LA SÉRICICULTURE EN HONGRIE
La production des graines de vers à soie et l'achat des cocons qui en proviennent constituent, en Hongrie, un monopole d'Etat,
L'Inspectorat hongrois royal pour le développement de l’industrie séricicole à Szekszard ne produit, lui-même, que la quantité de graines indispensable aux sériciculteurs du pays ; la graine n’y est donc pas vendue et la quantité de cocons récoltée est achetée par le gouvernement pour être ensuite distribuée aux filatures de soie.
Les graines de vers à soie sont remises gratuitement aux sériciculteurs. Le prix d'achat des cocons est publié, chaque année, par le gouvernement hongrois, avant l’époque de l'élevage des vers à soie. C’est ainsi que le prix d'achat est fixé, pour la prochaine campagne, à 2 fr. 45. La graine et la feuille sont remises gratuitement aux éleveurs. Si on évalue la valeur de la graine et de la feuille à environ 80 centimes, 1 franc par kilogramme de cocons, on paie le même prix payé en France l’année dernière, non compris, bien entendu, la prime établie jusqu’à la fin de 1908. Le prix minimum doit être payé, dans tous les cas, aux sériciculteurs.
Pendant la grande crise que l’industrie de la soie a subie à la fin du siècle passé, l'Inspectorat royal hongrois de Szekszard se trouva en présence du dilemme suivant : ou bien abaisser le prix payé jusqu'alors et en le réglant suivant la situation générale du marché, ou bien surpayer les cocons, ce qui lui aurait occasionné des pertes considérables durant plusieurs années. C’est cette dernière résolution qu’il prit pour ne pas mécontenter les éleveurs et pour ne pas compromettre le développement continu de l'industrie séricicole en Hongrie. Les années suivantes ayant été plus favorables, il put se dédommager des pertes subies. Le marché de la soie s’est même tellement amélioré durant plusieurs années qu'on à pu augmenter le prix d'achat des cocons précédemment fixé.
L'Etat hongrois exporte seulement les cocons qui ne sont pas utilisés par ses filatures. Ils sont vendus à Milan par la maison G. di Belgiojoso et à Marseille par Ja maison Chabrières, Morel et Cie.
Les cocons destinés au filage sont livrés directement aux filatures d’après la moyenne des prix cotés pendant le mois qui précède celui de la livraison et publiés dans le Bollettino ufficiale di Sericoltura de Milan pour les cocons de première qualité d'Italie. Le prix qui en résulte est fixé d’après le rendement de 4 kilogrammes pour 1 kilogramme de soie et des essais officiels des
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établissements de conditionnement des soies de Milan et de Marseille. Les cocons de second choix « Realino » sont payés cinquante centimes moins chers que ceux du premier choix « Reale ».
Les conditions de la location d’une filature en Hongrie, sont les suivantes :
Exemption d'impôt pendant quinze ans.
Les filatures se louent au moins pour dix ans.
: La location est fixée à 60 francs par an.
Après l'expiration du bail, la filature doit être remise en parfait état de fonctionnement à l’Inspectorat.
. Les frais de transport et de vente des cocons à l’étranger se montent à peu près à 30-40 centimes par kilogramme sec. Ces frais sont donc économisés par la cession directe des cocons aux filatures.
Comme l’administration hongroise tient beaucoup à la bonne qualité de la soie hongroise, les filatures du pays ont été construites et installées de la façon la plus moderne. En outre, pour être en mesure de mettre à la disposition des filateurs étrangers qui viennent s'installer en Hongrie des directeurs indigènes, l'Etat exploite luimême la filature de Tolna afin d'y former le personnel indispensable.
Toute nouvelle filature est, la première année, exploitée par l'Etat. Pendant cette période, on y apporte toutes les améliorations et on complète l’apprentissage des ouvrières. Ces établissements ne sont remis aux filatéurs que lorsque toutes les difficultés constatéés durant la première année d’exploitation ont été aplanies.
Le gouvernement hongrois a distribué gratuitement, depuis l’année 1880, époque à laquelle le mouvement pour le relèvement de lasériciculture a commencé jusqu’à la fin de l’année 1908, 27.959 kilogrammes de graines de muüriers, 87.721.142 jeunes plants de müriers de deux à trois ans pour être élevés dans les écoles de müriers ou pour être plantés en haies et 5.678.879 arbres faits destinés à être transplantés à leur place définitive.
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