ESPÈCES DU GENRE HÉLIX PEU COMMUNES EN FRANCE
Hélix glacialis (Thom. . —Cette Hélice, qui offre quelque ressemblance avec VHelix variabilis, a la coquille plus déprimée, striée, de coloration fousse avec une fascie brune. Trouvée d’abord dans le Haut-Oisons (Isère), cette espèce resta longtemps rare dans les collections. M. l’abbé Dupuv, qui n’avait pu s’en procurer que quelques individus, fut informé par M. Oarnier, inspecteur des forêts, qu’elle était abondante à Lanslebourg (Savoie). Ne pouvant s'y rendre pour faire personnellement des recherches, il employa un moyen ingénieux qu’il aimait à raconter : il écrivit au facteur rural de cette localité en lui envoyant un spécimen d’if, gladalis et lui promettant une récompense s’il voulait lui recueillir un1 certain nombre de ces Hélices. Quelque temps après, l’abbé recevait par la poste une boîte entièrement remplie des Hélices tant désirées. 11 s’empressa d’envoyer au brave facteur une somme tellement rémunératrice qu’il reçut une lettre par laquelle ce modeste fonctionnaire se mettait à sa diposition pour lui procurer, à l’avenir, autant d’Hélices qu’il en désirerait.
(Iràce aux recherches qui ont été faites depuis plu-
(1) Travaux consultés ; 1° Brandi, liber die morph. u. pkys. Bedentung des chlorophylls bei Thiercn Mitt. der Zool. si. Seapel, B.l IV, 1883).
2° Entz. Uebcr die natur der « Chlorophyllkorpcrchen » nicdcrc Thierc [Itiol. Centralblal, I, 1881).
3° Butschli. Protozoa, p. 1832, 1839 llroun’sklassen and ordnungen, 1889).
4‘ Balbiani. Évolution des micro-organismes animaux et végétaux ( Journal de micrographie, 1887, p. 370).
.7° Dangeard. Contribution à l’étude des organismes inférieurs Le Botaniste, 2e série, Caen, 1890).
sieurs années, on sait aujourd’hui que cette espèce habite les Alpes de la Savoie et du Dauphiné : le versant français du mont Thabor (Drouet), Lans-le-Villard et Bramans (Dum. et Mortillet), le mont Cenis au-dessus de Lanslebourg; Chamonix dans. la Haute-Savoie; la Pyramide aux Grandes-Rousses, dans l’Isère; le mont Genèvre dans les Hautes-Alpes (Locard). On la trouve sur les buissons, dans les fentes des rochers, sous les pierres recouvertes de mousse.
Hélix Magnetti (Contr.). Hélix Serpentina (Dupuy). — Cette espèce, qui n’est qu’une variété de VH. Serpentina commune en Italie, a la coquille maculée de traits en zigzag bruns sur un fond blanc. On ne la trouve que dans le département du Var, aux environs de Toulon et de Saint-Cyr; elle vit contre les rochers, au pied )des murs en pierres sèches.
Hélix Orgonensis (Phil.). — Cette Hélice, qui est intermédiaire entre les H. Serpentina et muralis, doit son nom à l’unique localité qu'elle habite. Orgon (Bouchesdu-Rhône). M. Coutagne (1) a donné des indications précises destinées à guider les malacologistes, à la recherche de cette espèce : « Le sommet de la montagne Notre- Dame ou de Beauregard à Orgon est constitué par des assises très inclinées de calcaire néocomien; le vent et la pluie l’ont presque complètement dépouillé de terre végétale et le rocher rivalise de blancheur avec les coquilles de Leucochroa candidissima qui sont répandues en abondance à sa surface. Au-dessous et jusqu’au bas, sur le flanc septentrional de la montagne, les éboulis cachent en partie le rocher, qui ne reparaît que çà et là, dans de petits escarpements à peu près parallèles qui, alternant avec les talus d’éboulis, déterminent un ensemble un peu confus de trois ou quatre gradins. Les Hélix Orgonensis vivent au gradin supérieur, tout auprès des ruines qui couvrent le sommet; elles se tiennent dans les fissures des tochers, ou appliquées très haut, dans les moindres petites dépressions de la partie surplombante de l’escarpement, où l’on a de la peine à les apercevoir et surtout à les atteindre ; une canne légère de deux à trois mètres de long est un engin à peu près indispensable pour cette chasse. »
Hélix personata (Lam.). — Cette Hélice, qui par la forme de son ouverture offre une grande ressemblance avec plusieurs espèces de l’Amérique du Nord, n’est, pas très rare, mais elle est localisée dans les régions montagneuses de l’Est de la France : Vosges, Jura, Doubs, Savoie, Haute-Savoie, Isère, Rhône et, Drôme. Elle vit dans les fentes des rochers recouverts de mousse, au pied des arbres, sous la mousse et les feuilles mortes.
Hélix Quimperiana (Fer.). — Bien avant l’époque où l’on a connu sa véritable patrie, cette Hélice avait été découverte en Bretagne où elle a dù être importée. On la trouve dans le Morbihan : Tour d’Elvin près Malestroit ; dans le Finistère, aux environs de Quimper, de Brest à Landvennec, à Louveac, à Plougastel, à Saint- Marc.
Mais elle est beaucoup plus abondante dans la région Pyrénéenne, sur toute la frontière d’Espagne : on la trouve à Olhette, Sarc, le Mont d’Arrain, Saiut-Jean-de- Luz, à Hendaye dans les murs de clôture des jardins près du vieux fort. Elle se plaît dans les endroits frais et ombragés, sous les pierres, au pied des murs, dans
(t) G. Coutagne. Notes sur la faune malacologique du bassin du Rhône, page il.
les interstices des rochers et dans les fentes des vieilles murailles.
Hélix Rongiana (Fer.). —Cette espèce, remarquable par l’ouverture de sa coquille qui est terminée par un pli tordu et formant gouttière, n’a été trouvée que dans deux départements : dans les Pyrénées-Orientales, cap Cerbère, Banyuls-sur-Mer, Port-Vèndres, Collioure, torrent de Ravaner, Vernet-les-Bams; dans le département du Var, à Ollioules. Peu abondante dans ces localités, elle recherche les endroits chauds et humides, les bords des ruisseaux où elle s’enfouit sous la terre humide. On la trouve aussi sous les murs de pierres sèches qui bordent les vignes et dans les ruines où elle s’introduit dans les crevasses des vieilles murailles.
Hélix rillosa (Studer). — Cette Hélice a la coquille mince, cornée, rousse et recouverte de poils courts et soyeux. Elle habite avec l’H. personata, les parties montagneuses de l’Est de la France : le Jura, le Doubs, la Savoie, l’Ain, l'Isère. On la trouve dans les endroits frais, au pied des vieux arbres, sous les feuilles et la mousse.
Hélix Zonata’(J)VLp.) = Hfœtens (Mod.Tand.). — Cette espèce à la coquille déprimée, ombiliquée, de coloration grise avec une fascie brune. Elle n’habite que dans les régions montagneuses : dans les Hautes-Alpes aux environs de Briançon ; dans la Savoie ; Bonneval, Tignes, val de Pesey, glacier de Lâchât, Saint-Mail in-de-Belleville, Bramans (Dum. et Mortillet) ; dans les Basses-Alpes aux environs de Digne; dans les Alpes-Maritimes, aux environs de Grasse et d’Antibes. Elle vit dans les vallées, au pied des rochers,' sous les pierres.
Albert G rang k ii.