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LA CHRYSOMÈLE DU PEUPLIER

Un grand nombre de jeunes peupliers et trembles des environs de Rouen onteu à subir, plus que de coutume, cette année, les ravages d’un coléoptère appelé Lina populi ou Chrysoméle du peuplier.

Les femelles des Lina populi déposent leurs œufs sur le revers des feuilles de peuplier.

Ces œufs sont de forme ovale et de couleur rougeñtre, disposés par groupe de dix environ sur chaque feuille.

Au bout de douze jours environ, selon que le temps est plus ou moins doux, ces œufs donnent naissance aux larves.

La larve de la Chrysomèle du peuplier est de couleur blanc sale et estompée de noir.

Sa tête, son corselet, ses jambes et ses verrues fortement velues qui garnissent les flancs sont d’un noir plus pet et brillant. Le premier anneau du corps porte à sa partie supérieure une plaque noire marquée au milieu d’une petite tache blanche. Les autres anneaux ont des tubercules.

Pendant la période nymphale qui ne dure guère plus de huit à dix jours, les larves restent attachées aux feuilles, la tête en bas.

La nymphe est de la même couleur que la larve, c’est-à-dire d’un blanc sale, et marquée de taches noires sur le dos; l'extrémité abdominale reste en grande partie entourée de la peau dont la larve s’est débarrassée.

De cette nymphe il sort au bout de dix jours un coléoptère, le Lina populi (ou Chrysomèle du peuplier).

La Chrysomèle du peuplier mesure de 9 à 11 millimètres de longueur. La couleur est le vert métallique très foncé et presque noir.

Les élytres sont rougeâtres avec un point noir à leur extrémité.

Le dessous du corps est de la même couleur que la tête et le corselet.

La coloration des élytres s’assombrit beaucoup après la mort.

Cette Chrysomèle est une de nos plus grandes espèces européennes. Elle est très commune dans les bois sur le peuplier et sur le tremble.

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A’peine écloses, les larves de cette Chrysomèle commencent (en mai) leur œuvre de dévastation.

Elles dévorent le parenchyme des feuilles, ne laissent à celles-ci que les nervures et les transforment ainsi en fines dentelles.

Lorsqu'on les saisit, elles secrètent une humeur acre, bitumeuse et d’une odeur très prononcée d'essence d'amandes amères.

La Chrysomèle du peuplier parait avoir deux générations, car on rencontre des larves depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août. On trouve même durant l'été à la fois des larves, des nymphes et des insectes parfaits.

Les individus qui doivent reproduire l'espèce au printemps suivant passent l'hiver cachés sous les mousses entre les feuilles sèches et ne sortent de leur engourdissement hivernal que lorsque les arbres commencent à reverdir.

Voici un moyen très facile de se débarrasser des Lina populi. Il suffit tout simplement de placer sous l’arbre attaqué une grande bâche, et, à l’aide d’un bâton frapper

sur les feuilles, on fait tomber une pluie d'insectes que

l'on peut ensuite écraser avec le pied.

Il est préférable d'opérer autant que possiple dès le matin ; les Chrysomèles étant engourdies par la fraicheur de la nuit éprouvent beaucoup de difficultés à s’envoler et l’on peut, par conséquent, comme je le dis plus haut, les écraser facilement.

M. Brocchi a signalé, comme ennemi naturel de la Chrysomèle du peuplier, une mouche de la tribu des Tachinaires, l'Exorista dubia, qui pond ses œufs dans les larves de la Chrysomèle du peuplier.

Cette petite mouche est de couleur noire, sa longueur n'est que de 5 millimètres.

Certains hyménoptères se servent aussi des larves qu'ils emportent à leur nid pour nourrir leurs petits.

Pauz NoEL.

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