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LES PARIAS

Le mot paria vient (lu tamoul : parey-an, l’homme du tambour. Le Paria s’est en effet identifié avec son tam- ! bour; dès sa plus tendre enfance, il apprend à battre de cet instrument dont la peau souillerait par son contact j ses compatriotes, les hommes de casle. Toutefois, la I

se donnera à lui-même les titres de Tamilar, Telugu, c'est-à-dire d’homme qui parle le tamoul, le télinga. ('/est un aveu de sa part de son infériorité vis-à-vis de ses

Dans les campagnes, les Parias ne vivent point avec les classes supérieures : ils ont des villages séparés. Ils devaient avant la suprématie de l’Angleterre et doivent peut-être encore, dans certaines régions, se tenir sous le vent de peur que les émanations qui s’échappent de leur personne vinssent souiller les passants. Bien plus, s’ils

Les Races de l’Iude. — Groupe de Todas.

caste s’est multipliée. Les Parias sont alors entrés au service des Européens dans les villes, et dans les campagnes ils cultivent la terre pour le compte des autres. Les Parias eux-mêmes se divisent en près de dix-huit fractions qui ne s’allient jamais entre elles et se croient plus pures les unes que les autres. Les Valluvars sont les princes de la classe, puis viennent les Todas-parias, les mendiants ou jongleurs, les Parias-Toursalis ou vidangeurs, les Kougi-parias ou fossoyeurs, etc. Chacune des fractions de la classe des Parias se subdivise encore. Près des Parias on peut placer les Sakkilyars ou cordonniers et les Pallars ou pêcheurs, deux autres tribus qui ne fraient point avec les Parias.

A une époque reculée, les Parias habitaient seuls dans le pays et. d’après leurs traditions, ils y occupaient une position supérieure à celle qu’ils ont maintenant. Bien qu’il parle le dialecte de ses maîtres, jamais le Paria ne

LE NATURALISTE, Paris, 46. rue du Bac.

rencontraient un brahme, ils devaient abandonner la route et prendre à travers champs. Il serait trop long de retracer dans quel état d’objection les fameuses lois de Manu ont placé les pauvres Parias.

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