LE CAOUTCHOUC À MADAGASCAR
Le Caoutchouc provenant des diverses régions de Madagascar est vendu sur les marchés européens sous des noms très différents :
1o Celui qui parait le plus haut coté est un Caoutchouc provenant de la côte Est, extrait probablement en grande partie de la vohahena (Landolphia Madagascariensis) et du fingotra. Cette sorte est vendue sous forme de feuilles rosées, généralement sèches. On la déromme « Madagascar Pinky » à Londres et Hambourg, et «Madagascar rose », sur nos marchés français;
20 Vient ensuite le « Madagascar noir » ou encore « Caoutchouc Tamatave » qui serait fourni par l’hazondrano de la forêt de la côte Est, Caoutchouc généralement humide ;
3° Le « Madagascar niggers » est fourni en boules. Il donne des feuilles blondes. La teneur moyenne en gomme de cette sorte n’est que de 35 à 55 %, Le « Madagascar niggers » n’est autre chose qu'un mélange d'hazondrano du Sud et d’intisy ; la production de ces caoutchoucs n’a jamais été très forte;
40 Le « Majunga » produit par les lianes de la côte Ouest et des Mascarenhasia ;
50 Le « Lombiro » provenant de Diego et de Nossi-Be ;
6° Le « Guidroa » (Mascarenhasia lisianthiflora).
TRAVAUX PRATIQUES DE BOTANIQUE
LES PLANTES VUES AU MICROSCOPE
Les sclérites du Camélia.
Préparation. — Employer des feuilles fraiches de Camélia ou conservées dans de l’alcool.En détacher un fragment d'un centimètre carré, et, se servant de moelle de sureau, y pratiquer de minces coupes transversales. Observer celles-ci dans une goutte d’eau. entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans le parenchymede la feuille, c’est-àdire dans tout ce qui, dans la feuille, n’estpas l'épiderme, cesontdes cellules à parois très épaisses etirrégulièrement contournées, parfois bifurquées : ce sont des sclérites.
Les sclérites du Nénuphar.
Préparation. — Se procurer. des. queues (pétioles) des feuilles de Nénuphar, plante commune dans nos eaux douces. Employer ces pétioles frais ou conservés dans de l'alcool (ce qui est préférable). Y pratiquer des coupes tranversales minces, en se servant de moelle de sureau. Examiner ces coupes dans une goutte d’eau, entre Jame et lamelle.
Ce qu'on voit. — On voit que le pétiole est creusé de nombreuses cavités plus ou moins arrondies et remplies d’air (ce qui lui permet de flotter dans l’eau). Les parois de ces cavités sont formées tantôt d’une, tantôt de plusieurs assises de cellules. Certaines des cellules qui les limitent ont des parois beaucoup plus épaisses que les voisines : ce sont des sclérites. Elles se continuent dans la cavité par des poils ramifiés (poils internes), souvent marqués de petits points, et ressemblant à des cornes de cerf.
Tissu collenchymateux.
Le collenchyme du Bégonia.
Préparation. — Se procurer des tiges d'un Bégonia de n'importe quelle espèce et les employer fraiches, ou mieux, conservées dans de l'alcool. En se servant de moelle de sureau, y pratiquer de minces coupes transversales. Examiner celles-ci, dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle. -
Ce qu’on voit. — On distingue facilement l’écorce et le cylindre central (celui-ci renfermant uu cercle de faisceaux libero-ligneux). Porter son attention sur la zone périphérique du cylindre central : elle est formée de cellules à parois un peu épaisses, mais d’un aspect très brillant et d'apparence un peu molle; à la rencontre de trois cellules voisines, la membrane est plus épaisse qu'ailleurs. Toutes ces cellules sont des cellules collenchymateuses; leur ensemble constitue du collenchyme.
Le collenchyme du Lierre.
Préparation. — Se procurer des tiges assez jeunes de Lierre et les employer fraîches, ou mieux, conservées dans de l’alcool. En se servant de moelle de sureau, ou, à la rigueur, à main levée, y pratiquer des coupes minces, que l’on examine dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans l'écorce, au-dessous de l’épiderme, on voit tout un manchon de cellules collenchymateuses, se reconnaissant facilement à ce que la membrane, au point de rencontre de plusieurs cellules, est très épaisse et a un aspect très brillant.
