‹ Le NaturalisteChapitre 108 sur 304 · LA FIDÉLITÉ DU LION POUR SON MAITRE · texte numérisé non relu

LA FIDÉLITÉ DU LION POUR SON MAITRE

. On a mis en doute l’histoire du lion d’Androclès, au temps de l’Empire romain. Voici l’histoire authentique du fameux lion du duc Brunswick, racontée à l’époque de la bataille d’'Iéna, sous Napoléon Ier, lors de la campagne de Prusse. On lui a même élevé un monument commémoratif, sur la place du Lion, dans la ville de Brunswich, pour symboliser les armoiries du duché de ce nom.

C’est une touchante histoire que celle de ce noble animal, telle que la raconte la tradition par la bouche du gardien des archives de la ville ducale. Albert, duc de Brunswick, ramena autrefois, des croisades en Afrique, un lion dompté par lui, qui était devenu son compagnon fidèle et qui le suivaitjpartout comme un chien. Ce brave lion accompagnait son maître dans ses promenades à travers:la ville, dans ses jardins et dans ses excursions dans les campagnes, au grand effroi des habitants paisibles de la région. Albert tenait-il une assemblée dans ses Etats? Son magnifique lion venait se coucher à ses pieds, tenant à cette prérogative comme le courtisan le plus jaloux. Dansles réceptions les plus solennelles comme dans les soirées privées, ce n’était pas celui des personnages de la cour qui conservaitle moins de dignité.

Cette affection touchante dura tant que le maître et le lion vécurent ensemble. Mais à la mort du guerrier,

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quand le pauvre lion d'Afrique se trouva seul et qu'il vit passer le convoi de celui qu’il avait tant aimé, ilalla spontanément se mettre à côté du cheval de bataille du mort, qui hennissait lugubrement dans le cortège, et il ne voulut plus quitter cette place d'honneur, que son instinct s'était choisie.

Arrivés aux portes de la basilique, au moment de descendre dans les caveaux qui renfermaient les tombeaux dela famille, les gardiens s’interposèrent entre le pauvre animal et les restes de leur souverain. Il fallut des efforts inouiset des précautions plus grandes encore : la sauvagerie du lion d'Afrique s'était réveillée chez lui, sa/fureur n’eut plus de bornes contre ceux qui allaient à jamais lui dérober la vue de son maître adoré! Repoussé à coups de piques et de hallebardes, jusqu'à ce que les grilles en fer du caveau se soient refermées devant lui pour le séparer du cortège, il se précipita contre les portes massives et les murs du parvis. Ses rugissements plaintifs arrivaient jusque dans la chapelle ardente et troublaient les cœurs des plus hardis.

Ce désespoir se manifesta durant plusieurs jours, pendant lesquels l'animal refusa toute nourriture : le lion d'Albert épuisa tousses efforts contre le fer des grilles et les dalles du parvis. Les empreintes de ses griffes puissantes, au bout de plusieurs siècles, attestaient encore, en 1806, ce miracle d’attachement surhumain. Le fidèle animal ne cessa ses vaines tentatives qu’en cessant de respirer; ainsi mourut de douleur et de privations, dans le désespoir et dans les larmes, le lion de Brunswick, à la porte du tombeau de son maître. La ville de Brunswick éleva, sur la place même où se passa cet événement, un monument destiné à en éterniser le souvenir : Un lion en bronze, À quand un monument pour le lion d’Androclès ?

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ACADÉMIE DES SCIENCES

Sur la suspension momentanée de la vie chez certaîines graines. Note de M. PauL BecQuEREt, présentée par M. L. Maouenwe.

