciale, celles-ci procèdent à une élaboration nouvelle et complémentaire déterminant, d’une part, la transformation de certains principes, d’autre part, la création de substances nouvelles. Ce pouvoir d’élaboration varié comme en témoignent ses produits, sera d’autant plus remarquable, surtout dans les parasites aphylles et arhizes ( Cytinus , Rafflesia, Balanophora , Cuscuta). L’action des parasites aphylles sur l’atmosphère ne çhffère pas d’ailleurs de celle des fleurs bien connue depuis Th. de Saussure et physiologiquement véritables parasites. — M. Duplay et M. Casin à propos de la récente communication de M. Zwaardemaker « sur l’action de l’acide phénique chez le chat », signalent également une action très forte sur la souris, tandis qu’elle est beaucoup moindre chez le rat et les autres rongeurs. On voit donc que l’action de l’acide phénique s’exerce dans dos proportions très inégales chez les différentes espèces animales.

Séance dn 31 mars. — M. A. F. Marion communique à l’Académie le résultat de ses recherches sur la sardine de la Méditerranée et son développement. Les observations de M. Marion en parfaite concordance avec celles de Raffaële et de Cunningham, seront exposées dans un fascicule spécial des annales du laboratoire d’Endoume. — .17. T. L. Phipson montre l’identité de la Palmelline trouvée par lui en 1879 dans la Palmella cruentata avec VHematine végétale décrite par M. Linossier dans l’A spergillus niger. — .17. R. Montez signale la présence de mâles chez un assez grand nombre d’ostracode d’eau douce où ils étaient encore inconnus Cypris incongruens Ramd., C. virens Jurine, C. mareotica Fischer, C. Blanchardi (n. sp.), C. ungulata (n. sp.), C. balneria (n. sp.), Erpelocypris spinosa Mz, Cypridopsis villosa, etc. — M. V. Lesage signale l’influence de la salure sur la formation de l'amidon dans les organes végétatifs chlorophylliens. — M. E. Aubert a observé le dégagement simultané do l’oxygène et de l'acide carbonique chez les cactées. — M. k. de Kroustchoff est arrivé à reproduire artificiellement l’amphibole.

Séance dn 13 avril. — M. G. Linossier montre que la Palmelline de M. Phipson, bien loin d’être identique à l'aspergilline,ne présente avec cette substance pas plus qu’avec l’hématine du sang, aucune analogie. — M. J. Vesque adresse une note sur les Clusia de la section Anandrogyne. — M. Herail signale la présence de liber médullaire dans la racine de Vinca major, V. media et V. minor, la présence de liber médullaire avait déjà été signalée par M. Van Thieghem dans la racine des cucurbitacées.

A. Eugène Malard.

BIBLIOGRAPHIE

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