Nota. — En mettant les coupes, non dans de l’eau, mais dans une solution faible de potasse caustique, les épaississements augmentent beaucoup de surface et sont ainsi plus visibles.
Tissu sécréteur.
Les poches sécrétrices de la peau d'orange.
Préparation. — Découper dans une peau d'orange fraiche un petit morceau d’environ un centimètre de large et de deux centimètres de long. À main levée, ou en se servant de moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales minces. Examiner ces coupes dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans la préparation, tout près de l'épiderme extérieur de la peau, dans le tissu blanchâtre et feutré de celle-ci, on voit des cavités arrondies, qui sont autant de poches sécrétrices. Celles-ci sont entourées de plusieurs cercles de cellules plates, mais dont les plus internes sont comme arrachées et portent, sur leur bord, de petites gouttelettes jaunâtres et claires: ces gouttelettes sont constituées par une essence odorante dont on fait divers parfums, par exemple l'essence de bergamote.
Remarque. — En placant les coupes pendant quelques minutes dans de l’alcool avant de les transporter dans la goutte d’eau de la lame, la préparation est plus claire, mais l'essence a alors disparu parce qu'elle est soluble dans l’alcool.
Les canaux sécréteurs du Lierre.
Préparation. — Se procurer des tiges ou des pétioles de Lierre etles employer frais ou conservés dans de l’alcool. En s’aidant de la moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales que l’on examine ensuite dans une goutte d'eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit.— Dans larégion corticale, aussi bien que dans la région de la moelle, on voit des sortes de trous entourés de cellules spéciales; ce sont des cellules sécrétrices qui déversent leur produit de sécrétion dans la cavité du canal qu’elles limitent.
Les poches sécrétrices de l'Eucalyptus.
Préparation. — Se procurer des feuilles d'Eucalyptus et les employer telles quelles ou conservées dans de l'alcool. En s’aidant de la moelle de sureau, y faire des coupes transversales et les examiner dans une goutte d'eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans le parenchyme de la feuille, on remarque de vastes cavités, qui sont autant de poches sécrétrices. À leur périphérie, il y a généralement des gouttes d'essence de teinte jaunâtre.
Les canaux résinifères du Pin.
Préparation. — Se procurer dés feuilles de Pin (autant que possible de Pin maritime, qui sont plus grosses que celles des autres espèces) et les employer soit fraiches, soit conservées dans de l'alcool. En s’aidant de la moelle de sureau, y pratiquer des coupes transversales. Examiner celles-ci dans une goutte d’eau, entre lame et lamelle.
Ce qu'on voit. — Dans la région corticale de chaque feuille, on voit de nombreuses cavités limitées par des cellules spéciales et renfermant souvent des amas de résine : ce sont des canaux résiniféres, qui sont limités par des cellules sécrétrices, à parois minces. Celles-ci, à leur tour, sont entourées par un cercle de cellules sclérenchymateuses, qui leur donnent de la solidité.
(A suivre.) HENRI CoupPIN\.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Rapport des Insectes, notamment des Lépidoptères, avec les fléurs des Asclépiadées et en particulier avec celle de l’Arauïiia sericofera Brotero. Mécanisme de leur capture. Note de M. J. Küwxez D» Her- CULAIS:
Les observations sur le rôle que les Insectes paraissent jouer dans la fécondation des Asclépiadées sont fort nombreuses; les botanistes ont appelé l'attention sur la faculté qu'ont les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Diptères visitant les fleurs, d’emporter les pollinies et ont fait ressortir l'importance de leur intervention; toutefois quelques naturalistes ont été frappés du fait que souvent les Insectes sont capturés par les fleurs, celles-ci les retenanten général par les pièces buccales. Aussi les Asclépiadées ont-elles reçu les appellations de plantes cruelles ou de plantes souricières.
D’après une opinion accréditée, les Insectes de petite et moyenne tailles ne pouvant faire un effort suffisant pour se délivrer, demeureraient seuls captifs; on admet par contre que les Insectes de forte taille sont capables de se libérer; or il n’en est rien : les puissants Sphingides, même le Pholus labruscæ de l'Amérique du Sud, dont l’envergure mesure près de 12 centimètres, doués d'une grande force musculaire, au vol planant soutenu, sont incapables de vaincre les résistances ; et leur capture, loin d’être temporaire, est réellement permanente et définitive. Les insectes ainsi capturés périssent d’inanition ou d'épuisement, ou par suite de l’absorption des sucs vénéneux ou par suite des déchirements des tissus résultant des efforts pour se dégager : c’est par hypothèse seule que Darwin et Müller ont admis que les Lépidoptères sont susceptibles de perforer les tissus nectarifères, seuls les Ophiderides et les Ophiusides ont la trompe transformée en instrument de perforation.