Il ÿ à quelques années, M. Maquenne, après avoir démontré que des grains de blé peuvent résister pendant plusieurs mois à l’action d'un vide dépassant le centième de millimètre, sans perdre leur pouvoir germinatif, a émis cette idée que la vie des graines ordinairement ralentie, peut, dans certaines conditions, être complétement suspendue. Comme cette hypothèse bien vraisemblable est encore très discutée par de nombreux physiologistes, l’auteur a entrepris une série de recherches à ce sujet en soumetfant les graines aux actions combinées de la dessiccation, du vide et du froid. Or les graines ont parfaitement résisté à ce traitement. On n’a pu voir aucune différence entre la germination des graines témoins et de celles qui avaient été mises en expérience,

Dans l'impossibilité où on est d'admettre que des graines au tégument perforé, ayant subi une dessiccation totale, un vide d'un demi-millième de millimètre pendant un an, enfin trois semaines de refroidissement à — 1960 et 71 heures à — 2530, aient pu vivre encore d’une vie extrêmement ralentie, il faut penser que pendant ce temps l’arrèt de la vie à été complet, sans le moindre préjudice pour son retour ultérieur.

Le protoplasma ainsi conservé sans eau, sans oxygène, sous

une pression presque nulle et à une température voisine du zéro absolu, devient aussi rigide, aussi dur et aussi inerte qu'une pierre; son état colloïdal, nécessaire aux manifestations physicochimiques de l'assimilation et de la désassimilation, disparait

donc lolalement.

La démonstration expérimentale de l'arrêt complet de la vie

chez certaines graines, sans modification de leur pouvoir germinatif, à une assez grande importance biologique; elle porte surtout atteinte à la loi de la continuité des phénomènes vitaux, si souvent invoquée par les physiologistes.

Selon cette loi, la vie est une suite de phénomènes ininterrompus qui, dans aucun cas, ne peuvent subir le moindre arrêt, sans qu'il en résulte fatalement la mort; transmise de générations en générations, depuis sa première apparition sur la terre, elle n'aurait jamais offert et ne saurait offrir aucune discontinuité, une pareille interruption de la vie est non seulement possible, mais réelle, sans qu'aucun indice puisse faire soupçonner l'existence d’une limite à sa prolongation.

Innocuité relative de l'acide carbonique dans les couveuses artificielles. Note de M. Lourper.

Les fabricants de couveuses et les aviculteurs attribuent trop exclusivement la mortalité en coquille à l'acide carbonique dégagé par les embryons et cherchent à évacuer ce gaz <n tablant sur sa densité. Ce dont il faut se préoccuper plutôt ce sont les poisons volatils exhalés par les embryons en même temps que l'acide carbonique, poisons qu’on ne sait pas déceler et encore moins mesurer, et qu'on ne peut tout au plus supposer émis en quantité proportionnelle au gaz carbonique. Quant à celui-ci, il n’a par lui-même qu’une nocivité très faible.

Traitement des troubles génito-urinaires par action directe sur les centres merveux. Note de M. PIERRE Boxxier, présentée par M. Yves DELAGE.

Les centres qui règlent les fonctions urinaires et génitales sont situés à la partie inférieure du bulbe, et l’expérimentation clinique montre qu'on peut se libérer de certains dérèglements par de légères cautérisations des régions antérieures de la muqueuse nasale,

D'autre part, l'incontinence d'urine peut également se traiter de cette façon. Chez deux adultes, une jeune femme de vingt-huit ans, et un homme de trente-trois ans, certains troubles épileptoïdes, entre autres l’incontinence urinaire diurne et nocturne chez la première, l'incontinence urinaire et fécale chez le second, pendant le sommeil, ont disparu en peu de temps chez la première, immédiatement chez le second. ù

Chez cinq enfants de sept à quinze ans, l’incontinence urinaire diurne ou nocturne à disparu immédiatement chez l’un, en quinze jours chez deux autres, et s’est sensiblement espacée chez les derniers.

Orage sur mer. Note de M. ze ComManpanr HALLUITE, présentée par M. J. Viozre.

Dans la nuit du 17 au 18 février 1909, le quatre-mâts Ville-du- Havre, par 33° de latitude sud et 38° de longitude ouest environ, éprouva un couo de vent du Nord au Nord-Ouest, accompagné d'un orage des plus formidables.

Les éclairs, qui ont commencé à 1 heures du soir et qui ont duré de fuçon continue jusqu à minuit, étaient terrifiants. Les pommes des mâts flambaient comme des cierges allumés, des flammes se promenaient sur les manœuvres et la chambre de veille, qui avait été peinte en gris deux jours auparavant, devenait lumineuse pendant plusieurs secondes après certains éclairs.