Le rôle des Insectes dans la fécondation des Asclépiadées est infiniment moins important que celui que leur attribue la plupart des naturalistes.
La Costiase ét son traîtement chez les jeunes alevins de truite. Note de M. Louis LÉGER, présentée par M. Ep. PERRIER.
La Costiase est assurément l’un des fléaux les plus à redouter dans l'élevage des jeunes truites, et ses funestes effets se font sentir dès les premières chaleurs du printemps sur les alevins de truite indigène, Truite arc-en-ciel et Saumon de fontaine, c'estàä-dire sur les espèces les plus précieuses au point de vue de la Pisciculture et du repeuplement.
Considérée d’abord comme exceptionnelle, cette affection s’est sans doute répandue avec le développement de l'industrie piscicole, et aujourd’hui elle est beaucoup plus fréquente que bien des pisciculteurs ne le croient, attribuant à des influences atmosphériques ou à des infections alimentaires la mortalité souvent considérable qui se manifeste à un certain moment précoce de l'élevage, alors que sévit la Costiase; le grand déchet qui se produit si souvent chez les jeunes alevins, même dans les élevages les plus soignés, est dû presque toujours à cette affection.
On sait que l’agent de cette maladie est un Flagelé ectoparasite, Costia necatrix, découvert par Henneguy en 1883, dans l’aquaz rium du Collège de France, et qui vit fixé en quantité innombrable à la surface de la peau et des branchies des jeunes poissons. Par l'irritation qu'il provoque, et sans doute aussi par les toxines qu'il sécrète, il produit déjà sur la peau un état pathologique assez grave. Mais son action devient à peu près fatalement mortelle lorsque, par une multiplication intense, ïl finit par recouvrir complètement l’épithélium des branchies. Dans ce cas, outre son actionirritative et toxique, il apporte un obstacle mécanique à la respiration, et l'ensemble de ses actions nocives entraîne rapidement la mort avec troubles circulatoires, asphyxiques et cérébraux.
La gravité de cette affection, les pertes considérables qu'elle fait subir aux pisciculteurs montrent tout l'intérêt qui s'attache à l'étude des moyens préservatifs et curatifs.
Les moyens préservatifs sont trop souvent insuffisants, car il est fort probable que la plupart du temps la Costiase se développe dans les élevages aux dépens de kystes apportés avec les œuls mis en incubation. Cependant, on évitera, tout au moins au début, de nourrir les jeunes alevins avec de la nourriture naturelle (vers, daphnies, poissons crus) provenant d'élangs où la maladie a été observée.
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Un traitement curatif rapideest, par contre, d'autant plus impor--
tant à connaître que lamaladie prend en quelques jours une grande intensité. Le traitement actuellement classique est celui indiqué par Bruno Hofer dans son Handbuch der Fischkrankheiten (Munich, 1904), qui consiste à traiter les alevins par l'eau salée (20 à25 grammes de sel marin pour 4000) pendant une demi-heure. Au bout de ce temps, la plupart des formes actives du parasite sont effectivement détruites, mais les formes de résistance ne le sont sans doute pas, car, après quelques jours, l'épidémie reprend et plusieurs traitements semblables au premier sont nécessaires.
Lorsqu'il s'agit de traiter de grands bacs d’alevinage, il faut ainsi d'énormes quantités de sel, et le procédé, outre qu'il est assez peu pratique, est relativement onéreux. De plus, sous l’action de cette forte solution saline, il n’est pas rare de voir succomber, au début du premier bain, un grand nombre d’alevins.
L'auteur propose le traitement suivant longtemps employé par lui au Laboratoire de Pisciculture de Grenoble.
Il consiste à tenir les sujets malades pendant 15 minutes dans un bain d’eau formolée : 0 gr. 40 de la solution officinale du commerce (aldéhyde formique à 40%) par litre d'eau; soit, en volume, 35 ce. à 40 ce. de la solution officinale du commerce par 100 litres d'eau. Le formol sera d'abord dilué dans une assez srande quantité d'eau, et le liquide obtenu rapidement mélangé à l'eau du bac: les alevins sont tenus pendant 15 minutes dans ce bain sans renouvellement d’eau, après quoi ils sont remis à l’eau courante. Dès les premières minutes de l'opération tous les Costia sont tués. En prolongeant la durée du bain pendant 15 minutes, les formes de résistance succombent sans doute aussi, car il est rare qu'on ait besoin d’avoir recours à une deuxième opération. surtout si, après le traitement, on à soin d'éviter toute cause nouvelle de contamination par les eaux d’autres bacs suspects. Les alevins supportent très bien ce séjour de 15 minutes dans l'eau formolée à 0,4 0/00, qui est pourtant si rapidement funeste à leurs parasites. Ils peuvent même y séjourner beaucoup plus longtemps sans aucune espèce d’inconvénient. c
La pratique simple et facile de ce traitement, la constance de ses résultats, son innocuité vis-à-vis des sujets traités et son prix beaucoup moins élevé que celui au sel le rendent bien préférable à ce dernier et des plus précieux pour les pisciculteurs.
Cette méthode au formol donne encore d’excellents résultats dans la Gyrodactylose, une maladie grave qui sévit souvent sur les jeunes truitelles dans les grands élevages. Dès le début du bain formolé, tous les Gyrodactyles se détachent et meurent, et le poisson, guéri en quelques minutes, reprend rapidement sa vigueur et son coloris normal.
Ces résultats permettent également d'espérer les meilleurs effets de ce traitement dans d’autres affections cutanées provoquées par les Infusoires tels que les Chilodons et les Ichthyophtirius.
Sur les entéroïdes des Acraspèdes. Note de M. Encarnn HerouARD, présentée par M. Yves DELAcr.
A Ja suite des travaux de Gœætte sur le développement des Acraspèdes, deux courants d'opinions se sont formés en Allemaoene concernant la validité du groupe des Scyphozoaires : les uns,adoptant les opinions défendues par Claus, par Chun et plus
récemment par Hein, en 1901, considèrent les Acraspèdes
comme voisins des Hydrozoaires et les réunissent sous le nom de Polypoméduses ; les autres, marchant à la suite de Hatschek et de Gœtte (1897), affirment que les Acraspèdes se rattachent aux Anthozoaires par l'existence d’un pharynx d'origine ectodermique et par la présence de cloisons gastriques, et les groupent sous le nom de Scyphozoaires. Gotte affirme même que l’invagination sfomodéale dépassant les limites du pharynx envahit certaines poches gastriques qui sont de ce fait revètues elles-mèmes d’ectoderme.
Le Scyphistome et la Méduse acraspède présentent tous deux un revétement cellulaire spécial, différent de celui de la cavité gastrique proprement dite, sur le pharynx, sur les entcroïdes et sur les filaments gastriques, exactement comme les Anthozoaires, et cette similitude de distribution d'un élément cellulaire différencié dans ces deux groupes suffit, à défaut de la détermination précise de l'origine ectodermique ou endodermique de ce revêtement, pour montrer qu'il existe entre eux une étroite parenté, d'autant plusque la présence des cloisons gastriques vient encore renforcer cette opinion.
La validité de la classe des Scyphozoaires, telle qu'elle est admise par Delage et l’auteur dansla zoologie concrète, se trouve renforcée par la similitude de structure existant entre toutes les Ephyras d'un même rouleau médusaire.
L'analogie de structure que présente le statohlaste du cycle
Tœniolhydra avec l'œuf des Hydrydæ semble bien établir un lien entre les Acraspèdes et les Hydrozoaires, mais il n’est pas impossible que l'Hydre d’eau douce, qui se distingue par tant de particularités des autres Hydrozoaires, ne représente en réalité une forme aberrante se rattachant au groupe des Scyphozoaires.
Pénétration des liquides pulvérisés dans les voies
respiratoires. Note de M. Caxy, présentée par M. Ar. GaUTIER.
Les liquides bien poudroyés pénètrent d'une facon certaine dans les voies respiratoires profondes, à la condition que les gouttelettes produites soient de très petites dimensions et que leur nombre dans l’air inspiré soit le plus grand possible.
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Le Gérant : PAUL GROULT.
Paris. — Imp. Levé, rue Cassette, 11.
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