Les décharges électriques étaient très rapprochées, et les éclairs, au lieu de serpenter en zigzag, comme on le voit le plus ordinairement, avaient la forme de bolides qui s'épanouissaient en envoyant des rayons de tous côlés, ou plutôt de bombes qui éclataient en éclairant tout le ciel.

La pluie, pendant tout l’orage, n’a pas cessé une minute. Des rafales très violentes précédaient ou suivaient les éclairs les plus puissants.

NOLA CUCULATELLA

C’est vers la fin de mai que l'on trouve la chenille de ee lépidoptère ; elle est alors parvenue à toute sa taille et mesure environ 1 centimètre 1/2 de longueur. Elel vit sur plusieurs sortes d'arbres fruitiers, notamment sur les pommiers, poiriers, pruniers, etc.

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Elle a le corps légèrement déprimé et d’un brun rougeâtre, avec une bande blanche longitudinale et assez large sur le dos. Cette bande est rayée de bleu ardoise au milieu, mais, sur les quatrième, sixième et huitième anneaux, ces raies sont généralement plus sombres et Ni forment un dessin de deux demi-lunes.

On remarque, sur les côtés, des mamelons d’un brun jaunâtre et qui sont surmontés de poils de la même couleur. La tête et les pattes sont noires.

Cette chenille est classée au nombre de celles qui donnent à leurs coques la forme d’une nacelle, et voici, d’après Godart et Duponchel, comment elle s’y prend pour cette construction.

Après avoir choisi à cet effet un endroit bien plat et bien uni, qu’elle couvre de soie, elle élève sur cette place deux murs, d’égale hauteur, pour la construction desquels elle emploie des fibres ligneuses réunies par des fils. Logée entreces deux murs comme dans un canal, il ne lui reste plus qu’à enfermer le dessus et les deux extrémités pour achever son ouvrage, et c’est ce qu'elle a bientôt fait en y employant les mêmes matériaux que pour les deux cloisons latérales. La coque, ainsi construite, ressemble à un petit hateau dont la poupe est plus large et plus élevée que la proue. Cette coque est d'un gris bleuâtre, et la chrysalide qu’elle renferme, brune et claviforme.

L'insecte parfait ou papillon, qui apparaît dans le courant de juin, est signalé comme se trouvant dans toute la France, mais y étant généralement peu commun.

Il mesure de 18 à 20 millimètres environ d'envergure; ses ailes supérieures sont d’un gris cendré, luisant, avec leur extrémité plus foncée. On distingue également à leur base une grande tache brune bordée extérieurement par une ligne courbe d'un brun noir. Une autre ligne très fine et àe la même couleur que la précédente traverse l'aile dans le milieu de l'intervalle qui existe entre la tache dont j'ai parlé tout à l’heure et le bord terminal, cette ligne est sinueuse et ondulée.

La frange est brune et finement entrecoupée de gris. Le dessous de ses ailes est entièrement d’un gris brun. Les inférieures sont de coloration gris blanchâtre avec uu point noirâtre à peine marqué au centre.

La tête et les palpes sont bruns ainsi que le thorax. L'abdomen est gris avec une petite tache noirâtre sur le premier segment.

Cette description peut s'appliquer aux deux sexes. Cette espèce se rencontre quelquefois aussi aux environs de Paris.

Les dégâts occasionnés par la chenille de ce lépidoptère n’ont pas dû être,jusqu'à ce jour, constatés comme bien graves, car peu d'auteurs en font mention.

Néanmoins les personues qui auraient des poiriers ou autres arbres fruitiers envahis par les chenilles de la Nola cuculatella, devraient recueillir toutes ces chenilles et les écraser ou les brüler, et, pendant le mois de juin, époque où apparaît le papillon, faire la chasse au réflecteur emmélassé.

Le Gérant : PAUL GROULT.

Paris. — Imp. Levé, rue Cassette, 11.

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